Boileau, L’Art poétique, chant III - Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, j'étudie en ce moment la comédie classique et je dois dégager le jugement de Boileau sur ce genre d'après l'extrait suivant:
"Auteurs qui prétendez aux honneurs du comique.
Quiconque voit bien l’homme et, d’un esprit profond,
De tant de cœurs cachés a pénétré le fond ;
Qui sait bien ce que c’est qu’un prodigue, un avare,
Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre,
Sur une scène heureuse il peut les étaler,
Et les faire à nos yeux vivre, agir et parler. […]

Étudiez la cour et connaissez la ville :
L’une et l’autre est toujours en modèles fertile.
C’est par là que Molière, illustrant ses écrits,
Peut-être de son art eût remporté le prix,
Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures,
Il n’eût point fait souvent grimacer ses figures,
Quitté, pour le bouffon, l’agréable et le fin,
Et sans honte à Térence allié Tabarin.
Dans ce sac ridicule où Scapin s’enveloppe,
Je ne reconnais plus l’auteur du Misanthrope.
Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs,
N’admet point en ses vers de tragiques douleurs ;
Mais son emploi n’est pas d’aller, dans une place,
De mots sales et bas charmer la populace.

Il faut que ses acteurs badinent noblement ;
Que son nœud bien formé se dénoue aisément ;
Que l’action, marchant où la raison la guide,
Ne se perde jamais dans une scène vide ;
Que son style humble et doux se relève à propos ;
Que ses discours, partout fertiles en bons mots,
Soient pleins de passions finement maniées,
Et les scènes toujours l’une à l’autre liées.
Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter :
Jamais de la nature il ne faut s’écarter."
Alors voila, j'ai d'abord pensé qu'il n'y avais aucun jugement et que Boileau donne ici plutôt une méthode, mais en réfléchissant, je crois que pour lui, le comique ne doit pas tomber dans la farce, mais qu'il doit être fin, noble. Il doit véhiculer la raison et peindre l'homme d'après nature. Tout cela reste pour moi quand même un peu flou, j'ai besoin d'aide. Merci d'avance.
Bonsoir,

Tu as déjà noté quelques traits importants.

Boileau défend aussi quelques aspects que tu n'as pas relevés :
- éviter le mélange des genres,
- rester vraisemblable,
- plaider pour la langue soutenue de la "grande comédie", en vers notamment,
- finesse de l'esprit (bons mots),
- comédie correctrice des défauts humains par le ridicule, le fameux castigat ridendo mores
Merci! 🙂
Et peut on dire que Boileau porte ici un jugements sur la comédie?
Ca me trouble… Il donne une méthode mais est ce aussi une jugement?
Oui, bien sûr.
Il faudrait que tu regardes le classement des genres à l'époque classique. La comédie n'est pas reconnue comme un genre noble.
merci beaucoup!
Bonjour, je fais un devoir sur la comédie classique dans lequel je dois relever 3 jugement sur celle-ci à partir de deux textes: un extrait de L'art poétique de Boileau et un extrait de la critique de l'école des femmes de Boileau. Les voici:

[Cf. plus haut]
"Lysidas
Ce n’est pas ma coutume de rien blâmer, et je suis assez indulgent pour les ouvrages des autres. Mais enfin, sans choquer l’amitié que monsieur le chevalier témoigne pour l’auteur, on m’avouera que ces sortes de comédies ne sont pas proprement des comédies, et qu’il y a une grande différence de toutes ces bagatelles à la beauté des pièces sérieuses. Cependant tout le monde donne là dedans aujourd’hui ; on ne court plus qu’à cela, et l’on voit une solitude effroyable aux grands ouvrages, lorsque des sottises ont tout Paris. Je vous avoue que le cœur m’en saigne quelquefois ; et cela est honteux pour la France.

Climène
Il est vrai que le goût des gens est étrangement gâté là-dessus, et que le siècle s’encanaille furieusement.

Uranie
Ce n’est pas mon sentiment, pour moi. La tragédie, sans doute, est quelque chose de beau quand elle est bien touchée ; mais la comédie a ses charmes, et je tiens que l’une n’est pas moins difficile à faire que l’autre.

Dorante
Assurément, madame ; et quand, pour la difficulté, vous mettriez un plus du côté de la comédie, peut-être que vous ne vous abuseriez pas. Car enfin, je trouve qu’il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments, de braver en vers la fortune, accuser les destins, et dire des injures aux dieux, que d’entrer comme il faut dans le ridicule des hommes, et de rendre agréablement sur le théâtre les défauts de tout le monde. Lorsque vous peignez des héros, vous faites ce que vous voulez ; ce sont des portraits à plaisir, où l’on ne cherche point de ressemblance ; et vous n’avez qu’à suivre les traits d’une imagination qui se donne l’essor, et qui souvent laisse le vrai pour attraper le merveilleux. Mais lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d’après nature. On veut que ces portraits ressemblent ; et vous n’avez rien fait, si vous n’y faites reconnaître les gens de votre siècle. En un mot, dans les pièces sérieuses, il suffit, pour n’être point blâmé, de dire des choses qui soient de bon sens, et bien écrites ; mais ce n’est pas assez dans les autres, il y faut plaisanter ; et c’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens." La critique de l'Ecole des Femmes, Molière
J'ai fait un plan pour cet exercice et j'aimerais avoir votre avis.

"I. Pour Boileau, la bonne comédie doit respecter plusieurs critères.
Elle doit :
. éviter le mélange des genres (Boileau, L’Art Poétique, vers
. user d’une langue soutenue (« Mais son emploi n’est pas d’aller, dans une place, De mots sales et bas charmer la populace »)
. témoigner d’une finesse d’esprit (« il faut […] que son nœud bien formé se dénoue aisément »)
. peindre l’homme d’après nature (« Jamais de la nature il ne faut s’écarter »)
. rester vraisemblable

II. Le jugement de Lysidas à propos de la comédie est très négatif.
a) Ce ne sont pour lui que des « bagatelles » qui n’atteignent pas las beauté des pièces « sérieuses » (les tragédies) (« il y a une grande différence entre toutes ces bagatelles et la beauté des pièces sérieuses. »).
b) Il se désole du succès des comédies (« on voit une solitude effroyable aux grands ouvrages, lorsque des sottises ont tout Paris »).
c) Avis partagé avec Climène (« Il est vrai que le goût des gens est étrangement gâté là-dessus, et que le siècle s’encanaille furieusement. »).

III. Le jugement de Dorante et très différent.
. Pour lui, comédie aussi belle que la tragédie.
. la comédie est plus difficile :
- Plus difficile de représenter « ridicule » des hommes et de se moquer des défauts sur scène que de « se guinder de grands sentiments, de braver vers la Fortune, accuser les destins, et dire des injures aux dieux ». (La critique de l’Ecole des femmes, vers 24 à 29)
- De même, il suffit en tragédie d’imaginer les personnages, en comédie, nécessiter de les représenter d’après nature. (La critique de l’Ecole des femmes, vers 29 à 36)
- Pour conclure, tragédies ont seulement besoins d’être bien écrite ; les comédies doivent faire rire. (La critique de l’Ecole des femmes, vers 36 à 40)"

Voila. Si il y a des choses à ajouter, à retirez, etc… j'attend votre avis. Merci.