Charlie-30 a écrit :Bonjour,
Je suis moi-même en TL et envisage très certainement de m'inscrire en Hypokhâgne à la rentrée prochaine. Comme toi d'ailleurs, je souhaite une prépa à ambiance "humaine" plutôt qu'une grosse prépa où c'est "chacun pour soi".
Malheureusement, les prépas ne sont pas classées comme tel. Évite les grandes parisiennes pour commencer (H4, LLG). Vu le nombre d'admis, ça doit y aller côté boulot/compétition. Ton lycée propose peut-être une prépa littéraire non ? Montaigne à Bordeaux est réputée assez dure, Camille Julian est plus sympa il me semble. Et prend en compte ta situation géographique : ne va pas péter en Lorraine si tu habites vers Toulouse…
Méfiez-vous des bruits de couloirs sur les grandes prépas, ce sont des rumeurs véhiculées depuis des décennies et qui ne riment à rien. Les gens qui sont à Henri IV (ou qui en sortent) ou autre ne sont pas des psychopathes en puissance.
NON, IL NE FAUT PAS EVITER LES GRANDES PREPAS. Comme tu le dis ce sont les prépas qui ont le plus d'admis : cela veut dire qu'en passant par là on a plus de chances d'intégrer. Si le but c'est d'avoir un concours (que ce soit celui de l'ENS ou non), autant mettre toutes les chances de son côté! L'atout "sympathie" de tel ou tel lycée doit vraiment être un critère marginal (et de toute façon le potentiel sympathie dépend largement des étudiants donc cela varie tous les ans)!
Pour le critère géographique c'est pareil, cela ne doit pas guider un choix. Habiter loin de sa ville d'origine n'a jamais tué personne.
La différence principale entre khâgne classique (Ulm) et khâgne moderne (Lyon) est (était?) qu'elles ne préparent pas au même concours. En fait cela tend à s'estomper car les épreuves de concours sont pour la plupart communes aux deux filières. La khâgne classique impose l'étude d'une (ou deux?) langue ancienne, la khâgne moderne inclut la géographie dans l'enseignement. En revanche, il est possible de passer le concours d'Ulm quand on est en khâgne moderne si l'on poursuit l'étude d'une langue ancienne et, de même, un khâgneux de classique peut passer Lyon s'il suit le cours de géographie (ou s'il se le procure). D'ailleurs, tous les ans il y a des bi-admissibles ou des bi-admis (mais cela reste rare car cela nécessite tout de même de s'imposer une matière en plus pour le concours, ce qui n'est pas rien).
Je précise aussi ce qui a été dit sur les ENS. Ceux qui réussissent le concours intègrent une ENS comme
normaliens, donc comme élèves-fonctionnaires-stagiaires. En effet, les normaliens sont payés pour quatre ans (un gros SMIC on va dire), mais pas nourris et logés comme il est écrit plus haut. En contrepartie, les normaliens s'engagent pour dix ans au service de l'Etat (dont en effet quatre années effectuées à l'école, plus trois ans de thèse
normalement).
Les cours à l'ENS ne sont pas à la carte. Les élèves doivent suivre des cours qui sont obligatoires (en prévision notamment de l'agrégation). Par contre, il est vrai que chacun peut suivre des cours
facultatifs, qui donnent lieu ou non à la validation d'un diplôme, pour sa culture personnelle. L'offre est variée et il n'y a pas de cloisonnement disciplinaire : un matheux peut suivre des cours d'histoire, un angliciste peut suivre des cours d'économie, etc. Bien sûr il y a des limites, un élève issu de la filière littéraire ne peut pas aller suivre n'importe quel cours de mathématiques ou de physique…
Les ENS sont censées former des profs : d'où l'obligation pour les élèves de passer un concours de la fonction publique de catégorie A. En général, c'est l'agrégation. Ensuite, les normaliens sont vivement encouragés à préparer un doctorat (cette fois ce n'est pas obligatoire en revanche). Les débouchés sont sans doute un peu plus ouverts qu'autrefois mais la priorité reste de former des enseignants. S'il s'avère que le normalien quitte la fonction publique avant les dix ans, il est tenu de rembourser les salaires perçus.
Comme l'a dit Charlie-30, les prépas offrent aussi la possibilité de passer divers concours, ce qui renforce l'intérêt de passer par ces études (même si la prépa a un intérêt en soi 🙂 ). Renseignez-vous bien sur ces concours, sur les épreuves qu'il faut passer et sur ce que vous pouvez faire une fois dans l'école.
Pour répondre à CandyCandy : les ENS fonctionnent en effet à peu près comme les facs avec un cursus licence-master-doctorat. Cependant, on ne peut intégrer l'ENS qu'en L3 (après deux ans de prépa). L'année de L3 se fait en général à la fac (mais les élèves ont aussi des cours à l'ENS), et après les cours se font à l'ENS. Le gros avantage des ENS est qu'elles font travailler des effectifs réduits par rapport à la fac (10-15 normaliens par discipline au très grand maximum, auxquels il faut ajouter les auditeurs libres), et surtout qu'elles offrent les meilleures conditions pour réussir l'agrégation (plus de 75% de réussite il me semble). Si vous allez faire un tour sur Internet, vous verrez que ce sont les académies de Paris et de Lyon qui obtiennent la quasi-totalité des places à l'agrég'. Passer par une ENS "facilite" la voie qui mène à une carrière de prof dans le supérieur.
Les ENS offrent aussi la possibilité à des "auditeurs libres" de venir étudier à école. Ce sont des étudiants qui candidatent pour effectuer leur master à l'école. Ils suivent donc les mêmes cours que les normaliens.
J'espère ne pas avoir dit de bêtises! Si c'est le cas, que quelqu'un me corrige ou complète ce que j'ai dit 😉