La bande dessinée et livres non romancés, de la littérature ?

Littérature

45 réponses · Page 3 / 3

Theophilius a écrit :Il y a tout ce qui précède, travail, sensibilité. . Et xe qui suit, la reception. Il n'empeche.
Sur quoi nous ne sommes pas d'accord, mais soit…
Les peintures sur mes vasrs, les fresques religieuses, j'en ai déjà parler dans mon commentaire de la vidéo de Nanard, après, tout depend si on considère le vase, ou si l'on distingue le vase et la peinture qui est dessus etc. Bon, est-ce qu' à ce stade c'est un débat interessant? Je ne crois pas. 🙄
J'en suis navré, crois-moi. Reste qu'il y a une large différence entre la cuillère que l'on plonge dans sa soupe d'une part, et le vase exposé derrière des vitres dans un musée, d'autre part (ou pour reprendre un exemple connu, les sabots que l'on chausse et ceux que le peintre couche sur la toile). Dans ce cas, c'est d'autant plus complexe que l'outil est traité par un peintre comme support d'une peinture. Il ne s'agit pas d'un "outil embelli", mais d'un outil-support pour une activité artistique ; n'oublions pas qu'on ne peint pas n'importe quel vase, ou plutôt, qu'on ne fait pas n'importe quel usage d'un vase peint… La peinture sur céramique a beau être une "pratique millénaire", cela n'enlève rien à sa valeur (admirez par exemple le célèbre vase François ou le cratère de Derveni, dont on peut se demander où se trouve l'outil). Inutile d'en dire plus, ce n'est pas digne d'intérêt de toute façon…

Bien sûr, le reste de mon message ainsi que mes questions passent à la trappe.
Et puis, le gros point qui m'embête, c'est donc qu'une oeuvre d'art n'existe pas sans société pour l'édifier comme telle. J'aurais beau peindre comme Michel-Ange, avoir l'écriture acérée comme Artaud, mettre en scène comme Poquelin, si personne ne prend connaissance de mon oeuvre, ce n'est pas de l'art.
N'est-ce pas embêtant?
Je ne parlerais pas non plus d'édification par la société, mais de reconnaissance, laquelle est d'abord individuelle, personnelle, et peut effectivement s'institutionnaliser par ailleurs. Et je ne vois pas quel problème cela pose. Si un artiste, ayant réalisé une toile dans le secret de son atelier, la contemple une fois terminée et en reconnaît au fond de son coeur la valeur artistique (je dirais plutôt : "si la valeur artistique de sa toile s'impose à lui", car je ne crois pas contrairement à Nanard qu'il soit ici question de "décision"), je ne nie pas qu'elle soit une oeuvre d'art à ses yeux. Mais elle n'en sera pas une pour moi qui ne l'ai pas vue. En cela, je suis d'accord avec hellsgate2007.
Je suis d'accord pour dire qu'on affine notre conception de l'art, et que les différents mouvements ne cessent de bousculer nos idées dessus (et encore?), mais ça ne veut pas dire que la définition de l'art en elle-même est relative. L'art n'est pas relatif. Non. Sinon il faut faire face à de sacrés soucis.
J'ai simplement dit que le concept d'"art", employé pour réfléchir sur un groupe particulier de productions humaines, est un concept sans cesse redéfini par les oeuvres d'art elles-mêmes. Il n'y a pas, selon moi, de définition claire et définitive de ce qu'est l'art a priori, il n'y a que des oeuvres que l'on subsume sous un concept plus ou moins bien déterminé selon des critères variables.
Bon, je n'ai pas le temps ce matin d'éplucher comme vous faites chacun des derniers messages… je vais seulement revenir sur les idées qui m'ont particulièrement sautées aux yeux.

