Prononciation de Bruxelles

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Hello,

Je m'interroge sur la bonne prononciation de villes telles que Bruxelles et Auxerre : je l'ai toujours prononcé avec un 'X' et non comme si c'était deux "SS" ce qui paraît logique d'un point de vue orthographique. Mais on entend beaucoup - surtout dans les média je dois dire - la prononciation en SS. Qu'en est-il de la 'bonne' prononciation? Quelle est la règle de prononciation du X dans ce type de cas? (ce n'est pas le fait que ce soit entre 2 voyelles en tout cas: on dit pixel, pas piSSel).
La prononciation originelle est /bʁy.sɛl/, et non */bʁyk.sɛl/, mais cette particularité est souvent ignorée (par exemple, le nom bulgare est la transcription de la prononciation /bʁyk.sɛl/).
Le latin tardif a donné à la lettre x la seule valeur et c’est en vertu de cette valeur phonétique qu’ont été écrits six, dix, ou un acronyme pour le son [us] (cf. les marques de pluriel en -oux), ou encore certains toponymes comme Bruxelles /bʁy.sɛl/ ou Auxerre /o.sɛʁ/.
Le Moyen-Âge a donné ensuite au x la valeur [ʃ], sous l’influence des transcriptions ibériques de l’arabe. C’est ainsi que l’emploi d’x comme inconnue en mathématiques est la simple translittération de la lettre arabe chin (šin).
Ce n’est qu’à la Renaissance que la lettre x a commencé à prendre la prononciation /ks/, avec le renouveau des études grecques, à cause des nombreux emprunts faits à cette langue depuis.

(Source)

À toi de voir si tu veux (ou non) suivre la prononciation originelle du mot !
On m'a toujours dit que c'était "ss".
(…) Une lettre représente une suite de sons (ou plusieurs suites selon les mots) :
x = [ks] dans taxer; [gz] dans examen; - outre [z] dans dixième, dans soixante, Bruxelles, Auxerre
(…)


Le Bon usage, Chap. II Les signes graphiques, n° 91 Phonologie et orthographe


Mais vous n'êtes pas le seul à poser la question…

[lien invalide]

Edit : Ah, je n'avais pas vu que l'on vous avait déjà répondu 🙂
Banque de dépannage linguistique :
Le x de Bruxelles, nom de la capitale de la Belgique, se prononce [ s] (s), comme dans soixante, et non [ks] (ks), comme dans boxe. On prononce donc [bRysEl] (bru-sèl), et non [bRyksEl] (bruk-sèl). De même, on prononce bruxellois [bRysElwa] (bru-sè-loi) et bruxelloise [bRysElwaz] (bru-sè-loiz). Le x se prononce de la même façon dans le nom de la ville française Auxerre, qu'on prononce [OsER] (o-sèr).
Il est vrai qu'on dit souvent que la graphie est rétrograde sur l'usage mais là ça ferait quand même un peu trop longtemps!
Comment prononcez-vous vous-même ces mots-ci?
Pour ma part, /bʁy.sɛl/ et /o.sɛʁ/ !
Personnellement, je les prononce avec le son ss… 🙂 Parce qu'on me l'a appris ainsi. 🙂
Moi aussi.
Avec le son ss… comme soixante.
Ce serait peut-être intéressant d'avoir votre zone linguistique natale pour situer.
Sud de la France, pour moi. Mais je pense qu'on me l'avait appris à l'école, à la leçon sur le "x", qui se prononce de diverses manières ([ks], [z] et ). J'ai oublié des choses, comme certaines règles d'orthographe, par ex. 😉 , mais ça, c'est resté 🙂 .
Je suis natif de Niort, Deux-Sèvres…
Et vous, cher comte ?
Pour ma part, Parisien de naissance et de résidence, je prononce Bruxelles et Auxerre comme soixante, aussi. Mais c'est parce qu'on a insisté pour me le faire prononcer ainsi, sinon je faisais comme les autres !
Cependant, étrangement, je continue à prononcer avec un "x" les combinaisons "choux de Bruxelles" et surtout "Saint-Germain l'Auxerrois".
Mais c'est parce qu'on a insisté pour me le faire prononcer ainsi
C'est toute l'importance de l'enseignement et de la transmission d'un usage (par l'école ou la famille) -car y a-t-il vraiment une règle à appliquer ?
De même que l'on a appris un jour à prononcer différemment le "x" dans coccyx et dix d'une part, crucifix et prix d'autre part, ou phénix et onyx enfin !


