Intégrer l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) après une prépa

La filière littéraire

17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour!


Actuellement en HK B/L, je me demandais si il était possible d'intégrer l'EHESS après une prépa? Et si oui, en anthropologie plus précisément?

Si cette école a l'air franchement passionnante du fait de l'extrême qualité des directeurs de recherches et bien que je sois peu sensible aux questions matérielles, ne sont-ce pas de voies qui mènent au chômage, a fortiori en anthropologie?

Enfin, faut-il préférer l'EHESS à une fac ou souffre-t-elle d'une visibilité moindre à l'échelle nationale/internationale?


Merci d'avance! 🙂
Rapidement…
Pour intégrer en master, non (si tu ne cubes pas).
Pour intégrer au diplôme, oui mais pas sûr que 1) le cursus te corresponde 2) tu aies une idée de projet de recherche en sortant de prépa.
En sortant de la prépa, tu devras donc probablement faire un détour par la fac. Mais ce que tu peux faire c'est t'inscrire en L3 Sociologie à Paris 4 (ou autre) et en auditeur libre à l'EHESS pour tâter les cours des différentes mentions qui pourraient te tenter et discuter avec les directeurs de recherche plus facilement. Ensuite, tu pourras y postuler en master avec un recul plus grand. Quant à savoir s'il faut privilégier l'EHESS à l'université… Tout dépend de l'université. Mais globalement, j'aurais tendance à privilégier l'EHESS pour ce domaine (sociologie, anthropologie etc) car, outre le niveau, il y a vraiment des interactions plus nombreuses entre les étudiants et les chercheurs pendant les séminaires. D'ailleurs, je te conseille de regarder leurs masters dans le détail. Certains sont très intéressants et ont des cohabilitations qui attestent d'un certain niveau (ENS et ENSAE notamment).
Merci de cette réponse rapide et claire!


Cependant, j'ai en effet dans la tête de khûber. D'autant plus que je sais déjà vers quoi je veux à peu près axer mes recherches ; de la même façon, je sais déjà que c'est le master Anthropologie sociale qui me semble le plus approprié (bien que d'autres comme "Pratique de l'interdisciplinarité dans les sciences sociales" semblent intéressant, mais typiquement pour ce cas précis, je ne comprends pas bien à quoi cela mène, ça se nomme interdisciplinaire mais ça m'a l'air très orienté socio…)

Après c'est vrai que j'avoue ne pas tout comprendre au fonctionnement de l'Ecole, notamment au niveau de l'admission. Si il faut construire un projet de recherche et le soumettre à un directeur d'études, faut-il avoir pris rendez-vous avec lui avant? Un projet de recherche relativement vague, sortie de prépa oblige n'est-il pas trop pénalisant? Le dossier rentre-t-il en compte dans l'admission?

A dire vrai, je me posais un peu la même question quant à l'admission pour préparer le diplôme de l'ENS… Faut-il avoir été admissible/sous-a ou bien est-ce le projet qui prime?
Tu parles de l'admission au diplôme ou en master (concernant l'EHESS)?

Pour le diplôme de l'ENS, officiellement, être sous-a n'est pas formellement exigé… Mais, dans les faits, le niveau de concurrence fait que cela rentre en ligne de compte et je pense que très rares sont les anciens prépas à avoir intégré sans sous-a (à moins peut-être d'être passé par la case L3 et de l'avoir cartonné).
Pour l'ENS, on peut être admis en n'ayant pas fait de prépa ou en n'ayant pas passé le concours (parce qu'on n'a fait qu'une HK par exemple) mais dans ce cas le dossier universitaire doit être brillant et le projet de recherche solide. Et en effet, vu la concurrence, le jury préférera d'ex-khâgneux sous-a, ou encore mieux, admissibles : les résultats à un concours, même s'ils révèlent une performance à un moment donné, sont un indicateur du niveau du candidat.
Enfin, selon les disciplines, le ratio ex-khâgneux / étudiants à la fac n'est pas le même.
Je parle bien du master pour l'EHESS.

