Ouvrages étudiés dans la scolarité à l’étranger
18 réponses
Bonjour,
Je souhaite me bâtir une culture littéraire, et cela, en dehors (ou en plus) de la lecture d'ouvrages classiques, se présente tout d'abord la connaissance de ces classiques, et de leurs auteurs.
Plusieurs listes, notamment conseillées par des prépas, circulent sur le web, d'ailleurs sur ce forum se trouve celle du lycée Henry IV.
Je suis à la recherche de ce genre de liste, mais pour d'autres pays. En effet, les ouvrages de ces listes sont les auteurs que nous étudions au collège et au lycée, ainsi qu'à l'entrée et dans les grandes écoles. C'est Rabelais, c'est Molière, c'est Hugo, Racine, Voltaire, Zola, Camus ou Dumas.
Bref, je souhaiterais savoir, ou plutôt avoir la liste car il y a nécessairement plusieurs dizaines d'ouvrages et d'auteurs, ce qui est étudié dans le secondaire et le supérieur en Italie, par exemple, mais aussi aux Pays-Bas, en Allemagne, au Portugal, ou en Russie. Également en Angleterre et aux Etats-Unis, mais même si des listes ne sont pas trouvables, les classiques anglo-saxons se retrouvent facilement. Et d'ailleurs, si vous avez ceci pour n'importe quel pays (enfin, nous nous comprenons, pas le Brunei ou le Kosovo, mais bon, par exemple le Japon, le Brésil, la Suède, l'Autriche etc…) je suis intéressé.
Je sais que je n'aurais sûrement pas accès à tout, mais si plusieurs apportaient leurs briques, ce serait déjà super, car pour certains pays, tout ce qu'on trouve, c'est quelques auteurs et livres, alors que les élèves de ces pays doivent connaître les classiques de leurs pays, car tout pays, d'autant plus que ceux que j'ai cité ont une longue histoire, se base sur sa culture !
Merci beaucoup !
Bonjour,
Personne n'est en mesure de m'aider ? Je suis sûr que vous pouvez me donner des réponses pour quelques pays, comme l'Allemagne, la Russie, l'Italie ou l'Espagne ! 😜
Plus simple, si le but est ta culture, la consultation d'un livre comme la bibliothèque idéale de B. Pivot propose des listes de classiques des littératures étrangères…
Je peux répondre pour les USA, j'ai été scolarisée là-bas durant le secondaire.
Niveau "Intermédiaire" - Troisième
- How to kill a mockingbird - Harper Lee
- The Lord of the Flies - William Golding
- All the pretty horses - Cormac Mc Carthy
- Siddartha - Herman Hesse
Niveau bilingue (cours avec des natifs américains) - Seconde
- The Natural - Bernard Malamud
- The Catcher in the Rye - Salinger
- Othello (version originale)
- Macbeth (version originale)
- A clockwork's orange - Anthony Burgess
- A Brave New World - Aldous Huxley
- Shoeless Joe - Kinsella
- One flew over the cuckoo's nest - Ken Kesey
- In Cold Blood - Truman Capote
Je me souviens mieux de la liste de seconde que celle de troisième. En seconde, on a aussi étudié les poètes, mais c'était dans un livre qui devait faire dans les 1000 pages et dont je ne me rappelle pas le nom.
John Steinbeck (Les Raisins de la Colère) et Jack London (Martin Eden)
Bien entendu l'immanquable Shakespeare (Hamlet,Macbteh (en parlant de Macbeth , il me semble que Baudelaire dans les les Fleurs Du Mal parle de Lady Macbeth un des persos de la pièce)
EDIT : c'est dans le poème "L'Idéal" : "C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime."
