Bonjour,
J'ai un DM a faire pendant les vacances et j'ai du mal, je bloque surtout sur la dernière question et je ne suis pas du tout sur.
La question est: Retrouvez la présence des trois genres oratoires dans Phèdre et étudiez là. Citez au moins un exemple précis (scène ou passage clairement délimité) de la présence des trois genres oratoires et indiquez à chaque fois grâce à quels indices vous avez identifié le judiciaire, le délibératif ou l'épidictique. Quels effets cela produit-il pour la compréhension de la pièce ?
Pour le genre délibératif j'ai l'acte I scène 5 et l'acte IV scène 6.
Pour le judiciaire l'acte V scène 7 et pour l'epidictique l'acte V scène 6 et l'acte I scène 3.
Est-ce que je peux mettre les scènes entières où faut-il plutôt que je prenne des passages plus précis ?
Des passages. Vous pourrez ainsi mieux cibler et répondre plus précisément à la question en illustrant votre propos.
Est-ce que le passage qui montre le mieux le discours délibératif est plutôt les dernières tirades (IV, 6) de Phèdre:
Phèdre
Ils s'aimeront toujours !
Au moment que je parle, ah ! mortelle pensée !
Ils bravent la fureur d'une amante insensée.
Malgré ce même exil qui va les écarter,
Ils font mille serments de ne se point quitter.
Non, je ne puis souffrir un bonheur qui m'outrage,
Oenone ; prends pitié de ma jalouse rage ;
Il faut perdre Aricie, il faut de mon époux
Contre un sang odieux réveiller le courroux.
Qu'il ne se borne pas à des peines légères :
Le crime de la soeur passe celui des frères.
Dans mes jaloux transports je le veux implorer.
Que fais−je ? Où ma raison se va−t−elle égarer ?
Moi jalouse ! Et Thésée est celui que j'implore !
Mon époux est vivant, et moi je brûle encore !
Pour qui ? Quel est le coeur où prétendent mes voeux ?
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
Mes crimes désormais ont comblé la mesure.
Je respire à la fois l'inceste et l'imposture ;
Mes homicides mains, promptes à me venger
Dans le sang innocent brûlent de se plonger.
Misérable ! et je vis ? et je soutiens la vue
De ce sacré soleil dont je suis descendue ?
J'ai pour aïeul le père et le maître des dieux ;
Le ciel, tout l'univers est plein de mes aïeux ;
Où me cacher ? Fuyons dans la nuit infernale.
Mais que dis−je ? Mon père y tient l'urne fatale ;
Le sort, dit−on, l'a mise en ses sévères mains :
Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
Ah ! combien frémira son ombre épouvantée,
Lorsqu'il verra sa fille à ses yeux présentée,
Contrainte d'avouer tant de forfaits divers,
Et des crimes peut−être inconnus aux enfers !
Que diras−tu, mon père, à ce spectacle horrible ?
Je crois voir de ta main tomber l'urne terrible,
Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau,
Toi−même, de ton sang devenir le bourreau.
Pardonne ! Un dieu cruel a perdu ta famille :
Reconnais sa vengeance aux fureurs de ta fille.
Hélas ! du crime affreux dont la honte me suit,
Jamais mon triste coeur n'a recueilli le fruit ;
Jusqu'au dernier soupir de malheurs poursuivie,
Je rends dans les tourments une pénible vie.
Oenone
Hé ! repoussez, Madame, une injuste terreur !
Regardez d'un autre oeil une excusable erreur.
Vous aimez. On ne peut vaincre sa destinée.
Par un charme fatal vous fûtes entraînée.
Est−ce donc un prodige inouï parmi nous ?
L'amour n'a−t−il encor triomphé que de vous ?
La faiblesse aux humains n'est que trop naturelle ;
Mortelle, subissez le sort d'une mortelle.
Vous vous plaignez d'un joug imposé dès longtemps :
Les dieux mêmes, les dieux, de l'Olympe habitants,
Qui d'un bruit si terrible épouvantent les crimes,
Ont brûlé quelquefois de feux illégitimes.
Phèdre
Qu'entends−je ? Quels conseils ose−t−on me donner ?
Ainsi donc jusqu'au bout tu veux m'empoisonner,
Malheureuse ? Voilà comme tu m'as perdue.
