Faire des études "repoussantes" ?
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Bonjour !
Peut-on, selon vous, faire des études dans un domaine qu'on n'aime pas (dans ce cas lettres modernes), et les réussir ?
Y'a-t-il des étudiants parmi vous ayant validé une Licence entière dans un domaine qu'ils détestaient ? Par exemple, faire lettres modernes sans aimer lire et sans aimer la langue française, ou même LLCE anglais sans aimer l'anglais.
L'idée est de savoir si cela vaut le coup de continuer une filière dans laquelle on a validé une année, mais dans laquelle absolument rien ne nous interesse, voire même où tout nous dégoûte, simplement pour avoir un "diplôme". D'une certaine manière, se faire violence pour obtenir un diplôme.
Je précise que j'aurais souhaité partir faire une licence pluridisciplinaire, mais que je me rend compte que cela me coûterait trop cher, que les conditions seraient particulièrement difficiles, et il faudrait recommencer en 1ère année, simplement pour le plaisir de faire des études interessantes.
Je me demande donc si cela est une bonne idée de me compliquer la vie, et de prendre du retard, dans le seul but de faire des études que j'aime, sachant qu'en plus, on dirait que les débouchés sont identiques.
Bien sûr, faire des études dans un domaine qu'on déteste est mauvais pour la motivation, c'est donc un choix difficile.
Peut-être y'a-t-il des étudiants parmi vous qui ont eu à prendre ce genre de décision ?
Merci d'avance pour d'éventuels avis.
Je pense que non, tu ne dois pas continuer, même si oui, tu peux "réussir" au sens de valider ta licence. Mais à quel niveau es-tu ? Si tu es en première année, ou en début de deuxième, il ne s'agit même pas là de perdre un an mais d'une réorientation, qui arrive à bon nombre d'étudiants, et c'est tout à fait normal. Car qu'est-ce que tu aimerais faire "plus tard" ? Sûrement pas un master de lettres modernes si tu n'aimes pas ça ? Donc si tu n'arrêtes pas maintenant tu vas te retrouver bloquée à bac + 3 ce qui est là plus gênant… Ou alors ton domaine d'intérêt n'est pas si éloigné et tu pourrais trouver des passerelles pour te réorienter à bac + 3.
Après, pour répondre à ta question, oui, je pense que l'on peut valider une licence dans un domaine que l'on aime pas, si l'on travaille un minimum. Comme le travail à fournir n'est pas énorme, on peut très bien s'en sortir si on a quelques aptitudes pour la matière et qu'on essaye de faire ce qui est demandé, mais je trouve vraiment dommage de valider une licence dans un domaine qui nous "repousse"…
Ferais-tu la même réponse en sachant que Chateau compte déjà deux réorientations à son actif ?
Je ne pense pas que faire des études dans un domaine qui ne nous intéresse pas puisse être une bonne idée …
Ou trouver la motivation ? Que faire de ton diplôme ? …
A toi de voir si tu en es capable …
Meg.C
Il faudrait savoir si tu détestes la matière en soi, ou seulement les thèmes ou auteurs actuellement au programme.
Personnellement, je détestais vers 20 ans les deux tiers de la littérature, mais je l'enseigne aujourd'hui en Khâgne. Je me suis cramponné à ce que j'aimais, et j'ai peu à peu acquis le goût de certains auteurs qui me révulsaient jadis. D'autres ne passent toujours pas, mais je fais avec. 🙂
En fait une seule Anne345, mais en effet j'ai déja 23 ans avec Bac+1 donc un certain retard, alors je pense qu'il est plus raisonnable d'étudier dans un domaine qui ne nous convient pas, sans motivation certes, et avec des efforts obtenir une Licence complète que certains ont à 21 ans.
Car peut-on vraiment s'en sortir dans la vie, avec un D.U. par ci, et quelques Bac+1 par là, sans jamais suivre de cursus ?
Pour répondre à Mr Picard, je déteste les trois tiers de la littérature 🙂
La seule raison de poursuivre serait d'avoir un diplôme complet. Quitte à reprendre les études pluridisciplinaires plus tard, par fierté ou par plaisir.
Merci pour vos réponses, si vous confirmez qu'il est possible de réussir dans un domaine qui n'est pas le nôtre, avec simplement du courage et des capacités, c'est sans doute ce que je me résignerai à faire.
Le diplôme est une chose, mais qu'envisages-tu de faire ensuite ? As-tu un projet professionnel en tête ?
Dans tous les cas, essaie de valider une licence complète car elle t'ouvrira les portes de certaines écoles et te permettra de passer certains concours. Le niveau DEUG (bac +2) ouvre aussi certaines passerelles en L3.
Ou, si tu n'envisages pas d'études longues, va vers une formation professionnalisante, comme les formations AFPA.
Mieux vaut perdre un an maintenant et se réorienter pour ensuite aimer son travail plutôt que de vite finir ses études en 3 ans et s'emmerder pendant les 30 prochaines années de ta vie, coincé dans un boulot que tu feras dix ans après ta mort 😜 Bon j'exagère un peu, mais c'est l'idée !
Pourquoi se forcer à faire quelque chose qu'on aime pas ?
Disons que le problème inverse se pose souvent : aimer la littérature mais se demander si on va trouver du boulot avec un diplôme de lettres. ce que je veux dire, c'est : que veux-tu faire d'une licence de lettres si tu ne veux pas poursuivre dans ce domaine ? Si tu penses par exemple à devenir instit, ou à t'inscrire dans une formation qui demande une L3 de n'importe quelle manière, dans ce cas ça peut se justifier. Sinon ce n'est pas tellement une voie qui va t'ouvrir beaucoup de portes dans d'autres domaines il me semble.
