En quoi les œuvres littéraires permettent-elles de construire une réflexion efficace sur la conditio
76 réponses · Page 4 / 4
Bonjour,
J'ai un sujet de disseration de Français 1ere S :
Sujet : En quoi les oeuvres littéraires permettent-elles de construire une réflexion efficace sur la condition de l’homme ?
Pour le moment j'ai 2 parties :
I - l’efficacité de l’argumentation indirecte
II - l’argumentation implicite
Je ne sais pas quoi faire pour la 3e partie
Merci de votre aide
Bonjour.
Relis les autres messages de la présente discussion, cela t'aidera sans doute.
Oui mais je ne pense pas que ma dissertation s'oriente de la même manière. Dans mon corpus, j'ai Lysistrata, Aristophane/l'Ecole des femmes, Molière/Lettre persanes, Montesquieu. Il s'agit de la condition de l'homme dans le sens condition des femmes
avez-vous une idée ? :/
Enfin c'est juste que les messages précédents ne m'aident pas beaucoup
Tu reposes le même sujet en ouvrant ce fil mais ta demande devrait s'accompagner des textes d'appui et tu parles dans l'autre message de la condition de l'homme et aussi de la condition de la femme. Pas très clair pour nous si nous voulons t'aider.
Bonsoir,
Pourquoi ne pas aborder l'argumentation directe ? Les Essais de Montaigne ou Les Pensées de Pascal sont des monuments, ardus certes mais incontournables.
Le "en quoi" induit aussi l'examen des limites.
Ah oui, alors le corpus est composé d'extraits de :
- Lysistrata, Aristophane
- l'Ecole des femmes, Molière
- Lettres persanes, Montesquieu
Donc le corpus est assez orienté condition des femmes.
Je précise qu'il s'agit d'un devoir de 1ère S, donc peut être moins spécialisé qu'un de L
Merci
---
Oui je sais mais je n'ai pas trouvé assez de choses à dire sur les limites de l'argumentation directe et de la "non fiction"
---
Personne n'a les capacités de m'aider ici ?
Dans le vide, comme ça, sans les références précises des extraits ?
- Lysistrata, Aristophane
- l'Ecole des femmes (acte V Scène 4), Molière
- Lettres persanes (Lettre CLXI), Montesquieu
Avec les textes ce serait mieux :
LETTRE CLXI.
ROXANE A USBEK.
A PARIS.
Oui, je t’ai trompé ; j’ai séduit tes eunuques : je me suis jouée de ta jalousie ; et j’ai su de ton affreux sérail faire un lieu de délices et de plaisirs.
Je vais mourir ; le poison va couler dans mes veines : car que ferais-je ici, puisque le seul homme qui me retenait à la vie n’est plus ? Je meurs ; mais mon ombre s’envole bien accompagnée : je viens d’envoyer devant moi ces gardiens sacrilèges qui ont répandu le plus beau sang du monde.
Comment as-tu pensé que je fusse assez crédule pour m’imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices ? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d’affliger tous mes désirs ? Non : j’ai pu vivre dans la servitude ; mais j’ai toujours été libre : j’ai réformé tes lois sur celles de la nature ; et mon esprit s’est toujours tenu dans l’indépendance.
Tu devrais me rendre grâces encore du sacrifice que je t’ai fait ; de ce que je me suis abaissée jusqu’à te paraître fidèle ; de ce que j’ai lâchement gardé dans mon cœur ce que j’aurais dû faire paraître à toute la terre ; enfin, de ce que j’ai profané la vertu, en souffrant qu’on appelât de ce nom, ma soumission à tes fantaisies.
Tu étais étonné de ne point trouver en moi les transports de l’amour : si tu m’avais bien connue, tu y aurais trouvé toute la violence de la haine.
Mais tu as eu longtemps l’avantage de croire qu’un cœur comme le mien t’était soumis : nous étions tous deux heureux : tu me croyais trompée, et je te trompais.
Ce langage, sans doute, te paraît nouveau. Serait-il possible qu’après t’avoir accablé de douleurs, je te forçasse encore d’admirer mon courage ? Mais, c’en est fait, le poison me consume, ma force m’abandonne, la plume me tombe des mains ; je sens affaiblir jusqu’à ma haine : je me meurs !
Du sérail d’Ispahan, le 8 de la lune de rébiab 1, 1720.
Scène IV
ARNOLPHE, AGNÈS
ARNOLPHE, le nez dans son manteau. Venez, ce n’est pas là que je vous logerai, Et votre gîte ailleurs est par moi préparé : Je prétends en lieu sûr mettre votre personne. Me connoissez-vous ?
