Comment puis-je comprendre le sens des œuvres ?

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J’expose mon problème :
J’ai 21 ans, Bac ES, et maintenant dans le domaine de la gestion – soit le néant littéraire.
Pourtant, après la les lectures forcées du lycée et collège, le goût de la littérature m’a repris enfin pour l’instant le goût des livres. Ainsi j’ai avalé pas mal de livres en tous genres mais le constat reste le même : bien souvent je lis sans lire et je passe à côté de l’œuvre.

Certes des œuvres m’ont marqué (Lolita de Nabokov/ 1984 d’Orwell/ ect) mais par exemple, la métamorphose de Kafka ou l’étranger de Camus ne m’ont fait ni chaud ni froid alors qu’elles comptent parmi les plus grandes œuvres du siècle… Je suis passé à côté de sa philosophie dans ce livre.

J’ai donc essayé de trouver des subterfuges à ma incompréhension/ignorance/ect : les commentaires autour des œuvres (Profil d’une œuvre ect). Mais là encore, bien qu’expliqué je reste bien souvent indifférent. Je tiens aussi un carnet où je note tous les mots que je ne comprends pas. Je me renseigne. Et pourtant ça ne veux pas et même parfois lorsque je comprends j’ai du mal à garder ça en mémoire et le réutiliser.

Pourtant, je ne suis pas du genre passif, j’ai plein de bonne volonté, je fais l’effort de lire et de m’intéresser à la lecture et ses auteurs… Je rêve de pouvoir lire un jour Ulysse de Joyce, l’homme sans qualités de Musil ou la société du Spectacle de Debord en comprenant le sens.

J’essaye aussi de voir du côté de la philo, mais là aussi c’est l’incompréhension. Trop de choses sur les auteurs me paraissent obscures notamment dans les termes malgré que je possède un dico de philo et wikipédia. J’essaie donc de relire les cours résumés des éditions Nathan que j’avais acheté lorsque je passais le Bac mais des choses me restent encore incomprises.

Concernant la poésie je reste indifférent aussi … Que ce soit Baudelaire, Pessoa, Ginsberg, Apollinaire, Breton, Rimbaud : je ne comprends pas.

Donc à quoi bon lire si tout au plus je comprends l’histoire mais pas le sens ? Pourquoi tant de gens restent en extase devant ses œuvres alors que moi je n’y vois pas l’intérêt ? Suis-je condamné à lire du Beigbeder, c'est-à-dire à lire des auteurs où l’on n’a pas besoin de penser pour les comprendre ? A quoi bon lire donc si je ne comprends pas ? Autant que j’allume TF1 et que je regarde secret story non ?

Les questions sont :
Comment puis-je apprécier les œuvres pour leur style ?
Comment puis comprendre le sens des œuvres ?
Comment être sensible à la poésie ?
Comment comprendre ?
Comment lire mieux ?
Comment comprendre en lisant ?
Comment mobiliser ses connaissances et ce que l'on a lu?

Toutes ces questions m’obsèdent et vraiment je me sens impuissant/ ignorant et vraiment débile. Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ?
J’ai déjà fouillé un peu sur internet pour résoudre ses problèmes et bien souvent les réponses sont « avec le temps tu comprendras », « lis ce qui te fais plaisir et ne te force pas », ou alors les commentaires du genre c'est quelquechose de mystiques …

Bref, je suis perdu.

