Texte en prose poétique sur le thème du deuil

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis en seconde, j'ai une dissertation à faire sur les thèmes ci-dessous :

- il faut que mon texte soit une prose poétique
- sur le thème du deuil
- le cadre spatio-temporel se passe pendant l'hiver
- registre lyrique
- tonalité élégiaque
- état d'âme : tristesse

Je n'ai pas d'idées concernant le champ lexical de la tristesse et des procédés de style concernant l'hiver. Si vous pouviez m'aider. Merci
Bonjour Vaimiti,

Tu pourrais t'inspirer de la fin de ce célèbre poème de Baudelaire
LXXVI - Spleen

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombrés de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité
Prend les proportions de l'immortalité.
- Désormais tu n'es plus, ô matière vivante!
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.


Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
ou celui d'Hugo
Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les quatre vents de l'esprit)


Nuits d'hiver
I

Comme la nuit tombe vite !
Le jour, en cette saison,
Comme un voleur prend la fuite,
S'évade sous l'horizon.

Il semble, ô soleil de Rome,
De l'Inde et du Parthénon,
Que, quand la nuit vient de l'homme
Visiter le cabanon,

Tu ne veux pas qu'on te voie,
Et que tu crains d'être pris
En flagrant délit de joie
Par la geôlière au front gris.

Pour les heureux en démence
L'âpre hiver n'a point d'effroi,
Mais il jette un crêpe immense
Sur celui qui, comme moi,

Rêveur, saignant, inflexible,
Souffrant d'un stoïque ennui,
Sentant la bouche invisible
Et sombre souffler sur lui,

Montant des effets aux causes,
Seul, étranger en tout lieu,
Réfugié dans les choses
Où l'on sent palpiter Dieu,

De tous les biens qu'un jour fane
Et dont rit le sage amer,
N'ayant plus qu'une cabane
Au bord de la grande mer,

Songe, assis dans l'embrasure,
Se console en s'abîmant,
Et, pensif, à sa masure
Ajoute le firmament !

Pour cet homme en sa chaumière,
C'est une amère douleur
Que l'adieu de la lumière
Et le départ de la fleur.

C'est un chagrin quand, moroses,
Les rayons dans les vallons
S'éclipsent, et quand les roses
Disent : Nous nous en allons !
Ou, toujours de Hugo Il neigeait il neigeait toujours
Le deuil avec la Retraite de Russie, le lyrisme Mais je ne sais si on peut dire que c'est élégiaque
La nuit d'hiver et d'autres élégies de Marceline Desbordes Valmore
https://www.hs-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/19siecle/Desbordes/des_po32.html#053 ici

Vaimiti, il n'y a pas vraiment de procédés de style concernant l'hiver ou la tristesse ; tu ne peux que t'inspirer d'exemples
Bonjour Vaimiti,

Il y a aussi celui-ci, de Baudelaire :
Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Muriel
Cependant les Spleens baudelairiens sont si je puis dire un état d'âme qui restreint le thème de la tristesse, de l'élégie et du deuil ; je pense que notre jeune ami a besoin de thèmes plus généraux
Mais Baudelaire est un bon exemple de poésie lyrique et d'élégie, en quelque sorte, sur lui-même (le poème que te cite Muriel peut être considéré comme un deuil de son âme)
Choix de poèmes sur le deuil d'un enfant
https://lenfantsansnom.free.fr/page/PAGE%20Arts%20et%20poemes.htm#POEMES%20AUTOUR%20DU%20DEUIL%20D%27UN%20ENFANT ici