Parvenez-vous à lire Proust ?

Littérature

46 réponses · Page 2 / 3

Je n'ai pas eu ce "courage" pour Proust, que j'ai abandonné à la 100ème page. Le reste, je ne le connais qu'indirectement.
fandixhuit a écrit :Un petit livre merveilleux de Proust, si l'on ne veut pas entrer dans La Recherche : Les Plaisirs et les jours.
C'est ce que je me suis dit en vue d'apprivoiser le style proustien. 🙂
Bien sûr, j'ai même achevé les vingt volumes de ses oeuvres complètes avant de comprendre que je ne prenais aucun plaisir à le lire. On est parfois lent à la détente.
Ce qui ne vous a pas empêché de me promettre un plaisir de lecture à la découverte de Gracq !
Comme vous êtes réticent à Zola, dont j'aime tout, le fort et le faible, je ne peux qu'appréhender une forte déception à la lecture de votre chouchou.

Petite précision : ma liste des auteurs qu'on peut ne pas aimer ne m'est nullement personnelle, j'ai seulement cité les favoris des programmes, faute de nommer exhaustivement tous les auteurs. On a le droit de ne pas les aimer, à condition de les avoir lus, bien entendu. On a aussi le droit de ne pas avoir envie de les connaitre.
Je n'ai pas eu ce "courage" pour Proust, que j'ai abandonné à la 100ème page. Le reste, je ne le connais qu'indirectement.
Je me sens moins seul. Après une première tentative d'une cinquantaine de pages lorsque j'avais peut-être 25 ans, puis une deuxième identique vers 40 ans, vingt ans plus tard j'ai décidé de m'attaquer enfin, sérieusement, à La Recherche avec la ferme volonté de persévérer. Je viens donc de lire attentivement les deux cents premières pages de Du côté de chez Swann et je m'avoue vaincu : je viens de reposer le livre et, cette fois-ici, je ne suis pas certain qu'il y aura une quatrième tentative.

Seule peut-être resterait la possibilité d'une édition en livre audio comme celle évoquée dans un de ces fils, enregistré par André Dussolier ou Guillaume Gallienne…
Parvenez-vous à lire Proust ?
Non. Moi non plus.
Pas avec un réel plaisir en tout cas ni en intégralité.
Pourtant je me souviens d’une page magnifique : le portrait du vieux duc de Guermantes.
Je vais être tout à fait honnête : sur deux cents pages lues, l'une m'a arraché un sourire, celle où Proust décrit avec talent un copieux repas de Province.

Il est évident que c'est « très bien » écrit - mais jusqu'à quel point le « très bien » sert-il la cause d'une histoire ou d'une réflexion ?

Mon opinion n'a certes aucune valeur, mais j'avoue avoir été étonné : alors que j'avais lu ces dix dernières années des centaines de classiques - dont certains parfois ardus, parfois fastidieux -, aucun n'avait procuré chez moi un tel ennui, une telle absence de réaction ou d'un quelconque intérêt. :/
J'étais peu séduite quand j'ai tenté de lire Proust à 18 ans.

Plus tard, au cours d'un voyage, j'ai rencontré une artiste qui travaillait sur le thème de la matière. Passionnée par Proust, elle inscrivait certaines de ses citations sur ses œuvres. Selon elle, le style de Proust avait quelque chose à voir avec le tissage, comme s'il transmettait une vision presque matérielle et palpable de choses très abstraites.

J'ai donc réemprunté A la recherche du temps perdu, et j'ai ressenti un réel plaisir en le lisant. Il y a des perles à trouver à certains endroits, alors je le lis un peu comme si j'allais cueillir des phrases : je saute tous les passages de dialogues et les détails sur la vie mondaine et je m'attarde sur les descriptions. Résultat : je ne comprends pas l'intrigue…

Donc je ne sais pas si on peut dire que je parviens à le lire. Peut-être juste que je cherche à perdre du temps dans ses pages.
J'ai a contrario tenté la relecture en m'accrochant aux points d'ancrage tangibles que sont en général les passages qui déroulent l'intrigue.
Pour le peu que j'en ai lu, il n'y a pas réellement d'intrigue à proprement parler.
Peut-on parler dans ce cas de littérature impressionniste ?
Littérature d'ambiance ou descriptive, d'après ce que j'ai l'air de comprendre de son œuvre.
Je me permets juste d'apporter mon grain de sel à ce sujet : n'hésitez pas à redonner sa chance à Proust, après plusieurs années, ne serait-ce que pour voir.
Il y a des œuvres dans lesquelles on ne parvient jamais à entrer, c'est comme cela. Parfois, on est forcément (à cause de l'école, des études) d'entrer trop tôt dans telle autre œuvre. Il est possible qu'elle laisse, alors, un mauvais souvenir. Ce n'est pas forcément éternel. On peut y trouver du plaisir et la redécouvrir plus tard. Ou comme d'autres l'ont indiqué plus tôt (mais j'ai lu la dernière page trop tard), elle peut encore nous résister.
Je vois cependant pas mal de personnes qui changent d'avis sur Proust.
Pour ma part, j'ai commencé à lire Proust distraitement, un peu trop jeune encore, en appréciant déjà mais sans plus. Je m'y suis remis en tant qu'étudiant et en me plongeant cette fois-ci vraiment dans l'oeuvre.

