Les écrivains dits "urbains" font-ils vraiment de la littérature ?

Littérature

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour !

J'appelle écrivains urbains, toute cette nouvelle génération d'auteurs qui emploie le langage des banlieues dans leurs ouvrages (je pense par exemple à Faïza Guène avec son roman "Kiffe Kiffe demain", ..)

Non pas que je dénigre cette nouvelle manière d'écrire, car finalement ce langage ("meuf", "daron", "keuf",) est celui de notre temps. Mais j'avoue avoir beaucoup de mal avec ce "genre littéraire".

Quand je lis : "string", "kiff", "relou", "chelou", … dans un bouquin j'ai l'impression que l'on assassine la littérature.

Pourtant Céline en son temps, (dans Voyage, Mort à Crédit, féerie pour une autre fois, etc) emploie dans certaines phrases des termes argotiques.

Ainsi n'hésite-t-il pas à dire "Dabe", "dèche", "fafs"… Mais c'est agencé d'une certaine manière, glissé de façon si subtile dans des phrases très bien construites, que ça en devient presque de l'art. C'est de l'art ! D'ailleurs c'est ce qui fait à mon avis, tout le génie de Céline.

J'avoue cependant aujourd'hui ne pas apprécier lire les auteurs "urbains". J'ai l'impression d'avilir ma culture littéraire en me plongeant dans ces romans (souvent très drôles pourtant, aux narrations intéressantes aussi). Pour moi c'est tout sauf de la littérature.

J'aimerais bien avoir vos avis sur la question. :/
Je ne dirai qu'une chose : ceci est le futur assez probable de la Littérature.

L'âge d'or de notre société a passé, et avec elle l'espoir d'une Littérature florissante telle qu'on l'a vue durant les siècles précédents.
Le problème ? La vulgarisation de la culture. C'est purement et simplement une dilution du patrimoine culturel pour permettre l'universalité de l'école.
Voilà pourquoi on entend peu parler des grands auteurs de notre temps : ils ne peuvent s'imposer face à la masse parfois presque illettrée. Que peut-on y faire ? A mon avis, pas grand chose. A moins que quelqu'un parvienne à concilier l'impossible : une œuvre riche et accessible à tous.
"Je ne dirai qu'une chose : ceci est le futur assez probable de la Littérature."

Ce serait bien triste !

Avoir eu Rousseau, Diderot, de Balzac, Zola, de Musset, pour en arriver là, à une littérature de bas de gamme. Ce n'est pas même pas de la littérature ! C'est …, je ne sais pas ce que c'est.

"Le problème ? La vulgarisation de la culture. C'est purement et simplement une dilution du patrimoine culturel pour permettre l'universalité de l'école. "

Cela tue la littérature Française. Du langage "Wesh-wesh" dans des romans et même lus à l'école parfois.

Les beaux livres seront rares bientôt. Et les générations futures n'y auront plus facilement accès.

Si c'est pas un signe ça, de la fin du monde !
Anikètos a écrit :Je ne dirai qu'une chose : ceci est le futur assez probable de la Littérature.
Je n'y crois pas du tout, bien au contraire. Ces livres ont du succès (et après tout, tant mieux, s'ils encouragent à lire), mais quand on regarde l'ensemble de la production actuelle, je trouve que ces romans ne représentent pas la majorité des publications. La beauté des mots, du phrasé se retrouvent souvent, quand même, et heureusement…
Simplement, il faut accepter certaines choses : les collégiens sont incapables de lire une page de Zola, voire de Maupassant (bon là, ça dépend le texte choisi) sans bâiller (les miens, en tout cas^^). Donc, il faut s'adapter car, je ne vous apprends rien, le monde a changé, le rapport au livre aussi, blablabla !
Yakochi a écrit :"Je ne dirai qu'une chose : ceci est le futur assez probable de la Littérature."

Ce serait bien triste !

Avoir eu Rousseau, Diderot, de Balzac, Zola, de Musset, pour en arriver là, à une littérature de bas de gamme. Ce n'est pas même pas de la littérature ! C'est …, je ne sais pas ce que c'est.

"Le problème ? La vulgarisation de la culture. C'est purement et simplement une dilution du patrimoine culturel pour permettre l'universalité de l'école. "

Cela tue la littérature Française. Du langage "Wesh-wesh" dans des romans et même lus à l'école parfois.

