Que signifie un 20/20 à l’oral du bac français ?
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Ma fille a eu 20 à l'oral du bac français (section S).
Cette note me laisse un peu perplexe…
Sa prestation était-elle parfaite à ce point? A priori j'en doute.
J'ai toujours pensé qu'on pouvait avoir, éventuellement, 20 en maths ou en physique mais pas dans une matière littéraire où, par définition, on peut toujours faire mieux.
Qu'en pensez-vous?
Cela ne signifie pas que sa prestation était parfaite (il y a toujours à redire…), mais qu'elle a donné pleine satisfaction à l'examinateur : par sa connaissance du texte, la pertinence de ses remarques, la construction de son exposé, la qualité de son français, sa réactivité et sa culture.
Tels sont les motifs pour lesquels personnellement je mets 20 (trop rarement, hélas…).
Je "plussoie" Delia. Moi aussi, du temps où je faisais passer le bac de français, j'ai mis plusieurs fois 20, en particulier quand le candidat (à vrai dire souvent une candidate) était parvenu à me faire oublier qu'il s'agissait d'une épreuve d'examen…
Vos réponses sont intéressantes. C'est vraiment très différent de la physique et des maths, bref, des sciences dures d'une manière générale.
Comment alors interprèteriez-vous les notations en sciences dures ?
Ah julien est partout!
Bah ça me semble assez évident: les exercices proposés pour les "sciences dures" ne connaissent pas d'entre-deux, le résultat final est soit juste, soit faux. Il n'y a que sur la méthode suivie que l'on peut discuter, et des critères subjectifs tels que le style ou la culture n'ont pas droit de cité (peut-être discutable sur le style… y a-t-il un "style" dans la démonstration, du brio? Peut-être chez un candidat audacieux? j'ai pas les clés pour répondre.).
C'est pour cela que j'ai l'habitude de dire à mes camarades taupins qui préparent Centrale, l'ENS ou l'X qui me raillent tout le temps d'être en khâgne, qu'il est beaucoup plus facile de se planter en lettres à l'ENS où une appréciation subjective rentre en compte (ajouté à cela l'aléa du sujet) et qu'il est plus facile pour eux de reproduire et d'avoir à peu près le même résultat qu'ils ont obtenus au cours des DS de l'année. Qu'ils doivent calculer la vitesse d'un pois-chiche parfaitement lisse et sphérique attaché à une pomme dans la lune ou que ce soit un babouin très poilu sur Vénus, c'est à peu près pareil.
Bah ça me semble assez évident: les exercices proposés pour les "sciences dures" ne connaissent pas d'entre-deux, le résultat final est soit juste, soit faux. Il n'y a que sur la méthode suivie que l'on peut discuter, et des critères subjectifs tels que le style ou la culture n'ont pas droit de cité (peut-être discutable sur le style… y a-t-il un "style" dans la démonstration, du brio? Peut-être chez un candidat audacieux? j'ai pas les clés pour répondre.).
Des études ont montrées qu'il n'y avait pas plus d'écart de note entre deux profs de littérature au bac qu'il y en avait entre deux profs de math. Donc je pense que cette idée répandue peut être relativisée…
SPQR : Mes copies de bac sont une preuve que le "style" d'une démonstration peut influer sur la note : mon correcteur de sciences physiques a trouvé beaucoup de mes schémas superflus et a noté ma copie plutôt sévèrement, tandis que mon correcteur de maths a apprécié la rigueur de la rédaction et a laissé passer un petit oubli de ma part. J'ai même eu l'occasion de voir une prof de maths me rendre une copie sur laquelle elle avait écrit qu'elle avait apprécié ma "culture" ! Une copie de maths peut apparemment montrer (ou faire croire) beaucoup plus que ce qu'on pense 🙂
Il y a eu beaucoup d'études sur les notes. L'idée que la perfection ne peut être atteinte pour le français par exemple a eu cours longtemps. Elle a été remplacée par une autre idée, celle d'utiliser tout l'éventail des notes dans chaque discipline.
