Roman sur la Commune de Paris en 1871

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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S'il ne fallait retenir qu'un seul roman afin de comprendre la Commune de Paris, lequel choisiriez-vous ?
La Débâcle de Zola y consacre un large passage. Il y a quelques inexactitudes mais c'est intéressant, notamment pour bien saisir le contexte de la naissance du mouvement.
Merci bien pour le conseil. J'avais déjà lu "le ventre de Paris", mais le contexte se situe quelques décennies auparavant. J'aime beaucoup Zola. Je vais m'y consacrer bientôt. Existe-t-il autre chose encore ?
Le canon fraternité de Jean-Pierre Chabrol.
Du souffle, mais une documentation superficielle : les héros voient dans une église un ex-voto à Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, alias Thérèse Martin, née en janvier… 1873 !

Le plus vécu est l'Insurgé de Vallès, écrit à chaud par un communard.
Moi je choisirai La Débâcle car c'est un des premiers romans de Zola que j'ai lu.
La Débâcle est plus large que la Commune, elle commence par narrer la débâcle de 1870.
Le point de vue sur la Commune est versaillais, ce qui étonne a priori de la part de Zola, mais à l'époque il visait l'Académie.
Contrebalancer cette vision conformiste et bourgeoise par le témoignage vécu d'un communard, un vrai, Jules Vallès.

On peut oublier Jean-Pierre Chabrol, malgré le plaisir de lecture qu'il procure…
Tu as raison Delia il est vrai que L'Insurgé de Jules Vallès offre un très bon panorama de la Commune et de sa grande violence…Même si je trouve que Zola raconte la Commune d'une superbe manière…Mais c'est mon avis après chacun le sien.
Zola, c'est peut-être plus romancé, tandis que Jules Vallès relève presque d'un témoignage.
Tu as raison, c'est vrai.Du coup comme roman il faudrait peut être retenir La Débâble et comme témoignage L'insurgé…
Mille regrets, je parviens pas à pardonner ces lignes à Zola :
Son exaltation grandissait, il n’écoutait même plus les supplications d’Henriette et de Jean, terrifiés. Et il continuait, dans une fièvre chaude, abondante en symboles, en images éclatantes. C’était la partie saine de la France, la raisonnable, la pondérée, la paysanne, celle qui était restée le plus près de la terre, qui supprimait la partie folle, exaspérée, gâtée par l’empire, détraquée de rêveries et de jouissances ; et il lui avait ainsi fallu couper dans sa chair même, avec un arrachement de tout l’être, sans trop savoir ce qu’elle faisait. Mais le bain de sang était nécessaire, et de sang français, l’abominable holocauste, le sacrifice vivant, au milieu du feu purificateur. Désormais, le calvaire était monté jusqu’à la plus terrifiante des agonies, la nation crucifiée expiait ses fautes et allait renaître.

— Mon vieux Jean, tu es le simple et le solide… Va, va ! Prends la pioche, prends la truelle ! Et retourne le champ, et rebâtis la maison !… Moi, tu as bien fait de m’abattre, puisque j’étais l’ulcère collé à tes os !

Il délira encore, il voulut se lever, s’accouder à la fenêtre.

— Paris brûle, rien ne restera… Ah ! Cette flamme qui emporte tout, qui guérit tout, je l’ai voulue, oui ! Elle fait la bonne besogne… Laissez-moi descendre, laissez-moi achever l’œuvre d’humanité et de liberté…
Vallès romance également : son narrateur personnage se nomme Jacques Vingtras, il ne fait sans doute pas tout ce que Vallès a fait, et Vallès n'a sans doute pas fait tout ce que fait Vingtras, mais c'est la vie quotidienne de la Commune qui est ainsi restituée, sans pathos et sans comparaison mal venues…
Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
Que la Commune n'est pas mooorte…
Oui je te comprends avec certains auteurs il y a des mots qu'on ne pardonne pas. Je n'aime pas, par exemple, quand on critique les banquiers…
Il y a plus qu'une nuance : les banquiers sont puissants, rien de ce que l'on peut dire contre eux ne peut les atteindre.
Quand Zola publie la Débâcle, en 1892, la loi d'amnistie a été votée, certes, et certains communards sont rentrés en France, mais la bonne société continue à les honnir.
Ce que je n'aime pas, c'est de voir Zola hurler avec les loups, lui qui sera si courageux au moment de l'Affaire Dreyfus, et tout ça pour une médaille en chocolat (la Légion d'Honneur, qu'il n'aura jamais) et un fauteuil boiteux (à l'Académie, où il ne sera pas élu…).
Il en est bien puni : il n'a jamais rien écrit de si mauvais que le passage que j'ai cité !


Au fait, si vous n'aimez pas que l'on critique les banquiers, ne lisez pas l'Argent, du même Zola…
Je l'ai déjà lu et en fait je pense qu'il ne s'agit pas d'une critique totalement axée sur les banquiers mais plutôt sur la Bourse et la libre spéculation. Je suis par ailleurs désolé de te tutoyer.
L'Argent, cela raconte surtout la faillite frauduleuse d'une banque qui dépouille ses actionnaires.
C'est vrai mais on est pas dans le spéréotype du banquier véreux. On est dans la faillite d'une banque et cela et mer- --veilleusement raconté.
Merci beaucoup pour vos commentaires abondants. Je m'étonne de toutes ces critiques quant aux propos de Zola, manifestement contre l'effort communard (à moins que la lecture de l'extrait précédent m'échappe). Du fait de sa conviction profonde, reste-t-il encore objectif ? Hugo semblait plus pondéré - il condamnait la violence en général, reconnaissant la nécessité de la réforme. Dans un premier temps, je vais m'attacher à l'authenticité du récit de Vallès. Merci ++
Des bandits ont tué soixante-quatre otages. On réplique en tuant six mille prisonniers (Victor Hugo).
PS: Quel crédit peut-on encore attribuer aux argentiers ?
Tu as aussi la nouvelle naturaliste de Zola : Jacques Damour Ça se lit bien 😉