Bon sinon pour la sous-a c'est de toute façon relativement faisable, non? Enfin, je sais pas jusqu'où ça monte mais on nous a dit que la moitié des khagneux ont été sous-a l'année dernière…

Y a-t-il un moyen de connaître le ratio?
Je sais qu'il y a des départements comme la géographie, par exemple, qui exige un passage en L3… Peut-on khuber, repartir en L3, pour finalement revenir à l'ENS?
Polo : oui, je pense que les ex-prépas sous-a/admissibles sont surtout recherchés dans les disciplines menant à l'agrégation, voire peut-être davantage dans les disciplines où, pour accéder à la recherche, l'agrégation est relativement regardée. Mais ce dernier cas ne concerne pas trop les sciences sociales selon moi.

Kaktus : je ne sais pas si c'est si facile que ça… Déjà, ce n'est pas la moitié qui est sous-a mais plutôt le premier tiers du classement qui est au moins sous-a. Même dans les prépas de province, on dépasse rarement plus de 5 sous-a par classe. C'est très différent des AL où la liste des sous-a est assez impressionnante. Après, si tu viens d'une prépa parisienne, je comprends que tes exigences puissent être plus hautes et ta perception de la difficulté du concours différente.
Impossible de connaître le ratio. Il n'existe pas plus opaque que l'admission sur dossier à l'ENS… Pour la socio', le passage par la L3 n'est pas obligatoire mais il va falloir sérieusement te démarquer. Il cherche des profils brillants et originaux.
Tu peux cuber et repartir en L3, oui. Mais à un moment donné il va falloir te demander 1) si tu as simplement le niveau pour prétendre à l'ENS 2) si ça vaut vraiment le coup de perdre 1 an pour une plus-value qui n'est quand même pas extraordinaire par rapport à un cursus prépa BL + top master dans ta discipline (ce qui est à mon avis le cas d'une bonne partie des masters de l'EHESS), surtout quand celui-ci est cohabilité par l'ENS (ce qui ne sera pas forcément le cas du tien, mais qu'importe). Si tu veux percer dans la recherche en sciences sociales, les chercheurs de l'EHESS ont les bras suffisamment long pour ne pas tout faire porter sur l'étiquette ENS.
Pour revenir à tes questions précédentes, ils regardent ton dossier ET ton projet de recherche. Je ne pourrais pas te dire quelle est la pondération de chacun. Mais je pense que contrairement à l'ENS un projet de recherche original et ambitieux peut compenser un parcours académique moins brillant. Même en cubant, tu as de bonnes chances d'intégrer un master de l'EHESS (les anciens BL y sont naturellement bien vus). Seulement, il faut garder à l'esprit qu'il est nécessaire de prendre contact avec ton futur directeur de recherche. Sans son avis positif, ton dossier n'est pas regardé par la commission. Donc oui, il faut prendre rendez-vous avec lui ou lui téléphoner après un premier contact par mail. C'est la moindre des choses. Ton directeur de recherche n'est pas seulement qu'un membre du jury de ton mémoire de master, la dimension humaine est importante (surtout à l'EHESS où ils suivent particulièrement les étudiants), il est donc important de sentir si le courant pourrait passer entre vous.
Excusez moi je ne comprend pas très bien, je suis aujourd'hui en khagne en lettre moderne à Claude monet à paris et j'aimerai savoir s'il vaut mieux de cuber pour intégrer l'ehess ou s'il est préférable de faire une année à la fac, notamment je pensais pour le master art linguistique et littérature à une licence de lettre et art, et enfin s'il est possible de rentrer directement après une année de khagne. merci.
Après une khâgne, tu peux seulement :
- être auditeur ou élève libre.
- intégrer la préparation du diplôme (qui est différent d'un master en termes d'organisation et d'approfondissement du mémoire de recherche)

