Jean-Jacques Rousseau

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Alors voilà, je suis nouveau sur ce site (que je trouve très bien). J'ai regardé un peu tous les sujets de toutes les pages, mais j'ai été déçu de constater qu'on parlait de nombreux auteurs littéraires que j'apprécie beaucoup, mais peu de Rousseau, auteur que j'admire ! Que ceux qui sont intéressés pour en parler n'hésitent pas pour le faire ici, j'en serai ravi. 🙂 Aahhh…Rousseau !!! mon auteur préféré ! La Nouvelle Héloïse est vraiment bien. Je vais devoir l'étudier en profondeur cette année pour mon Mémoire de recherche de M1 Lettres Modernes.
Mon dieu Rousseau. En première, j'avais étudié l'incipit des Confessions. Je comprends que l'on puisse apprécier cet auteur, mais je n'ai jamais réussi à rentrer dans cette œuvre. C'est sans nul doute réducteur mais quand je lis Les Confessions , j'ai l'impression de lire une plainte perpétuelle. Après , tous les goûts sont dans la nature!^^
Il est vrai que Rousseau peut paraître plaintif à de nombreux moments, mais personnellement, je trouve que c'est ce qui fait le charme de cet auteur: le côté narcissique, prétentieux, misanthrope…(et j'en passe 😉 ) Il me fait rire. Et il ne faut pas oublier de le prendre parfois au second degré. De plus, Rousseau est resté enfant toute sa vie (cela se "ressent" à travers son écriture), et comme tout enfant, il aime bien parler de lui.
Je suis tout à fait d'accord avec toi, surtout par rapport à l'aspect comique. Pour moi , l'un des livres les plus drôles reste Les Rêveries du promeneur solitaire. Dans ce livre, il faut le dire, il n'a pas vraiment de chance ce pauvre Jean Jacques. On le met souvent en parallèle avec Voltaire, mais ce dernier devait être beaucoup plus mauvais et sarcastique que Rousseau!
Hello !

En fait, quelle est la question ? Jean-Jacques comique ? Je trouve aussi… Mais à ne jamais dire, hein ? 😉
Pourquoi il ne faut pas le dire? 😀 C'est sur qu'il n'a pas fait exprès d'être comique, mais c'est une chose indéniable. Sérieusement, il faut imaginer J.J. se promener dans les rues et là… PAF… Un chien qui lui rentre dedans! Et quel chien!
Il n'a vraiment pas de chance quand on y pense ! 😂
Bonsoir,

Ne raconte pas ça en cours. Il faut considérer ("classiquement" parlant, lol) que Rousseau est un grand philosophe. Quand on pense qu'il abandonna le fruits de ses oeuvres avec Thérèse aux Enfants-Trouvés et qu'il écrivit Emile ou de l'Education, tu te poses des questions, n'est-ce pas ???
oui j'avoue que ce passage m'a bien fait rire. Mais c'est surtout la "brillante" idée qui lui vient pour éviter ce gros chien: "Je jugeai que le seul moyen que j'avais d'éviter d'être jeté par terre était de faire un grand saut si juste que le chien passât sous moi tandis que je serais en l'air"
Trop fort ce Jean Jacques 😉
C'est sur que Rousseau reste un grand auteur qui a beaucoup œuvré pour l'amélioration de la société. Mais d'un point de vue strictement littéraire, je préfère Diderot.
Il écrivit ça sur le tard… Pardonnons ? Pardonnons !

Tout de même, La Nouvelle Héloïse fut un best-seller. Nouvelle sensibilité, etc.
jeromedu86 a écrit :C'est sur que Rousseau reste un grand auteur qui a beaucoup œuvré pour l'amélioration de la société. Mais d'un point de vue strictement littéraire, je préfère Diderot.
Je suis une fan de Diderot, relativement sous-estimé à mon avis. En Première, j'avais fait une dissert sur le sujet suivant : "Commentez cette phrase de Diderot : 'C'est moi qui prédis l'avenir'. A l'époque (nous étions classées), je fus première avec 14/20 (les profs étaient durs en ce temps-là).

