Voltaire, Micromégas, chapitre 4 - Après s’être reposés quelque temps, ils mangèrent à leur déjeuner

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je suis en train de faire une lecture analytique du début du chapitre IV de Micromégas de Voltaire. La problématique est la suivante :

En quoi ce chapitre IV du conte développe-t-il une réflexion philosophique autour de la condition humaine ?

Or, j'ai trouvé beaucoup de cette réflexion dans le reste de l'œuvre, mais dans cet extrait en particulier, il n'est pas si évident. Il me semble plutôt une réfutation de l'anthropocentrisme, et une réflexion sur la position de l'Homme dans l'univers. Serait-il possible d'obtenir des suggestions sur comment je peux rejoindre le relativisme, la science et la condition humaine ?

Merci en avance,
Pianostar88
Bonjour…

Est-ce tout ce texte ?

https://www.cosmovisions.com/Voltaire0104.htm
Bonjour,

C’est exactement cela le problème. Ce n’est que ce petit extrait :
Après s'être reposés quelque temps, ils mangèrent à leur déjeuner deux montagnes que leurs gens leur apprêtèrent assez proprement. Ensuite ils voulurent reconnaître le petit pays où ils étaient. Ils allèrent d'abord du nord au sud. Les pas ordinaires du Sirien et de ses gens étaient d'environ trente mille pieds de roi; le nain de Saturne suivait de loin en haletant; or il fallait qu'il fît environ douze pas, quand l'autre faisait une enjambée : figurez-vous (s'il est permis de faire de telles comparaisons) un très petit chien de manchon qui suivrait un capitaine des gardes du roi de Prusse.

Comme ces étrangers-là vont assez vite, ils eurent fait le tour du globe en trente-six heures; le Soleil, à la vérité, ou plutôt la Terre, fait un pareil voyage en une journée; mais il faut songer qu'on va bien plus à son aise quand on tourne sur son axe que quand on marche sur ses pieds. Les voilà donc revenus d'où ils étaient partis, après avoir vu cette mare, presque imperceptible pour eux, qu'on nomme la Méditerranée, et cet autre petit étang qui, sous le nom du grand Océan, entoure la taupinière. Le nain n'en avait eu jamais qu'à mi-jambe, et à peine l'autre avait-il mouillé son talon. Ils firent tout ce qu'ils purent en allant et en revenant dessus et dessous pour tâcher d'apercevoir si ce globe était habité ou non. Ils se baissèrent, ils se couchèrent, ils tâtèrent partout; mais leurs yeux et leurs mains n'étant point proportionnés aux petits qui rampent ici, ils ne reçurent pas la moindre sensation qui pût leur faire soupçonner que nous et nos confrères les autres habitants de ce globe avons l'honneur d'exister.
Dans le chapitre entier, il y a plusieurs thèmes (relativisme, science, pragmatisme…), mais je ne vois pas comment les relier à la condition humaine.

Merci beaucoup !
Bonjour,
Je reposte ce sujet, parce que je n'avais pas mis le texte avant. J'ai une lecture analytique à faire. La problématique est :

En quoi ce chapitre IV présente-t-il une réflexion philosophique autour de la condition humaine ?


Or, je pensais, en le lisant, que c'était une réflexion philosophique sur la position de l'Homme dans l'univers. Mais le cours correspondant est entièrement sur l'altérité. Je comprends qu’il y a des éléments d’altérité, mais je ne suis pas sure que c’est le but spécifique de ce début du chapitre IV. J’ai déjà tout fais donc je comprends le merveilleux présente, les sciences, la relativité… Ce qui me bouleverse c’est l’insistance sur l’altérité plutôt que sur la critique de l’anthropocentrisme.