AGNÈS, le reconnoissant. Hay !
ARNOLPHE Mon visage, friponne, Dans cette occasion rend vos sens effrayés, Et c’est à contre-cœur qu’ici vous me voyez. Je trouble en ses projets l’amour qui vous possède. (Agnès regarde si elle ne verra point Horace.) N’appelez point des yeux le galand à votre aide : Il est trop éloigné pour vous donner secours. Ah ! ah ! si jeune encor, vous jouez de ces tours ! Votre simplicité, qui semble sans pareille, Demande si l’on fait les enfants par l’oreille ; Et vous savez donner des rendez-vous la nuit, Et pour suivre un galand vous évader sans bruit ! Tudieu ! comme avec lui votre langue cajole ! Il faut qu’on vous ait mise à quelque bonne école. Qui diantre tout d’un coup vous en a tant appris ? Vous ne craignez donc plus de trouver des esprits ? Et ce galand, la nuit, vous a donc enhardie ? Ah ! coquine, en venir à cette perfidie ? Malgré tous mes bienfaits former un tel dessein ! Petit serpent que j’ai réchauffé dans mon sein, Et qui, dès qu’il se sent, par une humeur ingrate, Cherche à faire du mal à celui qui le flatte !
AGNÈS Pourquoi me criez-vous ?
ARNOLPHE J’ai grand tort en effet !
AGNÈS Je n’entends point de mal dans tout ce que j’ai fait.
ARNOLPHE Suivre un galand n’est pas une action infâme ?
AGNÈS C’est un homme qui dit qu’il me veut pour sa femme ; J’ai suivi vos leçons, et vous m’avez prêché Qu’il se faut marier pour ôter le péché.
ARNOLPHE Oui. Mais pour femme, moi je prétendois vous prendre ; Et je vous l’avois fait, me semble, assez entendre.
AGNÈS Oui. Mais, à vous parler franchement entre nous, Il est plus pour cela selon mon goût que vous. Chez vous le mariage est fâcheux et pénible, Et vos discours en font une image terrible ; Mais, las ! il le fait, lui, si rempli de plaisirs, Que de se marier il donne des desirs.
ARNOLPHE Ah ! c’est que vous l’aimez, traîtresse !
AGNÈS Oui, je l’aime.
ARNOLPHE Et vous avez le front de le dire à moi-même !
AGNÈS Et pourquoi, s’il est vrai, ne le dirois-je pas ?
ARNOLPHE Le deviez-vous aimer, impertinente ?
AGNÈS Hélas ! Est-ce que j’en puis mais ? Lui seul en est la cause ; Et je n’y songeois pas lorsque se fit la chose.
ARNOLPHE Mais il falloit chasser cet amoureux desir.
AGNÈS Le moyen de chasser ce qui fait du plaisir ?
ARNOLPHE Et ne saviez-vous pas que c’étoit me déplaire ?
AGNÈS Moi ? point du tout. Quel mal cela vous peut-il faire ?
ARNOLPHE Il est vrai, j’ai sujet d’en être réjoui. Vous n’aimez donc pas, à ce compte ?
AGNÈS Vous ?
ARNOLPHE Oui.
AGNÈS Hélas ! non.
ARNOLPHE Comment, non !
AGNÈS Voulez-vous que je mente ?
ARNOLPHE Pourquoi ne m’aimer pas, Madame l’impudente ?
AGNÈS Mon Dieu, ce n’est pas moi que vous devez blâmer : Que ne vous êtes-vous, comme lui, fait aimer ? Je ne vous en ai pas empêché, que je pense.
ARNOLPHE Je me suis efforcé de toute ma puissance ; Mais les soins que j’ai pris, je les ai perdus tous. AGNÈS Vraiment, il en sait donc là-dessus plus que vous ; Car à se faire aimer il n’a point eu de peine. ARNOLPHE Voyez comme raisonne et répond la vilaine ! Peste ! une précieuse en diroit-elle plus ? Ah ! je l’ai mal connue ; ou, ma foi ! là-dessus Une sotte en sait plus que le plus habile homme. Puisque en raisonnement votre esprit se consomme, La belle raisonneuse, est-ce qu’un si long temps Je vous aurai pour lui nourrie à mes dépens ?
AGNÈS Non. Il vous rendra tout jusques au dernier double.
ARNOLPHE Elle a de certains mots où mon dépit redouble. Me rendra-t-il, coquine, avec tout son pouvoir, Les obligations que vous pouvez m’avoir ?
