Bonjour,
Notre professeur de lettres en Terminale littéraire nous a conseillé de faire des écritures d'invention afin de nous entraîner à la rédaction, d'enrichir notre vocabulaire et notre style. Le sujet portait sur l’œuvre de Lorenzaccio d'Alfred de Musset, et consistait à : Le corps de Lorenzo est ramené à sa mère, celle-ci s'exprime à lui en une tirade.
J'ai dû faire à peu près une petite copie double pour répondre au sujet, mais j'ai vraiment honte de ce que j'ai écris, alors je solliciterais votre avis si vous le souhaitez bien ! 😀
Acte V – Scène 9.
Un cabinet ; Entre Marie.
Philippe – Madame, nous ne pouvons que vous exprimer nos plus sincères condoléances. Nous avions nettoyé son corps et pansé ses blessures en attendant votre venue.
Marie – Sortez. Laissez une mère éplorée s'effondrer devant le corps de son enfant.
(Ils sortent. Marie s'approche du corps de Lorenzo, tremblante.)
Marie – (Elle tourne autour du cadavre, l'air hagard) Il s'étend devant mes yeux. Ce corps pâle et froid qui s'exhibe, moqueur, devant moi. Ces opales vides me fixent et me transpercent. Les longues et profondes offenses à ce corps me narguent, et je crains de jeter mon regard dans pareilles abîmes. De ce sang noir qui s'y est écoulé, qu'y contemplerai-je ? Fût-ce le sang de mon tendre et bien-aimé, ou bien celui du pâle usurpateur ? Et cet impassible visage de glace, naguère si beau, qu'il est désormais vil et laid ! Et quelle tristesse pour une mère de n'avoir de fils à pleurer ! (Elle fixe les yeux du corps inerte) Quel dégoût. Il me fait front, et pourtant son corps s'enfonce encore dans ce grand lac où l'âme se délivre enfin. (Elle rôde autour du cadavre, de plus en plus agitée) J'avais espérée au plus profond de moi-même de le retrouver ! J'avais tendue mes bras pour le contempler et l'étreindre encore une fois ! Et pourtant je ne puis voir que toi. Seulement toi. Toujours empli de haine. Je n'y vois plus que les stigmates de ce masque, désormais mortuaire, et son corps est lourd comme la douleur humaine. (Elle s'effondre à terre) Ciel ! Voilà pourtant que je me mets à pleurer. Renzo ? Est-ce toi Renzo ? Je ne puis le croire. Ces profondes abîmes qui violent sa dépouille, sont-elles ainsi le fruit de ta souillure et de ton oeuvre, misérable Lorenzaccio ? Et que ces entailles sont profondes ! Le voile s'y est déchiré. Je le vois pourtant. Le voilà qu'il marche, l'âme désormais vide. Et pourtant ! Tragique destin ! Voilà que son corps est fendu par les lames de la Justice, celles d'un pauvre citoyen suffisamment téméraire, pensant venger sa sainte mère Florence, désormais veuve ! Son sang s'écoule sur le sol en un flot, et mon Lorenzo s'endort sans le moindre cri. (Elle pousse un hurlement, puis, saisit le visage de son fils et plonge son regard dans ses yeux) Que dois-je comprendre dans ton acte, mon fils ? De ton glaive tu as pourfendu le Duc, et de son sang tu t'es imprégné ! Et voilà que tu arbores cette sinistre alliance sur ton doigt, ignoble trace indélibile de ton forfait ! Et je devrais y voir ici ton repentir ? Mais quel fut le but de ton acte ? Ce jeune homme vêtu de noir que j'avais tant désirée revoir, cet amoureux éperdu des lettres et des arts dont je lisais la pureté dans le regard, dans quelle abîme s'est-il donc jeté ? Je ne puis comprendre dans ton acte seulement la violence et la folie dont tu as fait preuve, et ton corps en est désormais le dernier témoin. Pensais-tu voir en toi un Brutus ? Pensais-tu sauver ta ville de la tyrannie et de la corruption ? Quelle triste ironie d'avoir donné ta vie pour le soi-disant bien de ta ville si tu pouvais entendre la clameur du peuple envers la voix du Duc qui s'élève à nouveau et qui résonne sur les murs de Florence ! Mais je ne verrai à travers ton acte que trahison, un odieux crime qui t'as coûté la vie. (Elle se relève et s'éloigne du corps de son fils) Je ne vois à présent à travers toi que la corruption, l'être qui a répandu tant de vice ! Et c'est à moi qu'il importe de souffrir ta mort ! Après tout le malheur que tu as semé tu m'infliges la douleur de ton décès ! Je t'ai aimé comme une mère chérit son fils, mais désormais je n'ai qu'une ardente haine pour ce que tu es devenu. Et cet abject costume que tu portes, cette monstruosité greffée à ton corps continuera de me hanter, tandis que tu reposeras parmi les marbres. Adieu mon fils, ta mémoire brûle mon cœur et me noie dans le chagrin.
