La scène de rencontre est un topos du roman. Cohen écrit à l’un de ses amis pour lui expliquer sa vi

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7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, c'est la première fois que je vais sur ce forum et je ne sais pas si j'ai choisi la bonne rubrique… Merci de me guider dans le cas contraire 😉

Alors voilà j'ai un sujet d'invention à faire pour la rentrée mais j'ai du mal à en dégager le plan, voilà le sujet :

"La scène de rencontre est un topos du roman. Cohen écrit à l'un de ses amis pour lui expliquer sa vision personnelle de cette scène si classique. Vous écrirez le début de cette lettre où Cohen expliquera deux des choix qu'il a fait pour renouveler la scène dans le roman -Belle Du Seigneur-"

Voilà l'extrait :
Il lui sourit, et elle eut un tremblement, baissa les yeux.
Atroce, ce sourire sans dents. Atroces, ces mots d'amour hors de cette bouche vide. Il fit un pas en avant, et elle sentit le danger proche. Ne pas le contrarier, dire tout ce qu'il voudra, et qu'il parte, mon Dieu, qu'il parte.
- Devant toi, me voici, dit-il, me voici, un vieillard, mais de toi attendant le miracle. Me voici, faible et pauvre, blanc de barbe, et deux dents seulement, mais nul ne t'aimera et ne te connaîtra comme je t'aime et te connais, ne t'honorera d'un tel amour. Deux dents seulement, je te les offre avec mon amour, veux-tu de mon amour?
- Oui, dit-elle, et elle humecta ses lèvres sèches, essaya un sourire.
- Gloire à Dieu, dit-il, gloire en vérité, car voici celle qui rachète toutes les femmes, voici la première humaine!
Ridiculement, il plia le genou devant elle, puis il se leva et il alla vers elle et leur premier baiser, alla avec son noir sourire de vieillesse, les mains tendues vers celle qui rachetait toutes les femmes, la première humaine, qui soudain recula, recula avec un cri rauque, cri d'épouvante et de haine, heurta la table de chevet, saisit le verre vide, le lança contre la vieille face. Il porta la main à sa paupière, essuya le sang, considéra le sang sur sa main, et soudain il eut un rire, et il frappa du pied.
- Tourne-toi, idiote! dit-il.
Elle obéit, se tourna, resta immobile avec la peur de recevoir une balle dans la nuque, cependant qu'il ouvrait les rideaux, se penchait à la fenêtre, portait deux doigts à ses lèvres, sifflait. Puis il se débarrassa du vieux manteau et de la toque de fourrure, ôta la fausse barbe, détacha le sparadrap noir qui recouvrait les dents, ramassa la cravache derrière les rideaux.
- Retourne-toi, ordonna-t-il.
Dans le haut cavalier aux noirs cheveux désordonnés, au visage net et lisse, sombre diamant, elle reconnut celui que son mari lui avait, en chuchotant, montré de loin, à la réception brésilienne.
- Oui, Solal et du plus mauvais goût, sourit-il à belles dents.
Bottes! montra-t-il, et de joie il cravacha sa botte droite. Et il y a un cheval qui m'attend dehors! Il y avait même deux chevaux! Le second était pour toi, idiote, et nous aurions chevauché à jamais l'un près de l'autre, jeunes et pleins de dents, j'en ai trente-deux, et impeccables, tu peux vérifier et les compter, ou même je t'aurais emportée en croupe, glorieusement vers le bonheur qui te manque! Mais je n'ai plus envie maintenant, et ton nez est soudain trop grand, et de plus il luit comme un phare, et c'est tant mieux, et je vais partir! Mais d'abord, femelle, écoute! Femelle, je te traiterai en femelle, et c'est bassement que je te séduirai, comme tu le mérites et comme tu le veux. A notre prochaine rencontre, et ce sera bientôt, en deux heures je te séduirai par les moyens qui leur plaisent à toutes, les sales, sales moyens, et tu tomberas en grand imbécile amour, et ainsi vengerai-je les vieux et les laids, et tous les naïfs qui ne savent pas vous séduire, et tu partiras avec moi, extasiée et les yeux frits!
Voilà, j'ai dégagé ce plan :

Introduction : le topos de la rencontre (comment se déroule t-elle, la spécificité des personnages, etc…)

I/ Vision personnelle de Cohen

II/ Comment a t-il voulu renouveler la scène de rencontre

1) Premier choix
2) Deuxième choix


Bien sur je en ferais pas apparaitre les axes lors de l'écriture car c'est une lettre…
Merci de m'aider,

Cordialement.
Comme tu l'as bien précisé à la fin de ton message : aucun plan ne doit apparaître lors de la rédaction de ton sujet d'invention. Le fil conducteur que tu as dégagé pour écrire ta lettre semble toutefois cohérent.
Maintenant, la réussite à l'écriture d'invention repose sur ta connaissance du genre en question (ici la lettre) et le respect des contraintes imposées par le sujet (début d'une lettre, vision personnelle), le travail sur la syntaxe et le vocabulaire…Alors lance-toi, écris et réécris !
Merci d'avoir confirmer mon fil conducteur
Je vais me mettre à la rédaction
😉
bonjour,

