Bonjour Marinella,
J'étais en M2 l'an dernier. J'ai eu une excellente moyenne annuelle (bon, en même temps, il y a peu de notes), et 19 à mon mémoire. Une fois que j'ai pu déterminer (assez tard) mon sujet, je me suis énormément amusé dans mes recherches. Ma directrice de mémoire m'avait laissé de la latitude et j'ai pu étudier un thème à l'échelle de la littérature médiévale de l'Europe occidentale, du latin médiéval au moyen anglais, en passant par le moyen haut-allemand et le galaïco-portugais, sans oublier l'italien et bien entendu l'ancien français, et en faisant en première partie du mémoire une sorte de synthèse historique sur le thème…
Si tu es déjà avancé dans tes recherches à mi-novembre, je pense que c'est déjà un atout.
Pour ma part, je suis assez particulier en ce que je n'ai pas vraiment de méthode de travail - ce qui n'a pas été un problème pour le master, mais en est un pour le concours, enfin, passons… Comment cela s'est passé de mon côté ? J'ai arrêté tardivement un sujet par rapport à la majorité des M2. Jusqu'à Noël, j'ai surtout lu, composé ma bibliographie, et bien réfléchi, même sans prendre de notes, aux directions à prendre, aux problématiques, etc. Au fur et à mesure, j'ai appris à aimer mon sujet et à y prendre plaisir, ce qui est important, je pense. Mais je ne peux pas vraiment te donner de conseil valable, à part si tu fonctionnes comme moi : en effet, j'ai été très tardif, et c'est seulement un peu plus ou un peu moins de deux mois avant la soutenance que j'ai vraiment
travaillé, gentiment relancé par ma directrice. Tout avait cogité en moi, sans que je ne rédige le mémoire lui-même (mais des notes, oui, bien sûr). L'étape de la rédaction de la première partie a été un petit peu laborieuse au départ, mais, une fois celle-ci lue par la prof, tout a accéléré. J'ai toujours été meilleur en rendant les devoirs au dernier moment, donc j'ai rédigé un peu dans "l'urgence" les deux autres parties, mais sans autre effort que celui de faire quelques nuits blanches - tout s'est écrit tout seul, quasiment, notamment grâce au travail de réflexion entrepris depuis des mois.
Comme ma directrice me l'a dit, la méthode de travail dépend de l'étudiant - après, cela dépend si le directeur est très exigeant sur ce point ou pas. Je sais que ma méthode fort particulière et pas vraiment "méthodique" a convenu parfaitement. Je ne recommande pas à quelqu'un d'autre de la suivre, à part s'il est comme moi, mais ce que je peux dire, c'est qu'il faut
des moments de réflexion, de lectures, de prise de recul sur son sujet
C'est un point qui peut faire la différence entre les bons, les très bons et les excellents mémoires, j'imagine. Avoir rédigé le mémoire tardivement m'a permis d'être beaucoup plus complet et plus profond que si je l'avais rédigé en suivi plus tôt, mais c'est surtout l'aspect "réflexion" qui compte. Autre conseil : fréquenter d'autres mémoires, des thèses, surtout si l'on sait qu'ils ont été jugés excellents, est utile, même s'ils ne concernent pas le domaine étudié.
Dans mon université, il faut avoir une certaine moyenne - au moins 14, je crois - pour prétendre au doctorat pour la suite, mais il est évident qu'avoir 16 et plus à son mémoire de recherche + un directeur de recherches (mais aussi éventuellement l'autre professeur qui jugera du travail) qui sent que cela va fonctionner pour le doctorat, est préférable. Dans mon cas, je pense qu'avoir fait
plus a compté. J'ai en quelque sorte rédigé une mini-thèse de plus du double de pages demandées (mais je pouvais continuer - évidemment, le nombre de pages lui-même n'est pas révélateur de la qualité, hein 😉 , et il faut voir si le prof est d'accord ), avec une bibliographie bien plus importante que pour un mémoire seulement "consciencieux". Cela montre que l'on est un bon doctorant potentiel. Si le "jury" se déclare impressionné, c'est un bon signe. 😜
Je ne crois pas qu'il faille s'obliger à travailler tant de temps par jour pour un mémoire, à part lorsqu'on arrive dans les dernières semaines et dans la rédaction. Cela dépend de toi. Prendre plus ou moins régulièrement de la distance peut être utile, notamment pour faire son autocritique. Ne pas oublier, s'il y a à côté des séminaires, de bien en profiter, de s'entraîner encore pour écrire des essais de recherche (ça entraîne aussi pour le mémoire), un compte-rendu de colloque, etc. Enfin, dernier conseil : les professeurs conseillent de préparer (et d'obtenir) l'agrégation avant de commencer un doctorat. Peut-être certains acceptent-ils des non-agrégés en doctorant, mais ça m'a l'air assez rare. Commencer à se préparer activement à l'agrég l'année d'avant est recommandé (hélas pour moi, je ne l'ai pas suffisamment fait). Si l'on a peu de cours, on peut assister aux cours d'agrég techniques et à ceux portant sur des oeuvres qui resteraient au programme la session suivante (mais je crois que cela vaut surtout pour les lettres classiques). Je me rends compte que je me suis bien défoulé en master, que je me suis versé dans des recherches qui m'intéressaient, que j'ai eu d'excellents résultats, mais qu'en contrepartie j'ai trop délaissé l'aspect "prévision du futur" ; du coup, je ne suis plus trop armé par rapport à la dissertation, et certains aspects du travail à faire pour l'agrég me ramènent à des techniques pas abordées depuis la L3… Bref, ne pas oublier cet aspect, soit en s'y préparant déjà durant le M2, soit en prévoyant de terminer (bien) son mémoire plus tôt, pour aborder ce nouveau travail assez vite.
Edit: Arf, je viens de voir tes autres messages sur l'agreg, du coup mon propos n'est sans doute pas adapté sur ce point, mais ça peut servir à d'autres 😉