Un doctorat sans agrégation

La filière littéraire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

je voudrais savoir, en tant que certifié, à quoi ça sert de faire un doctorat si l'on n'a pas l'agrégation ?
Quelles sont les chances d'enseigner dans le supérieur (université, prépa, Iufm etc.) ?
Qu'est-ce que cela apporte en plus d'un point de vue professionnel ?

Merci.
Larsson a écrit :…en tant que certifié, à quoi ça sert de faire un doctorat si l'on n'a pas l'agrégation ?
Quelles sont les chances d'enseigner dans le supérieur (université, prépa, Iufm etc.).
En prépa, aucune, a priori. Je ne connais pas de profs de prépa non agrégés. Cela dit, cela ne signifie pas que ce soit statutairement impossible.

Pour la Fac, c'est plus compliqué. En théorie, seul le doctorat est requis. Mais l'agreg l'est parfois implicitement, pour départager les candidats, et à cause de la multiplication des thèses en peau de lapin. Cela varie beaucoup selon les matières et les universités. En tout cas, il y a beaucoup de MdC non agrégés. 🙂
Mais à l'université, les MCF qui ne sont pas agrégés à l'externe ne sont-ils pas au moins PRAG ? Ou bien il est possible qu'ils n'aient que le Capes voire que le doctorat ?
Ensuite, sans l'agrégation est-on payé comme un MCF agrégé ? comme un certifié ? ou comme un contractuel, c'est-à-dire à l'heure ?
Dernière question : y a-t-il plus de chance d'avoir un poste dans le supérieur avec une thèse de linguistique / stylistique qu'avec une thèse de littérature, ces dernières étant plus fréquentes ?

Merci en tout cas !
Bonjour,

Si j'ai bien compris, ta question est : comment travailler dans le supérieur ? J'espère ne rien oublier.

En BTS, un CAPES suffit amplement. L'attribution de classes de BTS peut intervenir très tôt dans une carrière, sans doctorat.

En IUFM, un CAPES aussi suffit. Je connais un prof d'à peine 31 ans qui travaille à mi-temps en collège et à mi-temps en IUFM. Il va bientôt passer à plein temps en IUFM et devrait donc pouvoir, d'ici quelques années, obtenir une agrégation sans passer le concours.

En prépa, j'ai eu un professeur qui avait obtenu l'agrégation sans la passer, comme mentionné précédemment. Il enseignait aussi en fac (de médecine, sachant qu'il y donnait des cours d'épistémologie et que c'était un prof de philo au départ). Il était cependant entouré d'agrégés docteurs et normaliens donc je dirais que c'est possible mais rare.

En fac de Lettres, il me semble beaucoup plus difficile de s'intégrer sans doctorat et sans agrégation. Les statuts sont très variés et il faut distinguer :
- ATER ;
- PRAG ;
- maîtres de conférence ;
- professeurs des universités.

D'après ce que j'ai compris, la fac est un milieu très politisé où l'appui d'une personne bien placée peut être l'élément déterminant. Les enseignants se recrutent entre eux et donc les critères de recrutement sont :
1. l'excellence ;
2. la pertinence du domaine de recherche (on cherche un médiéviste, on prend un médiéviste et si les labos sont axés dans ce domaine sur la littérature, le linguiste a moins de chances d'intéresser les recruteurs a priori) ;
3. l'appui de professeurs des universités (plus ou moins le piston, donc).

Si tel est ton but, je te conseillerais de choisir ton directeur de thèse avec beaucoup de précautions. La clef, c'est aussi le réseau. Il faut aussi savoir que l’habilitation à diriger des recherches demande énormément de travail (on me l'avait comparée à une seconde thèse).

Au niveau de la rémunération, il faut voir au cas par cas, selon le type de contrat.
Rémunération des maîtres de conférence.
Les maîtres de conférences doivent être docteurs avant leur recrutement.
Un PRAG est un professeur agrégé affecté dans l'enseignement supérieur.
Un PRCE est un titulaire du CAPES affecté dans l'enseignement supérieur.
Les PRAG ou les PRCE ont une charge d’enseignement de 384 heures, donc ne sont pas payés à l'heure. Certains sont thésards.