Merci pour ces réponses si sages.
On dit que les études laissent une grande liberté de mouvement, mais ce n'est pas toujours vrai, même au sein du domaine littéraire (au sens large).
La pente entre lycée et université devrait, au moins au niveau des programmes, être moins abrupte.
Déjà, demande toi pourquoi tu as choisi cette filière plus qu'une autre, tu avais sans doute une idée de profession qui se cachait derrière ce choix?
Je suis désolée mais je trouve que cette question n'a aucun sens : quelle est l'utilité de faire une licence de lettres si on déteste la littérature ou une licence d'anglais si on déteste cette langue ? A la limite, qu'on fasse une licence de lettres, par exemple, et qu'au cours de cette licence, on découvre des matières qui nous plaisent moins mais que l'on continue quand même le parcours, ça me semble normal, ça arrive à tout le monde. Mais pour ce qui est de l'inscription, je ne vois pas l'intérêt de se forcer, même si dans ton cas, Chateau, il s'agit d'une réorientation.
Le mot repoussant (adossé non pas au français mais aux études dans le titre ) est très fort et l'attente plutôt faible (un diplôme faute de mieux ou le désir de sujets nouveaux qui attisent la curiosité). On peut se demander si le rejet du français n'est pas qu'un aspect d'une situation confuse où les études sont une façon de se distraire et rebutent par leurs exigences plutôt que le chemin plus ou moins rude vers une profession. Cependant ce n'est qu'une impression.
On peut avoir des facilités dans un domaine, mais sans aimer ce domaine.
Ou, à l'inverse, aimer un domaine, mais ne pas être doué(e) dans ce dernier.
L'idée est de comparer la difficulté liée au manque de motivation et au potentiel cul-de-sac pour le premier choix, à la difficulté grandement accrue pour valider le moindre diplôme dans le second.
Trouver un travail n'est certainement pas une bonne idée, surtout sans projet professionnel, c'est une réaction résultant d'une peur de l'échec lié à l'un des choix quasiment cornéliens ci-dessus.
Tant que tu ne sauras pas à quoi peuvent te mener tes études actuelles, ni quoi faire si tu arrêtes, en un mot ton projet, tu ne pourras pas répondre à ta question, quelles que soient les réponses qu'on te fera.
Les termes du choix sont vagues. Il est clair qu'il y a une licence de français d'un côté mais comment s'appelle l'autre possibilité ? Du point de vue professions possibles, quelles sont les différences ? Tu dis que les débouchés sont identiques.
Si le résultat est identique, comment les études pourraient-elles être à ce point différentes ?
Portia : l'autre licence est humanités, licence qui m'attire depuis longtemps mais dont la réalisation serait du masochisme tant ma situation materielle est défavorable.
Du point de vue professions, peu de différence, si tant est qu'une licence lettres modernes ferme les portes des métiers de langues et de sciences humaines.
La différence se trouve surtout dans la poursuite d'études.
Et, bien sûr, dans le fait qu'on peut se "raccrocher" à quelque chose qu'on aime tant elle est vaste.
La conseillère d'orientation me disant que je n'ai pas vraiment le choix, je vais me forcer à valider cette Licence Lettres Modernes, même si la littérature et la langue française ne m'interessent pas du tout.
Comme le dit Anne345, de toute façon il n'y a aucun projet professionnel et pas de possibilité d'en avoir pour le moment, donc autant faire une filière au hasard et se faire violence pour la réussir (en espérant que mes capacités et mon sérieux compenseront le manque de motivation), plutôt que de ne rien faire du tout.
Pour reprendre les termes de la conseillère d'orientation, "C'est triste, certes, mais c'est comme ça".
D'après moi, ce n'est pas tant pour le contenu de ses études qu'il faut se faire violence, mais, surtout dans ton cas, plutôt pour la motivation.
Il ne faut pas se dire qu'on est heureux parce qu'on a réussi mais qu'on a réussi parce qu'on était heureux (Voltaire ?) : on ne réussit en principe pas les études que l'on aborde à reculons.
Tu es dans quelque chose que tu ne trouves pas idéal ? Eh bien tant pis ! la vie est longue, tu auras tout le temps de commencer autre chose : si tu es déjà engagé dans un cursus, va jusqu'au bout avec détermination et on verra bien ce que l'avenir te réserve. On ne peut pas passer sa vie à tergiverser et à regretter de ne pas faire ceci ou cela : ce qu'on fait, il faut le faire vraiment, et si on a envie de faire autre chose, on a le droit, mais n'oublions pas de terminer ce qui est entamé. Après tout, ce serait dommage d'avoir commencé pour rien !
Je le dis sûrement un peu brutalement, mais tu m'as l'air complètement abattu et résigné, alors que les études, quelles qu'elles soient, sont une chance immense. Si tu n'aimes pas ce que tu fais, considère que c'est pour le moment ton travail et fais-le correctement ; tu as le droit de rêver d'autres choses, mais il faut faire son travail. Et quand l'opportunité se présentera pour faire autre chose, quand ton projet sera mûr, si ton travail est achevé, lance-toi et advienne que pourra !
Courage !
Bonjour,
Un simple message comme témoignage, au cas où d'autres auraient été dans la même situation (ce qui n'est pas rare en fait, quand on discute avec les étudiants).
C'est en effet possible de réussir, du moment qu'on travaille sérieusement. On s'y fait. La seule réelle difficulté est de se tenir à niveau dans les autres domaines. Mais globalement, oui c'est possible, question d'habitude, de recul sur soi-même et d'adaptation.
Ceci dit, il y a une énorme réforme de l'Université à faire : inutile de mettre de tels obstacles aux pauvres bacheliers.