D'aucuns prétendent que seule la reconnaissance fait l'art, qu'il s' agisse de celle de la postérité ou celle des intellectuels. En ce sens je m'accorde avec suspiria. L'art post-duchampien est un cas particulier, à mon sens contestable par manque de recul : tous ces auteurs vont décanter, et ce ne sera pas le hasard ou le choix arbitraire du public, mais son discernement vis-à-vis de l'apport, apport d'idée, ou de matière. (Duchampnmui-meme restera, mais son cas est encore plus particulier car il ne se prenait pas autant au sérieux que certains pseudos artistes d'aujourd'hui qui croient tout dépôt fait par eux dans une salle ee musée propre à être de l'art)

Michel Ange n'est pas venu à la chappelle Sixtine en tant que plâtrier, il y est venu en tant que peintre, sans compter que la chappelle est elle-même une oeuvre d'art, donc on en revient à la discussion sur l'oeuvre d'art totale : est-ce que ce n'est pas l'art pictural qui vient en renfort, étayer, compléter l'architecture? J'aimerais que Nanard fasse la distinction entre la simple déco d'une bouche de metro et les fresques de Michel Ange tout de meme! J'imagine que c'est de la provoc'pour nous faire reagir, et ça marche, sans ça je n'aurais peut-être pas repondu 😜

Quelqu'un disait "si je peinds comme Michel Ange, saans reconnaissance je ne suis rien", mais c'est sûr que si aujourd'hui tu peinds comme Michel Ange, c'est un peu tard pour s' y mettre! La texhnique ne suffit pas, et je dirais qu'elle suffit de moins en moins (c'est pourquoi je ne suis pas fan de Soulage qui à mes yeux est essentiellement technique peut-être à tord), c'est de plus en plus l'idée qui prime, en peinture du moins, peut-être pas en musique… Vouloir peindre comme n'est pas une intention artistique. Du reste je soutiens qu'il n'y a pas d'art non intentionné. Quand je compose une symphonie, , je le fais exprès, je me doute que c'ezt de l'art.

Enfin, je ne vois pas pourauoi vous vous indignez du fait que je ne considère pas comme oeuvre (oeuvre = travail pour l'art uniquement, dabs la seule intention de l'art) des objets qui comportent secondairement de l'art. Le jeu vidéo, la gastronomie, la haute couture, la pétanque ne donnent pas d'oeuvres, même si leurs objets peuvent contenir une valeur artistique. Je croyaos que mon point de vue était clair à ce sujet : il y a peu de muses, mais il y a beaucoup d'endroits où elles peuvent s' infiltrer.
En (très grande) vitesse, juste pour faire errata :
Sullien : je parlais surtout à Nanard, je n'attaquais pas forcément tes dires donc.

Théophilius : Oui, le "comme" est peut-être mal choisi. On va dire : "j'aurais beau avoir le talent de […]" . Le point était surtout de montrer qu'une oeuvre, même sans public pour l'édifier comme telle, est bien une oeuvre d'art.
Désolé mais j'en vois encore beaucoup (beaucoup de mauvais certes aussi). Je vois tous les jours (bon ok j'exagère, la poésie est tellement délaissée que je n'entends pas parler tous les jours de concours) des concours de poésie versifiée (et donc pas seulement rimée). Je vois d'ailleurs beaucoup plus de concours de ce genre que de concours de vers libres ou de poésie prosaïque !
Ben désolé, je sais pas à quoi ressemble la situation de la poésie en France, mais en tout cas dans mon patelin aucun poème rimé ne pourrait gagner un seul concours. Ça fait plus de 100 ans qu'aucun poète québécois n'a écrit en vers rimés, et contrairement à ce que tu prétends, la poésie n'est pas délaissée, du moins ici. Il y a encore des tas et des tas de grands poètes actuellement, des plus jeunes aussi qui participent aux concours où le jury exècre tellement les rimes qu'ils doivent être en vers libres ou en prose s'ils veulent espérer avoir de la valeur à leurs yeux.
Je vois aussi des gens les remporter, donc je suis désolé mais ça se fait encore ! Et c'est de l'art. Ce n'est pas parce que ça ne passe pas à TF1 que ça n'en est pas (même si j'avoue caricaturer tes propos ici, tu vois ce que je veux dire).
Donc n'importe qui écrivant un poème fait de l'art ? Intéressant. Je croyais pourtant que le poème n'était qu'un médium comme un autre et qu'il était tout aussi possible d'en écrire des mauvais sans aucune valeur. J'ai dû me tromper.
Dis-moi donc comment ces "intellectuels" arrivent à se mettre d'accord sur le fait que telle chose est de l'art et telle chose non? Puisque la définition de l'art est relative, comment peuvent-ils se mettre d'accord? Simple hasard dans l'ère du temps?
C'est de la mauvaise foi là. Ce n'est pas parce que je considère l'art comme relatif que deux personnes, voire 200, ne peuvent pas se mettre d'accord sur certaines choses. Parce que le relativisme dont je parle est surtout exacerbé aujourd'hui, mais il était peu présent à la Renaissance par exemple, parce qu'il n'y avait pas de culture pop, ou du moins pas autant qu'aujourd'hui. Mais tu sais, beaucoup de grands artistes ont mis du temps avant d'être reconnus. Les gens ont pratiquement craché à la gueule de Samuel Beckett lors des premières représentations d'En attendant Godot, ce n'était certainement pas de l'art pour eux. Mais aujourd'hui on le considère comme l'un des plus importants dramaturges de la modernité. Preuve, encore une fois, que la définition de l'art n'est pas figée, ça serait complètement absurde sinon. La valeur artistique d'une oeuvre est en grande partie conférée par ceux qui la reçoivent. Même histoire avec Hector de Saint-Denys-Garneau, odieusement méprisé pour avoir écrit de la poésie prosaïque pendant des décennies, seulement reconnu après sa mort et aujourd'hui considéré comme le plus grand poète de l'histoire du Canada.
Et puis, le gros point qui m'embête, c'est donc qu'une oeuvre d'art n'existe pas sans société pour l'édifier comme telle.
Mais c'est exactement ça. De quel droit pourrais-tu considérer ta création comme une oeuvre d'art si tu es le seul à le penser ? Si tu peignais comme Michel-Ange et que tout le monde s'en battait les couilles, ça démontrerait bien que ton "art" n'impressionne pas, qu'il est banal, peut-être même trop avant-gardiste, et peut-être qu,un jour quelqu'un s'y penchera de nouveau et dira "mais en fait c'est très bien" et d'autres gens commenceront à s'y attarder et hop tu es devenu un grand artiste, comme Van Gogh.

