Salut tout le monde,
J'ai un commentaire composé à rendre pour bientôt sur un extrait du "Soulier de satin", de Paul Claudel. J'ai besoin de votre aide pour le plan de mon commentaire, je dois montrer en quoi Claudel brise l'illusion du théâtre…
j'ai travaillé sur cet extrait, je l'ai édudié et voilà ce que j'ai trouvé:
- Claudel expose les indications scèniques de sa pièce (la + longue pièce), j'ai relevé aussi un éloignement, élargissement du lieux et du temps, immensité de l'espace: on peut relever les astres, les océans, les hémisphères, les montagnes,
- précision de la description du navire: le décor est peint,
- il n'y a pas d'illusion théâtrale, ici Claudel rappelle aux spectateurs qu'on est au théâtre, "ne toussez pas", c'est une volonté de briser l'illusion du théâtre, on peut même se dire que le dramaturge dit rapelle carrement ; "attention, il s'agit d'une pièce de théâtre, ce n'est qu'une pièce, tout est faux", alors que le but du théâtre est de faire entrer le spectateur dans la pièce, et lui faire oublier qu'il assiste à une pièce, il est dans la réalité=>la représentation d'une pièce,
- il y a une atmosphère de fête eccessive, effet de foule, de désordre "(…) une grande salle chauffée par un spectacle précédent, que le public envahit et que remplissent les conversations.",
- j'ai noté aussi une force dynamique,
Voici l'extrait :
J'ai un commentaire composé à rendre pour bientôt sur un extrait du "Soulier de satin", de Paul Claudel. J'ai besoin de votre aide pour le plan de mon commentaire, je dois montrer en quoi Claudel brise l'illusion du théâtre…
j'ai travaillé sur cet extrait, je l'ai édudié et voilà ce que j'ai trouvé:
- Claudel expose les indications scèniques de sa pièce (la + longue pièce), j'ai relevé aussi un éloignement, élargissement du lieux et du temps, immensité de l'espace: on peut relever les astres, les océans, les hémisphères, les montagnes,
- précision de la description du navire: le décor est peint,
- il n'y a pas d'illusion théâtrale, ici Claudel rappelle aux spectateurs qu'on est au théâtre, "ne toussez pas", c'est une volonté de briser l'illusion du théâtre, on peut même se dire que le dramaturge dit rapelle carrement ; "attention, il s'agit d'une pièce de théâtre, ce n'est qu'une pièce, tout est faux", alors que le but du théâtre est de faire entrer le spectateur dans la pièce, et lui faire oublier qu'il assiste à une pièce, il est dans la réalité=>la représentation d'une pièce,
- il y a une atmosphère de fête eccessive, effet de foule, de désordre "(…) une grande salle chauffée par un spectacle précédent, que le public envahit et que remplissent les conversations.",
- j'ai noté aussi une force dynamique,
Voici l'extrait :
… Comme après tout il n'y a pas impossibilité complète que la pièce soit jouée un jour ou l'autre, d'ici dix ou vingt ans, totalement ou en partie, autant commencer par ces quelques directions scéniques. Il est essentiel que les tableaux se suivent sans la moindre interruption. Dans le fond, la toile la plus négligemment barbouillée, ou aucune, suffit. Les machinistes feront les quelques aménagements nécessaires sous les yeux mêmes du public pendant que l'action suit son cours. Au besoin rien n'empêchera les artistes de donner un coup de main. Les acteurs de chaque scène apparaîtront avant que ceux de la scène précédente aient fini de parler et se livreront aussitôt entre eux à leur petit travail préparatoire. Les indications de scène, quand on y pensera et que cela ne gênera pas le mouvement, seront ou bien affichées ou lues par le régisseur ou les acteurs eux-mêmes qui tireront de leur poche ou se passeront de l'un à l'autre les papiers nécessaires.… Je suppose que ma pièce soit jouée par exemple un jour de Mardi gras à quatre heures de l'après-midi. Je rêve une grande salle chauffée par un spectacle précédent, que le public envahit et que remplissent les conversations. Par les portes battantes on entend le tapage sourd d'un orchestre bien nourri qui fonctionne dans le foyer. Un autre petit orchestre nasillard dans la salle s'amuse à imiter les bruits du public en les conduisant et en leur donnant peu à peu une espèce de rythme et de figure.donc voilà, si vous pouvez m'aider, me donner quelques pistes, merci d'avance 😉
Apparaît sur le proscenium devant le rideau baissé L'ANNONCIER. C'est un solide gaillard barbu et qui a emprunté aux plus attendus Velasquez ce feutre à plumes, cette canne sous son bras et ce ceinturon qu'il arrive péniblement à boutonner. Il essaye de parler, mais chaque fois qu'il ouvre la bouche et pendant que le public se livre à un énorme tumulte préparatoire, il est interrompu par un coup de cymbale, une clochette niaise, un trille strident du fifre, une réflexion narquoise du basson, une espièglerie d'ocarina, un rot de saxophone. Peu à peu tout se tasse, le silence se fait. On n’entend plus que la grosse caisse qui fait patiemment poum poum poum, pareille au doigt résigné de Madame Bartet battant la table en cadence pendant qu’elle subit les reproches de Monsieur le Comte. Au-dessous, roulement pianissimo de tambour avec des forte de temps en temps, jusqu’à ce que le public ait fait à peu près silence.
L'ANNONCIER, un papier à la main, tapant fortement le sol avec sa canne, annonce :
LE SOULIER DE SATIN
ou LE PIRE N'EST PAS TOUJOURS SÛR
ACTION ESPAGNOLE EN QUATRE JOURNÉES
Coup bref de trompette.
PREMIERE JOURNEE
La scène de ce drame est le monde et plus spécialement l’Espagne à la fin du XVI ° siècle. A moins que ce ne soit au début du XVII°. L’auteur s’est permis de comprimer les pays et les époques, de même qu’à la distance voulue plusieurs lignes de montagnes séparées ne sont qu’un seul horizon.
Encore un petit coup de trompette. Coup prolongé de sifflet comme pour
la manœuvre d’un bateau. Le rideau se lève.
SCÈNE 1 - L'ANNONCIER, LE PÈRE JÉSUITE
L'ANNONCIER - Fixons, je vous prie, mes frères, les yeux sur ce point de l'Océan Atlantique qui est à quelques degrés au-dessous de la Ligne à égale distance de l'Ancien et du Nouveau Continent. On a parfaitement bien représenté ici l'épave d'un navire démâté qui flotte au gré des courants. Toutes les grandes constellations de l'un et de l'autre hémisphères, la Grande Ourse, la Petite Ourse, Cassiopée, Orion, la Croix du Sud, sont suspendues en bon ordre comme d'énormes girandoles et comme de gigantesques panoplies autour du ciel. Je pourrais les toucher avec ma canne. Autour du ciel. Et ici-bas un peintre qui voudrait représenter l'oeuvre des pirates - des Anglais probablement - sur ce pauvre bâtiment espagnol, aurait précisément l'idée de ce mât, avec ses vergues et ses agrès, tombé tout au travers du pont, de ces canons culbutés, de ces écoutilles ouvertes, de ces grandes taches de sang et de ces cadavres partout, spécialement de ce groupe de religieuses écroulées l'une sur l'autre. Au tronçon du grand mât est attaché un Père Jésuite, comme vous voyez, extrêmement grand et maigre. La soutane déchirée laisse voir l'épaule nue. Le voici qui parle comme il suit : «Seigneur, je vous remercie de m'avoir ainsi attaché…» Mais c'est lui qui va parler. Écoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau, c'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant et c'est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle. (Sort I’Annoncier)