En 2008-2009, il y avait 13 427 PRAG et PRCE, soit près de 16% des effectifs de l’enseignement supérieur, plus de la moitié en Lettres et sciences humaines, plus de 4000 en langues. Soit à peu près 400 postes offerts par an, toutes disciplines confondues.
Ensuite, sans l'agrégation est-on payé comme un MCF agrégé ? comme un certifié ? ou comme un contractuel, c'est-à-dire à l'heure ?
Un maître de conférences touche un traitement correspondant à son corps de maître de conférences, indifféremment de son corps précédent dont il perd le bénéfice.
Donc, la proportion de MCF non agrégés est plutôt faible par rapport à ceux qui le sont ?
Dans les disciplines qui ont une agrégation correspondante, sur des chaires à profil assez classique, et pour des professeurs français, oui, une grande majorité a obtenu auparavant l'agrégation (voire enseigné dans le secondaire).
Bonjour à tous,

Je me permets d'écrire sur le forum parce que, même après l'avoir écumé ainsi que le web, je ne parviens pas à trouver réponse à mes questions et à sortir de ma confusion. Je n'ai personne à qui m'adresser autour de moi, personne n'étant dans le milieu universitaire.

Pour vous expliquer un peu la situation, j'ai fait une prépa lettres puis un Master de Littérature Générale et Comparée (que j'ai obtenu avec la note de 17/20 mais dont j'ignore désormais ce qu'elle peut bien valoir), pour continuer sur ma lancée, mon but ultime étant, après un doctorat en co-tutelle, de partir enseigner ou faire un postdoc dans une université à l'étranger.
La recherche en Littérature Comparée a été une vraie révélation à ce moment-là et je n'ai donc jamais cessé d'envisager le doctorat.
Après un semestre en Erasmus et une année de pause dans les études où j'ai enseigné en tant que suppléante en collège, je me suis inscrite pour passer l'agrégation et j'ai décidé de changer de ville et d'université (ce qui fut sans doute une grosse erreur à tout point de vue, celui du contact en particulier).
La difficulté du concours, son opacité, la nouveauté de certaines matières que je n'avais jamais abordées et qui me déplaisent profondément mais aussi d'un tout nouveau contexte d'études où je me suis volontairement déracinée m'ont rapidement faite sombrer au point que j'ai fait une grosse dépression pour finir par n'être pas même admissible.
Je retente le concours cette année, histoire de me dire que j'aurais tout tenté, mais je me fais vraiment peu d'illusions.

Arrivée à ce point, je souhaite toujours autant faire un doctorat parce que la recherche en lettres est ma passion et que j'aime enseigner (mais pas en collège/lycée). Cependant, je n'ai aucun contact ou "piston" dans le milieu universitaire, n'ayant pas su entretenir un rapport vraiment nourri avec mon ancien directeur de recherche (surtout maintenant que 2 ans et plusieurs milliers de kilomètres me séparent de mes années de Master), et je commence naturellement à m'interroger sur mes capacités à réussir dans ce milieu puisque j'entends et lis partout qu'il est totalement impossible d'obtenir un poste en Université (sans même parler de contrat doctoral) sans contacts et sans agrégation.
J'avais envisagé dès le départ la possibilité de partir directement à l'étranger faire un PhD, sans passer par la case de la co-tutelle, sachant que l'envie d'enseigner dans une université étrangère structure mon projet de base. Mais je lis partout que cette option est déconseillée, que les difficultés sont les mêmes, que ce soit pour le recrutement, comme pour les débouchés, et qu'en faisant cela, je me couperais toute possibilité de revenir un jour en Université Française.
Mon but n'est bien sûr pas d'atteindre les plus prestigieuses universités mais de pouvoir simplement avoir la chance de faire de la recherche à mon échelle et de pouvoir communiquer ma passion à d'autres qui la partagent.

Les autres débouchés éventuels après une thèse (reconversion dans le monde de l'édition, du journalisme, de la documentation OU enseignement en collège/lycée, en passant le CAPES) ne m'attirent absolument pas. En vérité, l'option d'une reconversion ne m'attire en général pas, mais il me faut désormais l'envisager.
J'ai 25 ans, je rêve de devenir enseignant-chercheur depuis le lycée, je n'ai travaillé que dans ce but depuis le début de mes études et je dois commencer désormais à envisager une totale reconversion sans savoir si je dois tout de même tenter le doctorat avant ou si je peux faire quelque chose de valable d'un Master 2 en Littérature Comparée, et même si je suis encore capable de faire autre chose que des études littéraires qui ont été toute ma vie jusqu'ici!

