Comment devenir professeur de philosophie ?

La filière littéraire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J'aimerai avoir des renseignements sur la fillière "philosophique" et ses débouchés. Je sais que dans l'idéal, il faut faire une prépa puis l'ENS pour s'assurer une place douillette à l'issue de telles études dites bouchées. (de plus, financièrement, je ne pourrai pas suivre.)
Mais je crains que la prépa ne soit inenvisageable pour moi, puisque je suis déjà en études supérieures.
J'aurai donc voulu avoir vos avis, et pourquoi pas vos témoignages, quant à mes chances de réussite au CAPES, puis à l'agrégation, en suivant un cursus dans une fac de province. Je précise que le travail ne me fait pas peur, et que j'ai déjà une expérience des concours, qui a pu me prouver que je pouvais me démarquer. (pas grand chose, mais c'est toujours ça de pris ^^).
Merci.
Pour être prof de philo, c'est très simple : une licence de philo + deux ans de master enseignement (M1 + M2) durant lesquels, d'après la réforme de cette année, tu passes les épreuves écrites à la fin du M1, en M2 tu fais des stages payés et à la fin du M2 tu passes les oraux.

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Ou alors après une licence (bac +3) et deux ans de Master Recherche (M1 + M2 = bac +5) tu peux présenter l'agrégation.

Mais où en es-tu dans tes études précisément ?

Sache enfin que où que tu soies, à la Sorbonne ou en province, c'est ton travail qui fera la différence. 😉
Merci de ta réponse, même si après coup, je me dis que j'ai mal formulé ma question… Je connais les parcours universitaires, ce que je ne connais pas, c'est le pourcentage de réussite au CAPES d'étudiants sortant d'une fac de philosophie.
Je suis en 1A dans un IEP.
Pour te donner une idée, extrait du rapport de jury 2012 :

Les principales données statistiques pour les 45 admis sont les suivantes :
1. Répartition par sexe : 14 femmes, 31 hommes

2. Répartition par académie :
Bordeaux : 2
Dijon : 1
Grenoble : 1
Lille : 3
Lyon : 8
Strasbourg : 1
Toulouse : 1
Nice : 1
Paris-Créteil-Versailles : 27

3. Répartition par catégorie :
Elèves des E.N.S. : 18
Etudiants : 18
Enseignants titulaires : 5
Enseignants non-titulaires : 2
Agents hors fonction publique/sans emploi : 1
Agents fonction publique : 1

Pour le CAPES, c'est sans doute différent, parce que les normaliens ne le passent presque pas. Je te donne le lien :
https://philopsis.fr/les-concours/rapports-de-jury/rapports-de-jurys-agregation-et-capes-de-philosophie/

Dernier élément, le nombre de capétiens et d'agrégés de philosophie a été considérablement augmenté (45=>60) donc c'est le bon moment pour le passer.
Merci beaucoup!
Je pensais vraiment que les places à l'agreg étaient (presque) toutes raflées par des normaliens, or, si j'ai bien compris c'est 50-50?
(bon, reste plus qu'à expliquer à ma famille que je vais claquer la porte de sciences po pour faire une fac de philo ^^)
Alors, tout d'abord, je ne sais pas si l'on compte dans ces statistiques les étudiants de l'ENS (ceux reçus sur dossier) ou seulement les élèves (sur concours). Dans le premier cas, c'est 50-50, dans le second, c'est sans doute moins pour la fac.

Par ailleurs, c'est 50-50 sur le nombre d'admis, mais on est loin d'un tel taux si l'on considère le nombre de candidats… Je veux dire, les chances de réussite quand on est à l'ENS et quand on est à la fac sont loin d'être les mêmes…

Pourquoi ne vas-tu pas vers une prépa ? -Je veux dire, il y a bien des raisons de ne pas y aller, mais tu sembles reconnaître toi-même que ce serait mieux…-
Je ne peux pas aller en prépa, déjà car j'aimerai être sûre que l'IEP ne me convient pas avant de "claquer la porte", et donc faire ma 1A de philosophie en même temps que ma 2A en IEP.
Ensuite, financièrement, ce serait difficile de partir de chez moi, quitter mon job … Enfin bref.
Merci de ta réponse en tout cas, ça donne un peu de corps à mon projet, alors que jusque là je voyais la fac de philosophie comme une distraction à côté de mes études "sérieuses", je commence à voir se dessiner un projet de vie 🙂
Alors il faut que tu t'accroches. Les étudiants en philosophie -sur Paris, je ne sais pas pour ailleurs- sont assez peu nombreux à avoir fait une licence à la fac… Beaucoup de khâgneux. Toutefois, ceux qui ont fait tout à la fac ont parfois une culture plus riche et plus variée que celle des bêtes de somme que sont les khâgneux. Donc, rien d'impossible, mais je veux simplement souligner que tu t'engages dans un chemin extrêmement difficile.

