Bonjour,
J'ai un commentaire composé à rédiger avec deux axes déjà donnés A/La montée du suspense et de la tension dramatique B/La mort blanche et se fait à partir de " Un hiver " jusqu'à la fin.
Ce que j'ai fait :
J'ai déniché une problématique " Par quel procédé l'auteur apitoie-t-il le lecteur à travers ce déboire au dénouement tragique ? ". Pour les sous-parties du B/ je pense 1) Une mort lente 2) Inexorablement sous la symbolique de la couleur blanche.
Cependant, pour le A, je suis paumé, je ne sais pas vraiment ce qu'est le registre dramatique et comment recenser le suspense et la tension. Je trouve par contre qu'il y a la forme du conte. Ai-je raison ?
Merci de votre aide.
J'ai un commentaire composé à rédiger avec deux axes déjà donnés A/La montée du suspense et de la tension dramatique B/La mort blanche et se fait à partir de " Un hiver " jusqu'à la fin.
Ce que j'ai fait :
J'ai déniché une problématique " Par quel procédé l'auteur apitoie-t-il le lecteur à travers ce déboire au dénouement tragique ? ". Pour les sous-parties du B/ je pense 1) Une mort lente 2) Inexorablement sous la symbolique de la couleur blanche.
Cependant, pour le A, je suis paumé, je ne sais pas vraiment ce qu'est le registre dramatique et comment recenser le suspense et la tension. Je trouve par contre qu'il y a la forme du conte. Ai-je raison ?
Merci de votre aide.
Un hiver, la terre était couverte de neige, et il gelait horriblement. Or, son beau-frère, un matin, le [l'aveugle] conduisit fort loin sur une grande route pour lui faire demander l’aumône. Il l’y laissa tout le jour, et quand la nuit fut venue, il affirma devant ses gens qu’il ne l’avait plus retrouvé. Puis il ajouta : « Bast ! faut pas s’en occuper, quelqu’un l’aura emmené parce qu’il avait froid. Pardié ! i n’est pas perdu. I reviendra ben d’main manger la soupe. »
Le lendemain, il ne revint pas.
Après de longues heures d’attente, saisi par le froid, se sentant mourir, l’aveugle s’était mis à marcher. Ne pouvant reconnaître la route ensevelie sous cette écume de glace, il avait erré au hasard, tombant dans les fossés, se relevant, toujours muet, cherchant une maison.
Mais l’engourdissement des neiges l’avait peu à peu envahi, et ses jambes faibles ne le pouvant plus porter, il s’était assis au milieu d’une plaine. Il ne se releva point.
Les blancs flocons qui tombaient toujours l’ensevelirent. Son corps raidi disparut sous l’incessante accumulation de leur foule infinie ; et rien n’indiquait plus la place où le cadavre était couché.
Ses parents firent mine de s’enquérir et de le chercher pendant huit jours. Ils pleurèrent même.
L’hiver était rude et le dégel n’arrivait pas vite. Or, un dimanche, en allant à la messe, les fermiers remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s’abattaient comme une pluie noire en tas à la même place, repartaient et revenaient toujours.
La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s’ils se fussent réunis de tous les coins de l’horizon ; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu’ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
Un gars alla voir ce qu’ils faisaient, et découvrit le corps de l’aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l’avaient connu.



