Dissertation sur le roman à la première personne au XVIIIe siècle

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je suis actuellement en L2 de lettres modernes et je voulais vous demander quelques conseils par rapport à un sujet de dissertation. Ce semestre, nous avons travaillé sur la problématique du "narrateur et narrateur fictif", autrement dit sur le roman à la première personne. Pour cela, les oeuvres étudiées étaient :
- Le Paysan parvenu, Marivaux
- Le Sopha, Crébillon
- La Religieuse, Diderot
- René, Chateaubriand

L'année dernière au partiel, est tombé le sujet suivant :

"L'homme qui écrit ne se prive pas de laisser peser le doute sur l'homme qui sent : il se pourrait que l'un ne soit que la création littéraire de l'autre ; et le narrateur ne cache guère l'importance qu'a pour lui le plaisir d'écrire."
Dans quelle mesure ces lignes de René Démoris éclairent-elles votre lecture des oeuvres au programme ?

Je trouve ce sujet difficile, car les expressions qui s'y trouvent ne sont pas explicites mais floues..
Après réflexions :
- "homme qui écrit" = auteur
- "homme qui sent " = narrateur
- plusieurs niveaux s'inscrivent : l'auteur, le narrateur, les personnages à qui le narrateur délègue la la parole…

Ebauches de problématiques :
Comment le roman à la première personne permet à l'auteur de s'exprimer ?
Comment le roman à la première personne participe au brouillage des frontières entre auteur et narrateur ?

I) La distinction entre 'homme qui sent" et homme qui écrit"

- distinction personnage / auteur
- similitudes, éléments semblables entre vie du personnage et de l'auteur ( Chateaubriand )
- homme qui sent = aventures, expériences vécues

II) L'homme qui sent, le prolongement littéraire de l'auteur
- le plaisir de l'écriture du narrateur est l'expression de l'auteur
- la voix de l'auteur transparaît à travers le narrateur ( Diderot )

III) Le roman à la P1, une nouvelle forme d'expression
- expression lyrique justifiée
- satire
- impression de vérité, crédibilité plus grande par rapport au lecteur

Je serais heureuse d'avoir votre avis là-dessus… Surtout que je ne suis pas du tout sûre de mon interprétation… Je trouve toujours délicat d'expliciter les termes du sujet… et du coup je ne sais pas si je pars dans la bonne direction…. Si vous avez des techniques, je suis preneuse ! (autres que les méthodes de dissertation basiques !)

Merci d'avance !

Lisa.
Pour ma part, je comprends strictement l'inverse :
L'homme qui écrit (1) ne se prive pas de laisser peser le doute sur l'homme qui sent (2): il se pourrait que l'un (1) ne soit que la création littéraire de l'autre (2) ; et le narrateur (1) ne cache guère l'importance qu'a pour lui (1 et 2) le plaisir d'écrire.
Celui qui écrit est le narrateur délégué par celui qui sent, le véritable créateur et animateur de la fiction (parfois autobiographique) par sa propre perception du monde.
Merci Jean-Luc ! Très utile l'explication chiffrée, ça devient beaucoup plus clair.

Mais est-ce que ce type de sujet permet de l'interpréter dans les deux sens ? Ou est-ce considéré comme un hors sujet d'en faire une "mauvaise" interprétation ?
Pour qu'un tel sujet puisse être interprété en deux sens contraires, il faudrait que l'équivoque soit totale.
Ici elle n'existe pas : en effet l'acte d'écrire peut être attribué à l'auteur ou au narrateur, en revanche "création littéraire" ne peut être affectée qu'à l'auteur ; de plus le parallélisme de l'expression (dans ce cas récursif si nous partons de "création littéraire") renvoie "celui qui sent" à auteur.
Si tu avais défendu ta première interprétation, tu n'aurais pas été hors-sujet, tu aurais commis un contresens.
La "création littéraire" ne peut-elle pas être attribuée au narrateur lorsqu"il s'agit de faux mémoires ?
A mon avis, non. L'attribuer au narrateur lorsqu'il s'agit de faux mémoires constitue un artifice. Ce procédé est un choix esthétique et relève de la création littéraire. C'est particulièrement vrai dans le roman épistolaire. C'est ce qui fait le charme et la virtuosité des Liaisons dangereuses par exemple.
Merci beaucoup, le sujet me semble plus évident désormais.