Cela dit, bon courage à toi !
Merci beaucoup 🙂
Il ne faut pas lâcher Sciences Po, mais faire les deux licences de front ; la double compétence est un plus indéniable car on ne fait pas de la philosophie qu'avec de la philosophie ! Pour la L1, tu auras sans doute des équivalences pour pas mal d'U.E.
Varney a écrit :Il ne faut pas lâcher Sciences Po…
Totalement d'accord avec Varney. 🙂
Bonjour à tous,
Une petite présentation s'impose. Je m'appelle Arthur, je suis en terminale ES et désire depuis longtemps devenir professeur. Mon choix se porte aujourd'hui sur la philosophie. J'ai rapidement compris que le chemin était long et difficile. L'idéal est apparemment de faire une classe préparatoire. Mes notes (autour de 16 de moyenne) me permettraient largement d'intégrer un bonne classe prépa. Mais j'avoue mes grandes réticences : l'ambiance lycée, la compétition, la charge de travail… J'envisage donc d'autres options faire une bi-licence (droit-philo, philo-sciences sciences sociales) ou éventuellement une licence de philosophie.
J'aimerais connaitre votre avis sur mon projet ? Vos conseils ?

Merci à tous,
En terme de capacité de réflexion, d’organisation de la pensée, de méthode et de culture générale, tu ne trouveras pas mieux que la prépa. De fait, les classes préparatoires littéraires ont une certaine tendance à préparer les élèves davantage à capes/agrégation qu'aux ens, du fait du taux de réussite.

Tu pourras devenir professeur sans la classe prépa, mais ne te bloque pas la possibilité d'y réussir à cause de deux trois reportages de France 2, éventuellement alliés à quelques fameux articles du Monde. Pour le capes il faut savoir faire une dissertation. Faire une dissertation ça s'apprend en hk. En philo on a besoin de pluridisciplinarité, et de savoir lire. On apprend ça en hk. Si jamais sur un malentendu tu décroches une ens, ton avenir professoral est dans la poche. De toute façon on ne devient pas prof sans bosser, alors autant s'y mettre tôt, et correctement dès le début.

Bref, je te conseille la fac !
Zwizwi a écrit : Faire une dissertation ça s'apprend en hk. En philo on a besoin de pluridisciplinarité, et de savoir lire. On apprend ça en hk.
Je ne suis pas allé dans la classe sus-dénommée hk.
Par conséquent :
- Je ne sais pas faire une dissertation,
- J'ignore la pluridisciplinarité,
- Je ne sais même pas lire.
Ergo :
J'ai eu mes concours par erreur 🆒 .
Il n'y a aucune raison de choisir l'université si on est accepté en prépa. L'université, on y arrivera de toute manière, quelques années plus tard. Les normaliens aussi ont un contact régulier avec l'université et la recherche. Si on commence par la prépa, on bénéficiera donc des deux expériences.

En outre, la philosophie est une discipline sélective, qui tolère assez peu le moyen terme. En philo, c'est tout ou rien. Soit vous êtes très bon, soit vous passez votre vie au Pôle Emploi. Par conséquent, si la "charge de travail" en classe préparatoire vous inquiète, vous devriez considérer une autre filière.
Comme Jacques, j'ai décroché l'agrégation externe sans jamais mettre les pieds dans une classe préparatoire. En fait, la seule CPGE que je connaissance est celle où j'ai enseigné quelques années avant de choisir de retourner dans le secondaire. Je trouve la réflexion de Montana123 intéressante et légitime. Quant aux réponses qui lui sont proposées par les étudiants de CPGE, elles frôlent la caricature ! Le manichéisme doit être au programme dans toutes les hypokhâgnes ! Montana123, vous avez raison de prendre le temps de vous demander si la CPGE est faite pour vous. Certes, la prépa a de nombreux avantages, mais elle a aussi des inconvénients et vous avez raison de ne pas les ignorer. Enfin, vous devez savoir que vous pouvez parfaitement réussir en faisant l'intégralité de vos études à l'université. Peut-être même y réussirez-vous mieux qu'en passant par une classe prépa.
On peut y arriver sans (je ne vais tout de même pas m'autoquote, ce serait un peu ridicule), mais de fait on a plus de chance avec. On peut apprendre à lire correctement des ouvrages théoriques sans, on peut apprendre à s'organiser seul, à organiser sa pensée, on peut c'est sûr. De fait c'est beaucoup plus facile en classe prépa. Partir à la fac c'est choisir d'apprendre ces choses essentielles seul, c'est se rajouter soi-même une difficulté et une charge de travail inutiles.

Les arguments contre sont très essentiellement le travail et l'ambiance, et les deux sont issus de basses généralisations de cas isolés.
Merci à tous pour vos réponses.