L'injustice d'avoir travaillé si dur et si longtemps pour obtenir des diplômes qui ne valent rien, d'avoir été le "nez dans le guidon" trop longtemps pour me sentir capable d'envisager ou faire autre chose, l'incompréhension totale de mon entourage qui me regardent comme une "feignante" parce que je ne suis pas prête d'avoir un boulot "utile", l'impression perpétuelle de n'être pas à la hauteur… Tout cela fait que je me sens sombrer et sans une personne bien informée à qui m'adresser, la situation me paraît totalement insurmontable.

Mes questions concrètes sont donc les suivantes:
- A-t-on plus de chances de pouvoir travailler à l'étranger si on fait une thèse en co-tutelle ou plutôt un PhD? Quelles sont les modalités pour partir, pour être financé?
- Quels sont les débouchés concrets pour un doctorat en littérature sans l'agrégation? Et cela vaut-il vraiment la peine de s'engager dans cette voie quand on n'est pas agrégé (et qu'on a peu de chance de le devenir un jour)?
- Comment peut-on financer sa thèse sans contrat doctoral en France?
- Comment faire pour nouer des contacts dans les laboratoires universitaires quand on part de zéro?

J'imagine que ça fait beaucoup de questions (et beaucoup de texte) mais il est difficile d'obtenir un état des lieux précis et clair sur ces points et le simple fait de pouvoir partager mon état d'esprit aide déjà un peu.

Quoiqu'il en soit, je vous remercie d'avoir pris la peine de me lire.
Bonjour Cormac 🙂 je ne sais pas si je pourrai beaucoup t'aider mais j'avais envie de réagir à ton message car il a fait écho à beaucoup de choses chez moi 😉. J'ai eu le même parcours que toi, de la licence à l'agreg (sans l'obtenir non plus), et pareil, au lycée et surtout à la fac, je souhaitais devenir enseignant-chercheur. L'idée de la thèse me plaisait beaucoup, mais je dois dire que les impératifs bassement matériels ont gagné^^

Il est possible, dans l'absolu, de faire une thèse sans avoir l'agreg, mais officieusement je pense que l'avoir permet d'obtenir un poste plus facilement…alors bien sûr, j'ai eu des profs, même s'ils n'étaient pas nombreux, qui n'avaient pas le concours, mais il est déjà difficile d'obtenir un poste en l'ayant, alors sans, ça complique les choses…ou alors, comme tu le dis, il faut du piston, ça fonctionne aussi beaucoup comme ça.

Pour financer sa thèse sans contrat doctoral, honnêtement, à part faire des vacations à côté, je ne vois pas. Comme le disait, je crois, Mirliton sur un autre sujet, il est vraiment difficile de revenir vers la fac après l'avoir quittée, et même si tu es restée dans ce cadre, tu as quitté ta fac d'origine, celle où j'imagine tu connaissais un peu les enseignants.

Tu aurais déjà un projet de thèse à proposer ? Tu peux essayer de postuler pour un contrat doctoral fin 2014 (bon, pour cette année c'est trop tard, mais tu pourrais éventuellement être contractuelle dans des établissements pour voir un peu ce que donne l'enseignement dans le secondaire ? Personnellement, j'ai tenté deux fois l'agreg, et en voyant que je stagnais, j'ai changé mes plans. Je te souhaite de tout cœur d'y arriver !
Merci beaucoup pour ta réponse, Comateen! Le simple fait de pouvoir discuter est déjà une forme de soulagement.

Je mesure en effet à quel point l'interruption d'un an de mes études et le fait d'avoir quitté ma fac d'origine n'ont pas aidé.
Qui plus est, le fait de retenter la préparation à l'agrégation cette année ne va pas m'aider à avoir le temps de construire un vrai projet (sujet de thèse et candidature à un contrat doctoral, prise de contact pour un directeur de thèse, choix d'une université… tant de questions!), améliorer mon mémoire, écrire des articles ou participer à des colloques pour rendre mon CV plus solide, ou élaborer des réseaux de relation et trouver des solutions satisfaisantes d'ici l'an prochain, du coup, j'ai peur de perdre une autre année après celle-ci ce qui reporterait la thèse (ou la reconversion) à 2015!

