Bonjour,
Voici le sujet de dissertation, ou plutôt la question qui nous a été posée par notre professeur de littérature quant à l'oeuvre de Lorenzaccio de Musset :
"Qu'est-ce qui fait du meurtre de Lorenzo selon vous, un acte inutile ?"
Je pensais tout d'abord faire une première partie sur la portée politique, à travers le fait que Lorenzo sait lui-même bien avant la réalisation de son meurtre que les actes et les paroles sont vains et ne changeront rien à la situation de Florence, notamment à travers la lâcheté de la part des florentins qui contribuent à la corruption et la débauche de la ville tout en exprimant leur volonté de liberté, mais également des Républicains et notamment de Philippe Strozzi qui incarne la parole inutile.
Puis ensuite dans une seconde partie, montrer que l'acte de Lorenzo n'est pas à portée politique, car il s'agit pour lui-même d'une possibilité de retourner à sa vertu d'antan. Pourtant celui-ci manifeste des doutes quant à la réalisation de son rêve.
Seulement, dans cette deuxième partie, mon interprétation est quelque peu plus personnelle, alors j'en poste les grandes lignes avant de vous donner la rédaction complète.
- Lorenzo est incapable de se rendre compte à présent si c'est son double qui agit inconsciemment, ou lui-même consciemment, il pense qu'il est finalement devenu ce qu'il cherchait à se débarrasser. (Il se rend compte que pour pouvoir réaliser son acte il a dû notamment tenter de vendre sa tante Catherine à Alexandre.)
- Lorenzo est mort symboliquement le jour où la foudre s'est amoncelée dans sa poitrine, et qu'il a décidé d'abattre un tyran. Il rompt avec sa personnalité originelle - à savoir l'amoureux des arts et des sciences- pour apparaître comme une sorte de machine à tuer qui n'est pas vraiment vivante.
- Cette idée de mort symbolique est renforcée à travers les images du scalpel et de la statue, mais également à travers l'Acte IV scène 9 où celui-ci se rend compte qu'une fois qu'il aura accompli son but, il n'aura plus de raison de vivre, il mourra symboliquement en même temps qu'Alexandre, mais qu'en plus il signera son arrêt de mort : il se précipite vers sa propre mort. Ce qu'on constate d'ailleurs dans l'Acte V scène 3 où Lorenzo n'apparaît pas comme à nouveau vertueux ou encore plus corrompu, il est pareil à une coquille vide.
Voici la rédaction complète :
Merci d'avance.
Voici le sujet de dissertation, ou plutôt la question qui nous a été posée par notre professeur de littérature quant à l'oeuvre de Lorenzaccio de Musset :
"Qu'est-ce qui fait du meurtre de Lorenzo selon vous, un acte inutile ?"
Je pensais tout d'abord faire une première partie sur la portée politique, à travers le fait que Lorenzo sait lui-même bien avant la réalisation de son meurtre que les actes et les paroles sont vains et ne changeront rien à la situation de Florence, notamment à travers la lâcheté de la part des florentins qui contribuent à la corruption et la débauche de la ville tout en exprimant leur volonté de liberté, mais également des Républicains et notamment de Philippe Strozzi qui incarne la parole inutile.
Puis ensuite dans une seconde partie, montrer que l'acte de Lorenzo n'est pas à portée politique, car il s'agit pour lui-même d'une possibilité de retourner à sa vertu d'antan. Pourtant celui-ci manifeste des doutes quant à la réalisation de son rêve.
Seulement, dans cette deuxième partie, mon interprétation est quelque peu plus personnelle, alors j'en poste les grandes lignes avant de vous donner la rédaction complète.
- Lorenzo est incapable de se rendre compte à présent si c'est son double qui agit inconsciemment, ou lui-même consciemment, il pense qu'il est finalement devenu ce qu'il cherchait à se débarrasser. (Il se rend compte que pour pouvoir réaliser son acte il a dû notamment tenter de vendre sa tante Catherine à Alexandre.)
- Lorenzo est mort symboliquement le jour où la foudre s'est amoncelée dans sa poitrine, et qu'il a décidé d'abattre un tyran. Il rompt avec sa personnalité originelle - à savoir l'amoureux des arts et des sciences- pour apparaître comme une sorte de machine à tuer qui n'est pas vraiment vivante.
- Cette idée de mort symbolique est renforcée à travers les images du scalpel et de la statue, mais également à travers l'Acte IV scène 9 où celui-ci se rend compte qu'une fois qu'il aura accompli son but, il n'aura plus de raison de vivre, il mourra symboliquement en même temps qu'Alexandre, mais qu'en plus il signera son arrêt de mort : il se précipite vers sa propre mort. Ce qu'on constate d'ailleurs dans l'Acte V scène 3 où Lorenzo n'apparaît pas comme à nouveau vertueux ou encore plus corrompu, il est pareil à une coquille vide.
