Le pouvoir du style pour l’écrivain

Littérature

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je me posais une ou deux questions sur le "style" de l'écrivain.

Tout d'abord, comment définir exactement le style? Car j'ai l'impression qu'on désigne ainsi l'ensemble des procédés littéraires (figures de rhétorique, ponctuation, longueur des phrases, registre de vocabulaire…) mais aussi l'écriture propre à un écrivain, que l'on ressent, d'une façon indicible.

Ensuite, dans quelle mesure le style peut-il être un outil pour l'écrivain, pour faire passer un message, une idée?
Je comprends que le style puisse être un outil pour convaincre (un aphorisme peut frapper le lecteur et être facile à retenir, une comparaison peut l'aider à comprendre).

Mais en quoi le style lui-même peut-il reproduire une idée de l'auteur, peut-il la "mimer"? Je vais essayer d'expliquer mon problème par quelques exemples:

Le style de Céline est-il ainsi seulement révolutionnaire dans le domaine littéraire, ou sert-il à faire passer une nouvelle vision du monde, une nouvelle manière de penser?
De même, quand Flaubert dit vouloir accorder la primauté au style, est-ce seulement dans l'optique de l'art pour l'art, ou veut-il révéler par ce style un certain état de la société?
Et enfin, j'ai du mal à comprendre la puissance que Proust accorde au style; si la littérature a le pouvoir de faire renaître un instant, de le comprendre, par le biais de la mémoire involontaire, en quoi le style la sert-elle? On dit que la phrase longue de Proust épouse les ondulations de la conscience, mais en quoi cela est-il une force sociale pour l'écrivain?

Je suis désolé, je suis très confus, mais je crois être complètement embrouillé par ces questions très vastes sur le pouvoir du style. :/

Merci d'avance à tous ceux qui sauront me répondre, même partiellement! 🙂
Je ne crois pas que Proust, pour reprendre un des tes exemples, ait voulu exercer un quelconque pouvoir sur la société. Simplement trouver une juste expression au phénomène de la mémoire.
Pour la question de la définition du style, je n'écrirai rien parce que je n'y connais rien.
Sur son utilisation, je n'ai jamais vraiment compris en quoi la phrase proustienne parvenait à imiter les mouvements de la conscience et je n'avais jamais entendu parler d'une "force sociale" de son style.
Personnellement, j'ai beaucoup mieux compris le pouvoir du style en lisant ceux qui ont joué avec : je pense à Joyce et aux Oulipiens, Queneau, Perec, Calvino…
Il est par exemple évident que notre pensée ne fonctionne pas par phrases bien construites avec une syntaxe correspondant à nos langues, c'est pourquoi certains auteurs, Joyce notamment, ont travaillé sur la technique du flux de conscience : la phrase, la ponctuation, la syntaxe disparaissent pour ne plus laisser qu'un courant de pensée, continu, que n'interrompent que les perceptions des personnages. Le roman Ulysse illustre par exemple cette technique.
Chez Joyce comme pour l'Oulipo, le style est avant tout un jeu. Mais il sert aussi à "faire passer un message" : l'Oulipo considère qu'il peut être utilisé comme une source de création ; la meilleure manière de faire passer ce message, c'est de le mettre en œuvre : c'est ainsi que Perec a créé la Disparition ou la Vie mode d'emploi.