Pour reprendre ce fil : https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/37571/nos-anniversaires-personnels-et-litteraires#latest

Contre Sainte-Beuve est chouette, un peu cruel. Excellentes critiques. Mais tout n’est pas mauvais chez Sainte-Beuve qui a quand même eu le grand mérite au 19e d’aborder la critique littéraire.

Tiens, à propos de Sainte-Beuve : 5 (cinq !) volumes dans La Pléiade dont trois épuisés et deux qui ne sont pas au mieux ; tout cela ne sera pas réédité dans le siècle qui suit. Il paraît que plus personne ne le lit. C’est pour moi un indice qui pourrait - au contraire - me donner envie de le découvrir. Alors, Sainte-Beuve, qu’est-ce que ça vaut, est-ce bien écrit, intéressant… ?

Alors, Sainte-Beuve, qu’est-ce que ça vaut, est-ce bien écrit, intéressant… ?Bien écrit sans aucun doute. Intéressant, c’est subjectif. J’ai lu cet auteur au temps de mes études en classe préparatoire, notamment un ouvrage intitulé : Volupté. Ce n’est pas le pire de mes souvenirs Toi qui es un puits de science en matière de littérature, je crois que tu ne prends pas trop de risques en lisant cet auteur.

J’ai lu Volupté il y a un très grand moment et je n’en ai plus de souvenir. Je me souviens d’avoir apprécié à l’époque, je pense que c’est un vécu que d’autres lecteurs partagent : on n’est pas tous les jours impressionné par une oeuvre pour en être marqué à jamais, et souvent ou oublie les détails et il ne reste plus que le souvenir : à l’époque, j’avais aimé, ou je n’avais pas aimé. Ce qui fait que le jugement s’appauvrit pour aller, vers Pifou, un personnage de bande dessinée qui n’a que deux mots dans son vocabulaire : glop et pas glop. Volupté, j’avais trouvé ça glop. Pour son effacement, que vous évoquez, j’y vois deux causes : D’abord, il est arrivé en littérature dans un temps qui ne lui convenait pas. Il arrive en pleine explosion du romantisme, mais il n’a pas le tempérament d’un romantique ni la manière d’écrire. On a l’impression de lire un écrivain ultra-fin du dix-huitième siècle qui s’est trompé d’époque, c’est trop tard pour s’y prendre comme il le fait. Pour le dire plus brutalement : c’est un ringard. Deuxièmement, c’est un critique, il est surtout connu et il l’était de son temps, comme un critique, qui parle des oeuvres des autres. Donc mais non l’avons déjà dit, pas quelqu’un qui va se concentrer d’abord sur son nombril, comme un romantique, mais aussi d’une espèce d’écrivains qui résistent mal à l’épreuve du temps. Il y a très peu d’écrivains dont on peut dire qu’ils ont été des " critiques" et qui ont réussi à survivre. Diderot a fait de la critique d’art, mais on l’aime aussi pour ses oeuvres propres, dans une période plus récente, Roland Barthes a pu être considéré comme un écrivain, il y en a peut-être quelques autres, mais pas beaucoup.

Bonne analyse me semble-t-il, Jocrisse…

Laoshi, je suis tout sauf un puits de science littéraire ! Juste intéressé par tout ça et heureux de lire le plus que je peux. Je ne sais pas si en relisant des ouvrages que j’avais aimé à vingt ou trente ans je les aimerais toujours. C’est même l’une des raisons pour lesquelles je n’ose prendre le risque de relire ces auteurs qui m’avaient enthousiasmé à cet âge là. Curieusement, j’ai fait l’exercice avec des livres que j’avais aimés étant plus jeune encore - disons au collège : pour ne prendre que trois exemples, j’ai relu quelques Jules Verne, Dumas et Dickens et je les ai adorés malgré qu’ils soient (ou qu’ils étaient ?) considérés comme des auteurs pour la jeunesse « de mon temps ». C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à aborder le projet de lire tout Dickens.

Je note donc de tenter un Sainte-Beuve : les Pléiade d’occasion se trouve à vil prix - puisqu’il est délaissé ; dans le même ordre d’idées j’avais fait une excellente affaire à l’acquisition des Mémoires de Saint-Simon. 😊

je les ai adorés malgré qu’ils soient (ou qu’ils étaient ?) considérés

Ah non ! Malgré qu’ils fussent... Oh, et puis d’ailleurs, le malgré que est mal vu des puristes, ou du moins l’était de mon jeune temps.

Bien qu’ils fussent…alors !😉

Sainte-Beuve, à part Volupté, était incapable d’écrire, raison pour laquelle il devint critique. Le style est évidemment démodé mais on apprend tout de même des tas de choses. J’ai lu pas mal d’extraits.

Et n’oublions pas cette phrase d’un grand historien : "On ne peut juger alors qu’avec les yeux d’alors.".

Et voilà que nous faisons du hors-sujet ! Proust, emmène-nous du côté de Guermantes, à l’ombre des jeunes filles en fleurs… 🧡

Désolé pour l’indicatif. Je voulais dire que, par exemple, Verne et Dumas étaient classés auteurs pour la jeunesse dans mon jeune temps qui doit encore être antérieur à ton jeune temps, lamaneur, puisque le TLFi considère « malgré que » comme locution vieillie. 😊

Ce n’est une locution vieillie que dans l’emploi malgré qu’il en ait, qui a un sens différent…

Bien relire l’article MALGRÉ II. A. et B. et les intéressantes Rem. en bas de page.