Bonjour à tous, j'étudie en ce moment la comédie classique et je dois dégager le jugement de Boileau sur ce genre d'après l'extrait suivant:
"Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique.Alors voila, j'ai d'abord pensé qu'il n'y avais aucun jugement et que Boileau donne ici plutôt une méthode, mais en réfléchissant, je crois que pour lui, le comique ne doit pas tomber dans la farce, mais qu'il doit être fin, noble. Il doit véhiculer la raison et peindre l'homme d'après nature. Tout cela reste pour moi quand même un peu flou, j'ai besoin d'aide. Merci d'avance.
Quiconque voit bien l’homme et, d’un esprit profond,
De tant de cœurs cachés a pénétré le fond ;
Qui sait bien ce que c’est qu’un prodigue, un avare,
Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre,
Sur une scène heureuse il peut les étaler,
Et les faire à nos yeux vivre, agir et parler. […]
Étudiez la cour et connaissez la ville :
L’une et l’autre est toujours en modèles fertile.
C’est par là que Molière, illustrant ses écrits,
Peut-être de son art eût remporté le prix,
Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures,
Il n’eût point fait souvent grimacer ses figures,
Quitté, pour le bouffon, l’agréable et le fin,
Et sans honte à Térence allié Tabarin.
Dans ce sac ridicule où Scapin s’enveloppe,
Je ne reconnais plus l’auteur du Misanthrope.
Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs,
N’admet point en ses vers de tragiques douleurs ;
Mais son emploi n’est pas d’aller, dans une place,
De mots sales et bas charmer la populace.
Il faut que ses acteurs badinent noblement ;
Que son nœud bien formé se dénoue aisément ;
Que l’action, marchant où la raison la guide,
Ne se perde jamais dans une scène vide ;
Que son style humble et doux se relève à propos ;
Que ses discours, partout fertiles en bons mots,
Soient pleins de passions finement maniées,
Et les scènes toujours l’une à l’autre liées.
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter :
Jamais de la nature il ne faut s’écarter."



