bonjour, je suis en première, je rencontre un problème sur un texte de Paul Verlaine : " Après trois ans ", extrait des poèmes saturniens. . j'ai fait le plan détaille puis en regardant les corrigés j'ai constaté que ce que j'ai pu faire est un contresens total. je n'avais pas encore appris le symbolisme et les auteurs principaux de celui-ci. le problème est que je n'arrive pas vraiment a cerner des marques du symbolisme dans le poème : je sais que les poètes symbolistes doivent déchiffrer le monde et son mystère par le langage poétique qui utilise les symboles . suggérer une réalité cachée etc…
voici le poème : Paul VERLAINE (1844-1896)
Après trois ans
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.
Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.
Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.
le plan : I: un tableau impressionniste
II:un passage état d'âme
III:la mélancolie
autre plan : I) le souvenir d'un été amoureux
II)un amour interdit
III) impressionnisme.
mon plan était la peinture d'un monde idéal en I et un poeme lyrique en II.
merci de votre aide , j'y travaille de mon cote. ( je suis sur la piste du mystere du temps qui détériore ? )
Bonjour je dois faire un commentaire sur le poème de Paul Verlaine '' après trois ans ''. J'ai trouvé beaucoup d'éléments, de thèmes :
- jardin
- du souvenir
- de l'éphémère
- du temps qui passe
- c'est aussi une promenade
- lieu convivial, intim
- la présence des sens
- personnification de la nature.
Cependant tout se mélange et je n'arrive pas à en dégager la problématique :/ Pourriez vous me guider ?
A Twister,
Tu es dans une impasse ; trouve d'abord la problématique après analyse vers par vers. Dans mon manuel scolaire, ils donnent ce plan ci-contre :
- I - Le poète en son jardin
a) Un poème en mouvement
b) La mise en vers d'un lieu agréable
II - Un poème nostalgique
a) L'éloge du temps retrouvé
b) Une certaine mélancolie symbolisée
Cependant, il est un commentaire comparé avec
Melancholia.
Pour ta problématique,
Quel jardin/Comment dépeint-il ? ou quelque chose de ce genre conviendrait aussi. Je préfère le plan premier, même si je ne comprends pas le rapport avec l'impressionnisme.
Observe le placement des accents toniques :
A'yant pous'sé la 'porte é'troite 'qui chan'celle. Ne serait-ce pas non plus le vers 1 qui chancelle ?😉 Appuie-toi, dans les poèmes, aux sonorités surtout.
A Laura,
La sensualité, la nature et le temps sont, en effet, les trois grands thèmes de cette promenade.
Salut à tous,
Je m'entraîne depuis quelque jours à faire des annales et l'un d'entre eux me pose pas mal de problème, en effet le poème à commenter était "Après trois ans", de Paul Verlaine :
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.
Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.
Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda
Pour le plan j'ai fait :
I. Le théâtre de la vie : La nature
a) Ballade onirique et focalisation
b) Hypotypose: le tableau d'une nature qui vie
II. La fuite du temps, une source de mélancolie
a) L'espoir que tout est "comme avant"
b) Mais, désillusion et constat amer du temps qui passe
Mon plus gros problème, c'est que je ne sais pas si il s'agit réellement d'une hypotypose …
Et si mon plan correspond au sens du poème !
Merci d'avance pour vos aide 🙂
Je crois que tu n'as pas perçu l'indifférence de la nature.
Quant à l'hypotypose, je crois que c'est surtout le plaisir d'user d'un mot savant. Il s'agit surtout d'une description impressionniste. Les détails retenus représentent moins la réalité que l'univers intérieur du poète.
Ah non, je ne vois pas en quoi il y a une indifférence de la nature .. :s
Oui, je parlais de l’impressionnisme et des jeux de lumière dans cet partie également, mais je trouvais que la scène était animé et vivante, c'est pourquoi j'ai parler d'hypotypose ..!
En tout cas, merci de ton aide 🙂
Il faut t'appuyer sur "rien n'a changé", "comme avant"…
Verlaine reprend à son compte implicitement l'affirmation lamartinienne : "un seul être vous manque et tout est dépeuplé".
N'oublie que chaque paragraphe doit découler du suivant, comme un raisonnement. Tes transitions sont un peu abruptes, le thème du rêveur-promeneur pourrait être accolé à celui de la nostalgie, tout ceci ayant lieu au sein du sujet.
De même, la vivacité du souvenir que tu as mise en évidence découle de la vigueur du sentiment. Verlaine expose le sentiment de nostalgie avec beaucoup de finesse. Seul le souvenir peut étouffer la nostalgie ("douleur du revenir"). Le poète coïncide pour un temps (et totalement : "J'ai tout revu") avec cette part de lui qui s'en est allée, c'est une analgésie par la mémoire (étymologie de réséda : calmer).
Le regret est désir d'une réalité passée. Le regret est inconsolable, sinon dans le souvenir : et le nostalgie ne trouve comme exutoire que le travail de remémoration, de refiguration. Le souvenir n'est pas une plainte, c'est une consolation, et la poésie aussi est consolation, transfiguration de la douleur.
Le souvenir est à la fois très consistant et terni. Il nous semble que l'explosion florale du premier tercet (amorcée au premier quatrain) se fane, le promeneur sent cette odeur fade d'une plante peu chatoyante. La Velléda (fausse prophétesse) s'écaille peu à peu. Le poète a fait un avec son souvenir, il a pu penser qu'il vivait réellement à nouveau ces instants. Le "comme avant", ce n'est pas la conscience que cet espace qu'il redécouvre est derrière lui, perdu : ce "comme avant" est un présent au devant de lui (de fait, il pousse la porte et marche en avant). Le "comme avant" est un émerveillement, une certitude, ce n'est pas un espoir. L'espoir est ancré dans le présent et se projette vers le futur, l'espoir sait que le futur n'est pas encore réel. Le rêveur ne sait pas qu'il rêve. La Velléda qui s'écaille, l'odeur fade, c'est la supercherie qui s'effrite, mais la supercherie reste encore à décrypter à cet instant précis. Verlaine laisse sous-entendre une rupture, il en a l'intuition, il témoigne symboliquement de cette intuition ; mais avec sa finesse habituelle, il ne la nous montre qu'en demi-teinte. Le réveil n'arrivera qu'au-delà du poème.
Autre point qui va en ce sens : remarque le temps du "J'ai tout revu". Il dit "J'ai tout revu" et non "Je revois tout". C'est un passé simple, ici à valeur de constat, quand toute la description est au présent narratif. Quand le poète dit "J'ai tout revu" il a la posture de celui qui raconte a posteriori. Il écrit après s'être réveillé, et il montre comment son rêve s'en retrouve contaminé. Le désespoir est ultérieur au surgissement du souvenir. Dans l'endroit qu'il se remémore, il y avait sûrement cette vieille statue et l'odeur des résédas : mais quand le poète raconte, celles-ci font sens et acquièrent une dimension symbolique. Et c'est au sein de cette situation d'énonciation que la douleur se fait ressentir : il y a à la fois nostalgie du petit jardin d'antan, et à nouveau nostalgie du souvenir vivace qui a surgi sans qu'il s'y attende.
Merci infiniment pour vos aides ! 🙂
Je comprends beaucoup mieux le sens de ce poème..
Et merci beaucoup, Toffer, pour ton analyse… Je comprends mieux ce qui ne convient pas dans mon plan, ainsi que l'influence du rêve et du souvenir !
😂