Verbe devoir + nom

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Etant un étudiant étranger, j'ai du mal à comprendre quand est-ce qu'on doit mettre le verbe devoir + nom comme dans " à qui l'on doit l'interminable récit initiatique" ou " à qui l'on doit La Nausée" ….. Je n'arrive pas à comprendre le sens! :/

Merci d'avance. 🙂
C'est une extension très courante effectivement aujourd'hui d'un des nombreux sens de "devoir" : "être redevable" :
2. [Le compl. d'obj. désigne ce qui motive une obligation à laquelle le suj. est tenu vis-à-vis de qqn ou de qqc.] Être redevable de quelque chose à quelqu'un ou à quelque chose, tenir quelque chose par son action, initiative, entremise, etc.
a) Devoir qqc. à qqn.
α) [Le suj. désigne une pers. ou une collectivité] Il lui doit tout; il veut ne rien devoir à personne. Je t'ai pris au soleil aussi nu qu'un reptile; C'est à moi que tu dois pain, vêtements, asile, Esclave (Dumas père, Charles VII,1831, I, 1, p. 235).Le riche cousin à qui papa devait sa situation organisa une fête pour ses enfants et leurs amis (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 103):
9. … Quand j'étais en province au lycée [dit le malade au docteur citoyen] (…) un professeur âgé, blanc, honorable (…) nous enseignait. Nous lui devons plus pour nous avoir donné l'exemple d'une longue et sérieuse vie universitaire que pour nous avoir préparés patiemment au baccalauréat. Péguy, De la Grippe II,1900, p. 6.
− Loc. verbale. Devoir la vie à qqn.
♦ Avoir reçu la vie de, être né de quelqu'un. Et tu veux que j'hésite et que je sois avare De mes jours, que je dois aux ombres du Ténare? (Moréas, Iphigénie à Aulis,1903, p. 251).
♦ Avoir été sauvé par quelqu'un. Da Silva. − Mieux valait mourir que de devoir la vie à cet homme (Dumas père, Darlington,1832, prol., p. 20):
10. don fernando. − Qu'est ceci? Rodrigo, seul! Qu'y a-t-il? don rodrigo. − Une chute malheureuse, un malheureux échec! Mais tout est malheur, et par-dessus tout que je doive la vie au rival dont je veux la mort. Camus, Le Chevalier d'Olmedo,1957, 3ejourn., 8, p. 793.
SYNT. Devoir son existence à, sa fortune à, le jour à, sa naissance à, son origine à, sa situation à.
β) [Le suj. désigne une chose] Au fig. Devoir son nom à, son succès à (qqn ou qqc.). Qui peut dire ce que le chauvinisme et le militarisme français doivent à Corneille, Béranger, Hugo, Déroulède? (Aymé, Confort,1949, p. 19).Et cet instinct d'ordre, de mesure, ce refus des extrêmes, que je dois à mon hérédité (Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. LXXX):
11. L'on sert d'abord une soupe grasse, qui diffère de la nôtre en ce qu'elle a une teinte rougeâtre qu'elle doit au safran dont on la saupoudre pour lui donner du ton. Gautier, Tra los montes,Voyage en Espagne, 1843, p. 23.
− Spéc., à la forme passive. [Le verbe exprime une relation de conséquence à cause] Être dû à. Être causé par, provoqué par :
12. En outre, elles refusent d'avoir des enfants. Leur carence est due à leur éducation, au féminisme, à un égoïsme mal compris. Elle est due aussi aux conditions économiques, à l'instabilité du mariage, à leur déséquilibre nerveux… Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 363.
b) [L'obj. désigne un procès] Être redevable (en bonne ou en mauvaise part).
− Devoir à qqn de + inf. :
13. … le vieux bonhomme [Renan] à qui je dois d'avoir appris beaucoup de choses avec plaisir et facilité. C'était un professeur de génie; il avait le don de communiquer son savoir avec la simplicité d'une source qui se laisse couler. Green, Journal,1949, p. 302.
− Devoir à qqc. de + inf.Mais ils devaient à leur origine parisienne (…) de partager avec leurs concitoyens le préjugé, presque la vénération du Théâtre (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 95).C'est à ma mauvaise chance que je dois d'en être là (Camus, Dév. croix,1953, 1rejourn., p. 537):
14. … ce sont les maîtres que j'ai fréquentés aux Chartes qui m'ont révélé ce que sont, chez un chercheur scrupuleux, la conscience scientifique et les exigences de l'honneur professionnel. (…). Un tel contact m'a pour toujours marqué. Je dois à leur exemple de m'être perpétuellement défié des besognes impromptues. Martin du Gard, Souvenirs autobiographiques,1955, p. LI.
Sartre à qui l'on doit "la Nausée", veut donc simplement dire Sartre à qui nous sommes redevables de "la Nausée", c'est-à-dire finalement Sartre qui a écrit "la Nausée", Sartre qui est l'auteur de "la Nausée".
L'architecte Hittorff à qui l'on doit la gare de l'Est à Paris = L'architecte Hittorff qui a fait les plans de la gare de l'Est à Paris.
Beethoven à qui l'on doit la première symphonie avec chœurs = Beethoven qui a écrit la première symphonie avec chœurs

Autrement dit A à qui l'on doit B = A a écrit, composé, construit, introduit, créé, … B et c'est grâce à A qu'on profite de B.
J'ai compris finalement 🙂 . Je vous remercie infiniment, Lamaneur.