(Elle s'enfuit en courant)
RIDEAU
Merci d'avance pour vos avis et critiques ! 🙂
Notre professeur de lettres en Terminale littéraire nous a conseillé de faire des écritures d'invention afin de nous entraîner à la rédaction, d'enrichir notre vocabulaire et notre style. Le sujet portait sur l’œuvre de Lorenzaccio d'Alfred de Musset, et consistait à : Le corps de Lorenzo est ramené à sa mère, celle-ci s'exprime à lui en une tirade.
J'ai dû faire à peu près une petite copie double pour répondre au sujet, mais j'ai vraiment honte de ce que j'ai écris, alors je solliciterais votre avis si vous le souhaitez bien ! 😀
Acte V – Scène 9.
Un cabinet ; Entre Marie.
Philippe – Madame, nous ne pouvons que vous exprimer nos plus sincères condoléances. Nous avions nettoyé son corps et pansé ses blessures en attendant votre venue.
Marie – Sortez. Laissez une mère éplorée s'effondrer devant le corps de son enfant.
(Ils sortent. Marie s'approche du corps de Lorenzo, tremblante.)
Marie – (Elle tourne autour du cadavre, l'air hagard) Il s'étend devant mes yeux. Ce corps pâle et froid qui s'exhibe, moqueur, devant moi. Ces opales vides me fixent et me transpercent. Les longues et profondes offenses à ce corps me narguent, et je crains de jeter mon regard dans pareilles abîmes. De ce sang noir qui s'y est écoulé, qu'y contemplerai-je ? Fût-ce le sang de mon tendre et bien-aimé, ou bien celui du pâle usurpateur ? Et cet impassible visage de glace, naguère si beau, qu'il est désormais vil et laid ! Et quelle tristesse pour une mère de n'avoir de fils à pleurer ! (Elle fixe les yeux du corps inerte) Quel dégoût. Il me fait front, et pourtant son corps s'enfonce encore dans ce grand lac où l'âme se délivre enfin. (Elle rôde autour du cadavre, de plus en plus agitée) J'avais espérée au plus profond de moi-même de le retrouver ! J'avais tendue mes bras pour le contempler et l'étreindre encore une fois ! Et pourtant je ne puis voir que toi. Seulement toi. Toujours empli de haine. Je n'y vois plus que les stigmates de ce masque, désormais mortuaire, et son corps est lourd comme la douleur humaine. (Elle s'effondre à terre) Ciel ! Voilà pourtant que je me mets à pleurer. Renzo ? Est-ce toi Renzo ? Je ne puis le croire. Ces profondes abîmes qui violent sa dépouille, sont-elles ainsi le fruit de ta souillure et de ton oeuvre, misérable Lorenzaccio ? Et que ces entailles sont profondes ! Le voile s'y est déchiré. Je le vois pourtant. Le voilà qu'il marche, l'âme désormais vide. Et pourtant ! Tragique destin ! Voilà que son corps est fendu par les lames de la Justice, celles d'un pauvre citoyen suffisamment téméraire, pensant venger sa sainte mère Florence, désormais veuve ! Son sang s'écoule sur le sol en un flot, et mon Lorenzo s'endort sans le moindre cri. (Elle pousse un hurlement, puis, saisit le visage de son fils et plonge son regard dans ses yeux) Que dois-je comprendre dans ton acte, mon fils ? De ton glaive tu as pourfendu le Duc, et de son sang tu t'es imprégné ! Et voilà que tu arbores cette sinistre alliance sur ton doigt, ignoble trace indélibile de ton forfait ! Et je devrais y voir ici ton repentir ? Mais quel fut le but de ton acte ? Ce jeune homme vêtu de noir que j'avais tant désirée revoir, cet amoureux éperdu des lettres et des arts dont je lisais la pureté dans le regard, dans quelle abîme s'est-il donc jeté ? Je ne puis comprendre dans ton acte seulement la violence et la folie dont tu as fait preuve, et ton corps en est désormais le dernier témoin. Pensais-tu voir en toi un Brutus ? Pensais-tu sauver ta ville de la tyrannie et de la corruption ? Quelle triste ironie d'avoir donné ta vie pour le soi-disant bien de ta ville si tu pouvais entendre la clameur du peuple envers la voix du Duc qui s'élève à nouveau et qui résonne sur les murs de Florence ! Mais je ne verrai à travers ton acte que trahison, un odieux crime qui t'as coûté la vie. (Elle se relève et s'éloigne du corps de son fils) Je ne vois à présent à travers toi que la corruption, l'être qui a répandu tant de vice ! Et c'est à moi qu'il importe de souffrir ta mort ! Après tout le malheur que tu as semé tu m'infliges la douleur de ton décès ! Je t'ai aimé comme une mère chérit son fils, mais désormais je n'ai qu'une ardente haine pour ce que tu es devenu. Et cet abject costume que tu portes, cette monstruosité greffée à ton corps continuera de me hanter, tandis que tu reposeras parmi les marbres. Adieu mon fils, ta mémoire brûle mon cœur et me noie dans le chagrin.
(Elle s'enfuit en courant)
RIDEAU
Merci d'avance pour vos avis et critiques ! 🙂