J'ai déjà fait des suppléances et, même si j'ai beaucoup apprécié le fait d'enseigner, je ne me suis vraiment pas épanouie dans le cadre des collèges/lycées…
Quant au sujet pour une thèse, si j'ai bien quelques pistes en tête, c'est difficile de savoir ce qu'elles valent ou comment les structurer, les présenter, les orienter sans les conseils d'un enseignant.

C'est pour ça que l'option de partir faire un PhD plutôt qu'un doctorat, en envisageant une co-tutelle avec la France mais depuis l'étranger (option que m'avait suggéré mon ancien directeur de recherche) m'apparaissait comme une solution des plus tentantes depuis le début. J'ai des doutes à présent à cause de ce que je lis un peu partout sur internet. Mais si je rate à nouveau l'agrégation cette année, je me dis que je n'aurais pas grand-chose à perdre à tenter ça, surtout si c'est ce qui m'attire le plus depuis le départ! L'ennui c'est que cette solution semble comporter son lot de difficultés et que j'ai énormément de mal à trouver des réponses aux nombreuses questions que je me pose ou de quoi me rassurer sur tous mes doutes.
Bref, je nage en pleine confusion et c'est pour ça que je me suis permise d'écrire sur le forum.
Effectivement, revenir à la fac est très difficile. Il s'agit vraiment d'un milieu vraiment particulier: étant donné qu'il y a bien plus de doctorants/jeunes docteurs que de postes, tout autant (voire plus parfois) que la qualité d'une thèse et des publications effectuées, ce sont les relations qui comptent. Il faut être prêt à l'accepter et à entrer dans le jeu pour obtenir un poste. Il ne s'agit pas forcément de basses compromissions comme on aurait tendance à l'imaginer, mais un réseau de relations est nécessaire, avec un bon appui du directeur de recherches.

En France, il est vrai qu'il faut en plus passer l'agrégation… (je me demande comment on peut devenir enseignant-chercheur sans arriver à moitié détruit, vu les années de stress accumulées en traversant le système…)

Si tu as perdu contact avec ton ancien directeur, il ne devrait pas être trop difficile de renouer et reprendre un travail avec lui. Les relations importantes se nouent réellement au cours de la 2e et 3e année de doctorat, en général (voire: avec le jury de thèse), et au cours de conférences lorsque tu vas présenter un article.

A savoir pour la suite:
- il faut t'attendre à des années stressantes pour la thèse (je pense ne rien t'apprendre ^^)
- il faut aussi t'attendre à faire éventuellement plusieurs post-docs avant d'obtenir un poste. C'est idiot, mais de post-docs en post-docs, tu élargis ton cercle de relations. Et à chaque candidature que tu déposes et soutiens pour obtenir un poste en fac, tu rencontres de gens, qui éventuellement se souviendront de toi (c'est entre autre grâce à cela que mon compagnon a fini par obtenir un poste, après 3 ans: on l'avait repéré lors de candidatures précédentes, il était donc parmi les favoris sur une université)

Concernant le financement, là par contre je ne connais pas.

Les universités étrangères fonctionnent différemment. Il y a toujours la question du réseau de relations, mais plus d'agreg. Et la littérature comparée, autant que je me souvienne, est un domaine bien plus développé (notamment dans les milieux anglo-saxons), où tu peux potentiellement davantage t'épanouir.
Pour ce qui est de revenir en France après avoir exercé à l'étranger… effectivement ça peut être compliqué, ou pas.

Je m'explique. Voilà comment fonctionne, sur le papier, le recrutement sur un poste d'enseignant-chercheur:

- chaque équipe universitaire publie un profil de poste, accessible sur un serveur. Le profil indique les compétences attendues en recherche, et les types d'enseignements que le postulant doit être en mesure de dispenser
- le diplôme recquis est: un doctorat, dans le domaine concerné
- le candidat envoie un dossier au contenu très codifié, avec en gros: parcours d"étude, recherche effectuée, problématique et contenu de la thèse, enseignements déjà dispensés en tant que vacataire/moniteur/etc, travail effectué au cours du/des post-docs, publications, projet d'enseignement et de recherche avec les potentiels nouveaux collègues (ça a l'air insurmontable, mais c'est juste une affaire de rhétorique, ce dossier: c'est très faisable. Chaque candidat "tord" un peu son parcours pour le faire coïncider avec le profil)
- si son dossier est retenu: il passe une audition, devant un jury composé pour moitié de gens appartenant à l'équipe/université concernée, pour moitié extérieur. C'est pour éviter le favoritisme (mais dans les faits ça ne marche pas du tout: tout le monde connaît tout le monde et fait sa soupe)
- le candidat correspondant le mieux au profil et aux attentes, et le plus compétent (sur le papier), est retenu.