Voici une grosse partie de ce que j'ai pu lire au cours de ses 3 ans post bac

1984 Georges Orwell
Abrégé du capital de Karl Marx C. Cafiero
Antigone Jean Anouilh
Comment les riches détruisent la planète Hervé Kempf
Discours de la servitude volontaire La Boetie
Du péril de l'ignorance Victor Hugo
En attendant Godot Beckett
Faust Goethe
Flash Ou le grand Voyage Charles Duchaussois
Germinal Zola
Journal Kurt Cobain
la désobéissance civile Thoreau
La ferme des animaux Georges Orwell
La joueuse de go shan Sa
La mare au diable G. sand
La princesse de Clèves Mme de Lafayette
La vie est un songe Calderon
Last exit to Brooklyn Hubert Selby Jr.
L'attrape-cœurs J.D. Salinger
L'avare Molière
Le portrait de Dorian Gray Oscar Wilde
Les nouveaux chiens de garde Serge Halimi
Les quatre vies du saule Shan Sa
Les souffrances du jeune Werther Goethe
L'étrange cas du docteur Jekyill et Mr Hyde Stevenson
L'Île des esclaves Marivaux
Micromégas Voltaire
Nouvelles histoires extraordinaires Edgar Alan Poe
On achète bien les cerveaux Marie Bénilde
On ne badine pas avec l'amour A. Musset
Où on va papa? J-L Fournier
Pourquoi j'ai mangé mon père Roy Lewis
Rhinocéros Ionesco
Roméo et Juliette Shakespeare
Silence on intoxique André Aschieri
Sur la télévision Pierre Bourdieu
Voyage au pays du coton Eric Orsenna
La moelle de la vie : 500 aphorismes Thoreau
L'étranger Albert Camus
99 F Frédéric Beigbeder
Fictions Jorge Luis Borges
Images Politiques Raymond Depardon
Matin Brun Franck Pavloff
Le petit prince Antoine de Saint-Exupéry
On n'y voit rien : Descriptions Daniel Arasse
Lettre au père Kafka
Le rêve et son interprétation Freud
L'existentialisme est un humanisme Sartre
Les justes Albert Camus
Boule de suif Guy de Maupassant
La métamorphose Kafka
La cantatrice chauve/ La leçon Ionesco
Histoires de peintures Daniel Arasse
Pantagruel Rabelais
La controverse de Valladolid Jean-Claude Carrière
Histoires Extraordinaires Edgar Alan Poe
Le désert des tartares Dino Buzzati
La chute Albert Camus
Le vieil homme et la mer Ernest Hemingway
Nouvelles J.D. Salinger
Les fourmis Bernard Weber
Le Horla Guy de Maupassant
La guerre des mondes H.G. Wells
Chansons pour elle Verlaine
Zadig ou la Destinée Voltaire
Fuck America Edgar Hilsenrath
Mémoires d'un jeune homme dérangé Frédéric Beigbeder
Pourquoi la guerre ? Albert Einstein/ Sigmund Freud
Les mains sales Sartre
la grève des électeurs Octave Mirbeau
Réflexions sur la délation François de Pange
Panoptique Jeremy Bentham
le K Dino Buzzati
Manifeste d'économistes atterrés (collectif)
De la marche Thoreau
De la bêtise Robert Musil
La nature Ralph Waldo Emerson
Le droit à la paresse Paul Lafargue
Balade d'hiver/ Couleurs d'automne Thoreau
Œuvres pré-posthumes Robert Musil
Zazie dans le métro Raymond Queneau
Fin de partie Beckett
Dernier inventaire avant liquidation Frederic Beigbeder
Un roman français Frederic Beigbeder
L'écume des jours Boris Vian
Lolita Nabokov
Notes sur la mélodie des choses Rilke
Sur la route Kerouac
Fareinheit 431 Bradbury
Blanc, c'est pas nul Bruno Gaccio, Marie Naudet
La nausée Sartre
la tyrannie de la communication Ignacio Ramonet
huis clos suivi de les mouches Sartre
Mon cœur mis à nu Baudelaire
La symphonie pastorale André Gide
Le bilan de l'intelligence Paul Valery
Le prince Machiavel
L'art de la guerre Sun Tzu
Le lièvre de Vatanen Arto Paasilinna
Les paradis artificiels Baudelaire
Le principe de Peter L.J.Peter et R.Hull
Le mariage du ciel et de l'enfer William Blake
Nouvelles sous ecstasy Frederic Beigbeder
Natacha et autres nouvelles Nabokov
Le roi se meurt Ionesco
La lenteur Kundera
L'alchimiste Paulo Coelho
Abrégé de littérature potentielle Oulipo
La vague Todd Strasser
Maudits Oulipo
Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis Pierre Desproges
American Psycho Bret Easton Ellis
Haïku : Anthologie du poème court japonais Atlan et Bianu
Ma conception du monde Bertrand Russell
Syllogismes de l'amertume Cioran
J'accuse Zola
Alcools Apollinaire
Tu es sûr que tu n'as rien oublié ?
Eh bien, quelle liste!

Tu dois avoir une sacré bibliothèque.

Ta question, ou plutôt tes questions sont intéressantes… et étonnantes.
C'est un problème que j'ai rarement vu formulé de la sorte ; on entend plutôt en général des "je n'aime pas…", "ce n'est pas mon truc.".
Et pour cause : quand on n'aime pas lire, en dehors des obligations scolaires, on ne se force pas!

D'où ma question (désolée, mais il s'agit de cerner le schmilblick) : tu dis que tu as retrouvé le goût de la littérature, qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour toi?
Tu apprécies des œuvres dont tu ne saisis pas le sens? C'est-à-dire?
Apparemment pas pour leur musique, sinon tu en aimerais davantage la poésie.
Pas non plus pour l'intrigue, car tu aurais alors l'impression de comprendre. En effet, les messages implicites ne sont pas systématiques, l'essentiel est tout de même plutôt explicite (notamment dans les écrits purement philosophiques : pas d'intrigue en tant que telle, tout est dans le pied de la lettre!).

Tu fais le lien de ton ressenti avec la vacuité de Secret Story, est-ce que cela veut dire que tu aurais autant de plaisir à regarder Secret Story?
Si c'est le cas, c'est que le concept (on ne peut pas parler d'intrigue) t'intéresse et te plait davantage que ceux développés/racontés dans la littérature, eh bien soit. Tu en as tout à fait le droit.

