Pourquoi la licence de lettres modernes a-t-elle une mauvaise réputation ?
22 réponses · Page 1 / 2
Bonsoir,
Je vous explique :
Après un parcours professionnel atypique j'avais décidé en 2009 de reprendre mes études (j'étais alors titulaire d'un BEP en mécanique automobile … mauvaise orientation au collège) je me suis donc inscris au DAEU-A (littéraire) et j'ai obtenu ce diplôme en un an. J'ai ensuite fais une première année en Lettres Modernes (j'ai interrompu en cours d'année pour des problèmes graves de famille) et j'ai ensuite refais une licence en philosophie (erreur de parcours) et j'ai à nouveau arrêté en cours d'année (pour les mêmes problèmes personels).
Aujourd'hui j'ai 24 ans, mes problèmes de famille sont réglés et j'envisage de reprendre ma licence en Lettres Modernes à la rentrée 2013.
Pourquoi ? Car l'amour que je porte à la langue française à sa littérature et son histoire est inconditionnelle. Je ne peux pas explicitement dévoilé ma passion pour cette discipline en quelques mots donc je vais aux faits.
Je sais que l'Université c'est dur, me concernant je me suis toujours accroché et aux exams du DAEU-A j'avais eu 14 de moyenne à l'écrit de français, 14 à l'oral de français et 12 en méthodologie, je pense avoir mes chances car je le dis sans prétention j'ai beaucoup de facilité de compréhension.
Mon projet universitaire n'est pas encore précis mais je compte m'orienter vers la recherche plus tard (sur Rousseau) et tout de suite j'entends "tu rêves …". Je suis quelqu'un de réaliste, je sais que le monde est dur, que nous sommes en crise mais ma volonté de réussite dans ce domaine n'a pas changée.
Répondez-moi, pourquoi sur internet, les avis des proches, sont si pessimistes ?! Je ne comprends pas, c'est pourtant une filière intéressante ! Alors pour mes proches je file droit dans le mur, sur internet je lis sur des forums que la licence en Lettres Modernes est (je cite) "à chier". Pourtant il y a quand même des débouchés et surtout des poursuites d'études qui mènent à quelque chose.
Encore une fois mon projet est quasi-définit, licence-master recherche-thèse, malgré la difficulté, la longue route je ne cesserai pas car c'est ce que je veux faire vraiment, je ne fais pas des études pour trouver un travail ou devenir un grand écrivain (c'est l'histoire qui décide ou non que quelqu'un est écrivain). Je fais des études pour mieux penser, amplifier mon savoir, et pour la recherche.
Alors pourquoi les Lettres Modernes sont si "maudites" ?
Et vu mon âge je n'aurai la licence qu'à 27 ans, puis-je envisager un master et une thèse ? ou il y a de la discrimination vis à vis de l'âge, si oui, s'exiler aux USA est-il une bonne idée ? (plus précisément est-ce que une discrimination vis à vis de l'âge est elle valable dans les autres pays ?)
Je trouve que cette mauvaise réputation des études à la fac est très française, quand je parle avec des étudiants étrangers, c'est le contraire.
Alors j'espère, que vous allez me répondre et surtout qu'il y aura des gens pour me dire le contraire de ce que je lis sur le net 😞
Je crois que sa mauvaise réputation vient de ce qu'on dit qu'elle ne mène à rien à part l'enseignement. Filière de doux rêveurs aussi. Et la concurrence avec les prépas littéraires n'arrangent rien.
En tout cas, ta détermination fait plaisir à lire !
Merci pour ta réponse, cela me permet de comprendre, oui ma volonté est inébranlable et malgré les critiques, le manque de soutien en 4 ans ma détermination n'a jamais changée je n'ai jamais cessé d'y croire. J'espère juste que vu mon âge je n'aurai pas trop de problème de "discrimination".
Ne t'inquiète pas pour ton âge. J'ai une camarade de ma promo qui a 28 ans et avec qui je m'entends très bien. Ce n'est pas l'âge qui compte mais les points communs plutôt.
C'est vrai que quand on parle de faire des études de lettres on nous regarde tout de suite bizarrement. Je confirme ce qu'a dit Polo. il y a plus de 50 ans, les gens qui faisaient des études de lettres faisaient partie de "l'élite". Les choses évoluent.
Merci pour ta réponse, ça me rassure, en effet au départ c'était des études pour "l'élite" comme tu le soulignes et les choses changent j'en suis la preuve j'ai grandi dans l'un des quartiers les plus défavorisés de Strasbourg et malgré l'orientation (mécanique auto) qu'on m'a conseillé j'ai rebondi avant qu'il ne soit trop tard.
ps : ton pseudo me laisse penser que tu viens du Doubs, je compte faire ma licence à la fac de Besançon (j'aime beaucoup cette ville).