Les beaux livres seront rares bientôt. Et les générations futures n'y auront plus facilement accès.

Si c'est pas un signe ça, de la fin du monde !
Je suis d'accord avec toi. Je ne crois pas que c'est de la littérature. Pour moi, la littérature, c'est classique. Ça fait partie de notre patrimoine, en raison de leurs qualités d'écriture, etc……
Et quand je vois des livres qui utilisent le langage wesh-wesh, je me dis que si c'est l'avenir de la littérature, le patrimoine va changer. (Où va le monde?!)

Je crois que les gens préfèrent lire ce type de livre, qui se rapproche un peu de leur vie de tout les jours, et du langage habituel qu'ils parlent, que de lire des livres longs, avec du vocabulaire assez compliqué, qui requiert des connaissances, et ma foi, si on est pas habitué, assez compliqués…
Les gens préfèrent lire ça, et si c'est ce qui fait le plus d'argent, les auteurs vont plus qu'écrire des livres comme ça…
Bonsoir à vous Yakochi,


Je comprends vos récriminations quant à l'état de la littérature à notre époque. De manière générale, il faut considérer cela comme de la littérature transitoire; des écrits qui résultent de plumes diverses et moins passionnées -dans le sens d'un Proust ou encore d'un Sade, autrement-dit des sujets ayant sacrifié leurs vies pour les lettres- ,en ce qu'elles ne devraient subsister dans le temps que sous le statut de "curiosités du XXIe", de même qu'au XIXe siècle il y avait de toute évidence de la para-littérature dans les journaux dans les librairies,etc. Nous serons donc en intelligence pour dire que tous n'écrivaient pas comme Balzac ou Stendhal, et la connaissance, et la sensibilité à l'esthétique littéraire et la construction fit ses opérations de manière importante, de ce fait nous avons que d'écho des écrivains importants de cette époque.
Ainsi, nous devrions pas songer à ce genre d'épiphénomènes "urbains" qui n'ont aucune autorité dans le monde littéraire.
Par ailleurs j'ajouterai que "kiffe kiffe demain" en Français ça ne veut strictement rien dire! et enfin, le langage qui s'amenuise lentement pousse mon angoisse au paroxysme, je ne sais comme vous à quoi ce genre de choses va nous mener; toutefois nous pouvons à notre tour faire de la résistance en insistant sur la valeur des mots, du parcours de la littérature, de l'esthétique et surtout de son importance comme discipline à part entière et non comme un moyen de faire entendre ses balbutiements. Enfin cela ne nous trompera jamais étant donné que l'émotion esthétique y demeure absente, cela n'a dès lors aucune valeur poétique.


Au plaisir de vous lire.


H.
Malgré ce qu'on peut penser, les auteurs à succès des autres époques n'étaient pas forcément ceux qu'on peut croire… Baudelaire, Nerval, Lautréamont n'ont eu pratiquement aucun succès et nombre d'auteurs qui ont fait un carton sont totalement oubliés!
Je vais vous donner quelques noms du XIXe dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler (mis à part si vous avez la chance d'avoir une station de métro ou une rue à leur nom):
Pétrus Borel
Aloysius Bertrand
Charles Nodier
Arsène Houssaye
Nestor Roqueplan
Auguste de Châtillon
Emile Augier
Joseph Autran
Léon Gozlan
George Ohnet
Léon Valade
Armand Silvestre
etc.
Et ils ont tous fait un carton à leur époque, ceux-là ?