Si tu cubes, alors, grâce aux équivalences, tu peux postuler en master. Le master Art et langages me paraît tout à fait approprier pour un profil d'ex-khâgneux… Mais pas seulement. Ils recrutent des profils originaux dans beaucoup de mentions. Donc Lettres et arts à Diderot, c'est pertinent mais tu peux aussi faire ta L3 en philosophie ou en histoire, je ne pense pas que ça poserait de gros problèmes. Ce qui est important, c'est ta motivation, la qualité de ton dossier et ton projet de recherche. Et, à ce titre, si tu es sûr(e) de vouloir aller à l'EHESS, je te conseillerais de ne pas cuber (car, avec la tête dans les concours, il me semble compliqué de songer sérieusement à un sujet de recherche), de partir en L3 et d'aller à l'EHESS en auditeur libre (tu repères un cours dans la looooongue liste et tu demandes l'autorisation du prof par mail). C'est probablement la meilleure façon d'aborder le master avec un maximum de maturité.
Je ne connais pas ton sujet de recherche mais regarde bien les spécialités des MCF et des directeurs de recherche de la mention pour voir si tu peux concilier tes centres d'intérêt avec les leurs. N'hésite pas à les contacter pour être guidé(e).
Encore une fois, merci pour ces réponses!


Tu soulèves en effet un problème important que j'ai du mal à trancher: très sincèrement (ça vaut ce que ça vaut, étant donné que mon avis ne se fonde que sur des brochures) le master "anthropologie sociale" de l'EHESS a l'air bien plus intéressant que les enseignements dispensés par le département des Sciences Sociales de L'ENS… Mais le fait est qu'il vaut probablement mieux avoir "ENS" inscrit sur son cv plutôt que "EHESS"… C'est un dilemme que je peine à résoudre… Il est vrai que l'ENS est moins locace sur ses masters, peut-être dispose-t-elle de ressources cachées? Ca m'a surtout l'air d'être un grand carrefour ou, au final, on choisit un peu ses études à la carte: peut-on alors concilier cours à l'EHESS en étant à l'ENS? (mais je suppose qu'on perd, dès lors, tout l'intérêt de la relation avec le directeur d'études). Je suppose que si on est à l'ENS, notre directeur de recherche (si on en a un?) doit s'y trouver?

Je me rends compte que ma première question est légèrement redondante, étant donné que tu as déjà répondu à "l'étiquette ENS", ce qui me conforte dans mon idée. Cependant, ta réponse ne laisse-t-elle pas suggérer que si on refuse cette étiquette en allant à l'EHESS, on doit se doter d'un directeur de recherche suffisamment réputé/influent pour qu'il puisse nous ouvrir des portes?


Enfin, une dernière question plus disciplinaire: Si j'ai vu que dans les autres disciplines, une thèse était rarement suffisante dans un CV et qu'il valait mieux passer l'agreg, je me demande si une telle recommandation est avérée dans des domaines comme l'anthropologie? Ou alors, une agreg spécifique n'existant pas, il faudrait passer une agreg dans une autre discipline comme la philosophie? (chose qui me paraîtrait relativement ardue ne jouissant pas de préparation disciplinaire ou méthodologique spécifique dans le cadre d'un master anthropo.)

Merci!
Oui, en fait, il ne faut vraiment pas t'attendre au Saint-Graal en entrant à Ulm… Beaucoup en sont déçus (dans les matières littéraires en tout cas). En fait, cela s'explique très simplement : la majorité de ta formation sera effectuée… à l'université. Donc, effectivement, l'offre de cours n'est pas des plus alléchantes. L'avantage réel, c'est l'ouverture aux autres départements que celui de ta spécialité. En revanche, tu peux concilier l'EHESS et l'ENS. Ce n'est pas un problème. Beaucoup de masters sont co-habilités et, normalement, il n'y a pas d'impossibilité de faire son master dans une formation non-partenaire. Tu peux, avec l'aval de ton tuteur, choisir n'importe quelle université parisienne. L'EHESS a un statut particulier mais il la considère dans le lot je pense. Ton directeur de recherche n'est donc pas normalement à l'ENS, mais dans la formation où tu es inscrit en master.