Le philosophe Georg Simmel en Allemagne qui a notamment travaillé sur l'Argent ==> super additum, série téléologique etc. son oeuvre : Philosophie de l'Argent (il me semble)
@Leilou
C'est intéressant, merci. Etais-tu dans un collège/lycée (version USA) normal, bien coté… ? Je ne connais rien au système américain mais j'aurais beaucoup aimé avoir ce genre de programme. En France, si au lycée on essaie de donner un peu le goût des classiques aux élèves — avec de plus en plus de difficultés si j'en crois les témoignages de professeurs, au collège on est assez forcé d'y renoncer, ou de ne garder que quelques grands noms encore lisibles (Molière, Maupassant…), et de privilégier des oeuvres plus "faciles", parfois classées comme littérature jeunesse. Les oeuvres que tu cites me semblent assez marquantes pour des jeunes (pour les avoir pratiquement toutes lues moi-mêmes). A part l'incontournable Shakespeare, voyez-vous aussi des écrivains d'autres siècles que le XX° ? Pour la littérature américaine, Hawthorne par exemple, Poe, Melville, Thoreau ? Ou est-ce trop difficile pour les élèves ? (pour le vocabulaire et le contexte)
Merci d'avance.
C'est marrant qu'Hermann Hesse soit étudié aux Etats-Unis alors que c'est un auteur Allemand. 😮
Je trouve que c'est le fait de n'étudier que la littérature de son propre pays qui est étrange 🙂
@Polo
En fait, j'étais dans une école internationale à Houston. J'avais les cours du programme français, mais on avait les cours d'anglais avec les élèves de la section américaine de l'école (donc, au dernier niveau, des natifs). Après, j'ai été scolarisée 6 mois dans le système américain. Ça a été une expérience très différente par rapport au système français.
Et je confirme, l'école était bien cotée, c'était une école privée et qui admettait les gens sur dossier.
Un livre que j'ai oublié au niveau troisième : Fahrenheit 451 - Ray Bradbury.
Sfdd a écrit :Je trouve que c'est le fait de n'étudier que la littérature de son propre pays qui est étrange 🙂
Je faisais cette remarque parce qu'en France on a tendance à se focaliser sur la littérature Française (et même pas francophone) sans aller chercher à creuser un peu du coté de la littérature étrangère. Donc, oui d'un côté ça m'étonne que les Etats-Unis soit plus ouvert que nous de ce côté-là (enfin d'une façon assez limité tout de même) et d'un autre côté ça ne me surprend guère au niveau du choix de l’œuvre étrangère, puisque c'est LE bouquin qui a eu beaucoup d'échos dans ce pays dans les années 70, grâce au mouvement hippie.
En se focalisant sur la littérature française, les élèves ne gardent en tête à la fin du collège que Molière, Hugo et Baudelaire. Imaginez si on faisait étudier Dostoïevski, Kafka, Whitman et Lorca ce qu'il leur resterait…
Catblack :
Je suis d'accord et c'est pour cela que j'avais fait cette remarque : en France on se soucie peu de la littérature étrangère ; il est d'ailleurs significatif que l'on sépare littérature française et littérature étrangère. La littérature ne devrait pas avoir de frontières 😀
Karsbrau :
C'est simplement une conjecture lancée au hasard : peut-être que les auteurs que l'on retient sont simplement ceux dont on a lu les œuvres ? J'imagine donc que s'ils étudiaient Dostoïevski, Kafka, Whitman, et Lorca, les élèvent garderaient en tête ces auteurs.
Mais en rêvant de voir la littérature étrangère évoquée au moins au lycée, ce n'est pas un travail supplémentaire que j'imagine, mais simplement une diversification : il faut manger varié pour rester en bonne santé. C'est-à-dire qu'au lieu de lire tous les ans Molière du collège au lycée, on pourrait remplacer une fois une pièce de Molière par une pièce de Shakespeare, et pourquoi pas, pour les plus audacieux, par d'autres cultures théâtrales. Il y a tant de choses à découvrir dans le monde ! Je trouve dommage de se concentrer si obstinément sur si petite fraction de notre planète.
On ne peut pas tout étudier bien sûr, mais il n'est pas nécessaire à mon avis de relire les mêmes pièces de Molière chaque année par exemple.
La question est fort intéressante et au niveau européen on s'intéresse au développement d'une culture européenne. Il est parfois question de créer un canon de litterature européenne.
