Maupassant, Une vie, chapitre 9 - Un calme brûlant et souverain descendait du soleil…

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir ! Alors, j'ai une sorte de commentaire à rendre en français, mais étant en Seconde, je ne sais pas trop comment m'y prendre, faute de méthode. Je dois travailler sur le chapitre 9 du livre qui est :
Un calme brûlant et souverain descendait du soleil, insensiblement, en buée d'or ; et Jeanne allait au pas de son bidet, bercée, heureuse. De temps en temps elle levait les yeux pour regarder un tout petit nuage blanc, gros comme une pincée de coton, un flocon de vapeur suspendu, oublié, resté là-haut, tout seul, au milieu du ciel bleu.

Elle descendit dans la Vallée qui va se jeter à la mer entre ces grandes arches de la falaise qu'on nomme les portes d'Étretat, et tout doucement elle gagna le bois. Il pleuvait de la lumière à travers la verdure encore grêle. Elle cherchait l'endroit sans le retrouver errant par les petits chemins.

Tout à coup, en traversant une longue allée, elle aperçut tout au bout deux chevaux de selle attachés contre un arbre, et les reconnut aussitôt ; c'étaient ceux de Gilberte et de Julien. La solitude commençait à lui peser ; elle fut heureuse de cette rencontre imprévue ; et elle mit au trot sa monture. Quand elle eut atteint les deux bêtes patientes, comme accoutumées à ces longues stations, elle appela. On ne lui répondit pas.

Un gant de femme et les deux cravaches gisaient sur le gazon foulé. Donc ils s'étaient assis là, puis éloignés, laissant leurs chevaux.

Elle attendit un quart d'heure, vingt minutes, surprise, sans comprendre ce qu'ils pouvaient faire. Comme elle avait mis pied à terre, et ne remuait plus, appuyée contre un tronc d'arbre, deux petits oiseaux, sans la voir s'abattirent dans l’herbe tout près d'elle. L'un d'eux s'agitait, sautillait autour de l'autre, les aile soulevées et vibrantes, saluant de la tête et pépiant ; et tout à coup ils s'accouplèrent.

Jeanne fut surprise comme si elle eût ignoré cette chose ; puis elle se dit : “ C'est vrai, c'est le printemps ” ; puis une autre pensée lui vint, un soupçon. Elle regarda de nouveau le gant, les cravaches, les deux chevaux abandonnés ; et elle se remit brusquement en selle avec une irrésistible envie de fuir. Elle galopait maintenant en retournant aux Peuples. Sa tête travaillait, raisonnait, unissait les faits, rapprochait les circonstances. Comment n'avait-elle pas deviné plus tôt ? Comment n'avait-elle rien vu ? Comment n'avait-elle pas compris les absences de Julien, le recommencement de ses élégances passées, puis l'apaisement de son humeur ?
Le prof nous a donné des pistes pour nous aider :
Etudier la focalisation (je trouve zéro mais on m'a aussi dit interne)
Etudier la fonction de la description du paysage (il reflète l'état d'esprit de Jeanne ?)
Etudier les figures de style (métaphores, comparaison, toujours pour renvoyer à Jeanne ?)
Comment M évite t-il de parler de l'acte sexuel, pourquoi ? (sujet tabou certes, mais pourquoi il utilise des oiseaux ?)
Quelle est l'utilité du discours direct ?

Merci d'avance pour votre aide !
Bonjour,

La focalisation est interne, tu n'as accès qu'aux pensées de Jeanne.
Le paysage (ou plutôt sa perception) est révélateur des pensées de Jeanne, bien sûr, mais il joue aussi un rôle dans l'action : indices, printemps, saison des amours… Par association d'idées, Jeanne va envisager l'infidélité de son mari.
Pour les figures de style, j'examinerais plutôt les accumulations du dernier paragraphe, les interrogations oratoires ou affectives, en cherchant à leur donner un sens…
Maupassant retranscrit une sensibilité féminine idéaliste confrontée à…
Il n'y a pas de discours direct, mais indirect libre…
Merci beaucoup pour cette aide ! 🙂

Cependant, le prof a clairement stipulé qu'il y avait focalisation zéro, peut-être y a t-il des passages en interne aussi, mais comment expliquer alors qu'il donne des indications sur le paysage comme : "dans la Vallée qui va se jeter à la mer entre ces grandes arches de la falaise qu'on nomme les portes d'Étretat" . Jeanne ne se préoccupe vraiment pas de ça à ce moment, donc c'est le narrateur qui indique ces choses là.
Bonsoir,

Rappelons que la focalisation est l'accès à l'univers intérieur des personnages.
Les informations que tu cites : "dans la Vallée qui va se jeter à la mer entre ces grandes arches de la falaise qu'on nomme les portes d'Étretat" sont neutres, elles ne donnent aucun renseignement sur ce que vit Jeanne, ce sont seulement des précisions topographiques données par l'auteur.
Pour parler de focalisation zéro (ou omnisciente), il faudrait que le récit donne accès à l'univers intérieur de plusieurs personnages.