Merci pour votre aide et à bientôt.
Bonsoir,

Il s'agit de rendre compte comment la fantaisie voltairienne débouche sur le relativisme :
Comment notre taille et notre équipement sensoriel influent sur
- nos perceptions ?
- nos conceptions ?
Merci pour votre réponse. Oui, je comprends les conceptions, les perceptions, et le relativisme. Mais ce qui me donne le doute, et je ne sais pas si je parviens à l’expliquer clairement, c’est le relativisme envers l’altérité, parce qu’il me semble que Voltaire fasse aboutir le relativisme à une critique de la position qu’assume l’Homme dans l’univers ; tandis que dans la séquence, le relativisme est illustré en fonction de la tolérance de l’altérité, ce qui est valide pour le reste de l’œuvre mais pas pour cet extrait spécifiquement, qui est plus universel que cela.
Il y a quand même des allusions à la différence :
- Voltaire apprécie l'univers familier de l'Europe d'un point de vue étranger à la culture gréco-latine et judéo-chrétienne,
- à propos du nain de Saturne, se permet de piquer les orgueilleuses prétentions prussiennes…
Bonjour ,
J'ai un oral à préparer. L'oral doit durer 10 min. Je dois analyser et faire une lecture analytique cet extrait du chapitre 4 de Micromégas ;
"
"Après s'être reposés quelque temps, ils mangèrent à leur déjeuner deux montagnes que leurs gens leur apprêtèrent assez proprement. Ensuite ils voulurent reconnaître le petit pays où ils étaient. Ils allèrent d'abord du nord au sud. Les pas ordinaires du Sirien et de ses gens étaient d'environ trente mille pieds de roi; le nain de Saturne suivait de loin en haletant; or il fallait qu'il fît environ douze pas, quand l'autre faisait une enjambée : figurez-vous (s'il est permis de faire de telles comparaisons) un très petit chien de manchon qui suivrait un capitaine des gardes du roi de Prusse.
Comme ces étrangers-là vont assez vite, ils eurent fait le tour du globe en trente-six heures; le Soleil, à la vérité, ou plutôt la Terre, fait un pareil voyage en une journée; mais il faut songer qu'on va bien plus à son aise quand on tourne sur son axe que quand on marche sur ses pieds. Les voilà donc revenus d'où ils étaient partis, après avoir vu cette mare, presque imperceptible pour eux, qu'on nomme la Méditerranée, et cet autre petit étang qui, sous le nom du grand Océan, entoure la taupinière. Le nain n'en avait eu jamais qu'à mi-jambe, et à peine l'autre avait-il mouillé son talon. Ils firent tout ce qu'ils purent en allant et en revenant dessus et dessous pour tâcher d'apercevoir si ce globe était habité ou non. Ils se baissèrent, ils se couchèrent, ils tâtèrent partout; mais leurs yeux et leurs mains n'étant point proportionnés aux petits qui rampent ici, ils ne reçurent pas la moindre sensation qui pût leur faire soupçonner que nous et nos confrères les autres habitants de ce globe avons l'honneur d'exister."
La problématique est : En quoi cet extrait plein de fantaisie propose-t-il une réflexion philosophique sur l'altérité?
'ai dû mal à rédiger ,à ne pas dissocier la forme et le fond , et construire des phrases dans un langage correct… J'ai très peur pour le bac de français =/…
Voici ce que j'ai fait :

Intro : Voltaire est un poète , philosophe du siècle des Lumières. Ses idées basées sur la tolérance la critique du pouvoir , de la religion ont formé la ligne de conduite des Lumières. Avec Micromégas ils s'imposent comme le créateur de ce nouveau genre littéraire ;le conte philosophique. Sous cette illusion de fantaisie , ce conte traite de sujet sérieux : En premier lieu nous verrons comment est mis en scène cette fantaisie ainsi que la Terre vue par des géants puis en second lui nous verrons quelle est la réflexion philosophique de ce conte ainsi que sa critique .