Ne fais pas attention à ce que certains disent sur ce cursus, tu as l'air d'être motivé et tu as déjà une idée bien précise de ce que tu veux faire, alors tu n'as plus qu'à t'inscrire en septembre ! 🙂
LuckasFree a écrit :Merci pour ta réponse, ça me rassure, en effet au départ c'était des études pour "l'élite" comme tu le soulignes et les choses changent j'en suis la preuve j'ai grandi dans l'un des quartiers les plus défavorisés de Strasbourg et malgré l'orientation (mécanique auto) qu'on m'a conseillé j'ai rebondi avant qu'il ne soit trop tard.
ps : ton pseudo me laisse penser que tu viens du Doubs, je compte faire ma licence à la fac de Besançon (j'aime beaucoup cette ville).
Oui j'habite à Besançon et je fais mon cursus là-bas. Si tu veux des infos sur la licence de lettres modernes de Besançon, on peut en discuter. D'ailleurs, les portes ouvertes ont lieu le 09 Février. 🙂
Personnellement, mon père a failli faire une crise cardiaque quand il a su que je m'orientais dans les études de lettres. Pour lui, il n'y avait que les sciences qui comptaient. Aujourd'hui, il a revu son jugement. L'important c'est que tu t'épanouisses. Quand tes proches verront ça, ils comprendront.
@ CatBlack Merci pour ton soutien, ton message m'a fais plaisir, vivement septembre 😀
@ Choulie25, lol j'espère que ton papa est content de toi aujourd'hui, je dois sans doute attendre quelques années histoire de faire mes preuves et montrer que je ne rêvais pas. Oui pour les portes ouvertes j'ai déjà mon billet de train ^^ j'y serai toute la journée. Merci pour ton aide, si jamais on pourrai se voir à l'Université étant donné que t'y es déjà tu pourrai me renseigner. En effet il y a pas mal de choses que j'aimerai savoir (il parrait que pour les salles, les amphi c'est un peu galère et qu'il faut aller à l'autre bout de la ville, réalité ou légende ?) j'aimerai savoir si en licence (en première année) les exams c'est des exams finaux (janvier et juin) ou bien on a des devoirs dans la continuité (durant le semestre) et si on est noté à l'oral (l'idée de faire un exposé par exemple). Je demande car à la fac de Strasbourg je garde un mauvais souvenir, disons que l'organisation me laisse un goût amer.
J'ai moi-même fait ma licence de LM à Besançon et malgré l'aspect sympa de la vie estudiantine dans cette ville, je te déconseille d'aller faire ta licence là-bas (surtout si tu comptes faire un doctorat, je suppose donc que tu veux passer l'agrégation également?).
La fac de LM de Besançon est très mal côtée et le niveau des enseignements/profs est vraiment mauvais, cette université n'a en plus aucune ambition (très peu de choix de séminaires, aucune intervention extérieure de professeurs émérites, etc.).
Si tu comptes vraiment réaliser ton "rêve" et devenir Enseignant-Chercheur, dirige toi vers une fac de Paris. Je te conseille Paris III ou Paris IV.
@ ComtedeValmont : Merci beaucoup pour ton message, ton avis est pertinent et j'en tiens compte.
Cela dit, j'ai grandi à Strasbourg, disons que j'ai toujous eu du mal avec les grandes villes. Je ne suis pas du tout quelqu'un d'urbain, le stress … et puis pour revenir à Strasbourg c'est une ville de milliers de personnes et personne ne se connait, c'est une ville trop décalée et la mentalité n'y est pas franchement agréable. Alors Paris …
Toute ma famille est à Paris quasiment et malgré 4 ans de pression pour y aller à mon tour ce n'est pas possible, j'ai besoin d'un endroit ou j'ai mes repères. En 2008 j'ai eu le coup de coeur pour Besançon, j'y suis retourné souvent cequi m'a permis d'être sûr de mon choix. C'est une petite ville sympa, la mentalité des gens est agréable, la nature sauvage est proche, moins de pollution que les grandes villes, j'ai besoin de ce cadre de vie pour étudier. En tant que littéraire pardonne moi d'avoir trop lu des auteurs romantiques, mon âme ne peut se soulager qu'au beau spectacle du coucher du soleil. Besançon est une ville où je souhaite m'y établir, et pour ce qui est des études, j'ai souvent fais un tour à l'UFR de lettres, c'est parfait pour moi. J'ai vu sur le site de Besançon qu'il y a quand même des chercheurs, des doctorants (bon plutôt dans le domaine scientifique mais bon).
Donc voilà merci pour ton message, mais je suis fais pour vivre à Besançon, j'en suis certain 😜
ps : La politesse, les gens qui te font un sourire j'ai souvent vu ça à Besançon …c'est rare à Paris et Strasbourg crois moi je parle en connaissance de cause, j'ai besoin de me retirer dans un endroit comme Besançon pour réussir mes études littéraires, pour mon projet et approfondire mes recherches sur la littérature.
ps : oui l'agrègation fait partie de mon projet.