Edit : d'ailleurs, le "x" ou l' "x" (comme "il prépare l'X") ? 🙂
Jeanne-Héloïse a écrit :Personnellement, je les prononce avec le son ss… 🙂 Parce qu'on me l'a appris ainsi. 🙂
Jehan a écrit :Moi aussi.
Avec le son ss… comme soixante.
Quelle est la différence entre le son 'ss' et le son 's' s'il vous plait ?

Merci, d'avance.
Aucune. Mais comme deux S de suite se prononcent toujours S, c'est simplement pour mieux évoquer ce son si sifflant ! 😜
Jeanne-Héloïse a écrit :Edit : d'ailleurs, le "x" ou l' "x" (comme "il prépare l'X") ? 🙂
Bonne question. Je suppose que la réponse est la même que pour Bruxelles et Auxerre !
La lettre x est une consonne, donc il faudrait éviter l'élision (et dire le x), mais elle se prononce /iks/ (et débute par un phonème vocalique). Du coup, cela a probablement dû finir par affecter la prononciation originelle. Beaucoup de profs de maths demandent de chercher l'x (l'iks) d'une équation donnée. Pourtant, ils devraient plutôt demander d'en chercher le x (le iks.
La seule consonne sujette à l'élision est – bien sûr – le h muet (et non l'h muet).

De toute façon, une faute répandue a de grandes chances de ne plus être considérée totalement fautive (l'exemple le plus célèbre étant probablement *autant pour moi/au temps pour moi).
Intéressant.
Mais j'ai consulté mes livres, et j’ai tout de même l’impression que l'élision domine : les scientifiques cherchent l’x, les forts en maths briguent l’X (Polytechnique !), et les littéraires (grammairiens et écrivains) semblent également valider l’élision. Ainsi, en va-t-il de l’x ("Quant à l’x, elle est toujours de règle" dans Brunot, Pensée), et de toutes les consonnes dont le nom commence par une voyelle : l’s ["l’s est devenue la marque du pluriel" (toujours Brunot) , "l’s final du mot n’étant pas prononcé" (Montherlant, La Petite infante de Castille, cité par Grévisse)], de l’l ["l’l double, qui est mouillé" (Hermant), "cet l a été abandonné" (Grévisse et Goosse)] mais aussi pour h !!! : "l’h muet n’a aucune valeur dans la prononciation" (Difficultés de la langue française, Larousse), "bien que l’h soit aspirée" (Hanse 1949, s.v ; hululer) ou encore "l’h dit aspiré assure la disjonction" (Grévisse et Goosse) !
(on remarquera d’ailleurs que le genre varie : incontesté quand il s’agit de consonne dont le nom commence par une consonne, moins fixé quand il s’agit de consonne dont le nom commence par une voyelle -f, l, m, n, r, s, et notre fameux x, mais tout ceci nous emmène très loin de Bruxelles et d'Auxerre ! 🙂 )
Oui, j'aurais dû d'abord chercher. Le TLFi vient confirmer cela :
Prononc. et Orth.: [iks]. Ds Ac. dep. 1694 sous les formes ix, ics, ixe. La liaison et l'élision sont gén.: l'x, d'x, cet x. Qq. exceptions: Cuvier, loc. cit. : de x, et, sous B 2 c supra: le X infâmant. Prononc. liées de un x, des x, grand x, etc. Lettre x: [lεtʀ əiks] et [lεtʀiks]. X temps [iksətɑ ̃] et [ikstɑ ̃]. Fréq. abs. littér.: 683. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 877, b) 944; xxes.: a) 897, b) 1 110. Bbg. Les Graphèmes au collège. BREF. 1980, no22, pp. 21-34. − Lanher (J.). De la graphie x à l'init. dans les topon. des départements lorr. Mél. Lanly (A.). Nancy, 1980, pp. 557-569. − Quem. DDL t. 12, 19, 20, 21, 30.
En plus de l'élision, il est donc possible de faire la liaison avec la lettre x.

Par contre, il n'y a pas cette unanimité avec la lettre h :
On dit, et on écrit, l'h (v. p. ex. Ac. 1935) ou le h (v. p. ex. Lar. encyclop., où on trouve le h à côté de l'h).
De toute façon, si l'on veut faire l'élision avec le h, il faudra également accepter la lourde liaison que cette lettre est susceptible d'engendrer (notamment dans des h).

Je n'ai pas vérifié pour les autres.
Merci beaucoup, cela répond parfaitement à ma question !
Rappelons que jusqu'au XIXe siècle, les noms de lettres étaient majopritairement au féminin : une A, une F, une H (ce qui permet des jeux de mots avec hache)… une S.