Réussir le concours d’entrée à l’ENS
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Bonjour à tous !
Je voulais avoir des témoignages de normaliens, d'anciens normaliens qui ont étudié la philo à l'ENS ou encore de professeurs pour savoir comment réussir le concours d'entrée ?
Mise à part faire une prépa pour optimiser ses chances de réussite et travailler, quelles sont les véritables qualités requises pour espérer réussir ce concours ? Que recherchent les professeurs, notamment en philo, chez un élève qui présente le concours ? Quels sont les " trucs" qui font la différence ?
Merci pour vos réponses !
Je te conseille d'aller voir les rapports de jury (par exemple
ici ; ou alors sur le site d'Ulm). Je ne sais pas s'il y a une formule magique.
Es-tu en prépa?
P.S. : je ne suis pas en section philo.
Mescaline2818, je suis normalien en philosophie -même si je n'ai pas intégré dans cette matière-. Ta question est assez vague, pourrais-tu nous en dire plus sur ton parcours, ta formation, etc ?
Edit : Qu'est-ce qu'il dégaine vite, bougeotte ! 🙄
C'est possible, donc, de choisir une autre matière que celle du concours ? Curieux.
@ Mamala : en fait la réponse à cette question est très difficile à donner vu le flou artistique qui règne à ce niveau (en tout cas pour l'ENS de Lyon). Ca a longtemps été assez facile de le faire apparemment, mais la direction des études déclare vouloir sévir à ce niveau, pour éviter les "stratégies" : par exemple passer le concours dans une matière réputée "plus facile" à intégrer pour ensuite (on dit souvent de la philo que c'est une des spécialités où il est le plus difficile d'intégrer; je ne sais pas si on peut calculer ça), une fois à l'école, changer de section (je pense que sont notamment visés les élèves bilingues, en tout cas ceux qui intègrent en prenant comme spécialité la langue qu'ils maîtrisent très bien, pour finalement passer dans la section qui les intéresse vraiment).
Le fait est qu'à partir de cette année, l'élève qui a intégré dans telle matière est obligé de continuer dans cette matière à l'ENS au moins pour la première année à l'école.
Après, il est vrai qu'on peut un peu louvoyer à l'ENS (par exemple en faisant un master qui va allier des compétences de disciplines différentes); d'ailleurs l'école met souvent en avant son caractère pluridisciplinaire, donc ce serait malheureux qu'elle empêche les rapprochements.
Toutefois, rapprochement ne signifie pas "je-suis-à-l'ENS-maintenant-je-fais-ce-que-je-veux", et je ne conseillerais donc pas de chercher à mettre au point une stratégie comme celle-là (surtout si l'ENS décide effectivement de "sévir" pour de bon). C'est pourquoi prendre telle spécialité pour se donner (soi-disant) plus de chances pour avoir le concours (et encore faut-il l'avoir) et changer une fois à l'école me semble un mauvais calcul…
Merci Bougeotte, l'ENS est le pays des stratèges apparemment, et donc la riposte arrive fatalement. L'avènement des licence bi-matière a peut-être créé aussi ce phénomène, d’après ce que tu sous-entends.
C'est par curiosité que je pose cette question.
Je compte faire une prépa littéraire et au terme de ces deux années ( j'espère pas trois…) j'aimerai tenter le concours pour étudier la philosophie. Etant donné les échos que j'ai de cette école qui est, si j'ai bien compris, prestigieuse ( et je n'en doute pas ) je souhaiterai avoir des pistes de travail ou bien des attitudes à adopter dès maintenant pour pouvoir prétendre à ce concours.
Ce qui me pousse à poser cette question c'est le caractère mystique et prestigieux de l'épreuve : toutes les personnes avec lesquelles j'ai abordé le sujet se sont arrêtés à des commentaires comme :
" le concours de Normal Sup' c'est pour les génies " ou encore " Avec 2% d'admis en philo autant dire que c'est innacessible " ( phrase qui me vient d'un prof de prépa ).
Je trouve cela très frustrant c'est pourquoi je voulais savoir ce qu'il en est réellement : comment avez-vous vécu le concours ( quels sont les types d'épreuves et leur réels degré de difficultés ), quel est votre profil, en quelle matière l'avez-vous intégré, comment se passe les études de philo, quelles étaient vos motivations pour vous présenter à l'ENS et êtes vous satisfait par l'enseignement dispensé par vos professeurs ?
Merci pour vos réponses.
Je n'irais quand même pas jusqu'à dire que c'est le pays des stratèges! Ce n'est pas non plus comme si tout le monde changeait de spé une fois arrivé à l'école. Par ailleurs ce n'est pas forcément mauvais que l'école permette à ses élèves de changer de filière, tout le monde peut se tromper de voie.
