Bonjour à tous,
J'aimerais devenir écrivain et je crois que suivre des études de lettres est primordial.
Je suis passionné de fantasy et de SF. J' aimerais donc faire ma maîtrise sur ces thèmes.
J'aime Tolkien , Georges R R Martin, Ray Feist, Neil Gaiman, Rowling.
Néanmoins je me demande si la licence de lettres modernes et celle de llce anglais sont similaires quant à l'étude de la littérature, son développement, l'étude des genres littéraires, etc…
J'ai cru comprendre que les épreuves de LLCEd' anglais UE2 tombait au hasard soit sur la civilisation sois sur la littérature, le reste de l'enseignement traitant de linguistique et de grammaire. Dans ce cas LM est plus focalisé sur l'études des œuvres ?
Serais-je capable d'écrire un livre en anglais suite à une master llce ?
Est-ce qu'un master LM est plus approprié ?
Littérature comparée ?
J'espère avoir été clair, merci pour vos réponses 🙂
Bonjour,
Je dois t'avertir que tes auteurs fétiches ne sont pas tout à fait ceux qu'on étudie en licence (euphémisme)… Que les choses soient claires : même si tu vas en LLCE Anglais, tu ne travailleras jamais sur Tolkien, et encore moins sur J. K. Rowling… On peut à la rigueur envisager un mémoire de master sur Tolkien, à condition d'y trouver un intérêt littéraire (sur Rowling, ou le Trône de fer dont j'ai vaguement entendu parler, ça me paraît en revanche sérieusement compromis)…
Disons-le tout de suite, la littérature que tu apprécies est globalement considérée comme de la sous-littérature de caniveau par n'importe quel professeur d'université. Et également par tes camarades potentiels, accessoirement. A la fac, tu étudieras Shakespeare, Brontë, … c'est assez différent… je crains que tu ne trouves cela fastidieux… on n'y trouve guère de dragons… l'anglais est nettement plus ardu… Je te conseille donc de bien mûrir ton choix, et de t'attaquer à une ou deux œuvres classiques (fût-ce en traduction française), histoire de voir si ça te plaît.
Capable d'écrire un livre en anglais avec une master LLCE anglais ? Oui, si tu obtiens ton master, c'est que tu as largement le niveau.
En ce qui concerne les différences LLCE/LM : comme son nom l'indique, la LLCE anglais est centrée sur la langue et la civilisation anglaises (RU, Etats-Unis…). On y étudie des œuvres, de la grammaire, certainement aussi l'histoire de la langue (anglais moderne naissant, anglais médiéval…), la culture…
En LM, on fait aussi de la grammaire, de l'ancien français, même du latin…
Merci d'avoir pris le temps de me répondre Amphitryon .
Voila de quoi méditer, bonne continuation 🙂
Ceci peut t'intéresser : https://www.univ-lehavre.fr/ulh_services/IMG/pdf/M1_LETTRES_ET_CREATION_LITT-2.pdf
Je crois que c'est la seule université proposant une formation à l'écriture, à part les licence profressionnelless "écrivain public". Donc plutôt après une licence de lettres.
Merci Anne345, je vais y jeter un œil .
Je serais moins définitive. Si la licence privilégie les auteurs classiques, un master recherche laisse à l'étudiant la possibilité de travailler sur des auteurs moins classiques, sur des genres réputés (à tort) mineurs, voire sur des auteurs populaires. Il y a quand même des professeurs travaillant sur le fantastique, l'horreur (un auteur comme Lovecraft n'est plus considéré comme mineur), la SF, un peu moins certes sur la fantasy proprement dite. Tyelord, si la littérature de langue anglaise t'intéresse plus que la française, tu peux envisager une licence LLCE. Ce sera au moment du master que tu chercheras le professeur et la fac à même d'accepter tes projets de recherche (il est fréquent de changer de fac entre la licence et la master, je l'avais aussi fait pour étudier de la littérature pas très classique).
Un exemple de fac travaillant sur le fantastique, la fac de Brest avec l'équipe CEIMA : https://www.univ-brest.fr/ceima/accueil.htm
En fait, je m'interrogerais plutôt sur le projet d'être écrivain de métier.
Rien ne t'empêche de suivre en même temps un cursus plus professionnalisant et une licence de littérature anglaise pour le plaisir (qui te mènera plutôt aux carrières de l'enseignement et de la recherche).