Ma prof de français ma donner le même sujet d'invention!! c'est dans un livre de français pour 1ere S non? Je galère un peu pour trouver des choix… je ne te demande pas de me donner tes textes mais je voulais savoir si tu pouvais m'orienté vers des auteurs ou des textes qui aurait pus aidé Albert Cohen.

merci d'avance.
Bonjour,

C'est en effet dans un livre de francais de première S, quel est ta prof ? (ca se trouve nous venons du même lycée^^)
Sinon, je n'ai pas trouvé de textes se rapportant à cet auteur, il semble le premier à changer la scène de rencontre…

Désolé
Changer la scène de rencontre ?
Vous ne reconnaissez pas le vieux stéréotype de la Princesse et la Grenouille, la Grenouille qui devient un beau prince quand la Princesse l'aime malgré sa laideur ?
L'originalité de Cohen c'est d'utiliser cette scène de conte merveilleux dans un roman, disons, réaliste.
"La scène de rencontre est un topos du roman. Cohen écrit à l'un de ses amis pour lui expliquer sa vision personnelle de cette scène si classique. Vous écrirez le début de cette lettre où Cohen expliquera deux des choix qu'il a fait pour renouveler la scène dans le roman -Belle Du Seigneur-"

J'ai commencé par faire un plan (qui n'apparaitra pas dans ma lettre), seulement, je bloque un peu, dans les deux choix que l'auteur a fait, je ne vois pas trop ce que cela pourrait-être… mon professeur m'a aussi dit que savoir que cela appartenait au mouvement humaniste pouvait nous aider.
Merci 'avance pour votre aide!

L'extrait:
"Il lui sourit, et elle eut un tremblement, baissa les yeux.
Atroce, ce sourire sans dents. Atroces, ces mots d'amour hors de cette bouche vide. Il fit un pas en avant, et elle sentit le danger proche. Ne pas le contrarier, dire tout ce qu'il voudra, et qu'il parte, mon Dieu, qu'il parte.
- Devant toi, me voici, dit-il, me voici, un vieillard, mais de toi attendant le miracle. Me voici, faible et pauvre, blanc de barbe, et deux dents seulement, mais nul ne t'aimera et ne te connaîtra comme je t'aime et te connais, ne t'honorera d'un tel amour. Deux dents seulement, je te les offre avec mon amour, veux-tu de mon amour?
- Oui, dit-elle, et elle humecta ses lèvres sèches, essaya un sourire.
- Gloire à Dieu, dit-il, gloire en vérité, car voici celle qui rachète toutes les femmes, voici la première humaine!
Ridiculement, il plia le genou devant elle, puis il se leva et il alla vers elle et leur premier baiser, alla avec son noir sourire de vieillesse, les mains tendues vers celle qui rachetait toutes les femmes, la première humaine, qui soudain recula, recula avec un cri rauque, cri d'épouvante et de haine, heurta la table de chevet, saisit le verre vide, le lança contre la vieille face. Il porta la main à sa paupière, essuya le sang, considéra le sang sur sa main, et soudain il eut un rire, et il frappa du pied.
- Tourne-toi, idiote! dit-il.
Elle obéit, se tourna, resta immobile avec la peur de recevoir une balle dans la nuque, cependant qu'il ouvrait les rideaux, se penchait à la fenêtre, portait deux doigts à ses lèvres, sifflait. Puis il se débarrassa du vieux manteau et de la toque de fourrure, ôta la fausse barbe, détacha le sparadrap noir qui recouvrait les dents, ramassa la cravache derrière les rideaux.
- Retourne-toi, ordonna-t-il.
Dans le haut cavalier aux noirs cheveux désordonnés, au visage net et lisse, sombre diamant, elle reconnut celui que son mari lui avait, en chuchotant, montré de loin, à la réception brésilienne.
- Oui, Solal et du plus mauvais goût, sourit-il à belles dents.
Bottes! montra-t-il, et de joie il cravacha sa botte droite. Et il y a un cheval qui m'attend dehors! Il y avait même deux chevaux! Le second était pour toi, idiote, et nous aurions chevauché à jamais l'un près de l'autre, jeunes et pleins de dents, j'en ai trente-deux, et impeccables, tu peux vérifier et les compter, ou même je t'aurais emportée en croupe, glorieusement vers le bonheur qui te manque! Mais je n'ai plus envie maintenant, et ton nez est soudain trop grand, et de plus il luit comme un phare, et c'est tant mieux, et je vais partir! Mais d'abord, femelle, écoute! Femelle, je te traiterai en femelle, et c'est bassement que je te séduirai, comme tu le mérites et comme tu le veux. A notre prochaine rencontre, et ce sera bientôt, en deux heures je te séduirai par les moyens qui leur plaisent à toutes, les sales, sales moyens, et tu tomberas en grand imbécile amour, et ainsi vengerai-je les vieux et les laids, et tous les naïfs qui ne savent pas vous séduire, et tu partiras avec moi, extasiée et les yeux frits!"