Bonsoir,
sous ce titre quelque peu moqueur, j'ai une véritable question à poser et surtout le besoin de la poser à des gens qui sont aussi passés par une Khâgne (ou qui y sont encore).
C'est triste à dire, mais la KH, je déteste ça. C'est une souffrance indescriptible de me lever le matin et de m'asseoir sur une chaise en ayant le sentiment de ne rien faire de la journée (sauf en Grec et en Latin, mais ça ne me fait donc que 9h de cours passionnants par semaine), j'ai même développé de l'eczéma aux mains, qui m'empêche certains jours d'écrire la moindre ligne. Je raconte ma vie, je sais, mais je voudrais savoir si d'autres sont passés par là. J'ai adoré l'HK, j'étais épanouie, je lisais tout le temps, j'avais envie et j'adorais apprendre. J'avais des cours géniaux et j'étais bien. Je pensais que la KH m'apporterait la même plénitude. Et bien non. C'est présomptueux, et je me rends bien compte de mon audace, mais je crois pouvoir dire que j'ai de mauvais cours (enfin quand j'en ai, certains professeurs préférant nous raconter leurs déboires conjugaux ou autres) et je m'ennuie très souvent, mais comme je suis au premier rang, je ne peux rien faire d'autre et je reste là, amorphe et dépitée. Le pire, c'est que cette situation me bloque complètement, je n'arrive même plus à travailler (à part en Grec et en Latin bien sûr) de moi-même, pour pallier les manques des cours (je sais bien qu'un étudiant ne peux pas tout attendre d'un cours, je ne suis pas non plus pour l'assistanat).
Je ne sais donc pas si je me voile la face, parce que je sais que je n'ai pas les capacités de réussir le concours, et que c'est un pur délire, ou si vraiment il faut que j'essaye de khûber ailleurs. Certains camarades khûbes m'ont dit que la KH c'était bien moins drôle que l'HK, et j'ai tendance à les croire. Mais pour me préparer, j'ai fait un stage en août à Ipesup, et j'ai a-do-ré les cours que j'y ai reçu.
Enfin bref, je sais que tout cela n'est pas très intéressant et un peu déprimant, mais je suis assez inquiète dans la mesure où, si je veux khûber, il me faut un bon dossier, et pour ça il me faudrait un bon coup de motivex, c'est presque ma dernière chance de continuer dans la filière littéraire (mes débiteurs préférés refusant de me payer la fac).
Enfin bref, en KH, comment fait-on pour se motiver?
Merci à ceux qui m'ont lue et bonne soirée.
Bonsoir Athénaïs,
Je n'ai pas pour habitude de participer aux forums sur les sites que je fréquente mais ton message m'a touchée : j'ai entendu une détresse qui a fait écho en moi à celle que j'ai ressentie quand j'étais en prépa. Comme toi j'ai adoré mon année d'hyôkhâgne mais la première année de khâgne a été atroce, j'ai fait de l'anorexie tellement j'étais angoissée par la perspective du concours. Ce qui avait changé par rapport à la première année c'était le niveau et la pression. Le fait qu'il y ait le concours au bout changeait tout. Il y avait un programme ultrachargé à respecter, enfin tu connais. J'étais en lettres classiques aussi. Et puis finalement j'ai fait une seconde année de khâgne qui a été complètement différente : je m'étais bien préparée pendant l'été, j'avais progressé dans toutes les matières, j'étais mieux préparée psychologiquement et j'ai pris beaucoup de plaisir à cette année. Chaque situation est unique et c'est difficile de donner des conseils mais je vais essayer. Ce qui est vraiment problématique dans ton cas, c'est que tu t'ennuies pendant les cours et que tu trouves tes profs inintéressants. ça, c'est préoccupant. L'intérêt d'une khâgne, c'est le haut niveau intellectuel et culturel, c'est de bénéficier d'une formation de haut vol ; c'est pour cela qu'il vaut la peine de surmonter le stress et tout le reste. Je pense qu'il faut que tu trouves une autre khâgne, que tu te renseignes bien avant pour savoir où tu vas. Je ne sais pas où tu es mais moi j'étais dans une petite khâgne où les profs étaient excellents, humains pour la plupart. Je pense que ça vaut vraiment la peine d'essayer. Je ne dis pas que la fac c'est nul mais quand on peut aller en prépa, il faut s'accrocher. La fac, on peut toujours y aller après de toute façon. Une khâgne ça peut être passionnant si les profs sont bien. C'est toujours moins drôle qu'une hypokhâgne parce qu'il y a ce satané concours et les programmes à respecter, mais moi j'ai adoré ma seconde année de KH. Renseigne-toi sur les possibilités de changement, bon courage à toi et avant tout : ne te rends pas malade, tu as le choix ! Je reste à ta disposition si tu as des questions… Bonne journée !