Quelques réalités à rajouter:
- un poste peut être profilé en vue d'un candidat (une équipe veut telle personne à tel poste, donc le profil publié est rédigé de telle sorte qu'il corresponde exactement au parcours du candidat en question)
- un parcours atypique pourra l'emporter sur un parcours plus classique si le candidat est connu du jury. Dans ton cas: si tu arrives d'une université étrangère, sans agreg, avec juste ta thèse, mais des publications très intéressantes, qu'il est connu que tu as des relations intéressantes dans le milieu universitaire à l'étranger (relations dont bénéficiera forcément ta future équipe de recherche), tu deviens trèèèèès intéressante. Agreg ou pas. Diplômée à l'étranger ou pas. Par contre j'aurais tendance à dire qu'il vaut mieux que tu aies eu un poste (de titulaire, pas un statut de post-doc) avant de tenter ta chance en France. Mais là, je ne connais pas assez le système pour l'affirmer.

Bref, le parcours en passant par l'étranger me semblerait une bonne option te concernant, si tu n'a pas envie de repasser l'agreg, ou peur de recommencer la même année infernale.

Dans tous les cas bon courage!!! Tu as d'autres voies que celle du système traditionnel qui s'ouvrent à toi, je pense. Essaie de reprendre contact avec les gens que tu as connus lors d'Erasmus, je pense qu'ils sont ta meilleure chance de trouver une opportunité intéressante et qui te corresponde bien 🙂

Et si ça ne marche pas… j'aurais tendance à dire: fais une thèse quand même, si c'est vraiment la recherche qui t'intéresse. Si tu es bonne en recherche, ton directeur voudra te pousser, peut-être te filera un coup de main si tu veux repasser l'agreg, etc. Ca peut marcher (du moment que tu trouves des enseignements à faire en parallèle, parce qu'il faut bien manger ^^ et commencer à thésauriser des annuités, aussi)

(et moi, faudra que j'apprenne à faire des réponses plus courtes ><)
[Mode brutal on] Le doctorat ne sert pas à grand chose même avec l'agrég. S'engager dans cette voie sans filet de protection (un concours de l'enseignement secondaire, un travail en bibliothèque …) ne fait que retarder l'échéance de la reconversion, qui devient de plus en plus difficile. Sans roue de secours, rien de tel que la thèse pour s'enliser dans la précarité jusqu'au moment où le réel fait retour - la famille, les enfants, le loyer … [Mode brutal off]

Le PhD a au moins l'intérêt de donner des compétences en langue (à condition bien sûr de le soutenir dans un pays non francophone).
A savoir aussi: le phd est bien plus valorisé à l'étranger que ne l'est une thèse en France, que ce soit au niveau des débouchés, de la recherche d'emploi, etc etc (et même de la considération sociale associée).

Et pour ce qui est des filets de protections: ce sont aussi des filets qui emprisonnent, et peuvent inciter à abandonner plus facilement en route. Il sera toujours temps après de passer éventuellement un concours de bibliothécaire, un Capes ou autre, mais plus trop de se relancer dans une thèse. D'autant que Cormac n'a pas l'air effrayée à l'idée d'un long séjour à l'étranger: autant se lancer au maximum dans la voie qu'elle préfère, pour qu'elle ait toutes ses chances, vu que manifestement elle n'aura de toutes façons aucun mal à trouver un mode de reconversion si ça ne fonctionnait pas 🙂
Merci beaucoup à tous d'avoir pris la peine de répondre, et particulièrement à toi Mirliton pour toutes ces précieuses précisions que tu apportes (n'apprends pas à faire des réponses plus courtes, personnellement, celle-ci me convient parfaitement!).
Tout ça me donne énormément de pistes de réflexion et me rassure également beaucoup, même en "mode brutal ON" à vrai dire.

J'avoue que je préfère aller jusqu'au bout de mon projet et tout tenter, surtout si ça me permet d'acquérir une expérience à l'étranger, même si je dois par la suite tout de même envisager une reconversion.