Dans chaque discipline, l'échelle des notes doit être utilisée dans toute sa plénitude, au-delà des seuils critiques de 8, 10 et 12. L'usage d'une échelle limitée autour de la moyenne minimise, en effet, l'influence de la discipline concernée et prive, de façon anormale, les meilleurs candidats de l'avantage légitime qu'ils pouvaient escompter. Il est, en outre, indispensable d'assurer une répartition équilibrée des notes sur une échelle la plus large possible.
(education.gouv)
Oui j'entends bien tout ce que vous me faites noter et je suis d'accord, n'empêche qu'essentiellement, la notation chez les scientifiques a toujours plus de chances d'être parfaitement impartiale et objective que celle chez les littéraires.
Sfdd: ce que tu dis sur ta copie de maths est intéressant, tu as été surpris et trouvé ça saugrenu?
Oui j'entends bien tout ce que vous me faites noter et je suis d'accord, n'empêche qu'essentiellement, la notation chez les scientifiques a toujours plus de chances d'être parfaitement impartiale et objective que celle chez les littéraires.
Mise à part réaffirmer un préjugé qui semble bien être faux, je ne vois pas ce que tu apportes de plus pour étayer tes propos.
Le problème de la littérature et des sciences de la culture (tel qu'elles ont pu vouloir s'appeler) se pose, il me semble, globalement dans une volonté dangereuse de calquer leur critère de scientificité du les critères prévalent dans les sciences de la nature (si on prend les vieux termes). Le problème est que l'on envisage le terme de "science" comme un terme valorisant, là où il ne dénote que des modalités particulières d'approche du réel. Après, faire de ces problématiques épistémologiques des éléments justifiant d'une plus grande justesse de notation des matières issues de la science de la nature, par rapport à une propension à l'injuste ou au moins fiable de l'autre côté, c'est statistiquement faux et ce n'est qu'une légende de plus qui structure notre imaginaire sur ces questions.
Bref…
Félicitations, c'est vraiment une petite fille modèle que vous nous avez pondue là.
Sinon, moi j'avais eu 5 …mais bon, on s'en fout! 😀
Non, sérieusement, 20 c'est que ça devait être top.
Après moi je connais un type qui a eu 20/20 au bac philo et c'est un des types les plus plan-plan et fermé d'esprit de l'univers…ou de la galaxie, un trouillard incroyable, pas curieux pour un sou, qui ne se remet jamais en question, mou d'esprit et de corps…si c'est ça un bon élève pour l'éducation nationale, je ne veux pas en être!
Spartacus a écrit :Après moi je connais un type qui a eu 20/20 au bac philo et c'est un des types les plus plan-plan et fermé d'esprit de l'univers…ou de la galaxie, un trouillard incroyable, pas curieux pour un sou, qui ne se remet jamais en question, mou d'esprit et de corps…si c'est ça un bon élève pour l'éducation nationale, je ne veux pas en être!
J'en connais un aussi. C'est franchement pas un génie, juste une machine à apprendre.
Ouais c'est tout à fait ça. Les pauvres franchement, après ils ont leur 20/20 et ils pensent être dans le vrai. 🙄
Parce que nécessairement, par la nature différente des objets que chaque discipline étudie, on peut avoir des correcteurs qui continuent d'appliquer ce que tu appelles cet a priori ancré dans notre imaginaire, et dans ce peut se loge pour moi l'écart irréductible entre les deux méthodes de correction/notation.
Il est peut être infime, mais il suffit, pour moi, à dire qu'il y a différence de notation/correction: il y aura toujours quelqu'un pour ne pas suivre ta tendance, qui continuera de n'avoir pas intégré comment on doit noter, c'est à dire avec la même démarche des deux côtés.
Je ne vois pas pourquoi il serait pire d'avoir des problèmes d'adolescence avec un 20/20 plutôt qu'avec un 5/20. A chacun ses problèmes personnels mais cela n'a rien à voir avec la réussite au bac. Le correcteur lui, se contente de corriger une copie anonyme et dans le cas du 20/20 et même si on tient compte de tous les facteurs subjectifs concernant le correcteur, du facteur chance etc. ce 20/20 établit que le sujet d'examen a été traité aussi bien que cela était possible pour un élève passant le bac. Le 20 n'est pas la perfection que nul ne pourrait atteindre mais le constat qu'à un niveau donné; tout ce qui est demandé a été obtenu.
