Au sujet des registres

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

j'ai navigué sur de nombres sites, qui se contredisent en partie à ce sujet.
J'ai également parcouru la page de ce site, qui n'intègre pas totalement les recommandations officielles, et qui propose d'autres registres. De même, j'ai lu avec attention les remarques de certains participants au forum (notamment Jean-Luc) qui a précisé plusieurs fois que le "réalisme" (non pas comme courant mais comme effet de style) n'en est pas un, alors qu'il est mentionné comme tel sur le site https://www.site-magister.com/registres.htm

J'ouvre donc un sujet pour tenter d'éclaircir la chose.

Les instructions officielles :
En relation avec les émotions fondamentales ci-dessus, on peut retenir comme principaux registres manifestes dans le langage et ayant donné lieu à des productions littéraires majeures telles qu’on peut les étudier au lycée : le tragique,
le comique, le polémique, l’épique, le lyrique, le didactique, l’épidictique, le satirique (dont l’ironique), le pathétique, le fantastique et le délibératif
, qui représente un cas particulier lié au doute.
Les registres ou effets qui me semblent manquants :
oratoire, élégiaque, merveilleux, burlesque, dramatique, "réaliste".

Merci de vos précisions !
Bonsoir,

La liste des registres ne fait pas l'unanimité.
Rappelons pour commencer que le registre est lié à un effet voulu par l'auteur.
Pour ma part, j'ai essayé de préciser ceux qui me semblent indiscutables https://www.etudes-litteraires.com/fiches-methode/caracteriser-texte
ghonig a écrit :Les registres ou effets qui me semblent manquants :
oratoire, élégiaque, merveilleux, burlesque, dramatique, "réaliste".
Je suis d'accord pour le registre oratoire.
L'élégiaque n'est qu'une variante du lyrique.
Le merveilleux est une forme de l'épique.
Je suis d'accord pour le burlesque ou contre-épique.
Le dramatique n'est qu'un autre nom du pathétique.
Quant au réaliste, quel effet produirait-il qu'on ne puisse le rattacher à un des registres précédents ?
Merci de votre réponse. Effectivement, les précisions que vous apportez (notamment le rapport de "sous-registres" que l'on peut reconnaître entre le lyrisme et l'élégie, par exemple) me paraissent donner du sens à l'ensemble. Je suis allée voir votre lien, et je vois que dans votre tableau des registres, vous n'intégrez pas le registre "délibératif". Pouvez-vous m'en dire plus à ce sujet ?

Concernant le réalisme, ce qui me pose souci, c'est le terme que je puisse utiliser pour désigner cette manière d'écrire qui ancre le texte dans une époque, et un souci du détail. Il n'y a effectivement pas d'émotion particulière à rattacher à ce "style", tandis que le registre est associé, dans les textes officiels, à un effet émotionnel produit sur le lecteur. Pourtant, il me semble que le registre "didactique", lui non plus, ne produit pas d'effet émotionnel, cherche seulement à faire passer un enseignement, tout comme le réalisme cherche à donner l'illusion du réel. En fait, le réalisme me semble avoir les mêmes "problèmes" que le registre oratoire, parce qu'il s'agit plus d'un "style d'écriture" ( effet de rhétorique pour le registre oratoire, effet de réel pour le réalisme).

Ce sont des broutilles, mais en ayant parcouru ces nombreux sites, officiels (certaines académies proposant elle-même une version divergeante des textes officiels) ou non, j'aimerai pouvoir établir, à l'aide des professeurs confrontés tous les jours à la question, une synthèse relativement claire sur le sujet.

Merci de vos réponses !
Bonsoir,

L'expression littéraire est difficile à enfermer dans des concepts trop rigides. Son inventivité la fait parfois échapper à tout type de classement. Cette précaution prise, on ne saurait être trop prudent dans la République des Lettres, essayons d'avancer.

Si nous gardons en tête que le registre correspond à un type d'effet voulu, le didactique ne saurait être considéré comme un registre. C'est seulement un type de texte qui correspond à une des fonctions du langage. C'est pourquoi un manuel aura du mal à accéder à la littérature… De même le délibératif ou argumentatif n'est pas un registre, il est, lui aussi, un type dont la fonction est d'exposer son point de vue, de tenter de convaincre. S'il veut convaincre par une rhétorique séduisante, il sera oratoire, s'il veut jouer avec les sentiments, il sera polémique…

L'oratoire est bien un registre car il véhicule des émotions, il n'est pas seulement effets de manche, il bruisse d'indignation ou d'enthousiasme… En contrepartie, quand le discours est creux et ronflant comme dans les comices de Madame Bovary il vire au ridicule, il verse dans le registre satirique.

Enfin abordons le réalisme. Un texte descriptif peut viser le réalisme (une certaine vision de la réalité) par des effets de réel : hypotypose, accumulation, nuances, précisions… mais sa visée esthétique est tout autre : par exemple le pathétique ou le tragique chez Zola, la satire ou le polémique chez Flaubert grâce aux déconstructions opérées par l'ironie correctrice, fantastique chez Balzac… En d'autres termes, les effets de réel ne sont pas recherchés pour eux-mêmes, ils sont au service d'un monde gris, noir ou chatoyant…