AGNÈS Je ne vous en ai pas d’aussi grandes qu’on pense.
ARNOLPHE N’est-ce rien que les soins d’élever votre enfance ?
AGNÈS Vous avez là dedans bien opéré vraiment, Et m’avez fait en tout instruire joliment ! Croit-on que je me flatte, et qu’enfin, dans ma tête, Je ne juge pas bien que je suis une bête ? Moi-même, j’en ai honte ; et, dans l’âge où je suis, Je ne veux plus passer pour sotte, si je puis.
ARNOLPHE Vous fuyez l’ignorance, et voulez, quoi qu’il coûte, Apprendre du blondin quelque chose ? AGNÈS Sans doute. C’est de lui que je sais ce que je puis savoir : Et beaucoup plus qu’à vous je pense lui devoir.
ARNOLPHE Je ne sais qui me tient qu’avec une gourmande Ma main de ce discours ne venge la bravade. J’enrage quand je vois sa piquante froideur, Et quelques coups de poing satisferoient mon cœur.
AGNÈS Hélas ! vous le pouvez, si cela peut vous plaire.
ARNOLPHE Ce mot et ce regard désarme ma colère, Et produit un retour de tendresse de cœur, Qui de son action m’efface la noirceur. Chose étrange d’aimer, et que pour ces traîtresses Les hommes soient sujets à de telles foiblesses ! Tout le monde connoît leur imperfection : Ce n’est qu’extravagance et qu’indiscrétion ; Leur esprit est méchant, et leur âme fragile ; Il n’est rien de plus foible et de plus imbécile, Rien de plus infidèle : et malgré tout cela, Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là. Hé bien ! faisons la paix. Va, petite traîtresse, Je te pardonne tout et te rends ma tendresse. Considère par là l’amour que j’ai pour toi, Et me voyant si bon, en revanche aime-moi.
AGNÈS Du meilleur de mon cœur je voudrois vous complaire : Que me coûteroit-il, si je le pouvois faire ? ARNOLPHE Mon pauvre petit bec, tu le peux, si tu veux. (Il fait un soupir.) Écoute seulement ce soupir amoureux, Vois ce regard mourant, contemple ma personne, Et quitte ce morveux et l’amour qu’il te donne. C’est quelque sort qu’il faut qu’il ait jeté sur toi, Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi. Ta forte passion est d’être brave et leste : Tu le seras toujours, va, je te le proteste, Sans cesse, nuit et jour, je te caresserai, Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai ; Tout comme tu voudras, tu pourras te conduire : Je ne m’explique point, et cela, c’est tout dire. (À part.) Jusqu’où la passion peut-elle faire aller ! Enfin à mon amour rien ne peut s’égaler : Quelle preuve veux-tu que je t’en donne, ingrate ? Me veux-tu voir pleurer ? Veux-tu que je me batte ? Veux-tu que je m’arrache un côté de cheveux ? Veux-tu que je me tue ? Oui, dis si tu le veux : Je suis tout prêt, cruelle, à te prouver ma flamme.
AGNÈS Tenez, tous vos discours ne me touchent point l’âme : Horace avec deux mots en feroit plus que vous.
ARNOLPHE Ah ! c’est trop me braver, trop pousser mon courroux. Je suivrai mon dessein, bête trop indocile. Et vous dénicherez à l’instant de la ville. Vous rebutez mes vœux et me mettez à bout ; Mais un cul de couvent me vengera de tout.
Oui, et voici le dernier :
LE MAGISTRAT. - Eh bien, je désire savoir de vous-mêmes, avant tout, dans quelle intention vous avez barricadé notre citadelle ?
LYSISTRATA. - Pour mettre le trésor en sûreté, et vous ôter tout sujet de guerre.
LE MAGISTRAT. - L'argent est donc la pause de la guerre ?
LYSISTRATA. - Oui, et de tous les autres désordres survenus. C'est pour avoir le moyen de voler que Pisandre (44) et tous les ambitieux suscitent continuellement de nouveaux troubles. Qu'ils fassent maintenant tout ce qui leur plaira ; ils ne toucheront plus rien de cet argent.
LE MAGISTRAT. - Que feras-tu donc ?
LYSISTRATA. - Tu le demandes ? nous l'administrerons nous-mêmes.
LE MAGISTRAT. - Vous administrerez l'argent ?
LYSISTRATA. - Que trouves-tu là d'étonnant ? N'est-ce pas nous qui administrons les dépenses de nos maisons ?
