Bonjour, ma prof de français nous a donné un texte pour l'oral du bac que nous avons jamais ne serait-ce que étudié rapidement en classe. Je voulais juste savoir si quelqu'un pourrait donner les grands axes et idées de cet article pour pouvoir faire une lecture analytique. Merci d'avance
Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Fin, causes finales
3 réponses
Je peux te dire simplement que ta prof ne me paraît pas au courant que tout texte à part les lectures cursives doivent avoir fait l'objet d'une étude en classe !!!
Sinon, essaie de trouver le texte, copie le ici et certains pourront peut être t'aider ! 🙂
Sinon, essaie de trouver le texte, copie le ici et certains pourront peut être t'aider ! 🙂
Merci de ton conseil voila l'extrait :
FIN. CAUSES FINALES.
Il paraît qu’il faut être forcené pour nier que les estomacs soient faits pour digérer, les yeux pour voir, les oreilles pour entendre.
D’un autre côté il faut avoir un étrange amour des causes finales pour assurer que la pierre a été formée pour bâtir des maisons, & que les vers à soye sont nés à la Chine afin que nous ayons du satin en Europe.
Mais, dit-on, si Dieu a fait visiblement une chose à dessein, il a donc fait toutes choses à dessein. Il est ridicule d’admettre la Providence dans un cas, & de la nier dans les autres. Tout ce qui est fait a été prévu, a été arrangé. Nul arrangement sans objet, nul effet sans cause ; donc tout est également le résultat, le produit d’une cause finale ; donc il est aussi vrai de dire que les nez ont été faits pour porter des lunettes, & les doigts pour être ornés de diamants, qu’il est vrai de dire que les oreilles ont été formées pour entendre les sons, & les yeux pour recevoir la lumière.
Je crois qu’on peut aisément éclaircir cette difficulté, quand les effets sont invariablement les mêmes, en tous lieux & en tout tems ; quand ces effets uniformes sont indépendants des êtres auxquels ils appartiennent, alors il y a visiblement une cause finale.
Tous les animaux ont des yeux, & ils voient ; tous ont des oreilles, & ils entendent ; tous une bouche par laquelle ils mangent ; un estomac, ou quelque chose d’approchant, par lequel ils digèrent ; tous un orifice qui expulse les excrémens, tous un instrument de la génération : & ces dons de la nature opèrent en eux sans qu’aucun art s’en mêle. Voilà des causes finales clairement établies, & c’est pervertir notre faculté de penser, que de nier une vérité si universelle.
Mais les pierres en tout lieu & en tout tems, ne composent pas des bâtiments ; tous les nez ne portent pas des lunettes ; tous les doigts n’ont pas une bague ; toutes les jambes ne sont pas couvertes de bas de soye. Un ver à soye n’est donc pas fait pour couvrir mes jambes, comme votre bouche est faite pour manger, & votre derrière pour aller à la garderobe. Il y a donc des effets produits par des causes finales, & des effets en très grand nombre qu’on ne peut appeler de ce nom.



