De la philosophie de Sade

Littérature

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Attendu que ma question n'est pas vraiment d'ordre scolaire je ne sais si je suis au bon endroit. Si ce n'est pas le cas veuillez m'en excuser.

Je suis actuellement en train de lire "Aline est Valcour" du Marquis de Sade. Cette édition est plutôt ancienne puisqu'elle semble dater de 1994. Les commentaires sont de Jean M. Goulemont.

Dans la lettre cinquième, Sade fait écrire à Valcour une critique des préjugés liés à la naissance, dans un paragraphe allant de "Allié, par ma mère…" à "qu'on laissait germer en moi avec tant d'ineptie".
En commentaire, M. Goulemont précise qu'ici Valcour ne doit pas être confondu avec Sade et que ce dernier est très attaché à ses titres et méprise les gens de naissance inférieure.

Je ne comprend pas ce que Sade veut faire passer par cette critique. Est-il conscient de l'idiotie de ces préjugés tout en y restant lui même attaché ? Est-ce par ce qu'il s'agit d'une critique répandue à l'époque que Sade souhaite détruire plus tard ?

En réalité je pense que la question que je me pose est de savoir quelle est la part de Sade dans M. de Blamont et dans Valcour. Je comprend que Sade n'est précisément ni l'un ni l'autre, mais je suppose qu'une bonne par de sa philosophie ainsi qu'une partie biographique se trouvent insérées dans l'oeuvre. Jusque là, j'étais parti dans l'idée que M. de Blamont incarnait les fantasmes de Sade et que Valcour représentait la partie biographique.

Merci d'avance à ceux qui prendront le temps de me lire, ainsi qu'à ceux qui me répondront,

Cordialement,
Bonsoir cher libertin!
Je ne suis pas une spécialiste de Sade, et pour ce que je sais de lui et de sa philosophie, je ne suis pas une grande fan (difficile d'être de sexe féminin et de lire ses œuvres, ou simplement d'en entendre parler, sans se sentir - n'ayons pas peur des mots - violentée - pour ne pas dire violée). Bref, la question n'est pas là.
Je suis peut-être un peu vieux-jeu, mais je crois qu'il faut se méfier d'interpréter une œuvre comme tu le fais. Bien sûr, lorsqu'un auteur écrit, il met un peu de lui dans chacun de ses personnages et l'on peut se demander quel part du discours de ceux-ci peut être attribuable à l'auteur. Mais est-ce une bonne question à se poser?
Il y a un certain temps (au début du 20ème si je ne m'abuse), les critiques avaient tendance à raisonner comme toi, à expliquer l’œuvre dans sa dimension biographique. Aujourd'hui, cette méthode a été abandonnée, elle est même carrément réprouvée par certains (spéciale dédicace à mes profs de fac). Et il y a une raison! On ne peut pas réduire une œuvre à son auteur, ni un auteur à son œuvre.
Évidemment, c'est important de se poser cette question pour l'interprétation, parce qu'on a envie/besoin de savoir quel message l'auteur veut nous faire passer. Mais toute la magie de la littérature est là: on peut interpréter de plusieurs façon, selon les indices que nous laisse l'auteur et notre propre feeling avec le texte. En littérature, il n'y a pas de Vérité, il y a des vérités.
Peut-être que Sade à conscience que son attachement aux titres de noblesse est idiot ou peut-être qu'il se moque des gens qui n'y accorde pas d'importance. A moins qu'il ne veuille simplement peindre les questionnements que son siècle, sans nécessairement prendre parti (en tant qu'auteur du moins).
Quoiqu'il en soit n'oublie pas que parfois, les auteurs mettent dans la bouche de leurs personnages des propos qu'ils n'approuve pas.

J'espère que cette réponse te satisfera. En tout cas, merci pour ta question qui m'a permis de réfléchir sur ce sujet important. Et bonne continuation!
Bonsoir,

Tout d'abord merci pour votre éclaircissement.

Pour ce qui est de se sentir violenté, je pense que la plupart des gens ayant une éduction normale doivent se sentir mal à l’aise face à la pensée de Sade. Et j’imagine que la grande misogynie dont il fait preuve doit encore plus heurter le sexe féminin. Mais l’intérêt du libertin est là, non ? Le libertinage n’est, pour le libertin, jouissif que par ce que la morale majoritaire est transgressée, piétinée… Je suppose…

Habituellement je ne fais pas une telle transposition de l'auteur à son personnage. C'est le premier livre de Sade que je lis et j'avoue être tout de même un peu influencé dans l'opinion que j'ai sur lui par les on-dit. Pour ce que j'en sais, Sade traite toujours du libertinage et sa vie a été du même acabit que ses récits. De ce fait, j'ai toujours pensé que Sade cherchait à faire passer sa philosophie par son œuvre.

Cordialement,
Bonjour,

je suis de l'avis de Hannah M. mais je tenterai de vérifier dans un ou deux ouvrages que j'ai sur la pensée de Sade, bien que je ne souvienne pas avoir lu quelque chose sur son attachement aux titres de noblesse.

Je n'ai pu m'empêcher de sourire en vous lisant, je suis une jeune fille ayant reçu une éducation catholique, qui pourtant adore lire Sade. Pour ma part, à part deux ou trois passages dans Les 120 journée de Sodome je ne me souviens pas avoir été heurtée plus que ça. Au contraire, je me souviens avoir lu une nouvelle dans laquelle il décrivit le viol d'une jeune fille en seulement une phrase, comme quoi, ce qu'on en entend est majoritairement faux, et à mon sens fortement détérioré par le talent médiocre de Pasolini.
Mais enfin, si vous voulez un petit peu mieux pénétrer la pensée du Divin Marquis, je vous conseille La Philosophie dans la boudoir.
Bonsoir,

Je veux bien admettre que le terme "violenté" soit un peu fort mais disons mal à l'aise tout du moins. Je viens de commencer la Philosophie du boudoir et la deuxième page avoue déjà un inceste…

Par contre le fait d'avoir reçu une éducation catholique n'a, à mon sens, aucune influence sur le fait de ne pas aimer lire Sade. L'intérêt du Marquis vient justement de la transgression de la morale. D'ailleurs dans la littérature comme au cinéma, les "méchants" (je n'aime pas ce mot mais j'avoue ne pas trouver un terme plus approprié) bénéficient d'un certain capital sympathie auprès du public.

Cordialement,