Le très bourgeois Augier, sans doute…
Mais pour le pauvre Aloysius Bertrand, hélas, il faudra attendre pas mal d'années après sa mort !
Je n'ai pas dit qu'ils avaient tous fait un carton, j'ai simplement dit qu'ils sont désormais plus ou moins plumes mortes.
Les écrivains dits urbains (ça ne veut pas dire grand-chose…) ne sont pas forcément ceux qui sont les plus lus. La littérature qui se vend très bien c'est encore celle qui reste lisse, conforme à la langue courante (avec toutes ses platitudes) et aux moeurs un peu bêtasses de notre société.
On trouve le classement suivant pour les meilleures ventes 2012 tous genres confondus :
L’appel de l’ange, de Guillaume Musso, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson et Cinquante nuances de Grey, de E. L. James est le trio gagnant du Top 50 Ipsos/Livres Hebdo de l’année 2012.
[…] La surprise vient de La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (De Fallois/L’âge d’homme), grand prix du roman de l’Académie française et Goncourt des lycéens, qui s’inscrit à la 4e place; et de La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt (Lattès), qui figure à la 8e.
7 ans après… de Guillaume Musso (XO) est 5e, suivi de Si c’était à refaire (Laffont, 6e) et de L’étrange voyage de Monsieur Daldry (Pocket, 7e) de Marc Levy. Faute de preuves d’Harlan Coben en Pocket et Nutella de Sandra Mahut (Marabout) ferment la marche des dix premiers.
Une langue donc assez sage et policée, pas exempte de fautes de syntaxe, parfois franchement mauvaise (vous voyez lesquels je vise) reste privilégiée des lecteurs. La langue dite urbaine, qui veut faire jeune (un sous-ensemble de la "littérature beure") est encore vue comme une curiosité. Ce n'est pas elle qui doit "inquiéter".
Après, on parle de grandes tendances. Or la littérature contemporaine, française et étrangère, me semble bien plus plurielle que ce qui se vend dans les maigres rayons livres des supermarchés… Reste à la faire connaître.
Bonsoir,

Pour ma part je conclurai en disant que je pense que la question posée par Yakoshi nous pousse à l'évaluation théorique de la littéralité de ces œuvres dites "urbaines" depuis leurs structures; il m'a été impossible -bien que je ne trouve cette littérature affriolante, ce qui est pleinement subjectif- de me rendre compte que bien que l'on considère cela comme étant une forme de para-littérature (ou de curiosité pour me reprendre..) d'après les unités de mesures et de comparaisons empruntées aux qualités des œuvres classiques, il s'y trouve cependant des éléments importants qui les restituent structurellement au domaine littéraire.

D'une part, il y a des idées, de la recherche, une construction de fond -bien que les théoriciens comme Lanson aient prétendu le contraire, c'est-à-dire l'idée selon laquelle la forme et le fond sont indissociables-, et le traitement mis en évidence des problématiques, des difficultés présents dans la vie de ces auteurs qui y sont restituées méthodiquement, et enfin en forment la structure. D'une autre, une construction littéraire y est présente malgré l'usage de certaines expressions, et l'absence de vocabulaire très marqué; toutefois il est à noter que l'absence de vocabulaire peut traduire, soit un effet, soit une condition initiale dans laquelle s'inscrirait l'auteur. Enfin, il y a dans ces "formes" de littérature un engagement politique comme moteur qui est présent depuis la structure aux mots utilisés, eu égard à certains d'entre eux dont l'usage peu fréquent peu choquer le lecteur.
En effet, Victor Hugo dans son œuvres Shakespeare esquisse l'idée que "toute œuvre est une action", il y affirme la nécessité de s'inscrire dans la lutte de son temps, en s'opposant à l'idée d'un art pour l'art, qu'elle soit politique ou intellectuelle. Pour Hugo, l'intégration de l'art au réel et à ses problèmes n'est pas une déperdition pour l’œuvre littéraire, et surtout elle n'amoindrit en rien sa qualité "il s'agit d'être bon et efficace" insistait-il.
Dès lors on peut y voir un aspect politique d'engagement, et ces œuvres peuvent structurellement concourir à la marche au progrès de nos sociétés par leurs caractéristiques particulières et leurs valeurs informatives.

En conclusion je dirai pour ma part que ces éléments "néfastes" -dans le sens où je préfère lire les classiques uniquement- peuvent dès lors être perçu comme une lumière sur les aspects d'une littérature d'engagement sociale contextuel, mais non pas comme résultant d'une recherche esthétique poussée.

Vos avis m'intéressent.

Bien à vous tous.



H.





Bien à vous.
Bonne analyse, Cedant Arma Togae !

On peut trouver dans cette littéraire des banlieues, une sorte d'engagement social et militant, c'est vrai. D'autant plus que les thématiques abordées sont souvent : l'exclusion, les discriminations, la ghettoïsation, les clichés et préjugés, le rêve d'une mixité sociale, …

Nous avons ici un fond qui peut s'avérer intéressant, mais une forme qui laisse à désirer (pour moi en tout cas).