Le dilemme est simple : si tu aimes lire, lis, puisque tu aimes. Si tu préfères regarder Secret Story, fais-toi plaisir.
Mais tu ne peux pas à la fois aimer la littérature et n'y voir qu'un vain effort, c'est antinomique.
Je pense que ce qui t'aiderait c'est de lire quelques analyses d'oeuvre pour comprendre le message que l'auteur veut faire passer, par exemple.
Et ce serait peut-être aussi utile de revoir un peu les mouvements littéraires : si tu connais tout le contexte autour de Zola, ce qu'est le naturalisme, le contexte historique… Tu comprendras bien mieux les enjeux de l'oeuvre. Mais bon, après ça prend du temps et faut être motivé, mais je progresse qu'on peut bien progresser comme ça 🙂
Tu es très loin d'être "ignorant ou débile" car tu poses les bonnes questions et tu refuses de répéter comme un perroquet : tu veux COMPRENDRE. C'est très intelligent.
En fait la littérature c'est comme les tableaux ou la musique : pour apprécier les oeuvres marquantes, il faut être préparé. Ce n sont pas celles que l'on apprécie le plus comme ça, naturellement, justement parce que l'auteur n'a pas choisi la facilité : il a choisi de surprendre, de déranger, de bouleverser les codes. Il faut être prêt à les recevoir en connaissant le contexte de leur sortie, en quoi elles sont marquantes, etc.
Je te donne un exemple : tout étudiant en lettres sait parfois dès la première, qu'il est très fréquent de lire un roman ou un recueil que l'on n'apprécie que très moyennement. Et puis en cours avec le professeur on étudie l'oeuvre, on relit des passages pour prendre conscience des choix de l'auteur, on en parle, on compare avec d'autres oeuvres, etc. Et ensuite on adore vraiment ce livre.
Pour des oeuvres importantes mais "spéciales" je te conseillerais de te préparer avant la lecture, grâce à internet, à des livres sur l'oeuvre, en te renseignant sur l'auteur, etc; et de lire le livre ensuite. Tu en saisiras mieux la portée Et surtout dis-toi bien que nous en sommes tous là, même les étudiants ou professeurs : il y a des oeuvres que l'on ne parvient touhjjours pas à apprécier, dans tous les arts, et pourtant elles ont marqué leur époque… On aimerait qu'on nous donne les "clés" !
« D'où ma question (désolée, mais il s'agit de cerner le schmilblick) : tu dis que tu as retrouvé le goût de la littérature, qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour toi? »

En fait, j’ai envi de comprendre le monde dirons nous, de voir les idées des auteurs

Concernant Secret Story, ça représente pour moi le néant intellectuel. Des tas de gens s’abrutissent devant et vivent bien avec ça. Et ce n’est pas ce que je veux. J’ai envi de découvrir, de m’étonner, de voir des pistes de réflexions ect. Mais quand on ne comprend pas certains auteurs ça devient déroutant.

« En fait la littérature c'est comme les tableaux ou la musique : pour apprécier les œuvres marquantes, il faut être préparé. »
Donc comment s’y préparer ? Parfois j’ai beau lire et relire et voir tous les commentaires je n’arrive pas à imprimer. Je suis bien d’accord qu’avec un prof ça permet d’approfondir et de voir le sens de certaines œuvres mais quand il n’y a pas de profs et que l’on doit faire seul … Si les gens de lettre ont du mal alors imaginez pour moi ^^

Après pour certains auteurs, je me renseigne activement notamment Musil et Joyce car j’ai vraiment envi de lire ses chef d’œuvres en les comprenant.

Après demander aux autres oui mais ça devient vite embêtant de demander tout le temps.

Et concernant la poésie, ça reste un grand mystère pour moi. Bien que j'épprécie la musique.
Effectivement, je comprends mieux ton approche.

Secret Story n'est pas tellement mon truc non plus (mais ma colloc' regarde et elle n'en est pas moins intelligente et intéressante, donc ça n'est pas rédhibitoire…).

Ammy a raison, c'est tout à fait ça : certaines approches mettent en bouche, et l'oeuvre s'en goûte davantage. Comme pour le vin (j'aime les métaphores culinaires 😀), qui, la première fois n'évoque pas franchement le nectar… Mais prendre conscience du soin apporté à la vigne et au terroir, de la délicate alchimie qui régit le processus de vinification, de la "sagesse gustative" de ces breuvages porteurs de l'histoire de leur terre-mère, du château qui les signe, des années passées dans les cuves et de celles passées dans les caves ensuite… cela donne une autre dimension à la dégustation. le goût ne change pas, bien sûr, mais l'intention décuple la sensibilité.

Bref, quand on connait le contexte et qu'on possède les rudiments de l'art, la lumière se fait.

Si tu veux, peut-être peux tu nous parler d'une ou deux de tes lectures? Une de celles que tu as aimées, une de celles qui t'ont moins plu.
si tu en décris l'intrigue, en appuyant sur ton ressenti, les éxégètes du forum sauront sans doute t'en planter les décors et retracer les caractéristiques. Avec les premières-clés, on apprend vite ensuite à comprendre le fonctionnement de la serrure.