Ce que tu n'as pas l'air de comprendre, c'est que le terme "art" est un concept, c'est donc abstrait, comme l'amour. Ce n'est pas un objet naturel ou même artificiel, ça n'a pas de forme physique. Tu prends une pomme : eh bien même sans lui donner de nom, elle existe, elle est une pomme. Mais l'art doit être nommé art pour en être. Sinon il n'est qu'une création. Sinon, eh bien vois-tu, tu ouvres une porte à un relativisme d'un tout autre ordre : si l'art peut être de l'art dans même être reconnu comme tel, alors tout peut être techniquement de l'art. On pourrait réduire ça en imposant quelques standards, par exemple "la peinture est un art", mais alors il faudrait accepter que lorsque je jette de la peinture sur une toile, je suis un grand artiste au même titre que Pollock. Et quand bien même on me dirait "oui mais il y a de la technique chez Pollock, blablabla", je pourrais arguer que ce n'est pas parce qu'on ne comprend pas ma technique et mon art que ça n'en est pas, et que de toute façon Pollock aussi avait ses détracteurs. Putain mais c'est complètement ridicule comme conception de l'art…
Je suis d'accord pour dire qu'on affine notre conception de l'art, et que les différents mouvements ne cessent de bousculer nos idées dessus (et encore?)
Sauf que ça revient au même. Au lieu de parler de ralativisme et gnagnagna, je peux tout simplement dire que notre conception de l'art est actuellement en train de s'affiner pour considérer le jeu vidéo avec plus de sérieux. C'est jouer avec les mots hein.
Si demain on enseigne qu'un meuble Ikéa c'est de l'art, voire même que tout être humain est une oeuvre d'art ou je ne sais quelle connerie, ce sera vrai?
Ben dans ce cas-là, on peut aussi très bien douter de la valeur artistique des oeuvres de Monet, de Racine, de Beethoven. De la Joconde, carrément de tout ce qui a été fait avant le 20ème siècle en fait, comme faisaient Duchamp et les dadaïstes… Il n'y a pas de "vrai" en art. Ce n'est pas une science.