De l'art pour le beau, pour le progrès, de l'art utile, oui ! Mais encore faut-il qu'il soit "potable".

Des auteurs solidaires aux maux de leur temps, c'est intéressant, mais cela le serait plus encore s'ils y mettaient un peu plus d'esthétique.

Je trouve, moi, que ces livres se vendent beaucoup trop bien, se lisent beaucoup trop facilement, hélas. Cela déprave la littérature ! Nos enfants ne savent plus écrire (et l'arrivée des portables et du langage texto a encore bien aggravé les choses).

Espérons comme vous le dites, que ce genre d'écrits ne s'inscrira que dans le registre : "curiosités du XXIè siècle" et que nos beaux livres, nos belles phrases, comme on les aime, ne sont pas appelés à disparaître ! :/
L'histoire du monde est une éternelle palingénésie! La civilisation , comme l'économie avance par cycles; cela est vrai en tous lieux en toutes époques ! Ainsi y-a-t-il des âges d'or et des périodes noires, des périodes fastes et des périodes de recul que l'on pourrait voir comme des périodes de gestation, de mûrissement pour un nouvel essor! Le XVIII incontestablement fut une apogée dans le processus de civilisation, une nouvelle "Golconde", et ce dans tous les domaines, les Lettres en furent le reflet, la littérature produisit ce qu'elle a de mieux, la suite fut une lente et imperceptible décroissance pour parvenir au fond c'est à dire à aujourd'hui ! Bien évidemment de tout ce qui est écrit aujourd'hui rien ou presque ne mérite de rester,et rien ne restera rassurez-vous! Aussi soyons optimistes nous ne pouvons que retourner vers la lumière, peut-être que nous ne le verrons pas, mais nos petits-enfants eux auront la chance de voir cette aube nouvelle!

Bonne journée !
Ma modeste intervention sera moins savante que celles qui la précèdent (il fallait quand-même réussir à placer palingénésie 🆒 ).

Sur le peu de valeur littéraire de la plupart de ces ouvrages, on ne peut qu'être d'accord. Sur la pertinence de leur contenu, oui, certes, il y a de la dénonciation, de la prise de conscience, mais quelle différence avec les autres médias ? quel est l'apport de la littérature sur ces sujets qui sont traités dans la presse, en radio, en télévision, etc ?

Il a été dit au-dessus qu'il existait probablement de bons auteurs contemporains. A ce sujet, je crois que ma signature (une citation de Montesquieu extraite des Lettres persanes) donne mon point de vue.

Sur l'impression que "c'était mieux avant", oui - c'était réellement mieux avant 😀 -, mais… Montaigne dans les Essais se plaint de la décadence culturelle de son temps, La Bruyère se désole dans ses Caractères que la culture se délite.

Gardons espoir, gardons foi : au cours des siècles passés, la grande littérature a été le fait d'une élite, et d'ailleurs, ramené à la durée d'un siècle, il ne reste pas tant d'écrits que ça qui ont traversé le temps sans dommages. S'il en reste la même quantité - avec la même qualité - du XXe ou du XXIe siècle, alors cela suffira pour les générations à venir.

N'oublions pas que l'on publie en France chaque année environ soixante-dix mille livres ! Il apparaît normal que peu de ces ouvrages aient une quelconque valeur littéraire. Il apparaît encore plus probable que les meilleurs d'entre eux passent à travers les mailles du filet de la critique. Faisons confiance au temps qui ne conservera que le meilleur de cette production pléthorique.
Ce que l'on oublie pourtant c'est que la littérature ne se limite pas à adresser un message politique ou à dénoncer un contexte, c'est donc dire que l'on oublie ce que veut dire écrire. On parle tous de renouveau, mais celui-ci pourra t-il être atteint en dénonçant quelque chose d'intemporel ? La misère sociale, l'oppression politique, la guerre, tout ça a été traité durant des siècles mais ce qui a plu dans le message c'était le renouveau apporté par le style de l'écrivain mais pas simplement en narrant des faits, en décrivant des crises…

