Bonjour,
Je suis en seconde et je dois faire un commentaire sur le loup et l'agneau. La problématique donnée est "en quoi cette fable vise t-elle a instruire ?", et le plan est:
1/ un récit plaisant
2/ une critique du pouvoir
J'aurai besoin d'aide pour trouver 5 idées par partie sous la forme "relevé, procédé, analyse".
Quelqu'un pourrait m'apporter son aide ?
Voici la fable du loup et de l'agneau:
Un agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
"Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d'Elle,
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je ne sais que de moi tu médis l'an passé.
- Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'agneau, je tète encore ma mère.
- Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
- Je n'en ai point.
- C'est donc quelqu'un des tiens :
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge."
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte, et puis le mange,
Sans aucune autre forme de procès.
Voilà, j'ai surtout besoin d'aide pour trouver les idées pour que après je puisse construire les deux paragraphes. Et si quelqu'un pourrait m'aider pour faire la conclusion car nous n'avons pas vraiment appris ça sera super gentil. Merci d'avance.
Les idées ? Commence par faire l'analyse de la fable.
- Où se trouve la morale ?
- Quels personnages ?
- Quelle structure du récit ?
- Quel registre ?
Oui nous avons appris à faire le paragraphe en faisant un tableau à 3 colonnes où il y a relevé, procédé et analyse. Il faut que je trouve 5 choses (idées) qui se rapportent à la partie 1 et 5 idées qui se rapportent à la partie 2, pour ensuite construire deux paragraphes.
J'en ai déjà trouvé quelques unes mais elles ne sont pas très complète, il me manque le procédé la plupart du temps.
Après je n'ai pas besoin de définir particulièrement les personnages, ni la structure et le registre.
Après je n'ai pas besoin de définir particulièrement les personnages, ni la structure et le registre.
J'en doute.
Montre ce que tu as trouvé …
Du côté des procédés, regarde :
le dialogue
l'opposition
le tutoiement/le vouvoiement
la périphrase …
Voici ce que j'ai trouvé pour chacune partie
Pour la critique du pouvoir j'ai trouvé :
- "sire", "votre majesté" (relevé) / vouvoiement (procédé) / montre la supériorité (analyse)
- "il faut que venge" (relevé) / (rien pour le procédé) / résoudre les problèmes par la mal (analyse)
- "sans aucune autre forme de procés" (relevé) / (rien pour le procédé) / tout n'est pas puni comme il le faudrait (analyse)
Pour un récit plaisant j'ai trouvé :
-"courant", "pure", "eau", "désaltérait" (relevé) / champs lexical de l'eau (procédé) / donne une impression que tout est calme (analyse)
- vers 2, vers 3 et vers 1, vers 4 ; vers 5, vers 6 et vers 7, vers 8 (relevé) / vers (procédé) / rend le texte plus vivant (analyse)
- "qui (…) breuvage" (relevé) / dialogue (procédé) / rend le texte plus vivant (procédé)
La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Mon copain magicien soutenait l'autre jour que le vers était
Nous l'allons le montrer tout à l'heure.
Hors un tour de magie c'était bien entendu inconcevable.
Cela étant, y a t-il une raison de privillégier :
Nous
l'allons montrer tout à l'heure. (comme aimait s'exprimer Jacques Martin qui ne manquait pas de culture)
à
Nous allons
le montrer tout à l'heure. (comme dira plus vraisemblablement le manant) ?
l' et
le désignent (remplacent) bien la même chose ?
J'observe au passage que La Fontaine fait dans cette fable peu de cas du comptage des pieds (syllabe). C'est peut-être ce qui à poussé mon copain à rajouter un pied supplémentaire.
Le vers français n'a pas de pieds, mais des syllabes.
Dans cette ouverture, La Fontaine fait suivre un alexandrin d'un octosyllabe :
La/ rai/son/ du /plus/ fort// est/ tou/jours/ la/ meil/leure : 12, le e caduc ne compte pas à la rime ;
Nous/ l'al/lons/ mon/trer /tout /à /l'heure : 8, le e caduc ne compte pas à la rime.
Si La Fontaine avait écrit :
Nous/ al/lons/ le/mon/trer /tout /à /l'heure, il aurait fait un ennéasyllabe… mais il ne le voulait pas.
Ok pour syllabe. rajouté entre parenthèse dans la question.
Merci pour le mot "ennéasyllabe" (9 syllabes) que j'ignorais. Admettons qu'il ne le voulait pas parce que les deux suivant ont également 8 syllabes. Il demeure qu'on en trouve 12, 8 , 10 et même 5 plus loin. Pas très regardant Jean ! :/
Cette précision étant apportée, qu'en est-il de mes deux questions ?
paulang a écrit :Cela étant, y a t-il une raison de privilégier :
Nous l'allons montrer tout à l'heure. (comme aimait s'exprimer Jacques Martin qui ne manquait pas de culture)
à
Nous allons le montrer tout à l'heure. (comme dira plus vraisemblablement le manant) ?
l' et le désignent (remplacent) bien la même chose ?
