Comment ces textes envisagent-ils la place de la culture occidentale dans le monde ?

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je travaille actuellement sur des sujets de corpus pour m’entraîner au bac de français.
Je suis tombée sur celui-ci qui me laisse perplexe:

1. Comment ces textes envisagent-ils la place de la culture occidentale dans le monde?
2. De quelles manières appréhendent-ils les réalités culturelles?

J'ai 3 documents:
Le premier document est de Montaigne, Essais 1588 (Montaigne revient sur la conquête du Mexique par les espagnoles pour rendre hommage à la culture vaincus)
Le deuxième document est de la Bruyère, Les caractères 1688 (L'auteur décrit une étrange contrée)
et le troisième de document est de Michaux, Un barbare en Asie 1933 (L'auteur décrit un voyage en Inde à travers un personnage fictif).


Je ne comprends pas la deuxième questions…Quelles sont les "réalités culturelles" qu'ils peuvent craindre?
J'espère que vous pourrez m'aider.

Montaigne:
C’était un monde enfant ; si ne l’avons nous pas foité et soubmis à nostre discipline par l’avantage de nostre valeur et forces naturelles, ny ne l’avons practiqué par nostre justice et bonté, ny subjugué par nostre magnanimité. La plus part de leurs responces et des negotiations faictes avec eux tesmoignent qu’ils ne nous devoyent rien en clarté d’esprit naturelle et en pertinence. L’espouventable magnificence des villes de Cusco et de Mexico, et, entre plusieurs choses pareilles, le jardin de ce Roy où tous les arbres, les fruicts et toutes les herbes, selon l’ordre et grandeur qu’ils ont en un jardin, estoyent excellemment formez en or ; comme, en son cabinet, tous les animaux qui naissoient en son estat et en ses mers ; et la beauté de leurs ouvrages en pierrerie, en plume, en cotton, en la peinture, montrent qu’ils ne nous cedoient non plus en l’industrie. Mais, quant à la devotion, observance des loix, bonté, liberalité, loyauté, franchise, il nous a bien servy de n’en avoir pas tant qu’eux : ils se sont perdus par cet advantage, et vendus, et trahis eux mesme. Quant à la hardiesse et courage, quant à la fermeté, constance, resolution contre les douleurs et la faim et la mort, je ne craindrois pas d’opposer les exemples que je trouverois parmy eux aux plus fameux exemples anciens que nous ayons aus memoires de nostre monde par deçà. Car, pour ceux qui les ont subjuguez, qu’ils ostent les ruses et batelages dequoy ils se sont servis à les piper, et le juste estonnement qu’aportoit à ces nations là de voir arriver si inopinéement des gens barbus, divers en langage, religion, en forme et en contenance, d’un endroict du monde si esloigné et où ils n’avoyent jamais imaginé qu’il y eust habitation quelconque, montez sur des grands monstres incogneuz, contre ceux qui n’avoyent non seulement jamais veu de cheval, mais beste quelconque duicte à porter et soustenir homme ny autre charge ; garnis d’une peau luysante et dure et d’une arme trenchante et resplendissante, contre ceux qui, pour le miracle de la lueur d’un miroir ou d’un cousteau, alloyent eschangeant une grande richesse en or et en perles, et qui n’avoient ny science ny matiere par où tout à loisir ils sçeussent percer nostre acier ; adjoustez y les foudres et tonnerres de nos pieces et harquebouses, capables de troubler Caesar mesme, qui l’en eust surpris autant inexperimenté, et à cett’heure, contre des peuples nuds, si ce n’est où l’invention estoit arrivée de quelque tissu de cotton, sans autres armes pour le plus que d’arcs, pierres, bastons et boucliers de bois ; des peuples surpris, soubs couleur d’amitié et de bonne foy, par la curiosité de veoir des choses estrangeres et incogneues : contez, dis-je, aux conquerans cette disparité, vous leur ostez toute l’occasion de tant de victoires. Quand je regarde cete ardeur indomptable dequoy tant de milliers d’hommes, femmes et enfans, se presentent et rejettent à tant de fois aux dangers inevitables, pour la deffence de leurs dieux et de leur liberté ; céte genereuse obstination de souffrir toutes extremitez et difficultez, et la mort, plus volontiers que de se soubmettre à la domination de ceux de qui ils ont esté si honteusement abusez, et aucuns choisissans plustost de se laisser defaillir par faim et par jeusne, estans pris, que d’accepter le vivre des mains de leurs ennemis, si vilement victorieuses, je prevois que, à qui les eust attaquez pair à pair, et d’armes, et d’experience, et de nombre, il y eust faict aussi dangereux, et plus, qu’en autre guerre que nous voyons.
Bruyère:
L’on parle d’une région où les vieillards sont galants, polis et civils ; les jeunes gens au contraire, durs, féroces, sans mœurs ni politesse : ils se trouvent affranchis de la passion des femmes dans un âge où l’on commence ailleurs à la sentir ; ils leur préfèrent des repas, des viandes, et des amours ridicules. Celui-là chez eux est sobre et modéré, qui ne s’enivre que de vin : l’usage trop fréquent qu’ils en ont fait le leur a rendu insipide ; ils cherchent à réveiller leur goût déjà éteint par des eaux-de-vie, et par toutes les liqueurs les plus violentes ; il ne manque à leur débauche que de boire de l’eau-forte. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu’elles croient servir à les rendre belles : leur coutume est de peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils et leurs épaules, qu’elles étalent avec leur gorge, leurs bras et leurs oreilles, comme si elles craignaient de cacher l’endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas se montrer assez. Ceux qui habitent cette contrée ont une physionomie qui n’est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers, qu’ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête : il descend à la moitié du corps, change les traits, et empêche qu’on ne connaisse les hommes à leur visage. Ces peuples d’ailleurs ont leur Dieu et leur roi : les grands de la nation s’assemblent tous les jours, à une certaine heure, dans un temple qu’ils nomment église ; il y a au fond de ce temple un autel consacré à leur Dieu, où un prêtre célèbre des mystères qu’ils appellent saints, sacrés et redoutables ; les grands forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l’on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l’esprit et tout le cœur appliqués. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu. Les gens du pays le nomment ; il est à quelque quarante-huit degrés d’élévation du pôle, et à plus d’onze cents lieues de mer des Iroquois et des Hurons.
Sinon je n'ai malheureusement pas pu trouver le texte de Michaux sur wikisource mais j'ai pu trouver le sujet sur internet avec le texte de Michaux:
Texte C: Un Barbare en Asie, Henri Michaux, 1933 Là où ses besoins finissent, l'Européen se repose, mais l'Hindou n'a pas de besoins. Il fait un repas aussi bien que trois, un jour il mange à midi, le lendemain à sept heures; il dort quand ça se trouve et où il se trouve, sur une couverture posée sur le sol.
En fait de misères et de dénuement on ne l'étonnera jamais.
II faut voir les hôtels qu'il y a chez eux. Diogène faisait l'original parce qu'il habitait un tonneau.
Bon! mais jamais il ne songea à le louer à une famille, ou à des voyageurs de Smyrne, ou à le partager avec des amis.
Eh bien! dans un hôtel indien, on vous donne une chambre où il y a place seulement pour une paire de pantoufles. Un chien qu'on y logerait étoufferait. Mais l'Hindou n'étouffe pas. Il s'arrange avec le volume d'air qu'on lui donne.
Le confort le dérange. Il lui est hostile. Si le peuple qui l'a conquis n'était pas un peuple aussi fermé que l'anglais, l'Hindou l'aurait rendu honteux de son confort.
En fait de souffrance on n'étonne pas davantage l'Hindou.
Un aveugle pauvre en Europe excite déjà une compassion notable. Aux Indes, qu'il ne compte pas sur sa cécité pour émouvoir. Non, qu'il ajoute à sa cécité, des genoux broyés, un bras coupé, ou tout au moins la main, et qu'elle soit sanguinolente autant que possible, puis une jambe de moins et le nez rongé, cela va de soi. Un peu de danse de Saint-Guy dans ce qui reste, alors peut-être il pourra se présenter utilement. On comprendra que sa situation laisse à désirer, et qu'un petit sou lui fera plaisir. Mais ce n'est pas sûr. Ces spectacles sont tellement ordinaires, tellement nombreux. Il y a des maigreurs telles qu'on se demande si elles viennent de l'homme ou si elles ne viennent pas du squelette. Cité par :
https://www.proplus-donbosco.net/courses/10111FR/document/4-OE1-ARG/Francais_-_Bac_Blanc_1.pdf
Pour vous aidez, je souhaiterais voir les textes, SVP.

A première vue, Montaigne montre les différences entre la culture occidentale et la culture "barbare"
Je suis désolée j'aurai du penser à trouver les textes mais c'est la première fois que j'utilise ce site…
Voilà j'ai pu trouver les texte sur Wikisource! 🙂

Merci de m'aider!
Avant de vous aider avez vous réfléchis sur les termes du sujet ?
Oui bien sur
Ces questions sont des questions préalables (notées sur 4 points au bac)
Oui avant la dissertation ou bien encore le commentaire et l'écriture d'invention.
Je demande juste de l'aide pour qu'on m'éclaire sur la question demandé pour que je puisse chercher de mon coté.
Vous devez alors montrer l'unité de votre corpus : les textes ont un point commun qui doit être mis en valeur (un ou plusieurs) .
D'accord merci bien!
Bonjour, je travaille actuellement sur la même question de corpus, " Comment ces textes envisagent-ils la place de la culture occidentale dans le monde ? » et j'aimerai savoir un peu ton plan, pour le comparer au miens.

Merci d'avance 🙂
Plus d'un an après, cela risque d'être difficile.
Elle répondra surement pas mais n'importe qui peut apporter son aide, alors on sait jamais