Comme exemple de ce qui est enseigné à l'étranger et pour le programme en Grande-Bretagne on peut aller sur BBC Bitesize un site de révision pour le GCSE et donc pour la literature ou sur a short history of English literature (niveau plus élevé). Comme en France, il y a eu un élargissement vers la littérature étrangère depuis quelques années pendant la dernière année de scolarité mais à ce niveau-là seulement aussi. C'est évidemment en anglais.
Il est normal que l'accent soit mis sur la littérature française en France puisque la littérature est l'expression d'une langue, d'une histoire et d'un pays. La littérature est le mortier où se façonne notre langue mais elle exprime et parfois modèle aussi nos valeurs. L'école doit d'abord donner un socle commun à tous.
Comme l'étude des langues est obligatoire en France, on aborde un peu la littérature étrangère selons certains thèmes ce qui est déjà pas mal.Je pense qu'on ne doit pas remplacer Molière par Shakespeare (de la même façon que Shakespeare ne sera pas remplacé par Molière chez les anglo-saxons) . A chacun de se cultiver par ailleurs.
Pour répondre - en partie - à Koloko, voici un lien intéressant :
https://www2.culture.gouv.fr/deps/fr/cefr08.pdfPortia, maintenant que je relis ce qui suit, je trouve que c'est parfois un peu agressif, ne le prends pas mal s'il-te-plaît, ça n'est absolument pas contre toi, mais je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu as dit, tout simplement.
Portia a écrit :Il est normal que l'accent soit mis sur la littérature française en France puisque la littérature est l'expression d'une langue, d'une histoire et d'un pays.
Il pourrait par ailleurs être enrichissant de montrer aux élèves que la littérature est heureusement plus qu'expression d'une langue, d'une histoire et d'un pays mais qu'elle rassemble aussi des cultures différentes : c'est précisément ce qui est fait lors de l'étude des textes fondateurs, et notre pays ne se porte pas plus mal de devoir autant à la Mésopotamie, à la Bible, à Homère, à Virgile, et à tant d'autres sources non françaises et même non francophones.
La littérature est bien plus qu'expression d'un pays, elle est lien entre les pays : c'est pour Chrétien de Troyes que l'on apprenait le français, pour le Coran que les humanistes ont appris l'arabe, et d'ailleurs de nombreux mouvements littéraires ont été internationaux.
Portia a écrit :La littérature est le mortier où se façonne notre langue
Je pense au contraire que la langue n'a pas besoin de la littérature pour "se façonner", ce serait dire que les tableaux façonnent la nature de l'huile avec laquelle ils sont peints : l'huile comme la langue ont une existence indépendante des arts picturaux et littéraires respectivement.
Portia a écrit :mais elle [la littérature] exprime et parfois modèle aussi nos valeurs. L'école doit d'abord donner un socle commun à tous.
Je suis d'accord sur le fait que l'école doive donner un socle commun, mais je ne vois pas de quelles valeurs est-ce que tu veux parler : y a-t-il une seule valeur fondamentale de la société française dont il n'est question nulle part ailleurs que dans la littérature française ?
Quoi qu'il en soit, j'ai personnellement plus appris sur les valeurs françaises pendant n'importe lesquels de mes cours d'éducation civique que pendant tous mes cours de français du collège et du lycée réunis.
Je ne dis pas qu'il faille remplacer partout Molière par Shakespeare (j'aime trop Molière pour cela 🙂 ), mais qu'il serait sans doute plus enrichissant de le faire une fois, pour une seule œuvre, au cours de la scolarité.
Si je dis cela, c'est parce que j'ai eu la chance immense de devoir étudier de manière approfondie au collège Roald Dahl, Buzzati, Grimm, Maurice Leblanc, Shakespeare, c'est-à-dire des auteurs assez peu "conventionnels", et que je ne crois pas en avoir souffert ; au contraire je ne peux que remercier mes professeurs d'avoir eu l'audace de nous proposer ces auteurs moins reconnus que les grands classiques mais qui ne sont pas porteurs de moins de valeurs :
on n'a rien à perdre à diversifier ses références, il sera toujours temps de découvrir les grands auteurs compliqués au lycée.