C'est certes la première ville verte de France, le centre-ville est calme, les personnes sont souvent intéressantes et ça fait plus chaleureux qu'une grande métropole.
Mais, tu dis vouloir devenir Enseignant-Chercheur: pour cela tu dois avoir Licence-Master-Doctorat + Agrégation. Je te dis simplement que tu as peu de chances d'obtenir l'agrégation avec la préparation fournie par l'université de Besançon. Le doctorat, tu as toutes tes chances de l'avoir puisque c'est désormais monnaie-courante pour peu que tu trouves un directeur de recherche (de mémoire, je ne sais même pas s'il y a une barre d'admission pour le doctorat là-bas c'est dire!).
Après c'est à toi de voir ce que tu désires vraiment, si c'est le cadre de vie ou si c'est mettre toutes les chances de ton côté pour la réussite dans tes projets étudiants.
LuckasFree a écrit :
@ Choulie25Oui pour les portes ouvertes j'ai déjà mon billet de train ^^ j'y serai toute la journée. Merci pour ton aide, si jamais on pourrai se voir à l'Université étant donné que t'y es déjà tu pourrai me renseigner. En effet il y a pas mal de choses que j'aimerai savoir (il parrait que pour les salles, les amphi c'est un peu galère et qu'il faut aller à l'autre bout de la ville, réalité ou légende ?) j'aimerai savoir si en licence (en première année) les exams c'est des exams finaux (janvier et juin) ou bien on a des devoirs dans la continuité (durant le semestre) et si on est noté à l'oral (l'idée de faire un exposé par exemple). Je demande car à la fac de Strasbourg je garde un mauvais souvenir, disons que l'organisation me laisse un goût amer.
Je pense que j'irai faire un tour aux portes ouvertes donc si tu veux quelqu'un pour t'aiguiller je serai dans les parages. La fac de lettres est localisée en ville et il y a quatre bâtiments (mais qui sont proches les uns des autres). Le bâtiment des lettres modernes (Granvelle) n'est pas très accueillant, je te préviens…
Pour les partiels tout dépend des professeurs. Certains feront passer des oraux et d'autres non. Si tu choisis l'évaluation en contrôle continu, tu auras des devoirs pendant tout le semestre.
Ce qu'a dit ComtedeValmont est vrai. La fac de Besançon est plutôt mal cotée surtout dans le domaine des lettres. Il y a des cours et des professeurs plus ou moins intéressants (mais bon c'est le cas dans toutes les facultés je présume). Ce semestre, j'ai un cours intitulé "Littérature et éducation" qui promet d'être passionnant. Quand on veut y arriver sur Besançon, on peut le faire. La faculté vient même d'avoir 12 admissibles/12 au CAPES de lettres modernes. 😉
Après rien ne t'empêche de partir de Besançon pour ton Master.
@ComtedeValmont (et @ LuckasFree)
Je ne suis pas en mesure de me prononcer sur le contenu et la qualité des études dans telle ou telle université. Il est toujours bon et utile de signaler que telle université est nulle et de pointer ses carences.
En revanche, je pense qu'il est risqué de conseiller systématiquement de venir à Paris.
Je suis assez favorable moi-même à cette idée (Paris est une ville stimulante, culturellement riche, et qui offre un large choix de filières universitaires), mais pas dans tous les cas : c'est une ville chère aussi (je pense en particulier au logement), où la compétition (intellectuelle et sociale) peut être intense… Si l'on n'est pas un peu préparé (par son milieu social d'origine, par ses études antérieures), on ne s'y plaît pas forcément d'emblée, et les premiers temps peuvent être rudes.
De plus, dans les universités que vous citez (Paris III ou Paris IV) et qu'il ne faut sans doute pas idéaliser, certaines personnes peuvent se sentir mal à l'aise, marginalisées, que ce soit pour des raisons intellectuelles, psychologiques ou sociales. Et oui, pour répondre à votre question, LuckasFree, les cours de 1er cycle universitaire de Paris IV n'ont pas lieu en Sorbonne dans le Quartier Latin, mais à Malesherbes (pour les lettres) et ce n'est pas si mal ! (ceux de la licence d'histoire ou de philosophie sont à Porte de Clignancourt).
Si l'on tient à venir à Paris, je pense que d'autres universités, moins tentaculaires, peuvent être de bons choix (je pense à Paris VII, par ex.). Sinon, une bonne université de province peut tout aussi bien constituer une première étape dans les études littéraires, avant de poursuivre dans une université parisienne, en master, en prépa agreg', etc. Je pense que les "réseaux" se constituent essentiellement en master, lorsque l'on sait plus clairement ce que l'on veut faire.