D'ailleurs, c'est pourquoi selon moi un auteur comme Flaubert est d'autant plus d'actualité et d'autant plus talentueux dans son écriture que ne l'est un auteur comme Zola. L'un revendique l'art pour l'art et contribue à rendre sa peinture historique intemporelle et à en faire un repère pour juger de notre société, tandis que l'autre ne fait que représenter et dénoncer un message qui a perdu sa substance, parce que figé dans son époque à travers ses mœurs et ses coutumes.
Aujourd'hui ce message politique et social que l'on apporte dans les œuvres littéraires sont navrants de banalité et d'une bêtise édifiante dans la mesure où leurs auteurs pensent réellement avoir découvert quelque chose. 🙄

Pour ma part, faire de la littérature - qui est selon moi avant tout un acte de création - un Juggernaut politique sans aucune saveur, sans aucune création esthétique c'est faire dépérir la littérature. Ce qui m'attriste c'est de voir la littérature réduite à une fonction, qu'elle soit de l'ordre du pur divertissement pour un lecteur moyen (Je ne sais pas vous, mais voir du Harry Potter, du Kinsella, du Twilight, et bientôt du Lévy du Nothomb ou du Begbeider au bac de français ça me scandalise, pour éduquer nos générations je trouve ça révoltant.) ou simplement politique avec un message bien explicite et bien idiot.

Les rares auteurs qui écrivent pour l'art sont de plus en plus rares désormais. La littérature a évoluée selon des modes c'est vrai, mais comme le pensait Queneau, on peut s'inquiéter sur la manière dont elle va évoluer… et cela a un rapport avec la banalisation des lettres et de la culture, qui reste un phénomène non pas français mais international soit dit en passant.
Je vous trouve tous bien snobs hmm. Zazie dans le métro, ça vous dit rien ? D'un point vu langue, ce n'est pas bien loin de ce dont vous parlez (bien qu'étant Québécois, j'ai strictement aucune idée de ce que ça donne cette littérature de ghetto parisien). Osera-t-on cracher à la gueule de Queneau pour avoir salie notre si belle langue ? Et puis tant qu'à y être, autant cracher sur Rimbaud et ses odieux poèmes en PROSE sans RIMES oh mon dieu qu'allons-nous faire ?

Critiquer l'évolution de l'art, c'est adopter une vision archaïque, passéiste et prétentieuse.
Queneau on en a déjà parlé dans le fil sur Proust 🙄

(la phrase ci-dessus est d'ailleurs révélatrice de l'état du fil sur Proust qui est en dégénérescence totale - pas Proust le fil -)

C'est pas tant une question de forme que de matière ; encore moins de passé, on supporte mieux un Modiano, un Sollers ou un le Clézio qu'un roman de gare des années Soixante.
Oui, dans ce cas je suis d'accord, il y a peut-être une grosse différence au niveau du fond. Seulement j'avais l'impression, peut-être erronée, que le débat ne concernait que la forme, que le langage utilisé, ce qui m'apparaît de prime abord absurde.

Cependant, j'ai nettement plus l'impression que la littérature populaire, que ce soit les romans de gare, la littérature jeunesse ou bien la littérature de journalistes (comme Bernard Werber) ou même "scientifique" (dans le sens où un gros travail est fait de la part de l'auteur d'apprendre quelque chose au lecteur, notamment Michael Crichton avec ses techno-thrillers ou bien Thomas Harris et son Hannibal qui traite en long et en large de l'histoire de Florence), que la littérature populaire donc, a plus tendance à adopter un style plat, très classique dans sa formulation (mais sans grand vocabulaire de type littéraire, à opposer au vocabulaire technique), qui dit ce qui doit être dit sans prendre de détour, avec peu d'images, une écriture plus dirigiste donc, qui n'essaie pas trop de déconner avec la langue.
Ah! premier message de Nanard avec lequel je suis d'accord 🙂 Non, critiquer un livre pour sa forme innovante n'a pas de sens (Zola, Céline, Queneau…). En revanche, il y a des auteurs qui se croient innovants en cherchant à choquer le bourgeois, avec des procédés stylistiques provocateurs qui n'apportent rien à la richesse du texte, et qui ne sont là que pour jouer à l'artiste génial, incompris, et novateur, le type "qui ose". ex : Houellebecq, je me rappelle notamment la première page de La Carte et le territoire où ce symptôme était flagrant.