Balzac, Le Colonel Chabert - Lorsque je revins à moi, monsieur…

Entraide scolaire

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Fascinante, l'intervention de Pommeraie !
Oscillation entre le rêve et la réalité, cela suggère que Chabert n'a jamais vécu cette aventure sinistre, mais qu'elle est le fruit de son délire. En effet, le texte se poursuit ainsi :
ces sacrés Allemands se sauvant en entendant une voix là où ils n’apercevaient point d’homme, je fus enfin dégagé par une femme assez hardie ou assez curieuse pour s’approcher de ma tête qui semblait avoir poussé hors de terre comme un champignon. Cette femme alla chercher son mari, et tous deux me transportèrent dans leur pauvre baraque. Il parait que j’eus une rechute de catalepsie, passez-moi cette expression pour vous peindre un état duquel je n’ai nulle idée, mais que j’ai jugé, sur les dires de mes hôtes, devoir être un effet de cette maladie. Je suis resté pendant six mois entre la vie et la mort, ne parlant pas, ou déraisonnant quand je parlais.
J'ai souligné en gras les indices menant à la thèse du délire.
Cependant, ces indices ne sont pas utilisables dans le cadre du devoir, car ils ne figurent pas dans l'extrait tel qu'il a été découpé.
De plus, il me semble bien que pour Balzac, son héros a vécu objectivement ce qu'il narre.
Le lecteur n'a pas lieu de se demander, comme pour le Horla, si le narrateur est bien sain d'esprit.

Alors ? Fantastique ? Pas fantastique ? Nous oscillons entre deux réponses…
La suite du texte mentionnée va effectivement dans le sens du fantastique. Même si l'intégralité de l'oeuvre n'est clairement pas fantastique, on retrouve cette influence dans la peau de chagrin par exemple.
Delia a écrit : De plus, il me semble bien que pour Balzac, son héros a vécu objectivement ce qu'il narre.
Le lecteur n'a pas lieu de se demander, comme pour le Horla, si le narrateur est bien sain d'esprit.

Alors ? Fantastique ? Pas fantastique ? Nous oscillons entre deux réponses…
Dans l'extrait, le narrateur est le héros. Si bien que même s'il croit mentionner objectivement ce qu'il raconte, tous les indices nous montrent que c'est parfaitement subjectif. Ainsi le "j'entendis ou je crus entendre" va dans ce sens. De même que la focalisation interne (tu as gagné Valentin09) qui accentue le fantastique puisqu'on n'a pas les réponses. Est-ce une folie passagère? Un rêve un peu effrayant? Des hallucinations? Juste la peur qui parle? Justement parce que ces questions restent en suspens, c'est du fantastique. Si on avait une réponse on serait alors dans l'étrange ou le merveilleux.
pour ma part c'est interne parce que Chabert raconte son histoire donc il connaît ses pensées, ses sensations. De plus la première personne m'y fait penser aussi. Et on ami lui, pense que c'est omniscient, car dans le para texte c'est Balzac qui parle et qui dit ce qu'il va se passer. Donc on hésite entre les deux.
Décidément, nous sommes sous le signe de l'hésitation…
Ici, c'est fromage et dessert : focalisation interne, pour le récit enchâssé, focalisation zéro pour e récit cadre.
Un même roman peut alterner les focalisations. C'est même la caractéristique de Stendhal, par exemple, ce permanent va-et-vient de l'externe au zéro en passant par l'interne.
Toi et ton ami avez raison. Et Delia aussi car dans un roman l'auteur peut mêler plusieurs techniques narratives, plusieurs registres etc. C'est justement ce qui fait sa créativité.
Par contre là, on parle juste de l'extrait donc même si ce que tu sais du roman peut t'aider dans ton analyse, tu ne dois analyser que l'extrait. Ici nulle intervention de Balzac.