En tous cas, merci encore d'avoir pris la peine de répondre aussi profusément et constructivement : ça m'a beaucoup aidée à y voir plus clair!
J'ai une question bête (désolée !!) mais… Comment on peut savoir qu'on est bon / qu'on va être bon en recherche ? Je pose la question parce que je me lance dans un M2 recherche avec un directeur de recherche, avec un sujet et un ouvrage qui ont été choisis avec le directeur de recherche en fonction d'une future inscription en doctorat…
Mais j'ai un peu peur de me noyer, entre ma vie de famille, mes 2 enfants, mes 15h d'enseignante stagiaire et mon sujet de recherche… Je ne me fais pas d'illusion, les places sont chères, voire plus que très chères pour décrocher un poste de maître de conf… Le parcours est long… Et dans tout cela, je me demande si je dois / quand je dois passer l'agreg ? En même temps que le doctorat si je me lance finalement ? Après le doctorat ?
Oups, j'arrive un peu tard pour répondre…

Je ne pense pas qu'on puisse savoir a priori qu'on est bon ou mauvais en recherche. tu vas toi-même voir lors de ton M2 comment ça se passe, si tu y arrives globalement, ou si tu as du mal. Et surtout, ton directeur de recherche pourra t'éclairer.
Sachant qu'il n'y a pas de don pour la recherche: il y a des méthodes, qui s'apprenne progressivement (parfois, un peu en vrac et à force de loupés ponctuels ^^); pas de "prédispositions" en la matière… Le fait d'avoir une bonne méthode de travail au départ est par exemple une aide, mais elle peut s'acquérir en cours de route.
Je suppose que ton directeur de recherche ne t'aurait de toutes façons pas proposé de te lancer dans un parcours menant à une thèse s'il ne t'estimait pas taillée pour ça 🙂

Pour l'agrégation: si tu vises un poste en fac, il est préférable de l'avoir avant la thèse. Tout simplement parce qu'en sortant de thèse, tu viens juste de tisser un réseau de relations, à entretenir pour pouvoir obtenir un poste. Si tu passes un an ou deux coupée du milieu universitaire et plongée uniquement dans la préparation de l'agrégation, ti risques de perdre l'avantage de ce "réseau" constitué.
Par contre, passer l'agreg tout en préparant ta thèse et en travaillant et en t'occupant de tes enfants semble très difficile…

Ce que tu aurais peut-être intérêt à faire, une fois titularisée, et si tu en as les moyens:
- demander un an de congé pour étude. Attendre avant de te lancer dans la thèse - tu peux en discuter avec ton directeur de recherche. Il se peut qu'il t'en dissuade et de conseille de commencer la thèse tout en préparant l'agreg (avec des arguments du genre "vous la ferez en 4 ans, la première année est juste une mise en jambe etc etc, mais c'est faux… tu aurais quand même du boulot à mener sur la recherche, au lieu de pouvoir entièrement te consacrer à l'agreg). Et passer l'agreg.
- ensuite: commencer ta thèse, soit en enseignant en parallèle, soit en trouvant d'autres solutions (on a parlé par là https://www.etudes-litteraires.com/299934.html#p299934 du fait d'être financé pendant la thèse en ayant eu l'agrégation)

