Bonjour,
Je dois faire un commentaire sur un extrait de "La peur" ( le premier récit, la peur recontrée en afrique…)
Et j'ai du mal à définir réellement les enjeux, j'y vois donc le partage d'une anecdote traumatisante, j'y vois la venu du fantastique, une atmosphère spéciale, un rythme donné par le style de l'écriture, mais est ce que cela correspond aux enjeux à proprement parler ? Je pense que le thème principal est donc bien évidemment ce qu'est pour le narrateur " la vraie peur" mais n'est ce pas aussi un texte qui critique l'envi de tout repertorier de tout expliquer et de vouloir rompre le mystère ?
Au niveau de la problématique dois je plutôt me baser sur la progression réaliste/ fantastique ou plutôt sur la mise en oeuvre de l'explication de la peur, comment la partage t-il , comment la transmet-il…
J'aimerai savoir ce que vous pensez sur les enjeux de ce texte et donc savoir si je suis complètement hors sujet ou non…
Bonjour,
Tu te poses les bonnes questions. Les enjeux de ce texte tournent autour de la mise en oeuvre du fantastique.
« Le fantastique présente un bouleversement, un déchirement, une irruption insolite presque insupportable dans le monde réel (…) c'est une agression, il bouleverse en avilissant et en décriant un ordre immuable, inflexible, que rien, dans aucun cas, ne pourrait modifier, et qui paraît la garantie même de la raison ». Enrico FULCHIGNONI
Quels rapports existent entre la réalité et le fantastique ?
Enrico FULCHIGNONI, tout en les opposant, affirme qu'il existe des liens étroits entre eux. A l'ordre rationnel et immuable du monde s'oppose le fantastique, qui de ce fait, apparaît comme étranger à notre monde habituel, fondé sur des certitudes scientifiques. Aussi le fantastique est-il l'irruption violente d'un univers primitif et inquiétant qui fait vaciller notre raison. Au bout du compte, nous ne savons plus que croire.
Le monde réel est nécessaire au fantastique. Le fantastique ne peut que se greffer sur un univers réel. Il en a besoin pour exister par différence.
Il faut aussi que notre intelligence puisse croire au récit bizarre, se laisser prendre sous peine de rejeter d'emblée une histoire incroyable.
Tout l'art du récit fantastique consiste à tourner nos préventions rationalistes. Une lente gradation, une préparation savante suivies d'un dénouement brutal préparent les failles par où fera irruption un univers barbare, soumis à des lois étrangères. A la fin, il nous reste le doute. Avons-nous été victimes d'une illusion ? La précision du décor, l'ambiguïté des explications permettent l'ébranlement de nos convictions intimes. Le charme du récit fantastique réside dans le délicieux frisson qu'il autorise. L'existence du doute nous invite à rêver à un autre monde possible, bien proche de celui de notre enfance où fiction et réalité n'étaient pas séparées par les frontières que notre éducation nous a depuis appris à dresser entre elles.
Ces quelques considérations doivent te permettre d'examiner en quoi Maupassant est un maître conteur fantastique.
Merci beaucoup!
Alors pensez-vous que je devrais faire progresser mon analyse sur la manière dont Maupassant immisce subtilement le fantastique? J'avais peur de baser mon devoir sur le fantastique car il ne prend réellement que quelques lignes dans mon extrait sauf qu'il est vrai qu'il prépare son arrivée en créant une certaine atmosphère , en rythmant son récit … Pensez-vous que je pourrais formuler ma problématique comme cela : Comment Maupassant arrive-t-il à introduire le fantastique dans son récit ?
ou En quoi Maupassant réussit-il à maîtriser le fantastique? Je trouve mes formulations très lourdes … C'est mon premier commentaire depuis deux ans, je me sens un peu rouillée.
Ce pourrait être l'art de passer du réel à l'étrange ou en quoi le fantastique est-il l'art de passer progressivement du réel à l'étrange…
Je suis au lycée en seconde, et j'aurais besoin d'aide à ce sujet disons que je bloque un peu beaucoup… 😞
Et, tout à coup un souvenir me vint, le souvenir d'une histoire que nous conta Tourgueneff, un dimanche, chez Gustave Flaubert.
L'a-t-il écrite quelque part, je n'en sais rien.
Personne plus que le grand romancier russe ne sut faire passer dans l’âme ce frisson de l'inconnu voilé, et, dans la demi-lumière d'un conte étrange, laisser entrevoir tout un monde de choses inquiétantes, incertaines, menaçantes.
Avec lui, on la sent bien, la peur vague de l’Invisible, la peur de l'inconnu qui est derrière le mur, derrière la porte, derrière la vie apparente. Avec lui, nous sommes brusquement traversés par des lumières douteuses qui éclairent seulement assez pour augmenter notre angoisse.
Il n'entre point hardiment dans le surnaturel, comme Edgar Poe ou Hoffman, il raconte des histoires simple où se mêle seulement quelque chose d'un peu vague et d'un peu troublant.
Il nous dit aussi, ce jour-là, ''On n'a vraiment peur que de ce qu'on ne comprend point''…
Il nous raconta ceci:
Il chassait, étant jeune homme, dans une forêt de Russie. Il avait marché tout le jour et il arriva, vers la fin de l'après-midi, sur le bord d'une calme rivière.
Elle coulait sous les arbres, dans les arbres, pleine d'herbes flottantes, profonde, froide et claire.
Un besoin impérieux saisit le chasseur de se jeter dans cette eau transparente. Il se dévêtit et s'élança dans le courant. C'était un très grand et très fort garçon, vigoureux et hardi nageur.
Il se laissait flotter doucement, l'âme tranquille, frôlé par les herbes et les racines, heureux de sentir contre sa chair le glissement léger des lianes.