Les valeurs n'ont d'autre part pas de rapport avec le fait d'être un "grand auteur classique" : la lecture du
Petit Prince, même si elle est un peu difficile pour de jeunes collégiens, apporte au point de vue humain infiniment plus et infiniment plus simplement que n'importe quel pavé de Balzac ou de Zola.
Je considère bien Sfdd que La littérature (et les sciences) ont vocation à être universelles. Je ne mets pas du tout en question l'intérêt des oeuvres étrangères mais je considère que pragmatiquement il faut faire des choix au niveau scolaire. Si on regarde les instructions officielles pour le collège, la découverte d'au moins une oeuvre étrangère est recommandée mais il ne faut pas oublier que cela sera évidemment par une traduction. Si par ailleurs je regarde sur le net la liste de propositions de lectures d'oeuvres étrangères pour la classe de troisième rassemblées par un site académique de l'est de la France, je constate que sur 20 titres il y a 12 anglo-saxons, 2 italiens, 1 espagnol, 1 allemand et 4 russes (les deuxièmes langues habituelles). L'élargissement est limité aux langues couramment enseignées.
A propos Grimm, Buzatti, Shakespeare sont de grands classiques mais c'est plutôt Leblanc qui ne joue pas tout à fait avec les mêmes capacités. Balzac lui…
Le patrimoine littéraire d'un pays est présent dans la vie de tous les jours. Je vais prendre deux exemples à l'étranger dans le Guardian. Il y a quelques temps j'avais lu comme grand titre sur une défaite de foot particulièrement cuisante, un titre sans guillemets : winter of our discontent (l'hiver de notre déplaisir) Impossible d'avoir ce titre en français mais cela parlait aux Britanniques car c'est le début d'une pièce de Shakespeare. La semaine dernière je regardais un article sur la mode d'automne où la journaliste s'amuse à éviter le mot automne dans le premier paragraphe mais introduit négligemment et sans guillemets la moitié d'un vers célèbre de Ode to autumn : mists and mellow fruitfulness. Impossible aussi pour un public français.
Pour les valeurs je pensais simplement aux liens entre les écrivains du siècle des Lumières et la Révolution française.
Interessante ton étude, fandixhuit.
C'est vrai que Roald Dahl et Maurice Leblanc ne sont pas de grands classiques, mais les professeurs qui nous les ont proposés peuvent se vanter d'avoir donné le goût de la lecture à la majorité des élèves de quelques classes : l'année suivante, les trois quarts des élèves de ma classe citaient l'Aiguille creuse quand on leur demandait le titre d'un livre, n'importe lequel, qu'ils avaient aimé.
De ce point de vue je trouve que l'on ne peut pas mieux réussir que ces professeurs-là, mais ce n'est qu'un avis personnel.
L'exemple que tu as donné renforce mon avis : si l'on veut s'ouvrir aux autres cultures, que l'on veut lire le Guardian, il faut avoir lu des auteurs de ces autres cultures ! Mais c'est vrai qu'il peut être difficile de concilier ces quelques ouvertures et les programmes. Je ne prétends pas qu'il faille s'initier dans le secondaire aux patrimoines culturels de tous les pays, mais ce n'est pas parce qu'on n'a jamais lu Balzac qu'on est incapable de lire la presse française, alors au lieu d'étudier chaque année 20 textes français et 4 œuvres intégrales françaises (j'invente les chiffres), il serait intéressant de proposer un grand texte d'une autre culture, voire l'étude d'une œuvre d'art étrangère, une ou deux fois dans l'année, en présentant l’œuvre et son influence sur cette culture étrangère.
Merci, je comprends mieux pour les valeurs ; mais il me semble que l'exemple que tu mentionnes est plus étudié en histoire qu'en français (en tout cas c'est l'expérience que j'en ai eue)…
J'ai bien aimé lire Maurice Leblanc il y a longtemps et hors école tout comme Roald Dahl et l'essentiel après tout est de donner le goût de lire.
Là dessus nous tombons d'accord 😀