Après, ce n'est qu'un avis, ton directeur de recherche pourra sans doute te donner des indications sur la démarche optimale 🙂 - mais bon, à ne pas oublier: pour les directeurs qui veulent motiver leurs étudiants, il est manifestement facile d'être Superman/ Wonderwoman et de tout gérer en même temps ^^
Trouver un poste dans la recherche dans nos domaines devient de plus en plus compliqué. Il y a des variantes suivant les disciplines. Ne parlons que de l'enseignement supérieur, les postes de simple chercheur sont tout simplement inaccessibles, soit par absence de publicité + piston (statut université), soit par exigences frisant le délire + postes réduits à quelques unités-et-encore (statut CNRS).
Si on prend un domaine que je connais, l'histoire, il faut passer son doctorat dans une fac parisienne ou avec un(e) directeur(e) "du milieu parisien" (qui vous ouvrira les portes des revues et des colloques-qui-sont-essentiellement-organisés-par-réseau-et-non-par-appel-public), avoir l'agrégation (moins de 5% de réussite en histoire…), si possible être passé par l'ENS. Avoir été moniteur ou ATER ne sert à rien, les commissions de recrutement se moquent éperdument des compétences pédagogiques (l'agrégation n'est qu'une barrière pour assurer aux universitaires de recruter un(e) pair(e)). Il y a des exceptions à mon propos (j'en connais), mais elles sont tellement rares qu'elles pourraient faire l'objet d'un livre (ou une thèse ?) consacré aux "exceptions exceptionnelles".
Et même avec ces atouts, c'est très très dur. Pour les recrutements MCF en histoire médiévale, il y a actuellement 60-70 candidats pour 4-6 postes annuels (avec parfois des profils tellement ciblés qu'on sait pour qui est destiné le poste), et pratiquement le double de candidats en histoire contemporaine pour à peine plus de postes. Du coup, à chaque recrutement, c'est à celui-celle qui arrivera à placer son-sa candidat(e) dans une partie de monopoly grandeur nature ("je vote pour ton poulain si tu m'assures mon retour dans la capitale au prochain recrutement"). On est plus proche du "Parrain" que de motivations scientifiques et pédagogiques !
Ceux-celles qui ne sont pas recruté(e)s ? Ben la majorité est en poste dans le secondaire, les autres changent de voie parfois après plusieurs années de CDD dans la recherche et un(e) autre vacataire vient prendre la suite (avec le même débouché…).
Faire une thèse reste donc avant tout une motivation intellectuelle, qui demande beaucoup d'énergie, et qui a très peu de chance de déboucher sur un poste. Si on a une vie de couple et de famille, faut encore plus s'accrocher ! Disons sans détour que c'est l'ensemble de la famille qui va vivre "au rythme de la thèse" ! La seule question à se poser avant de se lancer, c'est : "mon sujet me passionne-t-il ?" Je parle parle bien de "passion", et non pas d' "intérêt". Parce qu'encore une fois, un doctorat ne se passe pas sans douleurs (tiens, je n'ai pas abordé les relations avec le-la-directeur(e) ! pourtant, il y en aurait à dire !).
Si on a un poste dans le secondaire, je conseille fortement de prendre le semestre ou l'année de dispo à la fin, pendant l'enfer de la rédaction.

J'ai brossé un tableau sans doute peu encourageant, mais réaliste. Un doctorat vaut le coup pour soi, mais on y perd des plumes.


PS : Je suis d'accord avec Mirliton sur le fait que passer l'agreg pendant la thèse est très très difficile (je dirais même "suicidaire", mais ça dépend de l'énergie personnelle et du temps de sommeil nécessaire…).
Bonjour à tous,

Cela me fait à la fois plaisir de vous lire tout en me désespérant :
- plaisir parce que je me sens moins seule au monde.
- désespoir parce que les (sur-)diplômés (qui plus est en littérature et sciences humaines) comme vous et moi ne sommes vraiment pas considérés à notre juste valeur.

J'ai obtenu un master recherche d'histoire à Lyon en 2012 avec brio puisque j'ai eu la mention très bien et 18/20 à mes deux mémoires de recherche (mais à quoi cela sert ?). Ce domaine m'a passionnée. Mais on m'a dit "si tu veux faire une thèse, passe l'agreg sinon c'est du suicide"…bon d'accord, je l'ai tentée en 2013, j'ai tout donné (mais vraiment tout), et en plus j'y croyais. J'ai été admissible et….BAM. Rétamée aux oraux comme une bonne à rien par un jury élitiste (mais c'est le jeu ma pauvre Lucette…) et en plus avec des notes vraiment pas jolies.

Pourtant, je savais à quoi m'attendre : j'avais déjà échoué aux concours de l'ENS de Lyon lors de mes 3 ans de prépa littéraire. Bref, à première vue, j'ai un parcours que beaucoup envierait, jugé sans faute en contrôle continu, toujours de bonnes appréciations et de bonnes notes…mais vu que nous sommes dans un pays dirigé par l'élitisme et les concours : échec à chaque concours que j'ai pu passer.

Et là je trouve tous vos messages dont celui de Cormac et j'ai envie de crier mon désespoir, parce que je n'en peux plus. Après mon semi-échec de 2013 (oui, je sais, j'ai au moins eu les écrits…mais cela ne m'a pas donné du boulot pour autant), bêtement (et c'est la plus grosse erreur de ma vie) j'ai décidé de retenter l'agrégation 2014 + le capes (car je ne l'avais pas passé en 2012-2013 : 2e plus grosse erreur de ma vie).