Tout à coup une main se posa sur son épaule.
Il se retourna d'une secousse et il aperçut un être effroyable qui le regardait avidement.
Cela ressemblait à une femme ou à une guenon. Elle avait une figure énorme, plissée, grimaçante et qui riait. Deux choses innommables deux mamelles sans doute, flottaient devant elle, et des cheveux démesurés, mêlés, roussis par le soleil, entouraient son visage et flottaient sur son dos.
Tourgueneff se sentit traversé par la peur hideuse, la peur glaciale des choses surnaturelles.
Sans réfléchir, sans songer, sans comprendre il se mit à nager éperdument vers la rive. Mais le monstre nageait plus vite encore et il lui touchait le cou, le dos, les jambes, avec de petits ricanements de joie. Le jeune homme, fou d'épouvante, toucha la berge, enfin, et s'élança de toute sa vitesse à travers le bois, sans même penser à retrouver ses habits et son fusil.
L'être effroyable le suivit, courant aussi vite que lui et grognant toujours.
Le fuyard, à bout de forces et perclus par la terreur, allait tomber, quand un enfant qui gardait des chèvres accourut, armé d'un fouet; il se mit à frapper l'affreuse bête humaine, qui se sauva en poussant des cris de douleur. Et Tourgueneff la vit disparaître dans le feuillage, pareille à une femelle de gorille.
C'était une folle, qui vivait depuis plus de trente ans dans ce bois, de la charité des bergers, et qui passait la moitié de ses jours à nager dans la rivière.
Le grand écrivain russe ajouta: “Je n'ai jamais eu si peur de ma vie, parce que je n'ai pas compris ce que pouvait être ce monstre.”
Questions :
4) Étudiez les rythmes dans le récit (étapes temps, rythme ternaire, ruptures, et contrastes dans le textes.)
6. Quelle est la place des émotions dans le texte ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte.
7. Quel est le registre dominant dans le passage ?
8. Quelle est l'explication donnée à cette scène ? Par qui ?
9. Comment
la chute est-elle préparée dans le texte ?
10. Quelle est la définition du fantastique donnée par le texte ? Reformulez-la avec vos propres termes.
Demande plus d'informations
Merci d'avance ! 😀
Bonjour.
Ne nous dis pas que tu ne peux répondre à aucune de ces questions…
Où est ton début de travail ?
Bonjour,
Je suis en seconde, j'ai eu un questionnaire à remplir sur la peur de Maupassant l'extrait est ci-dessous.
[même texte]
Le questionnaire
1. Selon quel point de vue est rédigé ce passage ? Comment ce point de vue est-il construit ?
2. Étudiez les pronoms des ligne 1, 7 à 10. Quel est l'effet produit ?
3. Quelles sont les deux parties de du récit ?
4. Étudiez les rythmes et les contrastes dans le texte.
5. Étudiez la caractérisation du personnage de la folle.
6. Quelle est la place des émotions dans le texte ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte.
7. Quel est le registre dominant ?
8. Quelle est l'explication donnée à cette scène ? Par qui ?
9. Comment la chute est elle préparée dans le texte ?
10. Quelle est la définition du fantastique ? Donnez la avec vos mots.
Voici mes réponses :
Compréhension
La composition de la nouvelle
1. Ce point de vue est interne, il est construit à la 1er personne au début de la nouvelle et à la 3ème lors de la narration, c’est une histoire insérée dans une autre histoire c’est donc un récit enchâssé.
2. L’effet du pronom « nous » , nous donne l’impression d’être un personnage dans l’histoire. En outre le pronom « je » nous montre son ressentiment. De plus le pronom « il » nous procure la sensation de voir le personnage dont parle le narrateur. Le pronom « notre » permet au lecteur de mieux s’identifier à cette angoisse.
3. Les deux parties du récit sont : un récit encadrant et un récit encadré.
4.
Les personnages :
5. L’auteur a caractérisé le personnage de la « folle » comme étant : un être effroyable une guenon, une femme, une affreuse bête humaine, une femelle de gorille, une folle…
6. Dans le texte les émotions occupent une place fondamentale comme par exemple dans la phrase suivante : « Avec lui, nous sommes brusquement traversés par des lumières douteuses qui éclairent seulement assez pour augmenter notre angoisse »…
Les enjeux du passage :
7. Le registre dominant dans le passage est le fantastique.
8. L’explication donnée à cette scène est une créature étrange cette scène transmise par les deux narrateurs et les personnages.
9. Maupassant a créer une sorte d’hyperbole avec la caractérisation de la folle et du sentiment de la peur. Avec le suspens on s’attend à autre chose qu’une femme folle, et on se rend compte que finalement ce n’était rien de très effrayant.
10. La définition du fantastique dans le texte est la suivante : « On n’a vraiment peur que de ce qu’on ne comprend point… » Je pense que cette définition veut dire qu’on a peur de l’inconnu, de ce qu’on ne connaît pas.
J'aimerais avoir des avis des pistes, pour essayer d'améliorer mes réponses. En outre je voudrais savoir ce qu'est le rythme d'un récit ?
Merci Je suis en seconde, je dois établir le plan d'un commentaire en m'aidant de mes réponses sur un texte. Cependant c'est mon tout premier alors je ne sais pas trop comment m'y prendre voici mon plan :
Récit cadre et récit enchâssé
- L’enjeu de récit cadre
- La construction du récit enchâssé
Une atmosphère inquiétante
- Étudiez le cadre dans le passage
- Quelle est la place du doute dans le passage ?
Les réactions du personnage
- Un héros submergé par ses émotions
- La thématique de la folie
- Une peur communicative
Pourriez-vous me l'expliquez s'il vous plait ? 😞