Au jour que je fuyais c'est toi qui m'as rendue ;
Tes prières m'ont fait oublier mon devoir ;
J'évitais Hippolyte, et tu me l'as fait voir.
De quoi te chargeais−tu ? Pourquoi ta bouche impie
A−t−elle, en l'accusant, osé noircir sa vie ?
Il en mourra peut−être, et d'un père insensé
Le sacrilège voeu peut−être est exaucé.
Je ne t'écoute plus. Va−t'en, monstre exécrable ;
Va, laisse−moi le soin de mon sort déplorable.
Puisse le juste ciel dignement te payer ;
Et puisse ton supplice à jamais effrayer
Tous ceux qui, comme toi, par de lâches adresses,
Des princes malheureux nourrissent les faiblesses,
Les poussent au penchant où leur coeur est enclin,
Et leur osent du crime aplanir le chemin !
Détestables flatteurs, présent le plus funeste
Que puisse faire aux rois la colère céleste !
Oenone, seule.
Ah ! dieux ! pour la servir j'ai tout fait, tout quitté,
Et j'en reçois ce prix ? Je l'ai bien mérité.
ou I,5, la tirade d'Oenone
Madame, je cessais de vous presser de vivre,
Déjà même au tombeau, je songeais à vous suivre ;
Pour vous en détourner je n'avais plus de voix ;
Mais ce nouveau malheur vous prescrit d'autres lois.
Votre fortune change et prend une autre face :
Le roi n'est plus, Madame, il faut prendre sa place.
Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez,
Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez.
Sur qui, dans son malheur, voulez−vous qu'il s'appuie ?
Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie,
Et ses cris innocents, portés jusques aux dieux,
Iront contre sa mère irriter ses aïeux.
Vivez, vous n'avez plus de reproche à vous faire :
Votre flamme devient une flamme ordinaire.
Thésée en expirant vient de rompre les noeuds
Qui faisaient tout le crime et l'horreur de vos feux.
Hippolyte pour vous devient moins redoutable,
Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable.
Peut−être, convaincu de votre aversion,
Il va donner un chef à la sédition :
Détrompez son erreur, fléchissez son courage.
Roi de ces bords heureux, Trézène est son partage,
Mais il sait que les lois donnent à votre fils
Les superbes remparts que Minerve a bâtis.
Vous avez l'un et l'autre une juste ennemie :
Unissez−vous tous deux pour combattre Aricie.
Phèdre
Eh bien ! à tes conseils je me laisse entraîner.
Vivons, si vers la vie on peut me ramener,
Et si l'amour d'un fils, en ce moment funeste,
De mes faibles esprits peut ranimer le reste.
Vous n'allez pas recopier tout cela !
non mais je vais justifier ma réponse avec des passage de cet extrait et dire dans ma réponse que je base ma réponse sur le passage en citant le début puis […] et la fin
Et bien, quelles sont vos interrogations ?
De savoir si ces passages correspondent bien au genre demandé
Je pense que oui, mais il ne s'agit pas de tout mettre. Pourquoi ne pas mettre uniquement des citations qui prouveraient votre argumentation.
J'ai formulé une réponse pour le genre délibératif sur la tirade d'Oenone à l'acte I, scène 5, pouvez vous me dire si cela va bien, et est-ce qu'il faudrait que je cite un petit passage à chaque fois pour justifier ?
Le genre oratoire délibératif est présent dans la tirade d'Oenone ("Madame, je cessais de vous presser de vivre, […]Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.", v. 337-362) à l'acte I, scène 5, dans laquelle elle révèle à Phèdre que le roi est mort, et elle lui demande de vivre afin de protéger son fils et de lui permettre l'accès au trône. Son discours a pour but de faire prendre une décision à Phèdre, de la persuader de vivre, Oenone défend l'utilité que Phèdre aura, les conséquences bénéfiques qu'auront sa présence pour représenter son fils, trop jeune pour se défendre seul, et celles néfastes si elle ne vit plus.
Je bloque pour le genre judiciaire, est-ce que la scène 7, acte V correspond au genre oratoire judiciaire.
Phèdre ( V,7) révèle la vérité et s'accuse devant Thésée mais est-ce du discours judiciaire ? C'est un discours qui condamne ?
Est-ce que quelqu'un connait des caractéristiques qui permettent de reconnaitre ce genre ?