J'ai donc passé les écrits de l'agrégation en mars et là je passe mardi prochain les écrits du capes. Cette année m'a pourrie la vie, littéralement déprimée et désespérée, du coup à cause d'un manque crucial de confiance en moi, je pense avoir foiré mes écrits d'agreg et en plus je n'ai pas été préparée au capes : n'étant pas inscrite en master enseignement, je n'ai vraiment pas toutes les ficelles pour comprendre l'esprit du concours, sans parler que je n'ai pas du tout envie de faire prof dans le secondaire et que les épreuves du capes sont toutes nouvelles en 2014 beaucoup plus axées sur le pédagogique et les stages que je n'ai pas faits puisque officiellement je suis en prépa agreg.

Concernant la recherche : j'ai trouvé une directrice de thèse qui accepterait de me diriger à Paris 1 (à première vue : super : une fac parisienne et le soutien d'un contact dans le milieu), j'ai présenté mon projet l'an dernier pour obtenir le Graal du Contrat Doctoral et… BAM : échec (en même temps que l'échec de l'agreg…), on a refusé mon projet (au bénéfice d'un autre qui était jugé "prioritaire"). Donc je retente cette année pour présenter mon projet avec plus de conseils et plus de temps ; mais si je suis de nouveau refusée : en gros, je pointerai au chômage l'an prochain et j'aurai le RSA : après BAC+5 + 2 ans de prépa concours : je suis dégoûtée.

Donc toutes les barrières risquent de se fermer devant moi juste parce que je ne suis pas convaincante à un oral, à un entretien ou le jour J des écrits….7 ans d'études pour que dalle…7 ans d'efforts et de sacrifices psychologiques et financiers pour RIEN, hormis une certaine stimulation intellectuelle lors de mes deux années de master.

Bref j'ai aussi attrapé le virus de la recherche, je rêve aussi de devenir "historienne" et chercheuse dans une fac, et de mener mes petites recherches qui me passionnent. Donc je cherche un peu de réconfort auprès de vous…en posant les questions habituelles de : peut-on vivre de la recherche sans agrégation ni capes (même si je connais partiellement les réponses en ayant lu le sujet ci-dessus) ?

Bon courage et surtout accrochez vous.

Dieerstefrau.
Difficile de repondre a un message comme celui-ci.

Je ne vais pas trop m'etendre sur le constat que le systeme educatif francais est source de frustration. Il demande des competences tres diverses -etre chercheur, ce n'est pas ecrire une dissertation, donc obtenir son master avec une bonne note au memoire et faire une bonne these, ce n'est pas forcement avoir les qualites qu'on demande pour l'ENS ou l'agregation- et me semble sans pitie…

Pour ce qui est des solutions :
- Abandonner la recherche pour te diriger vers d'autres voies. Mais ca ne semble pas etre une option pour toi -ce que je comprends-.
- Re-tenter de faire passer ton projet. Re-tenter l'agregation… Mais ca ne parait pas trop heureux non plus comme choix.
- Passer par une voie longue : tu peux sans doute essayer d'obtenir le CAPES et de faire ta these en enseignant a cote. Concretement, les chances de succes sont difficiles a evaluer et il te faut une bonne motivation, mais ca reste une possibilite.
- T'expatrier. Je pense qu'il est probable qu'a l'etranger le fait que tu n'aies pas l'agregation ne soit pas penalisant -je ne sais pas d'ailleurs si le fait de l'avoir est vraiment valorisant tant c'est une chose franco-francaise-, de meme pour l'ENS. En revanche, ta distinction au niveau du master aura du poids. Alors, ca pose toute une serie de question -s'expatrier pour la these, cela veut sans dire s'expatrier a moyen ou long terme puisque cela risque d'avoir du poids sur ton post-doc ; dans quel pays ? ; dans quelle langue? ; as-tu besoin de ressources qui sont en France, quel est l'etat de la recherche sur ton champ, etc-. Bref, cette option s'ouvre sur un vaste chantier, mais peut-etre vaut-elle la peine d'etre consideree…

Bref, ce n'est qu'une synthese de ce qui a ete dit par tout le monde dans ce sujet…

Bon courage, peut-etre les resultats des concours 2014 apporteront-ils des reponses !

Ps : desole pour le clavier Qwerty.