Moby Dick en classe de français

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et à tous.

Je fais une thèse sur l'enseignement de la littérature au lycée (en Belgique). Récemment, j'ai décidé de partir d'une étude de cas très spécifique pour explorer l'apprentissage de la lecture littéraire : la lecture de Moby Dick en terminale, en zep, dans une école de Bruxelles. Je n'ai pas fait ce choix en fonction d'une quelconque préférence pour l'œuvre, mais parce que j'ai observé une classe pendant un an, dans laquelle l'enseignante a fait lire Moby Dick à ses élèves, et j'ai trouvé les résistances des élèves face à cette lecture tellement intéressantes qu'elles méritaient une recherche complète.

Mon directeur de thèse, à qui je viens de l'annoncer, refuse que je fasse un tel choix, en soutenant : (1) que la lecture de Moby Dick en classe de français est une exception, une sorte de bizarrerie ; (2) qu'on ne peut pas étudier "la lecture littéraire" à partir de la lecture d'une seule œuvre.

Mon souhait n'est pas de débattre de mon sujet de recherche, par rapport auquel je suis assez clair avec moi-même.

En revanche, suite à ce désaccord épineux, j'aurais un besoin précieux de savoir ce qu'il en est vraiment de la lecture de Moby Dick en classe de français. Je fais appel à vos témoignages :

- Qui a dû lire Moby Dick en cours de français ou, du moins, l'a vu comme lecture recommandée ?
- S'agissait-il d'une lecture de l'œuvre intégrale ou d'une lecture d'extraits ?
- À quel niveau de l'enseignement secondaire et en quelle année ?
- Dans quelle région ?

D'avance, merci pour ceux qui pourront et voudront me répondre, ils m'aideraient à sortir d'un mauvais pas, ne fût-ce que par rapport aux conflits internes qui font rage dans mon esprit en ce moment…

Sébastien.
Pour ma part, Moby Dick n'a jamais été évoqué dans le secondaire. Je pense que la lecture de ce roman, a fortiori son étude, doit être assez rare en raison de la longueur de l'oeuvre (les élèves sont vites découragés par les pavés et les programmes sont trop denses pour permettre de s'attarder sur des livres volumineux) et de son statut d'oeuvre étrangère, assez difficile à lire et à comprendre d'ailleurs. La lecture de cette oeuvre serait surtout conseillée en tant que lecture cursive et non obligatoire, mais il faudrait trouver une entrée qui justifie sa lecture (elle doit s'insérer dans une thématique et dans un objet d'étude).
Oui, sa lecture doit être assez rare pour les raisons que vous évoquez. Mais j'essaie de le vérifier un peu dans les faits… On a parfois des surprises… Merci pour votre réponse 🙂.
Mais je ne comprends pas bien ta démarche, en fait. Pourquoi as-tu choisi cette oeuvre, mise à part l'expérience de cette professeur belge ? Pourquoi te restreindre à une seule oeuvre ? Et que cherches-tu à montrer par cet exemple sur la lecture littéraire ?
Il me semble que d'autres classiques de la littérature étrangère sont largement préférés à Moby Dick (Des souris et des hommes au collège par exemple). Je me demande d'ailleurs si Moby Dick est beaucoup étudié en fac de langues…
Ce serait sans doute un peu long d'expliquer ma démarche ici, mais je n'ai pas choisi cette œuvre pour sa représentativité. Je fais une étude de cas, à partir d'une seule situation, qui est à la fois représentative (la lecture d'un classique difficile en terminale en zep) et très particulière (notamment le fait que ce soit Moby Dick, mais aussi tout ce que la situation peut avoir de singulier). C'est le principe d'une étude de cas unique de partir d'un cas singulier pour interroger des questions plus générales. Si j'ai choisi cette situation, c'est parce qu'elle a été l'occasion d'une confrontation particulièrement vive et particulièrement riche entre la façon dont l'enseignante concevait MD (un chef-d'œuvre) et la façon dont les élèves le recevaient (l'histoire d'une baleine…) Cette situation de controverses sur l'objet de la lecture et de l'enseignement est tout à fait typique, mais il se fait que j'ai pu l'observer dans toute sa complexité et sa richesse à partir de cette situation particulière. À partir exactement de cette controverse, je cherche à explorer la nature et le fonctionnement de l'apprentissage de la lecture littéraire. Ma question, ici, visait seulement à essayer de percevoir un peu mieux à quel point le choix de la lecture de MD est en effet un choix plutôt atypique.

Est-ce que c'est plus clair ? 🙂.