Le vivre ensemble

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Depuis plusieurs années, les pédagogues, les sociologues, les politiques et les journalistes se gargarisent avec la notion de "vivre ensemble". Il semble que cela ait remplacé dans leurs discours le terme de "citoyenneté", trop galvaudé, et je ne serais pas étonné qu'une autre expression vienne un jour la remplacer. Ce qui m'agace un peu dans cette expression, c'est qu'elle ne sonne pas d'une manière naturelle à mon oreille : il n'est pas très habituel qu'un infinitif accompagné d'un adverbe devienne une locution nominale, cela fait "fabriqué". Je voudrais savoir d'où vient cette expression devenue si courante, qui l'a inventée, ou mise à la mode. J'aimerais aussi savoir la nuance qu'elle apporte après "respect de l'autre", "morale commune", etc. Enfin votre avis sur la locution "vivre ensemble" m'intéresse, et je voudrais voir si je suis le seul à être gêné par cette tarte à la crème lexicale. Je vous remercie à l'avance.
Lucretius a écrit :elle ne sonne pas d'une manière naturelle à mon oreille : il n'est pas très habituel qu'un infinitif accompagné d'un adverbe devienne une locution nominale, cela fait "fabriqué".
Je suppose que le bien-être qui associe un infinitif et un adverbe et est devenu depuis belle lurette une locution nominale ne te choque pas. C'est parce qu'on y est habitué.
Si la locution "le vivre-ensemble", voire le "bien-vivre-ensemble", prend suffisamment, on s'y habituera !
Quant à son utilité, c'est une autre matière. Je ne doute pas qu'il y ait cent façons de dire la même chose, mais "les pédagogues, les sociologues, les politiques et les journalistes" adorent baptiser de noms nouveaux des notions somme toute anciennes. Qui a dit : quand on ne peut pas changer les choses, on change les mots ?
L'autre avantage de l'expression est qu'elle est vague ce qui convient très bien à une communication qui se veut consensuelle et qui évite les jugements sur des faits précis.
Sur le net on voit l'expression utilisée par Barthes pour un cours de philo.
Et aussi, composé de mots très courants , le terme vivre ensemble a une allure moins savante et plus immédiatement évocatrice que "convivialité" ou "citoyenneté", même si le sens paraît plus général.
La formation un peu inhabituelle du mot (malgré le précédent du "bien-être", que je n'aime pas beaucoup, mais qui a le mérite de mettre l'adverbe monosyllabique avant le verbe, ce qui permet d'en faire plus facilement un mot avec un seul accent), bien que composé de mots courants, ne le rend pas plus accessible que les mots abstraits. Par accessible, je ne signifie pas "facilement compréhensible", mais "facilement appropriable", et utilisable dans le discours de tout le monde. J'ai peut-etre une perception biaisée, mais cette locution me semble exclusivement employée par des figures d'autorité. Les personnes moins autorisées ne reprennent cette expression que dans un contexte militant, ce qui accroît mon impression de "mot fabriqué". Je regarderai le texte de Barthes. Je suppose que ceux qui ont mis le mot à la mode s'y référaient.
Si ce genre de mot n'était pas évocateur et accessible, les publicitaires n'utiliseraient pas des tournures analogues comme "l' art du bien vivre" , par exemple.

Que le terme ressortisse surtout au jargon des figures d'autorité, c'est un fait, mais le mot "citoyenneté" aussi, me semble-t-il. Tant qu'à employer des mots de jargon, autant utiliser les termes les moins opaques…
Pouah, je ne connaissais pas "l'art du bien vivre". Puisse-t-il ne pas connaître le succès du vivre ensemble.
Comme quoi, la subjectivité… 🙂