Il se sentit gagner / gagné

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Lu dans un roman de Michel Ragon :"il se sentit gagner par une sorte de panique".
J'aurais mis sans hésitation gagné
Moi aussi.
Les deux sont possibles mais avec une nuance différente.
Il se sentit gagner par … insiste sur le procès.
Il se sentit gagné par … insiste sur le résultat.
Nombreux exemples du tour infinitif dans la littérature.
Quelqu'un peut-il me dire pourquoi j'étais certain que : "il se sentit gagner par la peur" était évidemment faux? A moins que ce soit la peur qui lui fasse sentir qu'il gagne. Mais il me semble bien que le verbe gagner a ici le sens d'atteindre.
Or, rassurez-moi, on ne peut pas dire : il se sentit atteindre par la peur…mais plutôt il se sentit atteint par la peur.
En bref, je n'y compris pouic 😞
Les deux sont effectivement possibles :
- Hélène s’est senti inonder par les remords. (on met l'accent sur l'action)
- Hélène s’est sentie inondée de remords. (on met l'accent sur le résultat de l'action même)
(BDL)

Mais, selon Hanse, le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif :
Ils se sont sentis bouleverser/bouleversés par cette nouvelle.
Le se est ici COD de l'infinitif.
Il se sentit envahir par la peur = Il sentit la peur l'envahir.
Il se sentit gagner par la peur = Il sentit la peur le gagner.
Mes bases de grammaire sont trop lointaines…
Peut-on oui ou non dire : il se sent atteindre par la peur?
Et pour reprendre l'exemple d'Anne345, peut-on écrire : Hélène se sent inonder de remords?
Voir https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=1614
Merci Anne345 pour ce lien.

Les huit premiers exemples ne me posent aucun problème.

Ensuite, ils précisent : Dans certains cas, on peut utiliser l’un ou l’autre, selon le sens qu’on souhaite donner à la phrase". Ce qui suggère que, dans les exemples qui ont précédé, on n'a pas le choix entre infinitif et participe. Pourtant Jehan me propose "Il se sentit envahir par la peur" et eux "Paul s'est senti envahi par la peur".

Le problème, par ailleurs, est qu'ils ne précisent pas les cas particuliers où on a le choix…
Personnellement, je poserais les principes suivants :


1) L'infinitif doit être utilisé quand la transposition en participe passé s'avère impossible. "Elle se sent défaillir" ne peut par exemple être commuté en "Elle sent qu'elle est défaillie" ! Idem pour "Elle se sent mourir" par rapport à "Elle sent qu'elle est morte" (absurdité). Sinon, "Elle se sent tomber malade" pourrait à la rigueur déboucher sur "Elle sent qu'elle est tombée malade". Mais il s'agit plutôt du processus dans le premier cas, du résultat dans le second.


2) Dans tous les autres cas, le participe passé doit être utilisé. J'écrirais donc "Elle se sent fatiguée, gagnée par la peur, atteinte par la peur, inondée par les remords, bouleversée par cette nouvelle…" En effet, on peut alors très bien écrire respectivement "Elle sent qu'elle est fatiguée, gagnée par la peur, atteinte par la peur, inondée par les remords, bouleversée par cette nouvelle…"


Plus généralement, l'infinitif exprime en effet un processus en cours. Le participe passé indique par contre le résultat de ce processus, avec l'auxiliaire Être en tout cas comme dans les exemples précédents. Avec l'auxiliaire Avoir, c'est par contre une action en soi, le processus lui-même : "Elle a beaucoup marché".
Merci Spalding. Mais que croire et que comprendre ?
A vous lire on n'a pas le choix ("on doit")
Vos explications ont le mérite aussi d'être compréhensibles. Mais elles ne sont pas en accord avec certains des autres avis.
D'autres avis?
Si vous n'arrivez pas à vous décider, ralliez-vous à mon opinion ! Je suis forcément le plus intelligent : pensez au distingué Spalding, dans Vol 714 pour Sydney, un excellent Tintin !

