Questions d’orthographe - Les Trois Mousquetaires

Langue française

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voici quelques phrases tirées du célèbre roman Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas dont je ne comprends pas bien l'orthographe (a priori le texte est le même dans la plupart des éditions actuelles):

1. "M. de Tréville recevait fort bonne compagnie, toute anticardinaliste d'ailleurs."

tout n'est-il pas de rigueur dans cette phrase?

2.
"-Qu'est-ce qu'Athos?
-Un de mes amis.
-Mais s'il est chez lui et qu'il me voie?"

Pourquoi l'auteur a-t-il utilisé le subjonctif plutôt que l'indicatif?
La fonction de que est-elle d'éviter la répétition de si de sorte que l'auteur veuille dire:
"s'il est chez lui et s'il me voit?"?
De plus, si on prend l'exemple du verbe surprendre dont l'indicatif et le subjonctif se prononcent différemment, est-ce qu'on ne dit pas: "Mais s'il est chez lui et qu'il me surprend ?" plutôt que "Mais s'il est chez lui et qu'il me surprenne?" ?

3. "C'était le roi qui s'avançait à travers les rues qui conduisent du Louvre à l'Hôtel de Ville, et qui étaient toutes illuminées avec des lanternes de couleur."

De même, cette forme n'est-elle pas fautive?

4. "Mais il faudrait d’abord trouver la femme que j’ai dit, et qui aurait à se venger du duc."

Dans l'absolu il faudrait faire l'accord, pourquoi n'a-t-il pas été fait?

Merci d'avance pour vos réponses!
1. "M. de Tréville recevait fort bonne compagnie, toute anticardinaliste d'ailleurs."
On peut hésiter, en effet. "Toute" semble signifier ici "tout entière", comme dans "toute à son travail", par exemple.
2.-Mais s'il est chez lui et qu'il me voie?"
Quand on remplace un second "si" par un "que", ce "que" doit être suivi du subjonctif.
3. "C'était le roi qui s'avançait à travers les rues qui conduisent du Louvre à l'Hôtel de Ville, et qui étaient toutes illuminées avec des lanternes de couleur."
Si le sens est bien "toutes = sans exception", ce n'est pas fautif.
4. "Mais il faudrait d’abord trouver la femme que j’ai dit, et qui aurait à se venger du duc."
Ce n'est pas la femme qui a été dite…
la femme que j'ai dit (de trouver) = j'ai dit de trouver la femme.
Le que (représentant la femme) est donc COD d'un "trouver" sous-entendu, et non pas du participe.
1. Quand on écrit : "M. de Tréville recevait fort bonne compagnie, tout anticardinaliste d'ailleurs.", cela signifie également que la compagnie reçue est "tout entière" (comme vous dites) anticardinaliste. Il n'y a donc pour moi aucune différence de sens selon qu'on utilise tout ou toute.
Cependant, utiliser toute dans cette phrase revient à dire que la forme: toute + adjectif au féminin commençant par une voyelle ou un h muet est correcte, ce qui est faux…
Je ne comprends toujours pas 🙂

2. Donc la forme: "-Mais s'il est chez lui et qu'il me voit?" n'est pas acceptable?

3. Si on écrit "tout illuminées", cela signifie que toutes les rues sont illuminées et que chaque rue est entièrement illuminée. Le cas tout apporte donc une information supplémentaire par rapport au cas toutes: une rue, qui est illuminée, l'est entièrement. Voilà la différence que je fais entre ces deux possibilités. Pour les différencier à l'oral, il faut donc forcément prononcer le cas toutes comme suit: "toute-z-illuminées".
Cependant, j'ai l'impression que le cas toutes n'est presque jamais utilisé, et que tout le monde a le réflexe d'écrire tout, n'est-ce pas?
Il est vrai que la règle stricte est d'employer tout (et non toute) avant voyelle ou h muet…
Voir néanmoins ce commentaire du Trésor de la Langue française :
Cependant, devant un adj. au fém. sing. commençant par une voy. ou un h muet, beaucoup font l'accord: Mais la peau est toute enlevée (BERNSTEIN). Lyrisme paternel, humour, spontanéité maternels, mêlés, superposés, je suis assez sage à présent, assez fière pour les départager en moi, toute heureuse d'un délitage où je n'ai à rougir de personne ni de rien (COLETTE)
Pour ce qui est du subjonctif après si…. et que…, voici ce que j'avais répondu dans une autre discussion, voici trois ans :
Après le que vicariant remplaçant un si,
le mode change et le subjonctif apparaît :
Si tu viens et qu'il fasse beau….
(Sancier-Château)
S'il réussit le bac et qu'il obtienne une mention…
(Riegel)
Selon les grammaires, il semblerait donc que ce soit la règle.
Mais comme dans le cas de tout(e), peut-être certains la transgressent-ils ?

En tout cas, une subordonnée à sens hypothétique introduite par que est toujours au subjonctif en début de phrase :
Qu'une gelée survienne, et la récolte sera perdue.