Bonjour Athénaïs,
J'ai également fait une prépa et comme toi et Galatée, j'ai préféré l'HK à la khâgne, plus ou moins pour les mêmes raisons : j'aimais bien l'HK dans l'ensemble, et notamment la littérature parce que j'avais un prof vraiment passionnant et que j'ai appris des choses. Mais en khâgne, je n'avais plus ce prof de littérature, j'en avais un qui ressemblait au Binns d'Harry Potter, on ne faisait que des explic' de texte du début à la fin de l'année. Or, j'avais ce prof à la fois en tronc commun et en spécialité Lettres modernes, soit une dizaine d'heures par semaine, pendant lesquelles je m'ennuyais profondément et passais plus de temps à dessiner qu'à prendre des notes. Parallèlement, je croulais sous la masse des devoirs (contrairement à vous je n'avais pas de programme, sauf en option, donc il fallait tout simplement tout savoir sur tout…) ; le latin m'était brusquement devenu trop difficile ; en LV1 nous nous contentions d'écouter un élève passer sur un commentaire de texte puis la reprise de la prof et cela ne nous servait à rien, ne travaillant pas les textes par nous-mêmes (manque de temps), nous ne retenions rien ; je n'ai jamais cru en mes capacités à décrocher un concours et je me demandais souvent à quoi servait tout ce bourrage de crâne. Seules l'histoire et les versions de langue m'intéressaient encore. Je ne travaillais que par habitude, plus du tout par goût. Les moyennes trimestrielles correspondaient aux moyennes des concours blanc et, dans mon cas, elles étaient bien inférieures à mes vraies moyennes trimestrielles, ce qui faussait complètement et ma moyenne et mon classement ; j'ai mal pris le fait de faire partie des "moyens" de la classe, je n'avais plus du tout l'impression que les notes ou les moyennes reflétaient un niveau réel.
Je crois que j'aurais encore pu faire abstraction de cette masse de travail si j'avais eu des camarades intéressants avec qui parler, décompresser etc. mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Je suis devenue un peu loup-garou et j'ai même fait une dépression dont personne ne s'est aperçue.
Après 3 ans de prépa, je suis arrivée en master, j'ai changé de ville, pu souffler, faire de nouvelles connaissances et avoir de vrais loisirs.
Donc je pense qu'avoir de bons amis avec lesquels travailler et décompresser est essentiel. Vous pouvez vous mettre en groupe et vous répartir le travail dans les matières dans lesquelles tu trouves que vous avez de mauvais cours, en essayant si possible de vous réserver ce qui vous plaît le plus. Et n'oubliez pas les sorties, à raison d'une par semaine, c'est vraiment important de ne pas rester enfermé, surtout seul.
J'espère avoir pu t'aider un peu. Bon courage !
J'ajoute à tout cela -bachotage de la khâgne face à la découverte de l'hypokhâgne, possibilité d'un renouveau en khûbe (parce qu'on maîtrise mieux), etc- qu'il y a aussi un rythme de l'année : la période que tu traverses est particulièrement difficile -les mois de novembre et décembre sont froids, sinistres, et se clôturent avec un concours blanc-, mais ça devrait aller mieux en janvier février quand le beau temps revient, qu'on a progressé…
Bref, il faut t'accrocher.
Par ailleurs, il y a un défaut du bon élève qui consiste à s'appuyer sur les cours de façon trop importante. Si, en tant que khârré, tu peux difficilement te passer des cours, peut-être peux-tu te mettre dans le fond de la classe pour travailler toute seule ? Un cours ne donne pas le concours, il mâche le travail et motive dans le meilleur des cas.
Bon courage ! Allez allez allez !
Bonsoir,
merci beaucoup pour vos réponses, ça me fait un bien fou de me sentir un peu moins seule 🙂
Ce que vous me dites me remotive un peu (un peu seulement parce qu'aujourd'hui en Histoire, on a écrit UNE ligne la première heure, le titre: La SDN de 1917 à 1920, et on a fini par embrayer avec difficultés sur une introduction qui expliquait le rôle de la SDN pendant la Seconde Guerre Mondiale, enfin bref), et je crois que je vais tenter de khûber ailleurs, même si je sens que ça va être très difficile. Mais malheureusement, je ne peux changer de place, je vais devoir trouver autre chose pour travailler mon Histoire. Peut-être que si je lis un manuel sous son nez ça lui fera prendre conscience qu'un cours serait bien bienvenu. Pour répondre à l'un de vous, je sais bien qu'un cours ne fait pas tout, et c'est ce que mon professeur ne cesse de nous répéter, mais ça serait toujours mieux que le récit des cours d'équitation de sa fille, et ça permettrait de comprendre certaines lectures, pas toujours aisées, surtout pour quelqu'un comme moi qui a plus l'habitude de lire de l'histoire médiévale.
Enfin pour ce qui est de la pression de l'année et du concours, je trouve pour ma part que c'est moins dur que l'an dernier, étrangement (sauf en Latin, là je souffre décemment); et pour ce qui est du concours, je suis maintenant prête à khûber alors ça va (même si il me faut de bons résultats pour pouvoir khûber…). Enfin vous me confortez tous dans l'idée que quitter la prépa sur cette impression serait une erreur.
Merci à tous et bonne soirée!