Bonjour.
Dans la formule "un drôle de zigoto" ou "de drôles de dames", quelle est la valeur de "drôle(s)" et de la préposition "de" ?
"Drôle" est-il un adjectif épithète qui, par une règle d'usage bien spécifique, se construit avec la préposition "de" (de la même manière qu'on trouve cette préposition "de" pour connecter certains noms à leur adjectif épithète : quelqu'un de bien, quelque chose de curieux, rien de spécial) ?
Question connexe : quel rôle joue la même préposition lorsqu'on fait appel au pronom 'en' ?
Exemple : "c' en est un vrai, de requin" (on ne dirait jamais, en revanche : "c'est un vrai de requin")
Drôle est bien, dans cette construction, une épithète; l'adjectif
drôle ainsi placé avant le nom, prend le sens de "bizarre, étrange", tandis que lorsqu'il est placé après le nom, il a le sens d' "amusant" :
Un drôle de type n'est pas forcément
un type drôle !
Le
de est purement explétif, une simple "béquille".
on trouve cette préposition "de" pour connecter certains noms à leur adjectif épithète : quelqu'un de bien, quelque chose de curieux, rien de spécial
Oui, le
de est ici aussi purement explétif. Mais il s'agit de qualifier des
pronoms, pas des noms.
Grevisse interprète cette construction comme une construction indirecte de l’apposition, même si drôle est aujourd’hui interprété comme un adjectif.
En tout cas, il ne s’agit pas du cas où la préposition introduit l’adjectif qui, toujours selon Grevisse, est alors attribut et non épithète.
Bonjour et merci.
Anne, vous parlez d'apposition pour la construction "drôle(s) de…" : dans ce cas, "drôle" devrait-il être interprété comme un nom (comme dans la formule : un mauvais drôle) ?
On dit "une drôle de dame", et non "une drôlesse de dame"…
Ce qui montre bien que "drôle" est plutôt interprété comme un adjectif.
J'ai copié "même si drôle est aujourd’hui interprété comme un adjectif", mais pas la suite.
Grevisse remarque que d'autres adjectifs sont construits de cette façon :
leur damnée de musique, ces catalans de chemins, sa réactionnaire de soeur et pose la question "Convient-il de parler de nominalisation de l'adjectif ?".
Mais les avis sont partagés (sauf pour ceux qui considèrent qu'épithète et apposition, c'est la même chose !) :
Dans un exemple comme Mon beau pays de France, on dit parfois que le nom propre est apposé au nom commun, cela dépend de la définition que l'on donne à l'apposition ; si on réfléchit, on s'aperçoit que la qualification se trouve non dans France, mais dans beau pays : cette dernière expression, malgré sa place, peut donc être analysée comme épithète du nom propre (de même : un drôle de bonhomme).
https://www.etudes-litteraires.com//univ/gram/data/nat.htm