En effet, la classe prépa propose une bonne formation. Mais nous sommes forcés de reconnaître qu'elle ne convient pas à tout le monde. D'où mon interrogation, légitime il me semble, sur la possibilité d'envisager des bi-licence (droit-philo tout particulièrement, et le double cursus philosophie science po que j'ai découvert il y peu) pour compléter ma formation, et rebondir dans la cas où je n'obtiendrais pas le diplôme me permettant de devenir professeur.
@montana123

Salut, je sors d'ES aussi et je suis dans une bonne prépa pour l'ENS Lyon, j'avais les mêmes notes que toi. Pour commencer je souhaite insister sur un point : ne pas faire tout un plat de la prépa. C'est à des années lumières de ce qu'on raconte… ok il y a du travail, c'est sur, mais rien d'infaisable. Ce n'est que le début de l'année certes, mais où je suis c'est DS entre 4 et 6h tous les mercredis donc on a clairement commencé…
L'ambiance lycée : Elle n'est pas présente partout. Il faut absolument que tu ailles visiter chaque CPGE de tes voeux. Dans ma prépa, nous avons un "étage" réservé, une cour réservée aux prépas (A/L, ECE, ECS) , des priorités de self… mise à part ds le bus le matin on ne voit pas de lycéens!
La compétition : Je dirais que ça dépend de la classe et d'où tu te trouves aussi. Mais je te rassure tout de suite, il existe des gens normaux, sympathiques et pas du tout niaiseux-méchants en prépa, et ces gens sont même majoritaires! Ds ma classe on se passe tout, le travail en groupe est clairement encouragé… c'était une de mes angoisses mais il n'y a rien de tout ça où je suis.
La charge de travail : ça je ne vais pas te le cacher. Mais c'est une question d'organisation. En prépa on ne t'apprend pas des choses spécialement dures, on t'en apprend juste énormément à la fois. Il est possible de prendre une après-midi à rien faire dans la semaine. Mais évidemment faut pas penser qu'à fumer sa clope dès qu'on a une pause quoi sinon ça ne fonctionne pas et tu dois -excusez moi l'expression- bourriner en fin de semaine.

Tes autres idées me font penser que tu es peut être de Lyon. Droit-philo à Lyon 3? Je suis à Lyon également et j'ai visité les trois lyonnaises avant de faire mon choix, je peux te renseigner si tu le souhaites. Et si tu n'es pas de Lyon je peux quand même généraliser sur la prépa.

Pour ce qui est de la philo, tu auras de toute façon une inscription en fac au cas où ta prépa déciderait de te foutre dehors. Enfin, pas vraiment, à partir de cette année si j'ai bien compris ce n'est pas obligatoire, mais conseillé et btw payant?? Il faudrait mieux s'informer, je sais par contre que quand on est boursier (héhé) on ne paye pas et ça c'est génial ! J'ai pu m'inscrire en histoire et en philosophie. Je te conseille vraiment de tenter une prépa, au pire tu pourras deux mois après partir à la faculté.

Petit conseil d'ex ES à ES : mets toi vraiment à niveau en français. C'est vraiment ce qui est le plus dur en hk. Même en venant de L. Alors nous avec nos théories de Piketty et des avantages comparatifs autant te dire qu'on est à la masse. Si tu souhaites en parler davantage, send me an e-mail ! 🙂
A mon avis il faut hiérarchiser tes priorités Montana. Si tu veux être prof de philo, ça ne me semble pas une très bonne idée de faire une double-licence, en pensant à un échec dans l'enseignement. Tu vas t'éparpiller; il faut absolument que tu aies une méthodologie et une culture de la philo solide. Evidemment on peut très bien réussir à la fac, heureusement… J'avais exactement la même interrogation que toi à la fin de l'année de terminale, et j'ai choisi prépa pour l'argument suivant: il est très courant et facile de partir de la prépa pour aller à la fac. Et ce à n'importe quel moment. Début septembre de l'HK, fin septembre, octobre, janvier, fin de l'HK, début de la KH, tout le temps. Donc si ça ne te convient pas, tu pourras changer et arriver à la fac très motivé, et en sachant parfaitement ce que tu veux. Sinon pour l'ambiance "lycée-bébé-les profs sur notre dos": j'arrivais vraiment avec cette image là et j'ai été surprise en prépa (dans un moyen-bon lycée parisien) de la liberté qui nous était laissée. On fiche les livres qu'on veut, on apprend à s'organiser par nous-mêmes… c'était une façon de bosser VRAIMENT différente du lycée je trouve, surtout dans certaines matières comme l'Histoire. Et il y a un bon nombre de glandus ou de personnes qui ne s'investissent que dans peu de matières. ==> La fac ça peut être super, ou nul, la prépa c'est pareil, mais je trouve dommage, avec le projet que tu as, de ne même pas essayer la prépa, sans raison vraiment valable; il faut de toutes façons se confronter à un travail intensif en post-bac, et le plus tôt est le mieux, c'est du temps de gagné pour la suite.