Il me semble avoir lu du reste et au reste utilisés dans le même sens.
Du reste, il doit prochainement repartir.
Les deux sont-ils corrects? Y a-t-il une différence de sens?
Du reste me plaît davantage. Du reste 😉 , les deux tournures doivent être valides. As-tu vérifié dans le TLF ou Littré ?
Le Trésor de la Langue française et le Robert considèrent au reste comme plus littéraire.
Quant au Littré, au dictionnaire de l'Académie et au Larousse, ils ne font aucun distinguo quant au registre.
Mais le sens des deux formulations est le même, tous ces dictionnaires semblent d'accord.
Plus contemporain, le Robert des Difficultés considère les deux formulations comme "à peu près équivalentes", précisant comme les dictionnaires que
au reste "relève surtout de la langue littéraire".
Il signale de fines nuances qu'il formule ainsi :
au reste tend à renchérir sur ce qui précède.
Au reste, dit-il encore, vous êtes le seul, et vous ne devez donc pas vous dérober (Duhamel).
du reste peut soit renchérir, soit introduire une rupture, ou du moins une réserve :
Il était du reste joli garçon avec sa moustache cirée, son profil de danseur gitan (Peyré).
Un autre synonyme littéraire de ces deux formulations :
au demeurant.
Bonjour,
J’ajoute ce qu’on peut lire dans le
Grand Robert :
Remarque. La distinction entre au reste et du reste disparaît déjà dans Académie (1762) : elle n’est plus observée par Littré ni par Hatzfeld, et l’usage actuel confond ces deux locutions (parfois considérées, en tête de phrase, comme des locutions conjonctives marquant l’opposition, la restriction). Cependant, du reste, moins littéraire, est beaucoup plus employé que au reste, qui a complètement perdu son sens fort (surtout quand il n’est pas placé en tête de phrase. […])
Jean Girodet écrit que
au reste « sert à introduire une idée plus forte que celle qui précède » et que
du reste « peut être synonyme de
au reste, mais sert aussi à introduire une réserve, une correction, une opposition :
Ce garçon est un peu lent et gauche. Il est du reste consciencieux et travailleur. (
Pièges et difficultés de la langue française, Bordas, 2007, page 821.)
Bonne soirée.
Bonsoir, Cyril. 🙂
Le facteur d'ordinair' si preste
Pour voir ça, ne distribuait plus
Les lettres que personne au reste
N'aurait lues
(Georges Brassens, Brave Margot)