Tournure exacte d’une phrase

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et tous,

Suite à une discussion (animée) entre amis, nous n'avons pas réussi à déterrminer lesquels d'entre nous avaient raison ou tort.

Cette phrase est la suivante :

" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité… "

et le débat a ensuite tourné autour de la concordance des temps…

A votre avis cette phrase est-elle grammaticalement correcte ?

Si non, pourquoi ?

Et mieux encore si quelqu'un(e) avait une explication précise à ce sujet, je l'en remercie d'avance.

Bonne journée à toutes et tous !

Cordialement,
" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité… "

C'est incorrect, le conditionnel ne se justifie pas. Essayons pour y voir plus clair de considérer la phrase de départ, sans "comme si".
"Il n'y a que le chocolat qui provoque l'obésité."
"provoque" est-il un subjonctif ou un indicatif?
On peut voir que les deux analyses sont possibles :
Il n'y a que le chocolat qui rende obèse.
Il n'y a que le chocolat qui rend obèse.

Si c'est un indicatif
Le présent de l'indicatif dans un contexte de concordance devient un imparfait.
"Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquait l'obésité".

Si c'est un subjonctif (cette hypothèse a ma préférence)
On peut appliquer les règles de concordance classiques, ce qui impose l'imparfait du subjonctif :
" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquât l'obésité… "
Ou peut aussi ne pas les appliquer, ce qui revient à employer un présent du subjonctif :
" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoque l'obésité… "
Le conditionnel ne peut se substituer en ce cas au subjonctif, présent ou imparfait.
Bonjour,

Je vous remercie pour cette explication aussi exhaustive que rapide.

Bon "week-end"

Cordialement.
Si j'ose soutenir le choix d'autres temps.

Comme Lucretius l'a déjà fait, on peut remonter à des cas plus simples. Commençons avec la phrase interrogative.
Qu'est-ce qui provoque l'obésité ?
Il s'agit d'une information bien connue. On s'attend à une liste certaine.
Qu'est-ce qui provoquerait l'obésité ?
Cela a l'air plus conjectural. Tel ou tel aliment provoquerait l'obésité, si l'on en consomme trop.
D'autres temps conviendraient si on parlait d'un cas particulier, l'obésité d'une personne.

Quant à la réponse, simplifions-la un peu en enlevant le présentatif.
Le chocolat provoque / provoquerait l'obésité.
Seul le chocolat provoque / provoquerait l'obésité.


Grevisse indique que l'imparfait et le plus-que-parfait sont les temps ordinaires après comme si, mais il cite des phrases dont les auteurs ont choisi d'autres temps : l'imparfait du subjonctif, le présent ou le passé composé, le futur ou le conditionnel. Anne nous a déjà donné la règle sur le conditionnel dans une phrase exclamative.
Element d'une proposition : … comme si seul le chocolat provoquait l'obésité.
Exclamation d'incrédulité : Comme si seul le chocolat provoquerait l'obésité !

Réintroduisons le présentatif. Après il n'y a que, on peut utiliser l'indicatif en parlant d'un fait, ou le subjonctif si on y voit une subordonnée après une restriction sur le modèle de seul ou le premier. À mon avis, on peut aussi justifier le subjonctif par l'idée que comme si teinte toute la phrase d'un doute.

Donc, à l'indicatif:
… comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquait l'obésité. (concordance de temps)
… comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité. (avec des conditions sous-entendues)

Et au subjonctif:
… comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoque / provoquât l'obésité.
Comme s'il n'y aurait que le chocolat qui provoque / provoquât l'obésité !

On verra si certains pensent que j'y pousse trop les possibilités.

Cordialement,
Bravo et merci, BillM !
BillM,

La question porte sur la correction ou non de la phrase suivante :
" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité… "
Certes, il est possible de mettre le verbe avoir au conditionnel d'incrédulité, mais l'imparfait est parfaitement correct et habituel, et la discussion porte surtout sur le conditionnel de "provoquer".
BillM a écrit :Si j'ose soutenir le choix d'autres temps.

Comme Lucretius l'a déjà fait, on peut remonter à des cas plus simples. Commençons avec la phrase interrogative.
Qu'est-ce qui provoque l'obésité ?
Il s'agit d'une information bien connue. On s'attend à une liste certaine.
Qu'est-ce qui provoquerait l'obésité ?
Cela a l'air plus conjectural. Tel ou tel aliment provoquerait l'obésité, si l'on en consomme trop.
D'autres temps conviendraient si on parlait d'un cas particulier, l'obésité d'une personne.