Développement

I: Le conte ; la fantaisie ,
Le conte philosophique possède les caractéristiques d'un conte traditionnel
a) La mise en scène de la fantaisie
Le conte met en scène des personnes merveilleux , extra-terrestres . En effet leur taille dépassent les "lois humaines" . Micromégas est en effet un géant comme l'indique sont étymologie micro=petit mégas=grand.Le saturnien est quant à lui considéré par ses compagnons , comme un nain " Le nain de Saturne". Le Sirien est un géant " pas ordinaire etc" . Leur déjeuné est lui aussi "surdimensionné" comme l'indique " Après s'être reposées etc" . Ces personnages , comme dans un conte traditionnel sont amenées à quitter leur milieu pour explorer le monde " ils voulurent reconnaître le petit pays où ils étaient . De plus , le cadre qui est le cosmos s'apparente bien au genre traditionnel du conte. De surcroît , les personnages n'ont d'autres moyen de locomotions que leur jambes " pas ordinaires" . Voltaire satisfait donc le premier rôle d'un conte qui est plaire et faire rêver. Ils sont aidés par ces étrangers là . Cette expression indique leur vision envers ce nouveau monde qui est la Terre.
b) La Terre vue par des Géants :
Le narrateur est omniscient. Les personnages ont une vision plutôt négative de la Terre. Tout est petit comme l'indique cette métaphore périphrastiques " Cette mare presque imperceptible pour eux qu'o nomme la Méditerranée et cet autre petit étang qui sous le nom du Grand Océan entoure la Taupinière" . La Terre est donc qualifié de Taupinière d'ailleurs ils essayent d’apercevoir si ce globe est habité. Le narrateur marque ensuite une connivence avec le lecteur avec " soupçonner" . Le Saturnien alors considéré comme nain est lui aussi plus grand " le nain n'en avait qu'à mi-jambe" . La Terre est donc vue petite et mystérieuse. Derrière cette apparente fantaisie se cache une réflexion philosophique .

II : Le conte philosophique
Comme tout conte philosophique il y a une critique.
a) La réflexion philosophique :
C'est donc une réflexion saignante qui se cache derrière cette fantaisie . Ainsi les rôles sont inversées ; l'être inconnu soumis à toutes les interrogations c'est nous en tant qu'être humain. Voltaire instaure ici le relativisme : Au début du chapitre 4, Voltaire met en avant ses différences ; en effet le Sirien est plus grand que Saturne , tous les deux sont bien plus grands que la superficie de la Terre " le nain n'en avait eu jamais qu'à mi-jambe etc" Cette insistance a pour but d'instaurer une réflexion philosophique en prenant conscience des différences de chacun.Tout devient relatif ; il cherche à minorer la grandeur par exemple avec " marre".Voltaire critique ainsi l'être humain.
b) La critique sur l'être humain :

Ce conte philosophique est aussi satirique. Bien entendu la critique est sous entendu par le biais de la fantaisie. Voltaire fait donc la satire de l'être humain . Ainsi les bases de l'anthropocentrisme sont brisés ; en premier lieu par le cadre spatio-temporel ( cosmos) puis par le regarde de ces protagonistes géants. Voltaire critique donc la société. L'ironie de Voltaire se fait sentir dans ce clin d'oeil avec le lecteur " honneur" en faisant comprendre que les Terriens se croient au centre du monde. Cette humour Voltaire la cultive encore en critiquant la rapidité de déplacement de Micromégas et ses compagnons " qu'on va bien plus à son aise" etc.

Conclusion : Par cette apparente fantaisie . Cet extrait divulgue une réflexion philosophique sur l'altérité ainsi que la place de l'homme dans l'univers.

Merci d'avance

Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait 🙂 ? Merci d'avance !
Bonsoir Fee97,

Je prends un moment pour te répondre.

Ton plan est excellent. Tu n'as absolument besoin d'aucune aide. En plus tes exemples sont pertinents. Je pense que tu auras une bonne note.