A part l'Encyclopédie et tout le reste, il initia la critique esthétique avec ses Salons. Chapeau ! Le problème, c'est que Diderot était un peu "border line", trop en avance sur son temps en somme.
Tout à fait! N'empêche que Jacques le fataliste et son maître est un roman exceptionnellement en avance avec son temps.
Il y a un auteur qui est , malgré de nombreux œuvres controversées,aussi en avance avec son temps : c'est Sade. Il y a eut il y a quelques années , une édition des lettres qu'il avait envoyées à sa femme d'une grande sensibilité. Maintenant, il reste ce qu'il est, c'est-à-dire , un auteur libertin cherchant la provocation.
Bonsoir,

Nous sommes loins de La Chartreuse de Parme et de La Nouvelle Héloïse (j'en suis un peu responsable, désolée). Il serait judicieux d'ouvrir un nouveau sujet sur Sade (par exemple).

Merci !
je n'ai toujours pas lu "La Chartreuse de Parme" (Argghhh sacrilège lol) mais je compte bien y remédier avant mon concours. Est-ce vraiment un bon roman selon vous?
Ne t'inquiète pas. Il y avait des grands classiques que je n'avais pas lus avant le CAPES. On ne peut pas tout lire, nous sommes humains!
Je n'ai pas vraiment apprécié La Chartreuse de Parme, mais il en avait été de même pour Le Rouge et le Noir. Par contre Armance m'a assez plu. Quant à Rousseau, je me disais la même chose: il m'a toujours fait rire, je ne m'en lasse pas. Je ne suis pas du tout sensible à la plume de Diderot (Jacques le Fataliste est effectivement une oeuvre très novatrice toutefois): ses contes me semblent assez inaccessibles, peu littéraires, peu agréables à la lecture. Les autres ouvrages sont plus intéressants qu'agréables, avec un crayon à la main. Bien sûr je comprends qu'on apprécie Stendhal et Diderot!
Pourquoi ne pas faire sentir le côté comique de Rousseau à des élèves, ce serait vraiment criminel? Après tout, ils n'en retiennent que l'épisode de la fessée…
Je puis me vanter d'avoir bien fait rire une classe de seconde avec le portrait de la femme idéale selon Rousseau (cinquième partie de l'Emile) :
Sophie a des talents naturels ; elle les sent, & ne les a pas négligés : mais n’ayant pas été à portée de mettre beaucoup d’art à leur culture, elle s’est contentée d’exercer sa jolie voix à chanter juste & avec goût, ses petits pieds à marcher légèrement, facilement, avec grâce, à faire la révérence en toutes sortes de situations sans gêne & sans maladresse. Du reste, elle n’a eu de maître à chanter que son père, de maîtresse à danser que sa mère ; & un organiste du voisinage lui a donné sur le clavecin quelques leçons d’accompagnement qu’elle a depuis cultivé seule. D’abord elle ne songeoit qu’à re paraître sa main avec avantage sur ces touches noires, ensuite elle trouva que le son aigre & sec du clavecin rendait plus doux le son de la voix ; peu à peu elle devint sensible a l’harmonie ; enfin, en grandissant, elle a commencé de sentir les charmes de l’expression, & d’aimer la musique pour elle-même. Mais c’est un goût plutôt qu’un talent ; elle ne sait point déchiffrer un air sur la note.