Et vous pouvez aussi remarquer que je porte une magnifique cravate, et j'ai en plus de très belles moustaches. Cela suffit, non ? 😉
Si le Spalding de Tintin est vraiment ton modèle, il y a tout de même de quoi se méfier ! 😜
Secrétaire particulier de Laszlo Carreidas. Malgré son allure chic (le capitaine Haddock le prend pour Carreidas en personne) et très « british », c'est un fourbe aussi cupide que son patron. Il participe au détournement de son avion, sans doute pour se venger des humiliations publiques que lui fait subir ce dernier. Il est sous les ordres de Rastapopoulos, à qui il fournit des informations sur les comptes bancaires du milliardaire ainsi que des exemples de signature
(Wikipedia)
Je ne crois pas m'aventurer beaucoup en disant que la théorie de Spalding, si intéressante qu'elle soit, lui est très personnelle. Les grammairiens constatent, eux, que les deux formes sont généralement possibles, avec les nuances indiquées plus haut et sous la réserve constatée par Hanse que le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif ; plus fréquent parce qu'il y a une sorte de répulsion naturelle ou d'incompréhension à utiliser l'infinitif dans ces circonstances, et vous en êtes l'illustration vous-même. Mais "plus fréquent" ne signifie pas que l'infinitif est interdit ; bien au contraire, il a toute sa place et permet d'apporter, quand il le faut, l'insistance sur l'action plutôt que sur le résultat. C'est un sujet qui revient fréquemment sur les forums de langue, et vous pourrez lire sensiblement sur le même sujet le billet que voici :
https://www.parmotsetparvaux.fr/chron/chron345.html
Jehan a écrit :Si le Spalding de Tintin est vraiment ton modèle, il y a tout de même de quoi se méfier ! 😜
Secrétaire particulier de Laszlo Carreidas. Malgré son allure chic (le capitaine Haddock le prend pour Carreidas en personne) et très "british", c'est un fourbe aussi cupide que son patron. Il participe au détournement de son avion, sans doute pour se venger des humiliations publiques que lui fait subir ce dernier. Il est sous les ordres de Rastapopoulos, à qui il fournit des informations sur les comptes bancaires du milliardaire ainsi que des exemples de signature…
Justement, un traître est forcément très intelligent ! 😉
Mais par définition pas très fiable… 😉
Un traître n'est pas fiable quand ses intérêts sont en jeu : attention à la perfide Albion…

Mais sinon, vous pouvez vous y fier. Pourquoi ne pas croire votre distingué Spalding, un étranger impartial ? 😉


Pour parler sérieusement, je pense avoir expliqué de manière satisfaisante les usages courants pour l'infinitif et le participe passé, avoir bien établi les critères de choix entre l'un ou l'autre.

Maintenant, on peut en effet beaucoup compliquer la question. Mais est-ce vraiment bien utile pour les usagers habituels du français ? 🙄
Anne345 a écrit :Les deux sont effectivement possibles :
- Hélène s’est senti inonder par les remords. (on met l'accent sur l'action)
- Hélène s’est sentie inondée de remords. (on met l'accent sur le résultat de l'action même)
(BDL)

Mais, selon Hanse, le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif :
Ils se sont sentis bouleverser/bouleversés par cette nouvelle.
Dois-je comprendre que les deux sont toujours possibles mais que le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif ?
Est-ce ça la règle générale?
Ce n'est pas celle indiquée sur le lien proposé par Anne345… :/

A Jehan : que penses-tu de la règle proposée par ce lien?
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=1614
Ils ne semblent pas accepter : Il se sentit envahir par la peur
tancrède5a a écrit :Dois-je comprendre que les deux sont toujours possibles mais que le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif ?
Est-ce ça la règle générale?
Oui, mais sans oublier le contexte. Veut-on insister sur l'action ou sur le résultat ?
Il se sentit progressivement abandonner par ses amis, qui le lâchèrent les uns après les autres.
Finalement, il se sentit abandonné par ses amis, qui l'avaient tous lâché.
Merci pour vos contributions mais ça reste encore assez flou dans mon esprit.
Je comprends très bien la nuance de sens, quand on a le choix, entre infinitif et participe.
Mais, pour le reste, peut-on être précis comme le serait des mathématiciens ou des juristes. Ma question de ce matin était, et demeure cet après-midi (pour avoir une règle simple à retenir) : les deux options sont-elles toujours possibles? Je ne m'attendais pas une réponse affirmative de Lamaneur puisque précédemment il écrivait : "Les grammairiens constatent, eux, que les deux formes sont généralement possibles (…)"
Je pressens que ce n'est pas toujours possible. Mais je ne suis pas là pour le dire mais plutôt pour l'apprendre.

Quant à la remarque de Hans "le participe est plus fréquent quand le sujet n'effectue pas l'action de l'infinitif", je ne la comprends pas. Dans la phrase : "Roger et Jean se sont vus rappelés à l’ordre". J'identifie bien le sujet (Roger et Jean) mais pas l'infinitif puisqu'il n'y en a pas. 😞