Vous pouvez aussi concevoir votre anthologie de manière moins convenue. Le romantisme est bien plus complexe et varié qu'on le croit. Ainsi, vous pourriez par exemple montrer des aspects plus originaux ou moins attendus, avec un fameux poème de George Sand (Aurore Dupin) à Musset. Vous avez également Delphine de Girardin (fille de Sophie Gay), qui mérite vraiment d'être connue. Pensez à Germaine de Staël : c'est elle qui introduit le romantisme en France. Ça vous permettrait de montrer que les femmes tenaient aussi la plume du romantisme, et qu'elles sont loin d'être secondaires.

En outre, le drame reste encore trop souvent l'oublié du romantisme, c'est pourtant là qu'on y trouve les manifestes les plus engagés et les plus engageants des romantiques (cf. la préface de Hugo à Cromwell : « La poésie a trois âges, dont chacun correspond à une époque de la société : l’ode, l’épopée, le drame. Les temps primitifs sont lyriques, les temps antiques sont épiques, les temps modernes sont dramatiques. Le drame est la poésie complète. C’est au drame que tout vient aboutir dans la poésie moderne. Le caractère du drame est le réel. Le réel résulte de la combinaison toute naturelle de deux types, le sublime et le grotesque, qui se croisent dans le drame comme ils se croisent dans la vie et dans la création. Car la poésie vraie, la poésie complète est dans l’harmonie des contraires… Tout ce qui est dans la nature est dans l’art. ») : l'art doit être vécu/vivant, c'est un art total, l'ennemi du classique et de l'académique (cf. Stendhal à propos de ce qu'il appelle le romanticisme). Ce n'est pas un hasard si les romantiques (re)découvrent Ronsard et Shakespeare…