Néanmoins, j'ai deux remarques à faire:

1. Le point de vue du narrateur n'est pas omniscient. En fait le narrateur joue un jeu subtil avec le point de vue interne: malgré l'étrangeté des géants, c'est par leur point de vue que les humains vont être représentés. Le lecteur sait que les humains sont là, mais le narrateur fait croire ironiquement en adoptant le point de vue des géants qu'il n'y a rien d'existant sur cette planète minuscule.

2. Ne rédige pas tes notes. C'est un oral. Le prof verra tout de suite que tu lis ton texte. Il va t'interrompre pour te déstabiliser et tu risques de t'embrouiller et donc de perdre beaucoup de points.
Je te conseille de ne rédiger que les idées essentielles en abrégé, de sauter une ligne à chaque nouvelle idée. Placer les exemples sous les idées et les uns en dessous des autres.
En fait il faut que tu puisses regarder le prof pendant que tu parles, tout en jetant un coup d'oeil à tes notes rapidement pour savoir où tu en es de ton plan. C'est un peu difficile mais on s'y habitue.

Exemple de notes en abrégé:

I. Fantaisie du passage

- mise en scène similaire à celle d'un conte merveilleux
- représentation du gigantisme:
exemple: hyperbole des "deux montagnes"
- ironie dans l'utilisation des chiffres
exemple : récurrence de l'adverbe "environ"
- jeu de connivence entre le narrateur et le lecteur
exemple: utilisation du pronom "nous"
- clin d'oeil au lecteur : penser à gargantua et Pantagruel

Etc…..

Tu lis ta première idée puis tu développes oralement en regardant le prof et ainsi de suite.

J'espère t'avoir aidé(e).

Bon courage.



PS: Pour être plus clair sur la question du double jeu subtil avec le point de vue interne:
Le narrateur adopte le point de vue des géants qui explorent la terre mais pensent qu'il n'y a rien de vivant sur une planète aussi ridiculement minuscule.
Mais on comprend bien qu'il se place en réalité du point de vue des terriens puisqu'il emploie le pronom "nous" à la fin du passage soulignant ainsi son appartenance à la communauté des terriens dont le lecteur fait également partie. Il se sent même vexé: "nous avons l'honneur d'exister". Donc il se moque des géant incapables de nous trouver.
Qui est l'objet de moquerie ici: les géants ridiculement gigantesques ou les humains ridiculement minuscules?
Il fait croire qu'il se place du point de vue des géants alors qu'il se place du point de vue des humains.
Merci beaucoup Philick 🙂 ! Oui vous m'avez vraiment aidé ! Je note pour les points de vues. Il est vrai que Voltaire "joue" par ailleurs dans Micromégas avec cela. Je vois que vous citer des figures de style comme l' " hyperbole". Il est vrai que j'ai dû mal à les repérer mais dernièrement ma maman m'a acheté " profil pratique figure de style" . J'espère y arriver plus facilement . Je prends aussi vos conseils pour les notes abrégé , il est vrai que le ton est important s'il est monotone je risque de perdre malheureusement des points et de ne pas intéresser mon professeur.
Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre !

Fee97 en 1ère S
Bonjour,

J'ai fait une introduction sur le même sujet que Fee97 et je voulais savoir si mon introduction était correcte.
Je vous préviens déjà que j'ai du mal pour rédiger en français, donc souvent je ne formule pas comme il le faut les idées que je veux faire passer.

Voici ce que j'ai fait :

Voltaire de son vrai nom Jean-Marie Arouet est écrivain et philosophe français né en 1694 à Paris et mort en 1778 dans cette même ville, il a marqué le XIXe siècle. Auteur de plusieurs œuvres dont le but est philosophique, il sera à la tête du parti philosophique de son époque. Pendant la Révolution française et le XIXe siècle, il sera le philosophe préféré des Français.
En 1752, Voltaire fait paraître un conte philosophe intitulé, Micromégas, dans lequel il raconte le fabuleux voyage à travers la galaxie d'un jeune géant, Micromégas, âgé de 250ans et venant de la planète Sirius. Il rencontrera de nombreux habitants venant de plusieurs planètes avec lesquels il conversera pour mieux les connaître et développer son savoir.
Dans le chapitre IV, le Sirien, Micromégas, et son compagnon le Saturnien arrivent sur le globe terrestre. L'extrait que nous allons étudier nous narre l'arrivée de nos deux compagnons sur Terre. Nous verrons en quoi cet extrait plein de fantaisie propose-t-il une réflexion philosophique sur l’altérité. Pour cela nous étudierons tout d'abord comment la fantaisie est mise en scène dans cet extrait, puis nous analyserons la visée philosophique que l'auteur veut faire passer.