Ce qui est énervant en revanche c'est les gens (très très minoritaires à mon avis) qui usent d'une stratégie c'est tout (et encore, on ne pourra jamais vraiment savoir s'il y a réellement eu stratégie préméditée ou non).
Tout ce que je veux dire (et je vais me répéter, désolé), c'est que si l'on veut étudier telle matière à l'ENS (en tout cas si l'on s'imagine vouloir poursuivre son cursus universitaire dans cette matière), alors il faut passer le concours dans cette matière, point.
@ Mescaline2818 : le taux général d'admission à l'ENS (toute spécialités confondues) est d'environ 3,5% : oui, c'est très peu.
On peut s'amuser à faire des statistiques pour chaque année, mais le taux de réussite en philo n'est pas bien différent de celui des autres spécialités en général (sauf spécialités rares, où il y a moins de candidats et où les chiffres sont donc moins significatifs). Si l'on prend la session 2012 pour l'ENS de Lyon, on a environ 3% d'admission en histoire-géo et un peu moins de 4,5% en philo (donc pas 2%); bêtement, ou pourrait imaginer, que ce serait plus difficile en HG. (J'ai simplement pris ces deux matières parce qu'elles sont regroupées dans la filière "Sciences humaines" du concours, et que donc les 36-38 places allouées à ladite filière sont ensuite réparties entre HG et philo, le nombre de places par rapport au nombre initial de candidats étant à peu près équitable.)
A mon avis, c'est un raisonnement un peu court, et on ne peut pas rationnellement dire que c'est plus facile d'intégrer dans telle ou telle spécialité (il y a des limites aux chiffres…).
Ah! au fait : le concours n'est pas réservé aux génies… Enfin, tu auras tout le temps d'apprivoiser ce nouvel univers quand tu seras en prépa!
Je laisse un philosophe répondre pour sa spé!
Merci pour le lien que je viens de consulter !!!
Leurs sujets sont géniaux !!!! C'est intellectuellement TRES EXCITANT !!!!!!! Je constate que dans leurs rapports les professeur apprécient les élèves qui se mettent " en danger " en traitant le sujet sous des angles non abordés en cours !
ça me donne encore plus envie de le présenter ce concours !!
Encore merci pour le lien !
@Mamala : Ulm et Lyon ont des politiques très différentes sur la question. La formation de la khâgne classique dans chaque matière est un peu plus poussée que pour Lyon (étant donné qu'il y a la préparation des oraux avec des programmes distincts, ce qui invite à voir ailleurs), qui est davantage une école de spécialistes (ce que l'on ressent dans la répartition des postes entre les matières et dans le jeu des coefficients). Bref, à Ulm, on peut bifurquer, ça ne pose pas le moindre problème administratif quand on est normalien, c'est un peu plus difficile quand on est pris sur dossier.
En ce qui me concerne, j'ai d'abord choisi l'option théâtre en hypokhâgne par curiosité, désireux de faire des études de lettres. Je me suis pris au jeu et j'ai continué en khâgne et en khûbe, tout en sachant que je n'allais pas poursuivre en master. J'ai décidé par la suite de faire de la philosophie en M1 et j'ai repassé le concours en candidat libre, en théâtre toujours, d'une part parce que c'était Hamlet au programme, et ça, c'est extraordinaire, d'autre part, parce que je connaissais les épreuves. Bref, il se trouve que quand je suis arrivé à l'ENS en philo, j'avais déjà un M1 de philo, c'était donc tout naturel de passer du théâtre à la philo. Je referme cette parenthèse.
@Mescaline2818 : Comme l'a dit bougeotte, oui, c'est un concours difficile, et non, il n'est pas pour les "génies" (si tu entends par là des gens qui ne partagent pas l'humaine nature), mais pour ceux qui obtiennent des bonnes notes le jour J -ce qui demande sans doute quelques capacités au départ, mais aussi et surtout du travail, des bonnes ondes, de la chance, etc-. Tu as largement le temps de voir ça plus tard. Mais oui, c'est très excitant comme concours, et notamment en philosophie… Je te donne le lien des rapports de jury de Ulm :
https://www.ens.psl.eu/ .
D'accord Artz, tu as repassé le concours après ton M1 de philo, donc dois-je comprendre que tu as eu l'équivalence de licence de philo après tes 3 ans de prépa , alors que tu étais en option théâtre ? C'est un peu biscornu, mais en tous cas cela montre que les ouvertures sont possibles (bien plus qu'à mon époque, lointaine je le rappelle, où l'option choisie en hypokhâgne faisait loi pour la suite).
J'aurais aimé avoir également des précisions à ce sujet, et plus largement, sur la question des équivalences en fin de khâgne… Le principe est, je le suppose, d'accorder une équivalence de L2 à l'université -donc une entrée en L3- dans la matière de spécialité suivie en khâgne. Peut-il en être autrement (i.e. obtenir une équivalence dans une discipline suivie en prépa, mais pas en spécialité) ? (je connais la réponse en cas de sous-admissibilité, mais sans celle-ci ?)