Voici la rédaction complète :
En effet, si Lorenzo exprime ses désillusions quant à l'inefficacité de la portée de son acte au niveau politique, c'est parce qu'il sait tout d'abord que les actes et les paroles sont vains. En effet les paroles sont vaines car elles n'aboutiront pas à la liberté de Florence, et cette idée prend tout son sens à travers le personnage de Philippe Strozzi – un personnage incarnant la vieillesse, donc la sagesse – qui n'a que la prétention de parler et non pas d'agir. Ainsi, les républicains n'agiront pas, même si Lorenzo débarrassait Florence du Duc, tel qu'il l'exprime dans l'Acte III scène 3. Lorenzo lui-même n'espère même pas une révolution qui prendrait racine dans le peuple de Florence, car même si comme dans l'Acte I scène 2 les florentins expriment leur mécontentement vis-à-vis du comportement du Duc et de celui qu'ils nomment Lorenzaccio, ils se résignent et courbent l'échine, certains même prennent le statut de banni et partent en maudissant la ville. Mais si les paroles sont vaines, les actes le sont tout autant, et cette notion s'illustre à travers le meurtre du Duc de Florence. En effet, même après avoir tué le Duc, Lorenzo finit assassiné par un citoyen et son corps est jeté dans la lagune par la foule et peu de temps après, Côme de Médicis est nommé nouveau Duc de Florence grâce au cardinal de Cibo qui lui fait jurer allégeance à Charles Quint. Ainsi, Lorenzo savait très bien depuis l'Acte III scène 3, que son acte n'aurait aucune incidence au niveau politique, et ne changerait en rien la situation de Florence.N'hésitez pas à me dire si ça vous semble un peu farfelu, ou parfois si ça manque un peu d'analyse et si ça se rapproche de la paraphrase, c'est mon premier devoir ! 🙂
D'autre part, Lorenzo déclare également que bien avant l'arrivée du Duc et le mûrissement de son projet d'assassiner Alexandre, Florence était déjà gangrenée par le vice et la débauche et ce, au même stade que lorsque Lorenzo est devenu le complice du Duc. De ce fait, tel qu'il l'exprime à l'Acte I scène 1, les florentins sont complices indirectement de ce climat de débauche et du vice, dont ils sont ainsi eux-mêmes responsables. Par conséquent, le peuple de Florence selon Lorenzo, aime souffrir indirectement et est condamné à être sous le joug d'un tyran, de ce fait il adoreront à nouveau le nouveau Duc de Florence.
Seulement, il serait erroné de considérer l'acte de Lorenzo comme un acte visant exclusivement à débarrasser Florence d'un tyran car la portée de l'acte de Lorenzo n'est pas réellement politique. Au contraire, il s'agit pour lui de la possibilité de revenir à sa vertu d'antan, et de se libérer du masque dont il a été lui-même le créateur à travers le vice et la débauche, devenant ainsi Lorenzaccio. Pourtant, le personnage lui-même doute quant à un possible retour à sa pureté originelle, car il n'est plus capable de discerner qui répand le vice et la corruption, est-ce lui-même consciemment, ou son alter-ego maléfique, Lorenzaccio ? Cette idée trouve tout son sens à travers l'Acte IV scène 9, où Lorenzo finit par se rendre compte qu'il agit inconsciemment à la façon de son double corrompu, Lorenzaccio, car il contemple l'ampleur de la corruption qu'il a été capable de répandre pour réaliser son acte, à savoir aller jusqu'à essayer de vendre sa tante Catherine à Alexandre pour pouvoir avoir l'occasion de l'approcher et de l'assassiner. Mais de plus, il est possible de dire que ce meurtre pour Lorenzo apparaît comme vain, car Lorenzo est lui-même mort symboliquement. En effet, lors de l'Acte III scène 3, lorsque Lorenzo évoque son passé, il n'apparaît plus que comme une machine à tuer qui s'est éveillée lorsque « l'étincelle du tonnerre » l'a fait s'éveiller, certaines images renforcent également cette idée, comme par exemple « la statue », mais aussi « le scalpel » qui renverrait à une autopsie de sa propre personne. Lorenzo serait déjà mort symboliquement depuis longtemps, et n'aurait plus qu'un but mécanique, celui de tuer Alexandre. Cette idée de mort symbolique est renforcée à travers la solitude extrême dans laquelle apparaît Lorenzo car celui-ci semble ne pas être réellement présent de façon intelligible. En effet, lorsque celui-ci tente de convaincre les florentins qu'il tuera Alexandre, il est ignoré. De plus, dans l'Acte IV scène 9, Lorenzo contemple sa propre mort, et sait qu'une fois qu'il aura tué Alexandre, il aura perdu tout but, il mourra symboliquement, mais également physiquement, car il sait que cet acte signera son arrêt de mort. Ce qui apparaît comme évident dans l'Acte V scène 3, où Lorenzo ne redevient pas pur ou au contraire, n'en devient pas plus mauvais, il est simplement à présent vide. Par conséquent, l'acte de Lorenzo apparaît comme vain bien avant la réalisation de son rêve et même bien après, il mourra avec le masque de son double comme masque mortuaire sans avoir pu s'en délivrer.
Merci d'avance.