Et puis si dans 50 ans l'élite artistique considérait un meuble Ikéa comme une oeuvre d'art et que tu t'y opposais, tu ne pourrais que dire "je n'aime pas ça" ou "ça ne me touche pas". De quel droit viendrais-tu dire "ce n'est pas de l'art" alors que tout le monde pense le contraire ? De la même façon, je peux bien dire que je n'aime pas Proust, mais je n'ai aucun droit de questionner sa valeur artistique. Ou plutôt on ne me donne pas ce droit. Si je disais ça, on me répondrait que je ne comprends rien à son art et je finirais par le penser. Je ne suis pas friand de cette façon de penser, mais ne t'en déplaise, la plupart des intellectuels tiennent pour acquis la valeur artistique des oeuvres "du passé" car elles ont été communément admises comme oeuvres d'art par beaucoup de gens, des gens instruits et importants.
(exemple : si demain on te dit que frapper un juif c'est bien, c'est moral, ça ne l'est pas pour autant. (oui je sais, cet argument n'est pas comestible. C'est un peu méchant de ma part d'invoquer cette part de notre histoire. Mais ça reste cordial. Juste un exemple ayant un peu plus d'épaisseur)).
Point Godwin ridicule. Ça n'a putain de rien à voir. Tu es en train de comparer les opinions concernant l'art (opinions inoffensives sur un sujet abstrait) à l'antisémitisme (opinions dangereuses sur un sujet des plus réel : l'humain). Bon dieu. Même si toute une population se met à tuer des Juifs, il reste que d'un point de vue humain, c'est complètement inacceptable, cela va à l'encontre des valeurs de notre espèce, du Bien Commun. Mais si toute une population considérait que l'art DOIT être "consommable" pour aller de paire avec leur société basée sur la performance académique et professionnelle (comme, je sais pas moi, le Japon…), qui serions-nous pour dire que c'est forcément mauvais ? C'est juste une autre culture, une autre façon de voir la question, de l'adapter aux réalités quotidiennes. Et surtout, ça ne fait de mal à personne. Les Japonais ne sont pas des criminels de guerre parce qu'ils abandonnent leurs lectures dans le métro, comme des déchets.
Ne se contredisent-ils pas que sur des points non-essentiels?
Mais bien sûr, le romantisme et le dadaïsme ne se contredisent que sur des points anodins, où avais-je la tête.
(je dirais plutôt : "si la valeur artistique de sa toile s'impose à lui", car je ne crois pas contrairement à Nanard qu'il soit ici question de "décision")
Je ne crois pas non plus qu'il soit question de "décision", c'est juste une façon de parler.
Michel Ange n'est pas venu à la chappelle Sixtine en tant que plâtrier, il y est venu en tant que peintre,
Qu'est-ce que ça change ? Les peintres de rue qui peignent des paysages enneigées et ce genre de conneries font de l'art uniquement parce qu'ils sont peintres ? Je parlais d'ouvriers qui décorent une station de métro, eh bien l'exemple tient toujours, mais tu ne l'as toujours pas compris. Imagine des peintres qui peignent une fresque décorative dans une station. Un très beau truc. Ce serait alors de l'art ?
J'aimerais que Nanard fasse la distinction entre la simple déco d'une bouche de metro et les fresques de Michel Ange tout de meme! J'imagine que c'est de la provoc'pour nous faire reagir, et ça marche, sans ça je n'aurais peut-être pas repondu
J'aime comment tu t'attardes sur mon exemple de Michel-Ange, alors que celui de pollock est beaucoup plus édifiant. Rien à dire sur le sujet ? Pourquoi est-ce que quand je "peins comme Pollock" on ne dit pas de moi que je suis un grand artiste ?
mais c'est sûr que si aujourd'hui tu peinds comme Michel Ange, c'est un peu tard pour s' y mettre!
Mais peu importe ce que tu peins, tu arrives un peu tard, tout à déjà été inventé, ou alors je sais pas du tout ce qu'on peut bien encore inventer. Alors oui, je peux concevoir que c'est un peu tard, mais si l'oeuvre se suffit réellement à elle-même, alors une peinture "comme Michel-Ange", avec le même talent, devrait être considérée comme une aussi grande oeuvre que celle dudit Michel-Ange. Or non, c'est un peu "premier arrivé, premier servi" en art, ce qui contredit le fait que l'oeuvre est une oeuvre sans être reconnue comme telle. En effet, si je peins comme Michel-Ange, on ne sera pas impressionné, on y verra un copycat, rien de plus, du coup on ne s'intéressera pas à mon oeuvre (que je considère peut-être réellement comme telle) et donc ce ne sera pas de l'art.