La réponse varie-t-elle selon l'université demandée ? selon le lycée d'origine ? selon d'autres critères ?
Alors, normalement, une équivalence est donnée dans la spécialité (équivalence de L1 pour une hypokhâgne, de L2 pour une khâgne, de L3 pour une khûbe ou une bikhânnée), cela dit, le conseil de classe peut accepter une demande de double équivalence faite par l'élève, sous réserve que celle-ci soit acceptée ensuite par la fac. Généralement, on l'accorde aux seuls bons élèves.
Dans les faits, ce qu'on appelle un bon élève est difficile à définir -d'un lycée sur l'autre, d'une classe sur l'autre-. Enfin, d'autres critères entrent en jeu -par exemple, à Fénelon, on accordait plus facilement une double équivalence aux options artistiques, parce qu'il faut bien des gens qui prennent ces options, mais qu'on vit moins facilement de la musicologie que des lettres-… Vous voyez à quel point tout cela est flou…
Cela dit, oui, on peut demander une double-équivalence quand on est sous-admissible.
Tout cela, c'est du côté lycée. Ensuite, s'ajoute un autre flou, celui de l'université qui va accepter ou non votre dossier… Mes amis qui ont changé de discipline n'ont eu aucun problème à le faire -tous avaient la sous-admissibilité voire davantage…-, mais j'ai du mal à tenir un propos qui aurait une valeur générale.
D'accord, je connais la (seule) règle claire selon laquelle les sous-admissibles (et admissibles a fortiori) ont le droit d'obtenir une double équivalence s'ils la demandent (du moins dans les matières étudiées en prépa).
J'étais naturellement plus intéressée par le "flou" (pour reprendre votre terme) qui entoure toutes les autres situations : celle des "sans résultat" aux concours, celle des élèves qui demandent une double licence dont une licence dans une discipline non enseignée en prépa, etc.
Le principe étant sans doute que plus la qualité du dossier est grande, plus les possibilités sont grandes. Ce qui reste… flou. 🙂
Oui, et obtenir une équivalence dans une matière qu'on n'a pas suivie en spécialité sans sous-admissibilité me semble impossible, en tout cas pour une L2 ou une L3. Après, c'est peut-être possible pour une L1, à condition d'avoir le dossier qui suit derrière… (et sans sous-a, la double équivalence me semble fort compromise; ce qui n'empêche pas toutefois de faire une demande)
Sinon, ça doit probablement varier aussi bien entre les universités qu'entre les lycées. Ca m'étonnerait qu'il y ait une "règle" pour ce genre de réorientation.
Nous avons "posté" en même temps. Mais merci… Votre réponse et celle d'Artz vont bien dans le même sens.
Edit : mais je trouve le mot de "réorientation" un peu fort, non ? Car, sauf pour ceux qui veulent commencer à l'université une matière qu'ils n'ont pas encore étudiée, il s'agit bien de poursuivre l'étude d'une (ou deux) disciplines de prépa.
Oui c'est vraiment très flou, ça dépend de la fac et ça doit même parfois varier à l'intérieur de la fac. Une de mes amies, qui a fait une khâgne Lyon spé Lettres modernes, fait maintenant une L3 de géographie et une L3 d'italien ; il me semble qu'elle a été sous-admissible , mais tout de même, c'est un changement. Sachant que je viens d'un lycée parisien mais qui n'est pas non plus dans les meilleurs, et que c'était une élève moyenne.
Disons qu'il y a ce qui est écrit sur le papier, et ce qui se fait. J'ai un ami qui fait un M1 de Sciences Politiques après une khûbe, une connaissance qui est en L3 de droit après avoir intégré l'ENS en khârré, etc.
Pour résumer : c'est flou. Très flou.
Pour ma part, je risque d'être envoyé en M1 d'économie à l'étranger -alors que je n'ai jamais eu la moindre formation dans cette matière-. Quand le flou devient délirant…
Oui, je vois bien le flou artistique : élève moyenne dans un lycée moyen, élève moyen dans un bon lycée, bon élève dans un lycée moyen… Tout cela est assez proche et difficile à évaluer. C'est sans doute pour cela que Paris IV, par ex., exige une sous-admissibilité, ce qui est censé "objectiver" un peu le niveau de l'élève (je ne sais pas à quel point la règle est stricte, car il est tout de même précisé que toutes les demandes seront examinées en commission - d'où mes questions aussi)
Edit : à la suite de la réponse d'Artz. Les cas des normaliens sont sans doute les plus faciles à trancher, si j'ose dire. Ils sont censés pouvoir TOUT faire 😀
Je disais simplement "réorientation" parce que quand on choisit une spécialité on choisit une direction, et que quand on bifurque finalement, on prend une autre direction.