Ce que Sophie sait le mieux, & qu’on lui a fait apprendre avec le plus de soin, ce sont les travaux de son sexe, même ceux dont on ne s’avise point, comme de tailler & coudre ses robes. Il n’y a pas un ouvrage à l’aiguille qu’elle ne sache faire, et qu’elle ne fasse avec plaisir ; mais le travail qu’elle préfère à tout autre est la dentelle, parce qu’il n’y en a pas un qui donne une attitude plus agréable, & où les doigts s’exercent avec plus de grâce & de légèreté. Elle s’est appliquée aussi à tous les détails du ménage. Elle entend la cuisine & l’office ; elle sait le prix des denrées ; elle en connaît les qualités ; elle sait fort bien tenir les comptes ; elle sert de maître d’hôtel à sa mère. Faite pour être un jour mère de famille elle-même, en gouvernant la maison paternelle, elle apprend à gouverner la sienne ; elle peut suppléer aux fonctions des domestiques, & le fait toujours volontiers. On ne sait jamais bien commander que ce qu’on sait exécuter soi-même : c’est la raison de sa mère pour l’occuper ainsi. Pour Sophie elle ne va pas si loin ; son premier devoir est celui de fille, & c’est maintenant le seul qu’elle songe à remplir. Son unique vue est de servir sa mère, & de la soulager d’une partie de ses soins. Il est pourtant vrai qu’elle ne les remplit pas tous avec un plaisir égal. Par exemple, quoiqu’elle soit gourmande, elle n’aime pas la cuisine ; le détail en a quelque chose qui la dégoûte ; elle n’y trouve jamais assez de propreté. Elle est là-dessus d’une délicatesse extrême, et cette délicatesse poussée à l’excès est devenue un de ses défauts : elle laisseroit plutôt aller tout le dîner par le feu, que de tacher sa manchette. Elle n’a jamais voulu de l’inspection du jardin par la même raison. La terre lui paraît malpropre ; sitôt qu’elle voit du fumier, elle croit en sentir l’odeur.
Elle doit ce défaut aux leçons de sa mère. Selon elle, entre les devoirs de la femme, un des premiers est la propreté ; devoir spécial, indispensable, imposé par la nature. Il n’y a pas au monde un objet plus dégoûtant qu’une femme malpropre, & le mari qui s’en dégoûte n’a jamais tort. Elle a tant prêché ce devoir à sa fille dès son enfance, elle en a tant exigé de propreté sur sa personne, tant pour ses hardes, pour son appartement, pour son travail, pour sa toilette, que toutes ces attentions, tournées en habitude, prennent une assez grande partie de son temps & président encore à l’autre : en sorte que bien faire ce qu’elle fait n’est que le second de ses soins ; le premier est toujours de le faire proprement.
Cependant tout cela n’a point dégénéré en vaine affectation ni en mollesse ; les raffinements du luxe n’y sont pour rien. Jamais il n’entra dans son appartement que de l’eau simple ; elle ne connaît d’autre parfum que celui des fleurs, & jamais son mari n’en respirera de plus doux que son haleine. Enfin l’attention qu’elle donne à l’extérieur ne lui fait pas oublier qu’elle doit sa vie & son temps à des soins plus nobles ; elle ignore ou dédaigne cette excessive propreté du corps qui souille l’âme ; Sophie est bien plus que propre, elle est pure.
Les élèves ont bien décodé : la femme idéale de Rousseau est une poseuse inculte, et de plus elle ne fait pas usage du violon de porcelaine ce que les filles ont trouvé particulièrement répugnant !
Merci pour le tuyau Delia 😀 vivement la rentrée
jeromedu86 a écrit :Ne t'inquiète pas. Il y avait des grands classiques que je n'avais pas lus avant le CAPES. On ne peut pas tout lire, nous sommes humains!
Je confirme ! Pour ma part, je n'ai jamais lu La chartreuse de Parme...et seulement à moitié Le Rouge et le noir 😜
Delia a écrit :Les élèves ont bien décodé : la femme idéale de Rousseau est une poseuse inculte, et de plus elle ne fait pas usage du violon de porcelaine ce que les filles ont trouvé particulièrement répugnant !
Alors là vous m'avez perdu. Qu'est ce qu'un violon de porcelaine ?