Le premier tour était encore très commun dans la littérature à l'époque de La Fontaine. Aujourd'hui, il est précieux.
Merci pour le mot "ennéasyllabe" (9 syllabes) que j'ignorais. Admettons qu'il ne le voulait pas parce que les deux suivant ont également 8 syllabes. Il demeure qu'on en trouve 12, 8 , 10 et même 5 plus loin. Pas très regardant Jean !
Pas regardant, Jean ? Très regardant, au contraire, travaillant son rythme et l'alternance des mètres pour en tirer des effets de sens et une musique. Personne ne dit que les poèmes doivent tous être isométriques.
Tout à fait d'accord … 🙂
D'autant que les variations de mètre créent les variations de rythme du récit.
Delia a écrit :Personne ne dit que les poèmes doivent tous être isométriques.
Personne ne le dit, mais c'est cependant ce que j'ai appris jusqu'au certificat d'études. J'ai encore en mémoire le comptage des syllabes qu'on appelait alors pieds. Enfin, il faut vivre avec son temps !
Merci Lamaneur de votre réponse à ma question.
Paulang, si la question vous intéresse, voici quelques compléments tirés de la Grammaire de la langue française du XVIIe siècle de Gabriel Spillebout :
[lien invalide]755115PhotoScan.jpg/755115PhotoScan.jpg[/img][/url]
Merci Lamaneur. En effet on emploi encore cette tournure avec certains verbes sans même y prêter attention. Comme quoi l'habitude !
J'observe au passage que enchâsser prend aujourd'hui un accent circonflexe, mais peut-être est-ce une erreur d'impression.
Par ailleurs, "faites-vous enchâsser". Personnellement, je n'y tiens pas. 😉
je peine à penser que même à l'époque ils écrivaient "S'elle ose…" . Ne serait-ce pas plutôt "Si elle ose…" ?
Enfin, si je comprends bien les différentes acceptions du Larousse en ligne et même du CNRTL, il semblerait que "hiatus révélateur" lorsque par exemple un type dit "président" alors qu'il n'est encore que "ministre" ne soit pas le terme qui convient.
Paulang a écrit :je peine à penser que même à l'époque ils écrivaient "S'elle ose…" . Ne serait-ce pas plutôt "Si elle ose…" ?
Non, cette élision était encore très fréquente chez Montchrestien.
https://www.languefrancaise.net/forum/viewtopic.php?pid=120555#p120555
Pour votre dernière observation, dont je ne connais pas le contexte, je suppose qu'il y a eu confusion entre "hiatus" et "lapsus" ! La faute à la disparition de l'enseignement du latin !
Je me demande du coup si ce n'est pas moi qui me fourvoie (hiatus/lapsus).
Bonjour.
Un loup qui cherche aventure a trouvé à son breuvage un agneau. L'agneau répond à un loup autoritaire avec politesse.
- Que votre majesté ne se mette pas en colère. Mais plutôt qu'elle considère que je me vas désaltérant dans le courant plus de vingt pas au-dessus d'elle. Et que par conséquent, en aucune façon, je ne puis troubler sa boisson.
- Comment l'aurai-je si je n'étais pas né. Je tette encore ma mère.
- Je n'en ai point ( son frère).
Le loup ne l'écoute pas, et finit l'emporter au fond du forêt et le dévorer.
Ce que j'ai découvert dans cette courte histoire, c'est :
1. l'injustice
2. le dualisme de mal/bien
3. Le mal est plus fort que le bien ( Au début de l'histoire, l'auteur dit d'un ton narratif que la loi du plus fort est toujours la meilleure. ).
C'est l'une des histoires que je préfére.
Qu'avez-vous trouvé comme la visée philosophique ?
Merci d'avance.
Qu'avez-vous trouvé comme la visée philosophique ?
Hélas, la même chose que toi.
Le mal et la mauvaise foi l'emportent sur l'innocence, s'ils sont soutenus par la force brute, et le faible n'a qu'à s'écraser, s'il veut survivre et encore n'est-ce pas toujours suffisant.
« Ne pouvant faire que le juste soit fort, on a fait que le fort soit juste » disait Pascal.
Le loup veut manger l'agneau, et il veut aussi que ce soit un acte de justice. Même le loup a le sens du juste et de l'injuste.
Oui, et c'est pour la même raison que Staline organisait des procès pour ceux qu'il voulait éliminer… 😞 😞