L'art, c'est, encore une fois, une simple étiquette qu'on accole à certaines créations que l'on juge supérieur. Mais le fait d'accrocher ou non cette étiquette reste cependant parfaitement subjectif. Il n'y a aucun réel critère après tout.
Quand je compose une symphonie, , je le fais exprès, je me doute que c'ezt de l'art.
Mais ce n'est pas à l'artiste qu'il revient de dire si oui ou non ce qu'il fait est de l'art. Que fait-on de tous ces gens qui se considèrent de grands artistes et font de la merde ? Lady Gaga par exemple ? Elle a étudié les Beaux Arts en plus. Aussi, je peux bien "faire exprès de composer une symphonie", mais ça n'indique en rien sa valeur…
Enfin, je ne vois pas pourauoi vous vous indignez du fait que je ne considère pas comme oeuvre (oeuvre = travail pour l'art uniquement, dabs la seule intention de l'art) des objets qui comportent secondairement de l'art. Le jeu vidéo, la gastronomie, la haute couture, la pétanque ne donnent pas d'oeuvres, même si leurs objets peuvent contenir une valeur artistique. Je croyaos que mon point de vue était clair à ce sujet : il y a peu de muses, mais il y a beaucoup d'endroits où elles peuvent s' infiltrer.
Mais encore une fois, que faire de ces films, par exemple, qui sont considérés comme des chefs d'oeuvre mais dont le but principal est de divertir ? Je pense à Quentin Tarantino. Son cas est assez révélateur selon moi.
freddy.lombard a écrit :La bande dessinée - et ses multiples courants, pour simplifier : origines, âge d'or, franco-belge, comics, mangas et alternative pour ne citer que les plus importants - est considérée à juste titre comme le neuvième Art.

Elle est un Art car une BD est indissociable de l'image, qui peut être dessin d'art, peinture, caricature - la qualité n'entre pas ici en ligne de compte.

Elle est également - à de rares exemples près - indissociable du texte, tout d'abord sous-titres puis phylactères et légendes.
Il y a en effet peu de textes de la bande dessinée - en dehors des adaptation d'œuvres littéraires - qui peuvent soutenir la comparaison avec la littérature.

Elle n'est reste pas moins une création originale qui a sa place. Comme pour la littérature, il est probable que dans quelques siècles il ne restera que les meilleurs ouvrages, les meilleurs auteurs et les meilleurs dessinateurs.
Une comparaison directe entre la bande dessinée et la littérature est difficile, car ce ne sont manifestement pas les mêmes moyens d'expression. Un écrivain n'a pas en particulier besoin de savoir dessiner ! Il faudrait plutôt comparer la bande dessinée au cinéma, un autre mode d'expression narratif et visuel.

Par ailleurs, on trouve absolument tous les styles graphiques et tous les genres dans la bande dessinée : réalisme, aventure, fantastique, humour, épopée, tragédie… Aucune différence à cet égard avec la littérature et le cinéma ! Sinon, les critères de qualité sont forcément assez subjectifs. Il est évident que des scénaristes ou dessinateurs plus ou moins connus comme Breccia, Hergé, Crumb, McCay, Schuiten, Jacobs, Spiegelman, Andreas et d'autres méritent à coup sûr le détour. Et tous ces créateurs ne plagient pas des écrivains, pas plus que ceux-ci ne les plagient non plus !

La bande dessinée et le cinéma étant beaucoup plus récents que la littérature, ils comptent en effet globalement moins de "réussites" (assez subjectif) pour chacun des genres considérés. Mais proportionnellement, je ne pense pas que le "rebut" (subjectif aussi) soit supérieur à ce que l'on peut constater en littérature.

Il ne faut pas en effet se dissimuler que 90 % au moins des "œuvres littéraires" sont manifestement mauvaises selon tous les critères envisagés, peu originales ou n'ont pas résisté à l'épreuve du temps. Nous avons tendance à l'occulter en ne considérant que le petit nombre d'écrivains ayant surnagé. Personnellement, je dois dire que je préfère de beaucoup une bande dessinée de qualité (il en existe) à un mauvais roman (il en existe aussi) ! 😉