Bonjour à tous,
j'en appelle à vos lumières : je rédige actuellement une dissertation sur le roman et j'aimerais faire intervenir dans la troisième partie un exemple de littérature que je voudrais qualifier d'"autophage" c'est-à-dire qui se nourrit d'elle-même. Cela fait suite à un sujet extrait d'un énoncé de En lisant en écrivant de Julien Gracq dans lequel l'auteur dit que le roman "se nourrit exclusivement du vivant". Le roman autophage serait mon dépassement en quelque sorte mais je ne parviens pas à trouver d'exemples. J'ai pensé à La Dispartion de Pérec mais j'aimerais un exemple encore plus flagrant et conceptuel si possible. En connaîtriez-vous un ? Je vous remercie pour vos lumières 🙂
Bonsoir,
Je voudrais juste une précision, quand tu dis une littérature "qui se nourrit d'elle-même", que veux-tu dire? Est-ce une littérature qui parle de littérature? Ou encore une littérature qui se commente elle-même (un auteur qui commenterait ce qu'il a écrit auparavant)? Ou bien tout autre chose, auquel cas je n'ai rien compris à ta question?
Pas trop compris non plus. Voir peut-être du côté du Nouveau Roman ?
Ok, alors si vous êtes deux à ne pas avoir compris, c'est que ce n'est pas clair 🙂
Je suis à la recherche d'un roman qui n'a pour seul sujet que lui-même, c'est-à-dire non pas la littérature en général ni le genre romanesque, mais qui a pour sujet ce même roman, indépendamment de tout le reste ; une entité littéraire qui ne devrait son existence que grâce à elle-même et qui ne pourrait progresser que grâce à sa propre assimilation.
Je ne veux pas parler d'une littérature qui parle de littérature, c'est somme toute quelque chose d'assez commun (et je pense que je consacrerai à ce sujet une sous-partie), ni une littérature qui se commente elle-même, qui serait comme métadiscursive, quoique c'est là déjà quelque chose de plus approchant et dont je pourrais tout aussi bien parler dans mon devoir, en l'exemplifiant avec Les Chants de Maldoror par exemple ; je veux parler d'un roman qui n'a d'autre objet que lui-même. Est-ce que La Disparition de Pérec ne vous semble pas correspondre à cette idée ? N'est-ce pas là un roman conceptuel qui n'a d'autre but de concrétiser un concept qui n'a aucun enjeu autre que littéraire ou linguistique et qui ne prend forme que grâce à sa contrainte ?
J'avais pensé à Tristram Shandy aussi, mais ce n'est pas français (ce qui n'est pas si grave) et je ne connais vraiment pas cette œuvre qui a l'air compliquée.
Voilà, j'espère avoir été plus clair. Si vous avez par ailleurs d'autres exemples de littérature qui se commente elle-même, comme Lautréamont, je suis preneur.
Merci 🙂
Paludes de Gide me paraît correspondre à ta définition : le livre suit l'écriture d'un livre intitulé… Paludes. C'est très métalittéraire.
Ou Les Fruits d'or de Sarraute qui se présente comme un interminable cortège de critiques mondaines de l'oeuvre en question.
Ah, je vais jeter un œil à ce roman de Sarraute que je ne connais pas et qui, selon ce que tu en dis, semble convenir à ce que je recherche.
Merci beaucoup 🙂