Merci d'avance, pour votre réponse. 🙂
il a marqué le XIXe siècle.
Attention. Voltaire est un philosophe du XVIII°.
Merci Floreale pour la remarque sur le siècle.
Et à part celle-ci, il n'y a pas d'autres erreurs ?
il sera à la tête du parti philosophique de son époque
A éviter.

Les composantes d'une introduction au commentaire sont là sauf peut-être une problématique formulée.
Merci encore pour ta réponse.

Je viens de terminer la première partie de mon développement. Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ?

Développement :

Tout d'abord, le conte philosophique est genre littéraire mixte, c’est-à-dire qu'il possède les caractéristiques d'un conte comme l'emploi de personnages fantastiques "Les pas ordinaires du Sirien et de ses gens étaient d’environ trente mille pieds-de-roi" , " le nain de Saturne, dont la taille n’était que de mille toises " ; les aventures de nos deux protagonistes sont à l'échelle du cosmos. Le déjeuner qu'ils effectuent au début du chapitre est aussi surdimensionné " ils mangèrent à leur déjeuner deux montagnes ". De plus, le fait qu'ils réalisent leur voyage à pieds rajoute un côté fantastique.

Puis, la fantaisie est mise en scène dans cet extrait avec la description de la planète Terre par les géants. Ils jugent que la Terre est petite comme le montre cette phrase " après avoir vu cette mare, presque imperceptible pour eux, qu’on nomme la Méditerranée ". Sa taille est encore critiquée par cette phrase " ils eurent fait le tour du globe en trente-six heures ".

Merci d'avance pour votre réponse. 🙂
En quelle classe es-tu ? C'est assez léger pour une partie entière…
Bonjour Ammy,

Je suis en 1[sup]ère[/sup] S au CNED.
Alors désolée mais une partie de commentaire doit être beaucoup plus consistante… Il faut que tu analyses d'autres éléments du texte pour illustrer tes arguments et que tu commentes ce que tu cites. Par exemple : qu'est-ce qui est fantaisiste dans "le nain de Saturne, dont la taille n'était que de mille toises" ? Explique les choix de voltaire