Je réponds au trois messages précédents.
Disons que si à l'avenir la fac de Besançon est dans l'incapacité de me fournir les moyens d'avancer dans mon projet (pour l'agrégation par exemple) je n'hésiterai pas à aller préparer ce concours ailleurs, mais je me dis que pour ma licence ainsi que pour mon master (et j'espère mon doctorat) je pourrai compter sur l'Université de Franche-Comté.
D'accord (pour le moment je suis toujours partie du côté Megevand) merci pour ces informations, je compte passer d'abord à la maison des étudiants le matin, après j'espère croiser quelques profs à la fac 🙂
Oui Paris ne me tente pas, je connais beaucoup de gens qui ont réussi dans de petites villes de provinces, une amie est devenue ATER à Dijon par exemple, on conseille souvent Paris car c'est vrai qu'il y a beaucoup de qualités intellectuelles, culturelles … mais il y a aussi des défauts comme la qualité de vie, la mentalité etc …
Merci à vous trois pour vos messages 😀
De toute façon ça me semble un peu tôt pour se projeter si loin dans les études…
Et je rejoins (comme d'habitude) les conseils de Jeanne-Héloïse. Paris, ça peut attendre le master.
@ Polo, voilà tu as bien résumé, mon projet pour l'instant c'est de mener à bien ma licence à Besançon, valider mes années, et pour avoir un "regard lointain" la fac de Besançon dispense aussi les masters donc j'ai le temps de devenir un bon bisontin ^^
Polo a écrit :
Et je rejoins (comme d'habitude) les conseils de Jeanne-Héloïse. Paris, ça peut attendre le master.
Je m'appuie aussi souvent sur les vôtres pour formuler les miens. 😉
Bonjour,
Je salue vraiment ton extraordinaire courage et ta détermination, qui peuvent servir de modèle à tous les étudiants de LM se posant des questions sur leur orientation.
Pour te répondre, en essayant de ne pas trop répéter ce qui a été dit, je pense que s'accumulent plusieurs facteurs qui contribuent à dévaloriser la licence de LM : d'abord, la mauvaise réputation des "littéraires" en général (rêveurs, glandeurs, etc.) ; ensuite, la concurrence des classes prépa, qui attirent généralement les bons élèves de filière littéraire (même si un certain nombre réintègrent ensuite l'université, en L3 ou Master) ; mais surtout, à mon avis, la dévalorisation de la licence en elle-même, qui ne représente pas grand chose aujourd'hui sur un CV, alors que le Master fait tout de suite "plus sérieux". Il y a derrière cela un manque de confiance évident de la part des employeurs ou des institutions scolaires, qui deviennent de plus en plus exigeants dans leur recrutement.
Concernant ton choix de rester à Besançon, il est clair que Paris attire grand nombre d'étudiants et forme en bonne part les enseignants-chercheurs de demain. Mais tu entres en L3, et tu as encore du temps. Par ailleurs, ton parcours est atypique, et à certains égards exemplaire : cela peut constituer un réel atout.
Bon courage à toi.
Rabutin, merci beaucoup pour ce message qui m'a vraiment fait plaisir. Je suis d'accord avec ton analyse et merci pour tes réponses, disons que pour l'instant je reste à Besançon, si je suis forcé de partir sur Paris pour préparer mon futur dans le domaine de la recherche la question ne se pose même pas, mais je ne me presse pas.
Merci à toi
Bonne soirée
Bravo Lukas pour ta détermination en dépit de ce que peuvent penser les autres.
Je ne ferai que confirmer ce qui a déjà été dit. Les grandes université parisiennes récupèrent beaucoup d'hypokhâgneux/khâgneux/khûbes des grandes prépas mais aussi de prépas de province ainsi que des étudiants d'ulm en partenariat et ce pendant la licence jusqu'au master. (J'étais moi-même khâgneuse en province et je suis actuellement en master à Paris IV). Les étudiants en master que je connais sont issus en grande majorité des prépas: il ne faut pas se voiler la face, il y a de l'écrémage.
il faut aussi savoir que Paris IV n'accepte un étudiant en doctorat qu' à la condition d'avoir un exellent M2 (je ne sais plus exactement la barre de la mention mais c'est très haut à franchir)
Je te conseillerais donc de finir ta licence (et enventuellement master) dans une bonne fac de province et de tenter ta chance à Paris pour le doctorat (c'est faisable) Paris peut-être même nécessaire suivant ton sujet de recherche : une part énorme des fonds de recherche se trouvent à Paris..
Les portes ne sont pas si fermées que ça : de plus en plus d'écoles de commerces recrutent des littéraires ainsi que les administrations (les gens sachant parler et rédiger un français correct se font de plus en plus rares)
Bon courage à toi pour la suite!!