Quant à la réponse, simplifions-la un peu en enlevant le présentatif.
Le chocolat provoque / provoquerait l'obésité.
Seul le chocolat provoque / provoquerait l'obésité.

[…]

Réintroduisons le présentatif. Après il n'y a que, on peut utiliser l'indicatif en parlant d'un fait, ou le subjonctif si on y voit une subordonnée après une restriction sur le modèle de seul ou le premier. À mon avis, on peut aussi justifier le subjonctif par l'idée que comme si teinte toute la phrase d'un doute.

Donc, à l'indicatif:
… comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquait l'obésité. (concordance de temps)
… comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité. (avec des conditions sous-entendues)
J'avoue ne pas trop saisir ta méthode. Pourquoi d'abord remonter à une phrase interrogative?
"Comme si", suivi d'un imparfait de l'indicatif à valeur d'irréel du présent, permet d'introduire une hypothèse, tout en la rejetant comme absurde. Ce qui est rejeté, ce n'est pas une question, mais bien une assertion (il n'y a que le chocolat qui provoque l'obésité). On peut toujours considérer que la proposition répond à une question implicite, mais celle-ci pourrait aussi bien être une question ouverte "Qu'est ce-qui provoque l'obésité?", que fermée "Est-ce que le chocolat provoque seul l'obésité?". Mais remonter à cette question implicite est tout autre chose que décomposer une phrase pour éclairer son fonctionnement grammatical.
Je ne comprends pas non plus ta justification du conditionnel pour "provoquer". Je ne vois pas quelles sont les "conditions sous-entendues" qui conduisent à l'emploi de ce temps.
Bonjour,

Mille mercis pour votre réponse qui rejoint celle de l'un de ceux qui participaient à cette discussion.

Et je dois aussi préciser que dans mon esprit, ma phrase initiale comportait et exprimait aussi une incrédulité certaine face au genre d'affirmation pour le moins péremptoire ayant provoqué ma réaction et donc cette réponse.

Par conséquent je trouve votre aimable et exhaustive réponse parfaite.

Encore un grand merci pour votre temps et votre amabilité.

Bien cordialement,
Lucretius a écrit :La question porte sur la correction ou non de la phrase suivante :
" Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité… "
Certes, il est possible de mettre le verbe avoir au conditionnel d'incrédulité, mais l'imparfait est parfaitement correct et habituel, et la discussion porte surtout sur le conditionnel de "provoquer".

J'avoue ne pas trop saisir ta méthode. Pourquoi d'abord remonter à une phrase interrogative?…
Je n'ai proposé des formes interrogatives que pour suggérer des contextes, puisque nous ne savions pas le contexte de la phrase en question. Comme tu as bien deviné, j'ai pris la question autrement, non pas sur la grammaire de la phrase donnée, mais sur le choix de temps qui convient mieux au sentiment derrière la phrase.

Quant à la possibilité d'utiliser le conditionnel, j'imaginais un contexte plus scolaire ou scientifique. Peut-être qu'on discutait une étude proposée sur les causes de l'obésité ou sur l'efficacité de remèdes. Le fragment de phrase commençant avec comme si peut compléter une phrase neutre sur les aliments étudiés ou sur les facteurs qui pourraient contribuer à l'obésité. Si dans l'esprit du locuteur le conditionnel y convenait mieux, il pourrait avoir raison.
Bonsoir,

Afin d'éviter une discussion sans fin, je pense que remettre la phrase à l'origine de mon interrogation dans le contexte est ou serait utile au débat :

La question posée était :

" Pour quand l'interdiction du chocolat pour éviter l'obésité ? "

et ma réponse intégrale et spontanée était :

" Comment pouvez-vous dire une telle énormité.. ?

Comme s'il n'y avait que le chocolat qui provoquerait l'obésité. "

Dans l'espoir que ce complément d'information puisse clarifier le débat…

Bonne soirée à toutes et tous.

Et encore merci.
Je suis de l'avis de BillM et le conditionnel me paraît justifié si le rôle du chocolat dans l'obésité est hypothétique. Aucune des autres formulations ne rend ce caractère hypothétique.
Mais aviez-vous vraiment des doutes sur le rôle du chocolat dans l'obésité ? Si votre idée, c'est que certes l'abus de chocolat rend obèse, mais il n'est pas le seul dans ce cas, et l'obésité peut être due à de nombreux autres aliments, alors le conditionnel n'est pas de mise, et il faut adopter les autres solutions qui vous ont été proposées.