Bonjour à tous, J’étudie actuellement le conte philosophique Micromégas de Voltaire et mon attention se porte sur le début du chapitre 4. Je dois en faire une analyse linéaire. Si je pense avoir compris l’enjeu de l’extrait (ma problématique va se porter sur la capacité de Voltaire à dénoncer les vices de la société de son époque en utilisant un ton léger => étude des éléments fantaisistes du conte, ironie…), je n’arrive pas à subdiviser mon texte en unités cohérentes… Voici l’extrait en question : "Comme ces étrangers-là vont assez vite, ils eurent fait le tour du globe en trente-six heures ; le soleil, à la vérité, ou plutôt la terre, fait un pareil voyage en une journée ; mais il faut songer qu’on va bien plus à son aise quand on tourne sur son axe que quand on marche sur ses pieds. Les voilà donc revenus d’où ils étaient partis, après avoir vu cette mare, presque imperceptible pour eux, qu’on nomme la Méditerranée, et cet autre petit étang qui, sous le nom du grand Océan, entoure la taupinière. Le nain n’en avait eu jamais qu’à mi-jambe, et à peine l’autre avait-il mouillé son talon. Ils firent tout ce qu’ils purent en allant et en revenant dessus et dessous pour tâcher d’apercevoir si ce globe était habité ou non. Ils se baissèrent, ils se couchèrent, ils tâtèrent partout ; mais leurs yeux et leurs mains n’étant point proportionnés aux petits êtres qui rampent ici, ils ne reçurent pas la moindre sensation qui pût leur faire soupçonner que nous et nos confrères les autres habitants de ce globe avons l’honneur d’exister. Le nain, qui jugeait quelquefois un peu trop vite, décida d’abord qu’il n’y avait personne sur la terre. Sa première raison était qu’il n’avait vu personne. Micromégas lui fit sentir poliment que c’était raisonner assez mal : « Car, disait-il, vous ne voyez pas avec vos petits yeux certaines étoiles de la cinquantième grandeur que j’aperçois très-distinctement ; concluez-vous de là que ces étoiles n’existent pas ? — Mais, dit le nain, j’ai bien tâté. — Mais, répondit l’autre, vous avez mal senti. — Mais, dit le nain, ce globe-ci est si mal construit, cela est si irrégulier et d’une forme qui me paraît si ridicule ! tout semble être ici dans le chaos : voyez-vous ces petits ruisseaux dont aucun ne va de droit fil, ces étangs qui ne sont ni ronds, ni carrés, ni ovales, ni sous aucune forme régulière ; tous ces petits grains pointus dont ce globe est hérissé, et qui m’ont écorché les pieds ? (Il voulait parler des montagnes.) Remarquez-vous encore la forme de tout le globe, comme il est plat aux pôles, comme il tourne autour du soleil d’une manière gauche, de façon que les climats des pôles sont nécessairement incultes ? En vérité, ce qui fait que je pense qu’il n’y a ici personne, c’est qu’il me paraît que des gens de bon sens ne voudraient pas y demeurer". Je vois bien les deux principaux mouvements se détacher : le premier paragraphe qui est un passage principalement descriptif et un deuxième paragraphe dialogué… Mais je pense que je manque de précision et qu’un troisième découpage pourrait être judicieux… Serait-ce intéressant de détacher la dernière réplique du nain qui est plus longue que les autres répliques et qui pourrait donc constituer une unité à part entière ? J’aurai alors trois unités textuelles… Qu’en pensez-vous ? Merci d’avoir accordé du temps à la lecture de ce sujet et merci à ceux qui pourront me répondre !!Bon dimanche à vous;

ma problématique va se porter sur la capacité de Voltaire à dénoncer les vices de la société de son époque en utilisant un ton léger 

Cette problématique me semble un peu trop précise pour le passage précis dont il est question. Des vices de la société, il n’est pas encore vraiment question ici. Plus loin dans le conte, oui.

Tu veux, dis-tu, subdiviser l’extrait en unités cohérentes.

Je suppose que cela veut dire qu’il se faut déterminer ses différentes parties.

La disposition en paragraphes est d’un bon secours, et effectivement, on peut distinguer deux parties bien distinctes dans ce passage, pas plus..

-La première est le récit du tour du monde par les deux géants, récit fantaisiste imbibé de logique interne mais non dénué d’incohérences, et de son exploration minutieuse.

-La deuxième partie est statique. Il y a arrêt dans le récit. Les personnages, et notamment le plus petit des deux, ce n’est pas un hasard, le nain de Saturne, discutent de ce qu’ils ont vu ou plutôt n’ont pas vu, senti ou pas senti. (à noter que la discussion se poursuit un peu au-delà de l’extrait à commenter.)

A mon sens, il n’y a pas lieu de distinguer trois unités textuelles, d’autant plus que les paroles du nain de Saturne sont suivies de la réponse immédiate de Micromégas : Eh bien! Ce ne sont peut-être pas non plus des gens de bons sens qui l’habitent. qui prolonge le dialogue… qui n’en finirait pas, chacun campant sur ses positions, si un fait nouveau n’était venu se produire.