Je pense que si tu refuses cette étiquette, il va effectivement bien falloir choisir ton directeur de recherche car l'enseignement-supérieur est aussi un milieu où les influences et les réseaux jouent beaucoup… Mais la question se pose surtout en thèse.
Si tu as un parcours universitaire excellent, une thèse brillante, tu auras presque les mêmes opportunités qu'un normalien. Le poids de l'étiquette s'efface au fil des années à mon avis.

Oui, j'ai évoqué le sujet plus haut. Pour l'anthropologie, c'est un peu délicat. Oublie la philosophie, l'agrégation est une boucherie, il faut vraiment s'y consacrer à fond. Ce qui peut être envisageable, en tant qu'ancien BL, c'est l'agrégation de sciences sociales. Elle n'est pas si dure à avoir (enfin… comparée à d'autres hein), ses épreuves sont très similaires à celles d'Ulm. Disons que l'avantage de faire ce parcours (master anthropologie, préparation agrégation sciences sociales, thèse anthropologie) c'est que si tu n'es pas recruté directement après ta thèse comme ATER ou maître de conférence, tu n'auras pas à pointer pour la première fois chez Pôle Emploi. Ce n'est pas du luxe. Et si tu arrives à poursuivre tes travaux de recherche en parallèle, ça sera sûrement valorisé.
Les deux écoles collaborent sur de nombreux projets et certaines conférences de l'EHESS ont d'ailleurs lieu rue d'Ulm ou boulevard Jourdan. Quant à la sélection, le poids du cursus antérieur est pratiquement nul à l'EHESS (où le baccalauréat lui-même n'est pas exigé, pour le diplôme d'établissement) ; à l'ENS, c'est à peu près le contraire.
"Pratiquement nul" c'est un peu fort 🙂 En fait tout dépend des mentions du master (de leur attractivité et des écoles/universités partenaire, de l'implication que celles-ci ont dans le pilotage de la formation)… Il n'y a rien à voir entre la sélectivité du recrutement du master "Analyse et politique économique" ou "Politiques publiques et développement" et celle du master "Etudes du développement".
Je suis à l'ENS et dans le master "Pratiques de l'Interdisciplinarité en Sciences Sociales", qui est co-habilité par l'ENS et l'EHESS. Les cours obligatoires ont lieu à l'ENS, boulevard Jourdan, mais tu as accès à tous les cours de l'EHESS. C'est une formation qui a pour ambition de conjuguer les méthodes et problématiques de l'histoire, de la sociologie, et de l'anthropologie. Dans les faits, la sociologie est prépondérante, mais on peut tout à fait y faire un mémoire en anthropologie. Comme l'a dit Koch, ton directeur de mémoire peut bien entendu relever de l'EHESS (c'est même très courant, car il y a peu de profs d'anthropologie à l'ENS… à vrai dire, il n'y en a qu'un).
Si tu veux plus d'infos sur ce master, le site [lien invalide] est plutôt pas mal fait. Sinon, tu peux me poser des questions en MP 😉 .
Je confirme par ailleurs que la sélectivité de l'EHESS en master (hors masters cohabilités, comme le master PDI, ou les masters cités par Koch) est très faible. Il suffit s'avoir un directeur ou une directrice de recherches, à vrai dire, pour être accepté.
Tiens, ça m'intéresse… Tu pourrais faire un petit retour sur l'ETT? 🙂
Volontiers, mais pose-moi des questions un petit peu plus précises, car j'avoue que le sujet est vaste…!
Bonjour,

Je viens d'entendre parler du Master PDI et je souhaite m'y inscrire. J'ai bien entamé mon projet de recherche que je dois encore préciser.

Que penses tu de ce master? (cours, profs, rythme etc).

Pour info, mon parcours n'a pour l'instant pas de liens avec ces sujets puisque je suis à quelques jours d'être diplômé d'une ESC.

Merci pour ton aide.