Lovecraft, Bradbury, Wells, Huxley, Orwell… fort bien. Mais pas Rowling et Cie. Il vaut mieux le dire clairement, histoire que tyelord ne s'engage pas dans une voie qui ne lui conviendrait pas. 😐
Et pourtant quand on regarde les thèses soutenues ou en préparation… Quelques exemples pris en Lettres, encore plus nombreux en Etudes anglophones :
Les langages de J.K. Rowling par Carole Mulliez Thèse de doctorat en Lettres sous la direction de François Gallix, soutenue le 21-03-2009
Le tissage de la mythologie dans la fantasy anglo-saxonne par Chrystel Bourgeois sous la direction de Anne Larue et de Vincent Ferré. soutenue le 09-06-2010
Tolkien ou la joie par-delà raison et sentiment. l'originalité d'un homme de lettres face à la modernité par Estelle Salleron sous la direction de Leo Carruthers
La quête : mythe central de la fantasy (J.R.R. Tolkien, Ursula K. Le Guin, Léa Silhol)
par Viviane Bergue sous la direction de Pierre-Yves Boissau et de Jean-louis Breteau.
L'univers fictionnel de J.R.R. TOLKIEN : entre la fantasy et la naissance d'un genre nouveau. Une approche comparatiste des oeuvres en marge des genres littéraires
par Anca Muntean sous la direction de Vincent Ferré
Rowling, je comprends bien que ce soit délicat (même si j'ai beaucoup aimé lire les tomes dans ma jeunesse), mais pas Tolkien, comme le montre Anne…
De toute façon, Tyelord a encore bien le temps de définir ses projets, rien ne presse, il pourra découvrir d'autres auteurs et genres d'ici-là. J'insiste encore une fois sur le projet strictement professionnel et la voie pour y parvenir, ça me semble pour l'instant plus important (même si des revirements pendant le cursus sont évidemment possibles et compréhensibles…).
Je suis surpris que malgré le succès de tous ces auteurs et les genres qu'ils représentent, il n'y ait pas plus de recherches à leur sujet.
Anne345, je vais creuser du côté des thèses, c'est une bonne piste , merci pour l'info.
Merci à tous pour vos commentaires .
tyelord a écrit :Je suis surpris que malgré le succès de tous ces auteurs et les genres qu'ils représentent, il n'y ait pas plus de recherches à leur sujet.
Il n'y a rien de surprenant à cela : c'est une banalité que de dire qu'il n'y a aucune corrélation systématique entre le succès populaire d'un livre et sa qualité littéraire… Evidemment, ce n'est pas en vous montrant du doigt une thèse sur Rowling (qui par ailleurs me semble, après un rapide feuilletage (électronique), assez "capillotractée" à certains égards du moins, notamment le phonosymbolisme, mais bon, c'est un autre sujet…) que l'on vous déprendra de ces idées… J'ai moi aussi lu tous les
Harry Potter avec passion et avidité ; là n'est pas le problème…
P. S. En revanche, faites une thèse de sociologie ou d'économie sur Rowling, je pense qu'il y aurait des choses très intéressantes à dire !
Je suis surpris que malgré le succès de tous ces auteurs et les genres qu'ils représentent, il n'y ait pas plus de recherches à leur sujet.
Le succès n'est pas pour les universitaires le critère le plus important. On peut les comprendre, car certains écrivains à succès sont de simples tâcherons. Qui serait assez tordu, par exemple, pour étudier sérieusement la littérature de Marc Lévy, à côté de qui Jk Rowling semble un nouveau Shakespeare ? L'universitaire qui aurait la perversité de s'y livrer le ferait par un genre de défi rhétorique, semblable en cela à Lucien de Samosate qui écrivit un majestueux éloge de la mouche.
Les études de lettres envisagent la littérature dans son histoire, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, avec des références obligées à l'antiquité. Dans cette persceptive, des auteurs ou des genres qui te paraissent majeurs, sont de simples épiphénomènes contemporains. Réciproquement, des auteurs dont tu n'as jamais entendu parler seront pour eux des références incontournables. Cependant les genres codés tels que le policier ou le fantastique sont observés avec intérêt par certains chercheurs (du reste le début du genre fantastique n'est pas sans rapport avec le romantisme). Mais ce n'est pas là dessus que l'accent est mis, ce qui n'est pas forcément un mal pour toi, car cela peut te permettre d'avoir d'autres perspectives, sans te faire renier les auteurs que tu affectionnes.
Ce que je peux dire enfin, c'est que les études de lettres apprennent à connaitre l'histoire de la littérature, à affiner l'analyse, et à être plus sensible au style, mais elles n'apprennent pas à écrire dans un style autre qu'académique. En somme, les facs de lettres ne forment guère à être écrivain, pour la plupart.