LE MAGISTRAT. - Mais ce n'est pas la même chose.
LYSISTRATA. - Pourquoi pas 1a même chose ?
LE MAGISTRAT. - C'est avec cet argent qu'on fait la guerre.
LYSISTRATA. - Mais d'abord il n'est pas besoin de faire la guerre.
LE MAGISTRAT. - Quel autre moyen donc de nous défendre ?
LYSISTRATA. -- Nous vous défendrons.
LE MAGISTRAT. - Vous ?
LYSISTRATA. - Oui, nous.
LE MAGISTRAT. - C'est trop fort !
LYSISTRATA, - Nous te défendrons malgré toi.
LE MAGISTRAT. - Tu dis là une chose affreuse.
LYSISTRATA. - Tu te fâches ! c'est pourtant là ce qu'il faut faire.
LE MAGISTRAT. - Par Cérès ! c'est de la tyrannie.
LYSISTRATA. Il faut bien nous sauver, mon cher.
LE MAGISTRAT. - Et si je ne le veux pas ?
LYSISTRATA. - Raison de plus.
LE MAGISTRAT. - Mais d'où vous est venue l'idée de vous mêler de la guerre et de la paix ?
LYSISTRATA. - Nous vous le dirons.
LE MAGISTRAT. - Dis donc vite, ou tu t'en repentiras.
LYSISTRATA. Écoute, et tâche de modérer tes gestes.
LE MAGISTRAT. - Je ne puis ; j'ai peine à me contenir, tant je suis en colère.
UNE FEMME. - Tu n'en auras que plus de regrets.
LE MAGISTRAT. - Garde pour toi ce triste présage, ma vieille. (A Lysistrata.) Mais parle.
LYSISTRATA. - Je vais te satisfaire. Précédemment, dans la dernière guerre, nous avons supporté votre conduite avec une modération exemplaire ; vous ne nous permettiez pas d'ouvrir la bouche. Vos projets étaient peu faits pour nous plaire ; cependant ils ne nous échappaient pas, et souvent au logis nous apprenions vos résolutions funestes sur des affaires importantes. Alors, cachant notre douleur sous un air riant, nous vous demandions : « Qu'est-ce que l'assemblée a résolu aujourd'hui ? quel décret avez-vous rendu au sujet de la paix ? - Qu'est-ce que cela te fait ? disait mon mari : tais-toi ; » et je me taisais.
Bonsoir,
A l'évidence les trois textes abordent les relations entre homme et femme.
La condition de l'homme signifie ici les difficultés pour l'homme de considérer avec justice la situation faite aux femmes. C'est une critique de la prétendue supériorité masculine.
Les textes permettent d'aborder les types d'argumentation, les registres, les genres au service de la polémique.
Oui, il s'agit même de la rébellion des femmes
Pour les types d'argumentation, ma partie I traite de l’argumentation indirecte et ma partie II de l’argumentation implicite, donc il faudrait une partie supplémentaire pour aborder le polémique par exemple ?
---
idée de plan :
I - La condition humaine (donc on parle des problèmes ?)
A- La condition de la femme
B- La pauvreté
II - Argumentations…
A- L'argumentation directe
B- L'argumentation indirecte
C- L'argumentation implicite
III - Les différents procédés littéraires
A- Les différents genres et leurs atouts
B- Les figures de styles
Bonjour,
Ce plan est à corriger car il n'aborde pas les limites.
II et III sont semblables.
En résumé il faudrait examiner les forces et faiblesses de chaque type d'argumentation et des procédés qui leur sont rattachés.
Pour I, dans l'esprit de la formulation du sujet, j'aborderai plutôt les rapports déséquilibrés (ou injustes) entre sexes.
Bonjour,
peut-être comme ça alors:
I - La condition humaine (parler de l'époque des textes ou du présent ?)
A- Rapports injustes entre les sexes ("du côté de la barbe est la toute puissance",…)
B- La pauvreté/les inégalités
II - Qu'est ce qui rend la littérature efficace ? (ou, les différents procédés littéraires)
A- Les différents genres et leurs atouts
B- Les figures de styles
C- L'argumentation indirecte
D- L'argumentation implicite
E- Les symboles
III - Les limites de la fiction
A- L'argumentation directe
B - [des idées ?]
Je verrais plutôt
II - forces et faiblesses de l'argumentation directe
III - Forces et faiblesses de l'argumentation indirecte
Regarde la fiche argumentation du site
https://www.etudes-litteraires.com/argumentationD'accord