C'est bizarre de plaindre avec ironie ceux qui ont eu 20. Ils savent apprendre et l'avenir dira si leur technique est bonne pour l'enseignement supérieur aussi.
Quand les universités sélectionnent (c'est par exemple le cas ailleurs qu'en France) , il sera évident qu'un bon dossier est absolument nécessaire.
La personne que je connais dans ce cas (20/20 en philo au bac) est aujourd'hui à pôle emploi avec pas d'autres diplôme en poche que son bac (il y a aussi la vie qui est passée par là bien sûr) n'empêche que son année de fac n'a pas du tout marché.
Donc, oui, ça ne veut rien dire sinon d'avoir fait ce qui était attendu…donc effectivement quelque chose de plan-plan dans 80% des cas au moins.
* A pôle emploi en recherche d'emploi, pas en tant que travailleur, je précise.
Il n'y a aucune correspondance entre une note, bonne ou mauvaise, au bac, et la chance de trouver un emploi plus tard et l'on peut être très brillant, très original, très doué et finir a pôle emploi (donc, fait attention, ça peut même t'arriver à toi). Mais, ceci dit, je n'avais jamais songé à cette logique qui consisterait à dire que toute mauvaise note ou appréciation à l'école ou à la faculté serait la preuve d'une géniale capacité à la subversion. J'espère que tu ne va pas trop réussir ton année Spartacus, ça risquerait de mettre en péril ta rebellitude face au système !
Il y a beaucoup de façons d'échouer. Ne pas apprendre les bases ou ne pas voir ce qu'il est demandé d'apprendre sont des attitudes courantes aux effets attendus mais cela produit en général des notes insuffisantes qui vont rendre la suite des études aléatoire. Il y a aussi d'autres façons d'échouer à l'université avec des notes bien suffisantes dans le secondaire mais je ne saurais pas mettre un pourcentage sur le sujet.
Bah moi déjà, j'ai eu une licence de philosophie alors que j'avais vraiment pas une scolarité brillante à la base, et même si ça fait depuis le mois de juin que j'ai ma licence et qu'on est presque en octobre, j'arrive toujours pas à y croire pour tout te dire…je crois à la bonne grâce de mon destin qui m'a fait en arriver là.
Maintenant contrairement à ce que tu crois, je me remet énormément en question, j'essaie d'élaborer des stratégies pour me faire du contact dans les milieux pros et domaines qui m'intéressent (ce qui passe aussi par une remise en question des relations avec autrui ect…). J'ai très peur de pas y arriver, d'être discriminé, je sais qu'un master ne suffit pas quand bien même j'y arriverais finalement.
La personne dont je te parle elle est fermée à tout ça, je juge pas, juste c'est pas une preuve qu'on est débrouillard d'avoir 20/20.
J'ai toujours été moyen…j'ai eu mon brevet des collège uniquement parce que le jury m'a rajouté des points et j'ai eu 10 à mon bac L. J'ai eu ma licence de philosophie avec beaucoup de travail quoi qu'on en dise et j'ai décollé un peu de la moyenne seulement grâce au dernier semestre où j'ai fait un bon score, voilà.
Ce qui compte à mes yeux ce ne sont pas les notes, c'est la détermination à y arriver coûte que coûte, le courage, le dynamisme, la passion, l'ambition, une forme de dignité et de fierté, la capacité à s'affirmer quoi qu'il arrive, quelque chose de beaucoup plus existentiel en somme.
J'aime les cinéastes pour cela. Anca Hirte, la réalisatrice de Théodora Pécheresse, a pointé à Pôle emploi aussi à un moment de sa vie, il n'y a pas de honte à ça, la question ne se pose pas en fait.
Je prenais cet exemple pour dire qu'il faut garder les pieds sur terre même avec la note maximale.
SPQR a écrit :Sfdd: ce que tu dis sur ta copie de maths est intéressant, tu as été surpris et trouvé ça saugrenu?
Non, j'ai trouvé ça original et rigolo 😀